5 septembre
Note moyenne
3,8
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203 critiques spectateurs

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pasmaldutout
pasmaldutout

54 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 février 2025
comment ce documentaire fiction peut il obtenir une note aussi basse ? 3.4 au moment où j'écris ces lignes. ce film est passionnant, efficace, rythmé et toute la salle était captivée (vu en avant première la veille de sa sortie mercredi). Jusqu'où peut aller un journaliste pour ne pas tomber dans le voyeurisme ? comment informer de manière juste ? Ce cinéaste suisse se penche sur ses questions très intéressantes.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 874 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 février 2025
"5 septembre" est un thriller venant nous raconter la prise d'otage ayant eu lieu le 5 septembre 1972, aux Jeux Olympiques, en Allemagne. L'idée était donc assez ambitieuse, mais le dispositif pourra en surprendre beaucoup, le long-métrage se concentrant uniquement sur l'équipe de télévision qui a couvert l'événement. Par conséquent, le récit est un huis clos au sein des studios, cherchant à nous faire ressentir la tension du moment. Et honnêtement, même si le projet semble classique, l'idée fonctionne à merveille. Grâce à un montage extrêmement dynamique et à une bonne utilisation de la caméra à l'épaule, le rythme du film parvient rapidement à nous embarquer dans les enjeux présentés. Nous sommes plongés au sein de l'histoire, et il sera impossible de décrocher. Toute l'idée est de nous raconter les différents conflits moraux qui ont gagné l'équipe de tournage durant ce regrettable moment d'histoire. Les thématiques tourneront autour de questions comme la responsabilité des informations partagées, ou encore le conflit entre la recherche d'audience et le côté choquant des images diffusées. Dans l'ensemble, même si le long-métrage traite donc une histoire d'une autre époque, tous les thèmes sont encore d'actualité, et c'est ce qui donne une force assez importante à ce dernier. Dotant que celui-ci cherche à se développer dans une bulle extrêmement réaliste, le scénario détaillant minutieusement comment fonctionne tout cela. Que ce soit dans le passage d'une caméra à une autre, dans la recherche d'information ou dans la gestion du temps. La création de cette atmosphère donne énormément de poids à l'ambiance, parfaitement renforcée par les très bonnes performances du casting, et par la bande-son oppressante, mais discrète. Cela permet de correctement vivre les choses de l'intérieur, et de se sentir pris par chaque nouveau rebondissement. Sachant également que le film ne dure qu'une heure trente, l'ensemble réussit à ne jamais nous lasser. Tout cela jusqu'à un final particulièrement complexe, mais qui soulève encore plus de questions. Pour moi, le résultat est donc vraiment réussi. Le film pose une atmosphère particulièrement forte, qui nous emporte dans la moindre action, tout en posant des questions intéressantes et qui continuent de faire écho à notre époque. Pour conclure, un thriller extrêmement prenant.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2025
Même si le film de Spielberg " Munich" était déjà très complet sur cet évènement, l'angle choisi est celui du travail d'une équipe télé ( la chaîne ABC qui venait pour le sport) qui se retrouve à couvrir en direct cette prise d'otage. C'est le premier direct télé d'une prise d'otage terroriste avec 500 000 000 de téléspectateurs qui l'ont suivie en direct. C'est extrêmement bien produit avec l'impression d'y être ( ils ont même retrouvé les tables de montages d'époque). On connait la fin de l'histoire mais le montage nerveux du film fonctionne
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 864 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 janvier 2025
Vu à Montréal.

Un peu sorti de nulle part, ce film s’est faite une petite réputation à force d’être remarqué dans certains festivals par la presse internationale. Et, en effet, ces mérites ne sont pas galvaudés jusqu’à être nommé dans pas mal de cérémonies de remises de prix depuis quelques semaines. Malgré une distribution de seconds couteaux venus de tous les horizons, un réalisateur inconnu au bataillon (il avait réalisé deux films Netflix passés inaperçus dont le pas terrible long-métrage de science-fiction « Tides ») et un petit budget, cette coproduction internationale entre les États-Unis, la Suisse et l’Allemagne est une belle réussite appréhendant parfaitement son sujet avec le traitement adéquat. « 5 septembre » revient sur les attentats des Jeux Olympiques de Munich de 1972 qui avaient été un choc pour la planète entière. Des événements tragiques que le film sobrement intitulé « Munich » de Steven Spielberg avait plutôt bien couvert dans son ensemble, même si c’était loin d’être l’une de ses meilleures œuvres.

