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Jackpopopote
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4,0
Publiée le 13 février 2025
Haletant! Les attentats de Munich 72 sont ici traités via la chaîne ABC. Le parti pris de le vivre l’événement à travers le huit clos du studio ABC est une réussite. On voit le dilemme rencontré par les journalistes et producteurs entre volonté d’information et avidité du scoop. On revit aussi la technologie de l’époque, l’ambiance d’après guerre qui sont ici bien mis en évidence. À noter la présence de Zinedine Soualem, cocorico. À voir
Un vrai bon film intelligent, haletant, avec des acteurs au top. Une revisite des JO de 1972 très réussie. Je vous conseille chaudement d'aller le voir, vous passerez un très bon moment.
Un thriller façon docu avec un point de vue original et intéressant, raconter la prise d'otage des athlètes israéliens par le prise des médias. Pour le coup c'est assez instructif sur la méthode ABC et des chaînes en général : l'essentiel est avant tout d'avoir le scoop , d'être les premiers à avoir l'information, peu importe la méthode (faire passer des journalistes pour des athlètes, filmer une intervention policières en direct,...). La mise en place de la cellule de crise journalistique est intéressante à regarder mais cela finit par tourner en rond car on ne suit pas directement les protagonistes de cette prise d'otage et qu'en fin de compte le spectateur est peu impacté par le récit. D'ailleurs, le point de vue est essentiellement celui du soutien aux victimes israéliennes, la Shoah est mentionnée à plusieurs reprises étant donné que les Jeux se passent à Munich en 1972. La motivation des terroristes palestiniens n'est jamais abordée. Ce parti pris se traduit aussi par la façon dont les deux personnages qui dirigent ABC sport traite de l'information. On pourrait même faire un parallèle avec la médiatisation du conflit par les médias contemporains.
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + 5 septembre" sur YouTube ! Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !
Le 5 septembre 1972, lors des Jeux olympique de Munich, un événement tragique bouleverses le monde : la prise d'otage d'athlètes israéliens par un commando palestinien. Le film "5 septembre" de Tim Fehlbaum nous plonge au cœur de cette journée fatidique, adoptant une perspective inédit en se focalisant sur les coulisses de la chaîne ABC News, qui couvrais l'événement en direct. Peter Sarsgaard incarne avec une sobriété remarquable le rédacteur en chef d'ABC News, un homme confronter à des décisions éditoriales cruciales dans un contexte de crises. Son interprétation, tout en retenu, traduit parfaitement le dilemme moral entre l'impératif d'informer et le respect de la dignité humaine. À ses côtés, John Magaro et Ben Chaplin apporte une dynamique contrastée, incarnant respectivement un journaliste ambitieux et un producteur chevronné, chacun reflétant une facette différente du monde médiatique. La mise en scène de Fehlbaum est d'une précision chirugicale. En choisissant de situer l'action principalement dans les locaux d'ABC News, il crée une atmosphère claustrophobique qui intensifie la tension narrative. Cette approche immersive permet au spectateur de ressentir l'urgence et la pression qui pèse sur les épaules des journalistes, tout en questionnant le rôle des médias dans la diffusion d'événements tragique en temps réel. Le choix de se concentrer sur la couverture médiatique plutôt que sur l'événement lui-même offre une réflexion profonde sur l'impact de la télévision en directe sur la perception publique des crises. Cette perspective rappelle que "5 septembre" n'est pas seulement un film historique, mais aussi une analyse pertinente des défis éthique auxquelles sont confrontés les journalistes, hier comme aujourd'hui. Visuellement, le film se distingue par une reconstitution fidèle des années 70, tant par les décors que par la palete chromatique utilisé. Cette authenticité esthétique renforce l'immersion du spectateur, le transportant directement au cœur de cette époque marquer par des bouleversements politiques et médiatiques. En somme, "5 septembre" est une œuvre cinématographique qui allie rigueur historique et profondeur psycologique. Grâce à des performances d'acteurs convaincantes et une réalisation maitriser, Tim Fehlbaum offre une réflexion nuancé sur le rôle des médias dans la couverture des tragédies, interrogeant ainsi notre propre rapport à l'information et à la manière dont elle est consommé.
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3,0
Publiée le 6 février 2025
« À qui appartient l'histoire ? La nôtre, ou la leur ? » "September 5" revient sur la première diffusion en direct d'un acte terroriste à savoir la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich. Un événement rare d'un point de vue médiatique qui soulève de nombreuses questions sur ce qu'ils peuvent ou ne pas montrer. Être au plus près de la situation tout en gardant une distance en guise de respect. Ce sont plusieurs façons de faire qui s'affrontent avec des personnes qui ne pensent qu'à obtenir un scoop sans penser à vérifier leurs sources. Il y a plus de cinquante ans qui séparent nos deux époques et pourtant, certaines choses n'ont pas changé comme on a pu directement le vérifier par nous-mêmes lors de tragiques événements. L'immersion dans cette régie est intéressante, mais on est logiquement trop loin de l'action pour ressentir la tension de la situation. Pour moi, c'est bien sur le plan technique, mais en termes d'émotions et de sensations, je trouve que l'ensemble tombe un peu plat. En somme, c'est pas mal grâce à de très bons acteurs, mais je m'attendais à quelque chose de plus prenant et viscéral.
