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Fiers R.
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3,5
Publiée le 31 janvier 2025
Vu à Montréal.
Un peu sorti de nulle part, ce film s’est faite une petite réputation à force d’être remarqué dans certains festivals par la presse internationale. Et, en effet, ces mérites ne sont pas galvaudés jusqu’à être nommé dans pas mal de cérémonies de remises de prix depuis quelques semaines. Malgré une distribution de seconds couteaux venus de tous les horizons, un réalisateur inconnu au bataillon (il avait réalisé deux films Netflix passés inaperçus dont le pas terrible long-métrage de science-fiction « Tides ») et un petit budget, cette coproduction internationale entre les États-Unis, la Suisse et l’Allemagne est une belle réussite appréhendant parfaitement son sujet avec le traitement adéquat. « 5 septembre » revient sur les attentats des Jeux Olympiques de Munich de 1972 qui avaient été un choc pour la planète entière. Des événements tragiques que le film sobrement intitulé « Munich » de Steven Spielberg avait plutôt bien couvert dans son ensemble, même si c’était loin d’être l’une de ses meilleures œuvres.
Ici, l’objectif de fond du film est tout autre. Car le script entend voir lesdits événements par le prisme du journalisme. On y parle donc de la manière de traiter l’information, de ce qui peut être montré ou pas (c’est la première tragédie du genre à avoir été montrée en temps réel à travers le monde grâce au progrès des satellites) et de la morale du métier. Tout cela est étonnamment fondu dans une œuvre qui n’est pas à proprement parler un thriller mais qui réserve son lot de suspense et de tension. Ce côté suspense sera d’autant plus important et prégnant pour les plus jeunes n’ayant pas vécu cet évènement et pour ceux l’ayant oublié, car ils n’en connaissent pas l’issue. Et « 5 septembre » couvre parfaitement ses questionnements journalistiques comme avait pu le faire « Civil War » l’an passé - alors que ce n’était supposément pas le sujet premier du film - ou comme « Lee Miller » et plus anciennement « Harrison’s Flowers ». Entre l’envie d’avoir la primeur du sujet, les dilemmes moraux et la manière de couvrir un tel sujet, les questionnements sont passionnants et montrés de manière simple et concrète. Comme si ces attentats étaient le parfait vecteur pour parler de cela...
Mais ce qui est fort et range le film du côté des excellentes surprises, c’est que « 5 septembre » est tout aussi haletant dans la manière dont on ressent la prise d’otages. Vue à travers une salle de régie et des écrans de contrôle, elle est donc perçue de loin en presque huis-clos dans les studios qu’ABC, ce qui est terriblement original et bien optimisé ici. Un peu comme pouvait l’être par exemple celle du vol 93 le 11 septembre 2001 dans le film éponyme de Paul Greengrass. On ne sortira pas de ces locaux de télévision et ici on n’est même pas au cœur de la prise d’otages mais le cinéaste et sa caméra alerte nous immerge totalement dans le capharnaüm psychologique et pratique que vivent cette équipe de journalistes et techniciens. Dans une partition de groupe homogène et investie, le casting de seconds couteaux venus de tous les coins du globe participe beaucoup à la réussite d’un film peu commun au montage serré, efficace et sans une minute de trop. Du bon travail, intelligent, instructif et captivant.
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En notre époque où les canaux d'information pullulent, pour le meilleur et souvent pour le pire, via les réseaux sociaux, 5 septembre a le mérite d'évoquer la première fois où son traitement, lors d'une tragique prise d'otages, par les images transmises, a constitué un véritable défi, sous les yeux du monde entier. A l'inverse du Munich de Spielberg, le film de Tim Fehlbaum a délibérément "anglé" son propos sur la manière dont le diffuseur américain des J.O de 1972 a couvert le déroulement du drame. L'impression d'immersion au sein des studios d'ABC est totale et son caractère d'authenticité accentué par les véritables images, diffusées alors en live. 5 septembre est conçu comme un thriller, réalisé avec une minutie maniaque, et si le mot éthique n'est jamais prononcé, il n'en est pas moins essentiel dans les choix journalistiques d'une équipe sous pression, qui a à peine le temps de situer la limite entre information et voyeurisme, avec le risque de montrer la mort en direct ou de reporter de fausses nouvelles spoiler: (ce qui fut d'ailleurs le cas) . Le parti pris du film a cependant quelque chose de frustrant, en se focalisant sur le travail d'un seul média, mais on ne lui déniera pas son honnêteté intellectuelle et son efficacité. Au demeurant, chacun a toujours la possibilité d'aller plus loin dans la connaissance de ce drame, notamment en lisant le témoignage du reporter de l'AFP, un certain Charles Biétry, qui fut le premier à révéler son dénouement.
Tim Fehlbaum livre avec 5 septembre une immersion captivante dans les coulisses du journalisme télévisé, où la quête du sensationnel et l’exigence de vérité s’entrelacent dans une danse périlleuse.
Un casting remarquable Leonie Benesch brille dans le rôle de Marianne, une journaliste allemande symbolisant une génération en quête de progrès éthique. À ses côtés, Peter Sarsgaard et John Magaro incarnent des professionnels confrontés à des choix déchirants, mêlant ambition, morale et devoir.
Un récit tendu et immersif Le film s’attarde sur la couverture de la prise d’otages des Jeux Olympiques de Munich en 1972, une tragédie suivie en direct par près d’un milliard de téléspectateurs. La caméra explore les tensions au sein d’une régie télévisée, où l’obsession du scoop et les dilemmes éthiques s’entrechoquent. Geoff, un jeune producteur ambitieux, fait face à la pression constante du direct, tandis que ses collègues tentent de maintenir un équilibre précaire entre rigueur journalistique et appât du sensationnel.
La vérité face au sensationnel En retraçant une erreur journalistique commise sous pression, Fehlbaum interroge la responsabilité des médias face à des crises internationales. L’usage du « selon diverses sources » illustre une stratégie pour captiver l’audience, mais expose également les risques d’information hâtive et erronée.
5 septembre est un drame historique pertinent qui soulève des questions intemporelles sur l’éthique journalistique. Si la mise en scène manque parfois de nuances pour approfondir ses thématiques, le film reste un témoignage saisissant sur le rôle des médias face à la tragédie.
À découvrir pour ses réflexions sur le journalisme en direct et ses performances solides.
Ce huis clos avec les journalistes d'ABC nous fait revivre la tragique prise d'otages des JO de Munich et nous interroge sur les médias et leur possible dérivé. Captivant de bout en bout.
Huis-clos sous pression qui, au-delà de présenter un film de qualité et un jeu d’acteur immersif et impressionnant, interroge réellement sur le rapport des médias à l’information. Questionne l’importance du scoop, de la validité des informations transmises ainsi que l’arbitrage entre diffusion d’une vérité certifiée et acceptation d’un doute raisonnable face à l’occasion d’être le premier à relayer une information essentielle.
Vu au Zurich Film Festival, le film en huit clos nous tient en haleine tout le long. Le souci du détail est impressionnant et rend le film encore plus passionnant. Les acteurs s'en sortent bien. A voir en version originale si possible, car important pour le contexte dans lequel se déroule l'histoire.