Ici, l’objectif de fond du film est tout autre. Car le script entend voir lesdits événements par le prisme du journalisme. On y parle donc de la manière de traiter l’information, de ce qui peut être montré ou pas (c’est la première tragédie du genre à avoir été montrée en temps réel à travers le monde grâce au progrès des satellites) et de la morale du métier. Tout cela est étonnamment fondu dans une œuvre qui n’est pas à proprement parler un thriller mais qui réserve son lot de suspense et de tension. Ce côté suspense sera d’autant plus important et prégnant pour les plus jeunes n’ayant pas vécu cet évènement et pour ceux l’ayant oublié, car ils n’en connaissent pas l’issue. Et « 5 septembre » couvre parfaitement ses questionnements journalistiques comme avait pu le faire « Civil War » l’an passé - alors que ce n’était supposément pas le sujet premier du film - ou comme « Lee Miller » et plus anciennement « Harrison’s Flowers ». Entre l’envie d’avoir la primeur du sujet, les dilemmes moraux et la manière de couvrir un tel sujet, les questionnements sont passionnants et montrés de manière simple et concrète. Comme si ces attentats étaient le parfait vecteur pour parler de cela...

Mais ce qui est fort et range le film du côté des excellentes surprises, c’est que « 5 septembre » est tout aussi haletant dans la manière dont on ressent la prise d’otages. Vue à travers une salle de régie et des écrans de contrôle, elle est donc perçue de loin en presque huis-clos dans les studios qu’ABC, ce qui est terriblement original et bien optimisé ici. Un peu comme pouvait l’être par exemple celle du vol 93 le 11 septembre 2001 dans le film éponyme de Paul Greengrass. On ne sortira pas de ces locaux de télévision et ici on n’est même pas au cœur de la prise d’otages mais le cinéaste et sa caméra alerte nous immerge totalement dans le capharnaüm psychologique et pratique que vivent cette équipe de journalistes et techniciens. Dans une partition de groupe homogène et investie, le casting de seconds couteaux venus de tous les coins du globe participe beaucoup à la réussite d’un film peu commun au montage serré, efficace et sans une minute de trop. Du bon travail, intelligent, instructif et captivant.

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selenie

7 444 abonnés 6 650 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2025
Le film mix les images d'archives à un docu-ciné dont le grain adéquat se marie à merveille avec les archives et accentue ainsi l'immersion dans les heures terribles de cet attentat. Le film est particulièrement intéressant car il interroge le rôle des journalistes, mais surtout de la télévision dans les événements en temps de crise alors que les forces de l'ordre tentent de travailler en sous-marin. Ainsi on voit bien que les journalistes sont engoncés dans la course à l'audimat au risque de saboter les efforts de sauvetage et d'intervention. En France, on pense très fort aux effets catastrophiques de certaines action de journalistes lors des attentats de 2015. Le film montre et démontre parfaitement les effets nuisibles et dangereux de certaines décisions journalistiques, car oui en effet les terroristes regardent aussi la télévision. Tim Fehlbaum signe un thriller psycho-journalistique passionnant, aussi prenant que anxiogène, même si on reste peut-être trop en retrait des événements finalement ; on aurait aussi pu suivre ceux qui sont allés sur le tarmac aussi. La question du huis clos se pose donc là. Néanmoins, c'est un film historiquement réaliste doté d'une authenticité qui est à saluer. A conseiller.
Site : Selenie.fr
Ismael
Ismael

127 abonnés 209 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2025
A première vue, les limites de 5 Septembre sautent aux yeux, notamment si on le compare au célèbre Munich de Spielberg: un budget limité, un décor réduit à un studio télé, pas de comédiens connus et une durée minimale (1h30). Mais Tim Fehlbaum parvient pourtant à transformer ces limites en atouts et à rendre son film passionnant. Tout d'abord, en choisissant d'en faire un huis clos. En effet, tout ou presque se passe à l'intérieur d'un studio de télévision. Le film relate la véritable histoire tragique et sanglante de la prise d'otage israéliens, par un commando palestinien le 5 septembre 1972. Mais l'originalité c'est que tout est raconté du point de vue de la chaîne de télé ABC News qui, pour la première fois de l'histoire de la télé, avait capturé et diffusé ce type d’événement en direct.

