Deux sœurs, un bébé, un démon de minuit (puisqu'il fait tout le temps nuit, dans ce film)... Non, ce n'est pas le synopsis d'une œuvre de "found-footage" du Dark Web (ou le refrain d'une chanson de variété française des années 80's), mais bien un énième film d'épouvante à sursauts abusifs (volume à fond) pour des ados en mal de séance de seconde partie de soirée avec leur copine (et encore, à chaque fermeture du ciné, ils sont nombreux à s'arrêter pour nous déconseiller le film en sortant... Mais à qui s'adresse ce film, du coup ?). Alors donc, Shelby Oaks est une esbroufe absolue, ne résident qu'en des coups toqués à la porte au milieu du silence, en un chien fou qui grogne fort (oh le vilain toutou) et des vidéos au caméscope d'une mystérieuse disparue. Le programme n'est pas franchement réjouissant, surtout qu'il est difficile de ne pas tomber dans la comparaison avec Blair Witch, quand ce sont les vidéos d'archives de la disparue, en pleine forêt, qui sont censées faire peur. Déjà que l'on n'était pas emballé par Blair Witch, la version "je n'ai pas de sonnette, alors on tabasse les murs" n'est pas plus réjouissante. Le film tombe tout d'un coup (comme s'il voulait justifier de ne pas trop ressembler aux autres found-footage) dans le fantastique rituel et démoniaque, auquel on n'a rien compris. On n'a pas de réponse claire (à part que l'on a
retrouvé la frangine dans une cave d'entreprise, gardée par le vilain toutou... T'auras pas ton Frolic, sale bête),
tout le final ne reposant que sur sa dernière scène, à savoir que
la frangine accuse le bébé d'être possédé par le démon ("Ah, du coup, ce n'est pas elle, la possédée ? D'accord, je suis, je suis...") et essaie de l'étouffer avec un oreiller, mais se fait défenestrer par sa sœur, et cela attire le chien des Enfers qui la bouffe, sous l’œil maintenant fluo (pratique, pour lire dans le noir) de la frangine, avec le Démon qui la jouxte comme un complice... Attendez, ce n'est donc pas le bébé qui est possédé, alors ? C'était la frangine aînée, qui est l'enquêtrice depuis le début, qui est possédée ?... Mais... Pourquoi enquête-t-elle, alors ?
On a rien compris. Il n'en reste pas moins que Shelby Oaks est un film d'épouvante assez risible, dénué de tout ambiance, et ne reposant en fait que sur l'incapacité des gens à se servir d'une sonnette ou d'un carillon.