Prima la vita
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Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2025
Francesca Comencini est la fille de Luigi Comencini, un immense réalisateur italien qui réalisa une quarantaine de films parmi lesquels des chefs-d’oeuvre tels que "Pain, amour et fantaisie", "L’Argent de la vieille" ou "Les Aventures de Pinocchio". Devenue réalisatrice elle-même, Francesca revient sur son enfance dans cette fiction autobiographique dont elle dit qu’elle y a pris quelques libertés avec la réalité sans préciser lesquelles.

On y découvre une petite fille passionnément aimée par son père et passionnément attaché à lui. Pour souligner la force de ce lien, la réalisatrice a gommé de son film sa mère et ses trois sœurs. Le père et sa fille sont seuls dans un face-à-face qui devient vite asphyxiant. Car, après le vert paradis des amours enfantines, l’adolescence de Francesca est plus ombrageuse. Alors que l’Italie plonge dans les années de plomb (née en 1961, Francesca est lycéenne quand Aldo Moro est assassiné), Francesca se rebelle contre l’ordre bourgeois incarné par son père, fait de mauvaises rencontres dans la Rome bohême et plonge dans la drogue. Pour l’en sevrer, son père décide de quitter l’Italie pour la France.

"Prima la vita" annonce, dès son titre, son projet contradictoire. « La vie avant le cinéma » est en effet un programme paradoxal pour un film qui met en scène l’un des plus grands réalisateurs italiens, nous le montre, toujours impeccablement cravaté, en train de tourner "Les Aventures de Pinocchio". L’un des sujets du film est en effet la vie de Luigi Comenici (peut-on à son sujet parler de biopic ?). C’est en tout cas l’un des aspects du film qui attise notre curiosité même si la réalisatrice, avec ce titre-là, a l’air de nous dire : « Ne venez pas voir mon film en croyant qu’il parlera de cinéma ; car, je veux parler de la vie plus que de cinéma ».

Puisque "Prima la vita" n’entend pas, hélas, parler de cinéma, laissons-le nous parler de la vie. Je peinerai à citer des films célèbres ayant pour sujet la relation père-fille ("Bonjour tristesse", "La Passion Béatrice", "Mon père ce héros", "La Fille de son père"…). "Prima la vita" embrasse le point de vue de Francesca. Elle évoque bien sûr sa rebellion adolescente et sa chute dans la dépendance. Mais ce qui ressort avant tout c’est l’amour infini qu’elle porte à ce père vénéré, c’est l’admiration pour sa rigueur intellectuelle et sa créativité artistique, c’est la reconnaissance pour l’aide indéfectible qu’il lui a apportée alors qu’elle manquait de le décevoir.

"Prima la vita" est un cénotaphe dressé à la mémoire d’ubn père adoré (décédé en 2007). On imagine volontiers tout ce que la réalisatrice a mis dans son film. Mais on ne peut hélas que se sentir un peu oublié dans ce tête-à-tête qui ne nous concerne pas.
Yoan Perniceni
Yoan Perniceni

9 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2025
J'ai eu le privilège d'assister à la projection de « Prima la vita » lors du Festival Chefs Op' en Lumière à Chalon-sur-Saône, et quelle expérience inoubliable ! Ce film est une véritable lettre d'amour au cinéma, une œuvre qui transcende l'écran pour toucher le cœur de chaque spectateur.

Réalisé par Francesca Comencini, « Prima la vita » explore avec une sensibilité rare la relation entre une fille et son père, le célèbre cinéaste Luigi Comencini. À travers des souvenirs d'enfance et des moments partagés, le film dépeint l'évolution de leur lien, marqué par une passion commune pour le septième art. La mise en scène délicate et la narration intime nous plongent au cœur de cette relation profonde, reflétant les défis et les joies d'une vie dédiée au cinéma.

La photographie du film est tout simplement sublime, capturant avec élégance les ambiances des années 70 à Rome. Chaque scène est composée avec un soin méticuleux, rendant hommage à l'héritage cinématographique italien. Les performances des acteurs sont également remarquables, apportant une authenticité touchante aux personnages.

Assister à cette projection au Festival Chefs Op' en Lumière a amplifié l'impact émotionnel du film. Ce festival, dédié aux métiers de l'ombre du cinéma, met en lumière le travail essentiel des directeurs de la photographie et des techniciens qui contribuent à la magie du grand écran. « Prima la vita » s'inscrit parfaitement dans cette célébration du cinéma, rappelant l'importance de la transmission et de la passion intergénérationnelle pour cet art.