Ce qui est trés réussi dans 5 septembre, c'est la façon dont le film reste fidèle à son style minimaliste et trés documentaire en refusant tous les compromis avec un cinéma disons plus mainstream. Dans 5 septembre, vous n'entendrez pas de bons mots ni de réparties cinglantes. On n'y trouve pas d'avantage d'humour ou de bons sentiments. D'avantage qu'un film à vocation grand public, on a véritablement l'impression de vivre une expérience de l'intérieur, comme une immersion à la fois dans un milieu, mais aussi dans une époque dont nous ne sommes pas -pour la plupart- familiers. Et à ce niveau le film est trés réaliste, hautement téchnique et même assez austère. Le fait que les événements semblent vécus quasiment en temps réel (en réalité ce n'est pas tout à fait le cas puisque la prise d'otage a duré 21h et le film seulement 1h30, mais il parvient à donner cette impression ) renforce ce réalisme. Quand aux comédiens ils sont trés bons. Le côté un peu froid et austère de Peter Saargaard, font de lui un excellent choix pour le rôle du rédacteur en chef.

Puis, au delà du film, c'est peut être finalement le fond du récit qui impressionne le plus. Notamment quand on voit le professionnalisme et le dévouement déployés par l'équipe de télévision pour faire face à la situation exceptionnelle. Je ne sais pas si cet aspect a été idéalisé pour les besoins du film, mais dans tous les cas il peut servir de modèle à beaucoup de boites en France, et pas seulement dans l'audiovisuel.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2025
« 5 septembre » propose une fiction saisissante inspirée de l’histoire vraie de la chaîne américaine ABC durant les événements de Munich 1972, aux Jeux Olympiques. Seule chaîne à avoir diffusé en temps réel les images de la prise d’otages, ABC a bouleversé le journalisme et ce film nous plonge au cœur de cette période historique.

Le film, bien que limité par une approche quasi-documentaire qui peut parfois freiner sa qualité cinématographique, parvient néanmoins à maintenir une tension palpable. On ressent intensément le stress et la détermination de l’équipe, incarnée notamment par Mark Strong, dans sa quête acharnée de vérité. Cette immersion permet au spectateur de comprendre l’ampleur de l’événement et d’appréhender l’impact de ces images en direct sur le paysage médiatique.

En complément du film de Spielberg qui se concentrait sur la traque des terroristes, “5 septembre” offre un regard différent en explorant les coulisses d’une diffusion qui a marqué l’histoire. Un film intelligent et humain, à voir absolument pour quiconque souhaite mieux saisir une facette essentielle de notre histoire récente.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 480 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2025
Avec Munich Spielberg filmait les événements du 5 Septembre de l’intérieur, Felhbaum pose lui ses caméras à l’extérieur. Pour ce qui va être la première prise d’otage filmée en direct et diffusée en Mondovision. Le rythme du film est haletant, ses 90 minutes semblent avoir la durée d’une page de pub et surtout il offre au spectateur une réflexion profonde sur ce qu’est le métier de journaliste et son implication sur les faits qu’il couvre. Et il nous rappelle aussi par la même occasion des événements douloureux et récents de l’histoire française comme l’attaque terroriste d’un supermarché kascher en 2015.
22sur20 | Alex
22sur20 | Alex

107 abonnés 332 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2025
5 septembre : 16,5/20

5 septembre 1972.
900 millions de téléspectateurs assistent en direct à un moment qui marquera l’histoire de la chaîne ABC : la prise d’otages de l’équipe d’Israël aux Jeux olympiques de Munich.

Quel film !

Je suis resté assommé à la fin de la diffusion.
Tiré d’un fait réel qui a marqué l’Allemagne d’après-guerre, le récit s’attarde sur la gestion de cette crise par la chaîne ABC, et j’ai trouvé ça brillant.

En effet, nous assistons à une immersion totale dans cette régie, où tous les événements ne sont énoncés qu’à voix haute, via des flashs infos ou des sources extérieures.

Tout est suggéré : quasiment aucune image de la prise d’otages, mais la pression et la tension qui pèsent lourdement sur ces équipes de télévision nous font vivre la situation en temps réel. Et c’est complètement réussi.

On prend vraiment conscience du pouvoir des médias, des fake news, et surtout du poids des décisions qu’ils prennent, en faisant de bons ou de mauvais choix.

La musique est oppressante, et le grain apporté à l’image renforce ce côté seventies d’époque, accentuant l’immersion.

