Malgré un synopsis alléchant, le film est inégal. La réalisatrice raconte ses relations avec son père, Luigi (1916-2016) (Fabrizio Gifuni, 58 ans), également cinéaste [42 longs métrages de fiction et fondateur de la cinémathèque de Milan (Cineteca italiana) où sont conservés, notamment, de nombreux films muets] et c’est cette transmission de la passion du cinéma [
hommage au film « L’Atlantide » (1932) de Georg Wilhelm Pabst (1885-1967)] qui est la plus intéressante (« le cinéma permet de s’évader » selon son père), notamment à travers le tournage des « Aventures de Pinocchio » (1975), où Francesca, enfant, n’est pas très débrouillarde, puis lorsqu’il est présent lors d’un tournage en extérieurs de sa fille.
Malheureusement, l’adolescence de Francesca [coïncidant avec les années de plomb en Italie : attentats des Brigades Rouges, enlèvement d’un ingénieur de Siemens en mars 1972 (avec le slogan « En frapper un pour en éduquer cent »), enlèvement le 16 mars 1978 d’Aldo Moro, président de la Démocratie Chrétienne, retrouvé mort le 9 mai 1978]), en rébellion avec son père (elle dessine le slogan des Brigades Rouges sur les murs de sa chambre) et se droguant (sujet amplement traité au cinéma), est pleine de pathos et de ressentiment [alors que son père [soucieux des autres
(le titre fait allusion à une parole qu’il prononce lors du tournage de « Pinocchio », privilégiant la vie des gens au cinéma
), qui ne supporte pas le mensonge, ne veut que son bonheur], est beaucoup trop longue (d’où une durée totale de 110 mn). Sans compter que le spectateur a l’impression que Luigi Comencini est veuf et n’a qu’une fille (sa femme et mère de Francesca, est morte quand cette dernière avait 57 ans et la réalisatrice avait 3 sœurs, également travaillant dans le cinéma). Elle oublie aussi de mentionner qu’elle a été la 2e épouse du producteur de cinéma français Daniel Toscan du Plantier (1941-2003), de 20 ans son ainé… Sa mémoire est largement sélective ! Le choix des musiques extradiégétiques reste discutable car grandiloquant :
« La Moldau » de Bedřich Smetana (1824-1884) quand elle devient amoureuse d’un « hippie » ou la « Symphonie n°7 en la majeur, opus 92, 2e mouvement allegretto » de Ludvig van Beethoven (1770-1827) quand son père découvre qu’elle se drogue à l’héroïne.