En conclusion, « Prima la vita » est une œuvre magistrale qui rend hommage au pouvoir du cinéma et à ses artisans. Même si vous n'êtes pas familier avec l'œuvre de Luigi Comencini, ce film saura vous émouvoir par son universalité et sa profondeur. Une expérience cinématographique à ne pas manquer.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2025
Portrait d'un des cinéastes de référence de l'âge d'or du cinéma italien Luigi Comencini ( décédé en 2007) au travers des rapports qu'il eût avec une de ses filles Francesca Comencini, elle-même devenue cinéaste.

La description de ce rapport père/fille au travers de quelques événements qui eurent un fort impact existentiel pour la cinéaste est souvent émouvant et parfois même bouleversant.

Le spectateur qui ne connait pas ou pas grand chose de la filmographie de Comencini ne verra toutefois peut-être pas le film avec les mêmes yeux que celui pour qui les opus majeurs du cinéaste sont en mémoire.

Ce film intimiste resserré à deux personnages est ( selon moi) une très grande réussite.

On peut noter que la cinéaste n'évoque jamais aucune autre figure de sa famille ( peut-être pour ne fâcher personne) mais se limite à sa stricte relation personnelle avec son père. Le résultat m'a beaucoup touché et complètement emballé.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2024
A 60 ans passés, Francesca Comencini a décidé de s'autoriser à parler, sur grand écran, de la relation unique qu'elle a entretenu avec son père, le grand cinéaste de L'Incompris et de L'argent de la vieille. Mais c'est moins le réalisateur qu'elle évoque, même si plusieurs tournages, avec une ambiance très "italienne", sont montrés, que le père, celui de son enfance émerveillée, d'abord, puis de sa jeunesse, plus difficile, laquelle a d'ailleurs influencé son premier film de fiction, à elle. De manière étonnante, Prima la vita ne dit rien de sa mère, pas plus que de ses 3 sœurs, lesquelles ont toutes un métier lié au cinéma. Non, Francesca s'en tient à cette relation fusionnelle avec Luigi, au fil de temps heureux ou un peu moins, de Rome à Paris. Le film connaît quelques creux et ne cherche pas systématiquement à nous émouvoir. Il possède des pudeurs qui parfois tombent quand des situations critiques l'exigent mais Francesca garde pour elle, et c'est bien naturel, un certain mystère autour de cette figure paternelle bienveillante, mais encombrante, lui que certains critiques ont qualifié de cinéaste bon et (trop) gentil, avec un goût avéré pour des sujets privilégiant l'enfance et l'adolescence. Le portrait de cet homme, face à sa fille, qui s'est longtemps demandé comment arriver à sa hauteur, est magnifié par la belle performance de Fabrizio Gifuni.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 février 2025
Le film se présente comme une succession de tableaux visuels et de fragments de mémoire, flottant sans réelle structure narrative. Si l’on peut y voir une tentative poétique ou sensorielle, l’absence de scénario laisse une impression de vacuité, où les images, aussi belles soient-elles, peinent à susciter un réel engagement émotionnel. L’ensemble finit par ressembler davantage à un rêve décousu qu’à une œuvre maîtrisée, laissant le spectateur à distance, perdu entre contemplation et frustration.
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juillet 2025
Bel hommage de Francesca Comencini à son père, et autobiographie touchante, sans pathos ni lourdeurs. Une réussite.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 221 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2025
Il y a des films qui racontent une histoire, et d’autres qui capturent une émotion. "Prima la vita" fait partie de la seconde catégorie. Francesca Comencini filme avec délicatesse la relation fusionnelle entre un père et sa fille, entre transmission et dépendance, entre amour inconditionnel et besoin d’émancipation. Un film sublimé par le regard bienveillant du cinéma, qui devient un personnage à part entière, et un fil invisible qui relie le duo.
domit64
domit64

74 abonnés 369 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2025
Un magnifique film sur le lien et l’amour filial et un superbe hommage d’une fille à son papa.
Le film rend également hommage au cinéma, on peut regretter un manque de liaison entre les différentes périodes mais ça ne m’a pas gêné.
A voir sans hésitation
Muriel F.
Muriel F.

69 abonnés 324 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2025
Bel hommage d'une fille à son père dans le monde du cinéma italien. Dans la famille Comencini le père fut une légende dans un registre simple et humaniste. Sa fille lui succède en passant des moments troubles emprunts de tentatives sans issues, de doutes et finalement de réconciliation avec elle-même grâce à son père. Emotions, compréhension et compassion pour exprimer l'amour complexe d'une filiation parfois lourde à porter. Le jeu est subtil avec ce je ne sais quoi de retenue où les regards s'expriment. A voir !
Guillaume Charpin
Guillaume Charpin