5 septembre est un thriller haletant qui plonge la salle de cinéma dans un suspense intenable et une tension palpable. Basé sur des faits tristement réels, on imagine assez bien que cet événement inédit a dû être une véritable épreuve pour ABC, qui est entré dans l’histoire ce 5 septembre 1972.

Plus de notes sur insta : 22sur20
PLR
PLR

556 abonnés 1 767 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 février 2025
Nombre de spectateurs, moi le premier, auront sans doute attendu de ce film une reconstitution dans le vif de l'action des évènements de cette journée du 5 septembre lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich. Une prise d’otages d’athlètes israéliens par une organisation palestinienne qui se nomma à dessein Septembre noir. Si cette action hostile et violente, brisant l’esprit des Jeux, restée dans les annales de l’Histoire et de la mémoire collective, est bien dans le scénario ce n’est pas vraiment sa reconstitution qui est mise en scène. Plutôt la manière dont une équipe de télévision l’a vécue de son studio. Se trouvant au plus près du lieu de la prise d’otage, en capacité avec quelques stratagèmes de sortir de son confinement pour filmer au téléobjectif et de percevoir les mouvements sur le site (le Village Olympique), elle va tenter de recueillir les premières informations pour les diffuser avant que des chaines concurrentes plus prestigieuses d’infos en continu n’aient pris la main. Quasi huis-clos dans un studio. Récit portant davantage sur les interrogations de l’équipe qui glane des infos et les jauge ou interprète en hésitant parfois à les diffuser trop vite si elles ne sont pas vérifiées ou corroborées par au moins une autre source. Autre temps ? Sur le plan de la réalisation cinématographique une image de mauvaise qualité, sans doute pour reconstituer un petit air des débuts de la télévision en couleurs des années 1970. Effet d’ambiance inutile ici et plutôt décevant.
Cinemadourg

905 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2025
Munich, Jeux Olympiques d'été, 1972.
Alors que la planète a les yeux rivés sur les exploits des athlètes, un groupe armé s’introduit dans le village olympique, transformant la compétition en cauchemar.
Au cœur de la tourmente, une équipe de journalistes américains de la chaîne de télévision ABC se retrouve en première ligne pour couvrir la première retransmission mondiale en direct par satellites d'un acte terroriste en plein JO.
Ce thriller historique captivant de bout en bout nous entraîne dans les coulisses d'une chaîne de TV où le stress, l’urgence et les décisions de dernière minute rythment chaque instant.
La réalisation est soignée et trouve le juste ton entre tension dramatique et précision journalistique, avec des images immersives qui nous scotchent à l’écran.
Tendu, haletant et malheureusement toujours d'actualité : du très bel ouvrage cinéma !
Site CINEMADOURG.free.fr
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2025
La prise d’otage des JO de Munich a déjà été traitée (un peu) par le cinéma, notamment par Steven Spielberg. Ici, l’angle est différent. Le film est en unité de lieu : la régie de la chaine ABC, ses journalistes, ses techniciens, ses collaborateurs. Très ramassé (1h35), le film raconte la journée entière du 5 septembre, des premiers coups de feu à l’assaut final, toujours par le truchement des journalistes amenés à couvrir des évènements auxquels ils n’étaient en rien préparés. Peu de musique, peu de suspens (tout le monde sait comment cela s’est terminé), un casting assez resserré, le réalisateur Tim Fehlbaum filme l’urgence caméra à l’épaule. Les dialogues fusent, le montage accentue cette impression permanente, mélange d’urgence et d’improvisation. Nous sommes en 1972, pas d’informatique, on travaille à l’ancienne, on appelle avec des téléphone fixe, on communique avec des talkies walkies, autant dire pour un public jeune qu’on est dans un autre monde ! Le parti pris, apparemment, est de ne quasiment rien reconstituer en dehors du studio. Aussi, le film utilise les propres archives de la chaine ABC en abondance, dont certaines images qui sont devenues historiques. Cette profusion d’images d’archive finit par donner l’impression d’être devant une sorte de docu-fiction, ce qui accentue la dramaturgie du film. La tension est permanente, presque palpable, quand bien même nous, spectateurs, savons comment tout cela va se terminer. Côté réalisation, Tim Fehlbaum tient son film au cordeau, tout en nervosité et en tension. Ca ne dure que 1h35, mais à ce niveau de tension ce n’est pas plus mal d’avoir choisi de resserrer son film au maximum, car on sort de la séance un peu lessivé. Côté casting, on trouve Ben Chaplin et Peter Sarsgaard, le comédien français Zinedine Soualem ou la comédienne allemande Léonie Benesch (déjà vue et apprécie dans « La Salle des Profs »). Mais je vais faire une petite mention spéciale à John Magaro, dans le rôle du chef d’orchestre de la régie Geoff Mason. Il est au centre de l’action, donc du film, et il compose parfaitement un personnage tiraillé en permanence entre l’urgence et l’éthique. L’éthique, c’est au final le sujet central du film, au-delà des évènements historiques. La prise d’otage en elle-même, le fiasco total de la police allemande, tout cela est bien connu. Mais là, on se retrouve devant une rédaction sportive, habituée certes au direct, mais pas çà ce genre de direct. Située à 200m de la prise d’otage, elle insiste logiquement pour couvrir les évènements, mais elle n’est pas préparée pour de l’information en continue en situation de crise. Toutes les questions éthiques vont les percuter de front : spoiler: Faut-il filmer les preneurs d’otage ? Faut-ils filmer les otages ? Et en cas d’exécution, que peut-on montrer ? Quelles précautions sémantiques faut-il prendre pour désigner le commando ? Les journalistes d’ABC courent après les infos, testent les limites de la déontologie (en déguisant un technicien en athlète, en lui fabriquant un faux badge pour l’infiltrer dans un village olympique bouclé), ils doivent composer avec les chaines concurrentes, avec les annonceurs, avec la direction de la chaine. Et puis surtout, à partir de combien de sources fiables peut-on délivrer un scoop, et qu’est qu’une source fiable dans un pays qu’on ne connait pas et dont aucun journaliste ne connait la langue ? Baisser la caméra, taire une information, dans la précipitation des évènements certains choix sont discutables, certains auront (peut-être, on ne le saura jamais) été funestes. Quand ils montrent en direct des policiers allemands monter sur les toits pour préparer un assaut, ils ne réalisent que trop tard que les terroristes regardent eux aussi ABC. J’avoue que pendant cette scène précise, j’étais assez atterrée de ne pas les voir réagir.
« 5 Septembre » est un film qui parlent essentiellement de l’information en continue à une époque où on n’en faisait pas. Mais qui peut dire qu’aujourd’hui toutes ces questions éthiques ont été digérées et solutionnées ? Quand on voit comment certaines chaines françaises se sont comportées en 2015 on se dit que ce film, qui se déroule il y a 52 ans, est sacrément pertinent. « 5 Septembre » est un très bon film qui pose des questions essentielles, c’est un film qui doit questionner au-delà des journalistes, il doit questionner tous les spectateurs potentiels que nous sommes. Je le recommande plus que chaudement.
Yves G.

1 845 abonnés 4 016 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2025
Le 5 septembre 1972, à Munich, un commando palestinien a pénétré dans le village olympique et y a pris en otage des athlètes israéliens. L’événement a marqué les esprits. Il a endeuillé les Jeux olympiques. Il a visé des Juifs alors que l’organisation des Jeux à Munich visait à effacer le souvenir sinistre des Jeux de 1936 à Berlin. Cette action retentissante a vulgarisé un mode d’action qui hélas devint de plus en plus fréquent dans les années suivantes : le terrorisme.

La prise des otages de Munich est entrée dans l’Histoire. le cinéma s’en est emparé. Kevin McDonald lui a consacré un documentaire remarquable, "Un jour en septembre" en 1999. Surtout, l’immense Steven Spielberg, dans "Munich" (2006), a raconté les patientes représailles organisées par le Mossad pour « venger Munich ».

Le suisse Tim Fehlbaum choisit une focale originale. Il ne raconte pas la prise d’otages proprement dite mais la manière dont ABC en a rendu compte. La chaîne américaine avait dépêché ses journalistes sportifs et ses équipes techniques pour filmer les épreuves en direct. Alors que rien ne les y préparait, cette équipe a retransmis en direct des images que près d’un milliard de téléspectateurs ont regardé.