20 abonnés 49 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 mars 2025
Une œuvre absolument sublime et d’une grande subtilité. Bravissima figlia ! D’une grande humilité qui plus est par comparaison à la mise en valeur compréhensible et légitime de son père au fond idolâtré malgré tous ses défauts ! Il lui a tant appris et tant donné qu’elle a voulu lui rendre hommage avec respect, je pense, sans écorner son image magnifique telle qu’elle le présente ! Ou le temps qu’il faut (« il tempo che ci vuole » titre original du film) pour une cinéaste accomplie de rendre hommage à lui.
Sulana Luce
Sulana Luce

12 abonnés 121 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2025
Un film absolument sublime !
L'autobiographie implique un don de soi, une mise à nue où la pudeur n'a pas sa place. L'Intimité à ciel ouvert.
C'est aussi une forme de courage de regarder sa vie en face.
J'admire !
Dans un récit dont le rapport père-fille prédomine, on s'attend forcément à un huis clos. Un peu tout de même, mais pas seulement.
Convaincue de compter parmi un public averti, sans fausse modestie, j'avoue avoir été éblouie.
Je me suis surprise à lire la vie de Francesca Comencini comme dans un livre ouvert.
Les minutes s'écoulaient, et la spectatrice que j'étais à mon arrivée avait fondu comme neige au soleil pour n'être plus qu'une enfant émerveillée face à un tel bijou de cinéma.
Très belle distribution !
"Il tempo che ci vuole" est à mes yeux, un cadeau fait au public.
Francesca Comencini, MERCI !
Bruneclabenavarre
Bruneclabenavarre

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2025
Du grand cinéma italien… quel bel hommage au père de la part de sa fille qui non seulement sait tenir sa caméra mais arrive à nous éblouir en nous racontant avec beaucoup de pudeur et avec une grande émotion ses relations avec un père aimant à toutes les étapes de sa vie et plus particulièrement à un moment extrêmement difficile de son adolescence (rupture avec son milieu : drogue etc..)
Merci pour ce magnifique film
Nicolaus
Nicolaus

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 février 2025
Un des films les plus émouvants de ces dernières années. Certains partis pris pourraient poser question, comme le fait qu'on ne voit que Francesca avec son père (la mère et les soeurs n'existent même pas), mais en fait ils permettent de se concentrer sur l'essentiel, à savoir la relation père-fille. C'est d'autant plus important quand on connaît l'oeuvre de Luigi Comencini et sa sensibilité particulière pour le monde de l'enfance (allez voir L'incompris, un film qui me fait pleurer d'émotion à chaque fois). On retrouve cette sensibilité avec la caméra de Francesca Comencini, une relation vraiment émouvante entre fille et père, les difficultés de l'adolescence et de ses vingt ans, la dureté de certains propos de Francesca envers son père, n'empêchent qu'il s'agit d'une véritable déclaration d'amour envers Luigi Comencini, réalisateur parfois négligé.
N'oublions pas non plus que ce film nous permet de nous replonger avec subtilité dans l'ambiance de l'Italie de 1968-1969, ainsi que celle de 1978-1982, des périodes troubles et marquées par des épisodes forts (attentat terroriste de Piazza Fontana, enlèvement d'Aldo Moro...). Un très beau film vraiment
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2025
Beau film. Très autobiographique, jamais nombriliste, ou l'on sent tout l'amour d'un père pour sa fille et inversement. La complicité, l'incompréhension, l'enfance, l'adolescence , comment faire grandir ses enfants, comment trouver sa place, comment transmettre. La direction d'acteurs est formidable, précise, on a de grandes scènes d'affrontements, d'aveux, sur des dialogues precis eux aussi, le père parfois dépassé, la jeune femme ombrageuse, on trouve tout cela, même de la fantaisie, dans ce film qui humidifié les yeux
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2025
Alors que Luigi Comencini est décédé il y aura bientôt 17 ans, alors que Francesca a passé la barre des 60 ans, elle a décidé de visiter dans un film les relations qu’elle a eues avec son père à différents âges de sa vie, les bonnes comme les moins bonnes. Ce film, elle le portait en elle depuis longtemps mais il lui fallait se sentir à la hauteur pour arriver à concrétiser cette intention. Le déclic est intervenu lors du confinement lié à la pandémie de Covid, alors que les salles de cinéma étaient fermés et que de nombreux augures prédisaient la mort du cinéma. Cette période si particulière lui a permis d’aller puiser dans ses souvenirs et de reconstituer sa propre vie auprès d’un père qui avait consacré la sienne au cinéma, comme réalisateur bien sûr, mais aussi comme fondateur de la Cinémathèque de Milan, comme restaurateur de films dans cette même cinémathèque et comme critique de cinéma. Un homme dont l’envie de faire du cinéma est née en 1932, à l’âge de 16 ans, à la vision de "L’Atlantide" de Georg Wilhelm Pabst, alors qu’il résidait dans le Lot-et-Garonne avec sa famille.Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-prima-la-vita/
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