Avec une redoutable efficacité et une admirable simplicité, 5 septembre raconte les faits tels qu’ils se sont déroulés et les décisions que l’équipe d’ABC a été obligée de prendre pour en rendre compte. Il nous montre le bricolage permanent que constituait, à l’époque, la réalisation d’un direct, avec des équipements qui, cinquante ans plus tard, nous semblent préhistoriques. Les par exemple sont fabriquées à la main et filmées en gros plan avant d’être insérées au pied de l’image. Les images sont tournées en 16mm par d’énormes caméras sur des bobines qu’il faut patiemment développer. Avant l’ère du téléphone portable et des liaisons internet, les reporters communiquent via des téléphones à pièces ou des talkies walkies.

Mais, au-delà de ce bricolage bon enfant, le métier de journaliste, le 5 septembre 1972 à Munich, est autrement plus dramatique. Le film pose des questions éthiques qui sont toujours d’actualité. Une chaîne d’informations en continu a-t-elle le droit de tout montrer au nom de la transparence : l’exécution en direct d’un des otages au risque de traumatiser durablement ses proches ? le déploiement des forces de police sur le point de donner l’assaut au risque d’en informer les terroristes eux-mêmes ?
Autre interrogation éthique : quel degré de certitude la chaîne doit-elle avoir avant de diffuser une information ? Quand la rumeur court que les otages libérés sont sains et saufs, ABC peut-elle en rendre compte à l’antenne au risque d’accréditer cette information fragile et de susciter de fausses espérances sur leur sort ?

Ces questions, passionnantes, sont traitées avec une efficacité admirable. 5 septembre se déroule quasiment en huis clos dans l’atmosphère confinée de la régie de la chaîne. Quelques personnages, auxquels on a tôt fait de s’identifier, y travaillent dans une agitation frénétique : le directeur d’ABC Sports, Roone Arledge (Peter Sarsgaard), le chef débutant de la régie, Geoff Mason (Peter Magaro), un journaliste plus aguerri, Marvin Bader (Ben Champlin), une traductrice allemande, une des rares femmes de cette équipe ultra-testotéronée, qui s’avère vite indispensable, Marianne Gebhardt (Leonie Benesch).

"5 septembre" nous cloue à notre fauteuil. Durant toute la séance, ponctuée ces temps ci d’accès de toux et de reniflements, je n’ai pas entendu une mouche voler. Mené à un train d’enfer, "5 septembre" ne nous laisse pas une minute de répit. Aurait-il été plus efficace encore s’il avait duré plus longtemps, au point de nous faire éprouver, dans notre corps, l’exténuation de cette prise d’otages interminable ?
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 265 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 février 2025
Le film est une belle manière de montrer un drame sans montrer ni tellement évoquer les victimes ou leur entourage . Du coup on reste assez peu concerné par les états d’âme de ces techniciens de la télévision qui découvrent le direct
garnierix

306 abonnés 592 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 février 2025
On sourit de penser que le film concourt aux Oscars 2025 pour son scénario original. Car rien n'est original. Ni même l'idée de faire un film sur cet évènement que le synopsis officiel décrit dans sa navrante entièreté. Aucun risque de spoiler en en faisant la critique ! Quant aux acteurs, ce n'est même pas la peine d'en parler.

Indéniablement, remarquable est la réplique des installations de diffusion d'une chaîne TV à l'époque. Ainsi que la réplique imaginée de la tension hystérique qui y régnait. Mais le scénario aurait pu dramatiser davantage cette tension. Le "il paraîtrait que", ainsi que le mensonge officiel allemand, sont comme noyés au lieu d'être accentués. En fait, on s'ennuie.

On aurait pu, par exemple, suivre Mark Spitz (dont on parle alors) remportant ses victoires, puis rapatrié d'urgence aux États-Unis (il est juif) après le drame. Cela n'aurait pas été une digression !

Mais avant de s'ennuyer, on vit une chose bizarre et remarquable. On tremble quand l'événement survient. On découvre qu'on connaît bien cette vilaine sensation de tristesse, de colère (et de peur pour certains) qui règne dans l'équipe de diffusion. On se découvre victime inconsciente d'un traumatisme : c'est le 11 septembre 2001 qui refait surface, c'est le 7 janvier 2015, c'est un 13 novembre sur les boulevards parisiens, un 14 juillet à Nice. Mais est-ce le but du film ?

Et si le but était de montrer que les chaînes d'informations en continu confondent en permanence l'histoire filmée et la leur (il faut damer le pion à la concurrence), on le sait depuis des lustres. D'ailleurs, dire que cette perversion remonte au 5 septembre 1972 n'est-il pas exagéré ?

A.G.
Les meilleurs films de tous les temps