Une plongée passionnante sur un moment historique rarement mis en lumière au cinéma (en dehors du Munich du Spielberg). On est dans une approche très technique de la télévision en directe du début des années 70 à travers cette première mondiale d'une prise d'otages diffusée en live. Les prises de risques, les décisions risquées, les situations qui changent toutes les minutes, les défis techniques. La photographie est parfaite et nous plonge totalement dans l'atmosphère de l'époque. Au-delà même de l'histoire qu'on connaît tous, cette mise en lumière des coulisses est merveilleuse.
Au début un peu dérouté par ce huis clos en coulisses, laissant l’horreur en arrière plan, j'ai apprécié le manque de fioritures et le côté « direct » faisant penser à un documentaire. C’est bref et efficace. Et ça interroge sur le rapport aux images, les prémisses de la surinformation nocive des médias sans oublier le conflit israélo-palestinien.
Huis-clos haletant, changeant intelligemment de focalisation sur le drame survenu aux JO munichois de 1972, la narration dynamique se concentre quasiment en temps réel sur la manière dont une équipe de journalistes sportifs gère les images et informations auxquelles ils sont confrontés, mêlant habilement prétendue conscience professionnelle, ambitions personnelles, voyeurisme inconscient, indélicatesse impudique. spoiler: Rappelant en pointillés les conflits politiques latents, les tensions entre participants de pays dont la confrontation belliqueuse reste en mémoire ainsi que l'amateurisme aberrant de l'organisation de ces jeux (avec un manque flagrant de sécurité et la poursuite des épreuves malgré la prise d'otages!), l'intrigue illustre les dérives possibles du journalisme, n'attendant pas que les sources concordent, courant après le scoop, agissant sans réfléchir aux conséquences humaines, transformant même les monstruosités de leurs semblables en spectacle... Un rappel pertinent...
Avec son casting international et une excellente reconstitution historique, 5 Septembre est certes un film sans prétention car il reste très académique mais le spectateur reste en haleine face à cet évènement pour lequel nous connaissons le destin tragique.
A travers le regard de ce média qui veut tout montrer et les ambitions professionnelles de chaque personne de ce huit clos donnent plus de profondeurs au film dans sa généralité.
Un bon film qui sans sortir des senties battus reste un bon divertissement.
Excellent film retraçant de manière objective et documentée la couverture médiatique de la prise d’otages de l’équipe olympique israélienne à Munich en 1972. Des personnages bien cadrés et aux motivations bien décrites, une mise en scène haletante pour une mise en perspective éthique du droit et du devoir d’information. Le temps passe vite à vivre ce film palpitant avec lequel on se sens en résonance de bout en bout.
Un assez bon film qui retrace les événements terroristes des Jeux Olympiques de Munich en 1972 (dont le film Munich de Steven Spielberg est d'ailleurs la suite directe), narrant au travers d'une équipe de télévision américaine ce qu'il s'est passé derrière les rideaux blancs de l'appartement de l'équipe Israélienne. On suit donc principalement l'action dans une seule et même pièce, celle où les journalistes montent le direct télé, mettent les sous-titres comme ils peuvent, essaient de raccorder au mieux les captations des différentes caméras postées un peu partout. Ce huis-clos étouffe un peu par moments (on aurait par exemple rêvé de voir les événements de l'intérieur, ce qui n'était pas possible avec le parti-pris de la salle des journalistes à distance), ne nous a jamais glacé autant que le fait historique l'aurait certainement fait avec une mise en scène plus conventionnelle (on ne voit finalement rien, il faut faire un énorme travail d'imagination), mais il permet de donner un autre point de vue, celui des coulisses chaotiques, aux informations contradictoires, qui peuvent même faire spoiler: capoter une opération de sauvetage (le moment de l'affaire le plus sordide : on n'y avait pas pensé non plus, et cette erreur a peut-être coûté la vie aux athlètes israéliens, au final...), remettent en question l'éternel conflit journalistique sur l'éthique de la profession : "voyeurisme et appât du sensationnel / ou seul besoin d'informer et de faire jaillir la vérité par les images ?". 5 Septembre est donc un film plutôt agréable à suivre (1h30 bien contenues : on ne s'ennuie pas), dont on suit les tragédies en direct (on ne connaissait rien de ces événements), dont la poignée de personnages permet de mieux les retenir (même si l'on ne sait rien d'eux à part leur fonction dans le JT : "La fille qui traduit l'allemand", "Le gars qui s'incruste dans le Village International pour avoir des infos", etc...), et dont la résolution finale est vraiment triste à découvrir en même temps que les journalistes. L'histoire de la première attaque terroriste filmée en direct, ce qui aujourd'hui fait l'actu de médias comme BFMTV en boucle (devenu presque une banalité, un circuit-fermé d'images à répéter comme appât du téléspectateur), prend sa source dans ce fait divers effroyable, très bien restitué par le suivi en "direct" d'une équipe télé américaine réduite, déjà partagée entre moralité (permettre aux familles et gens du peuple de savoir ce qu'il se passe) et inhumanité (être le seul média à diffuser les images pour se faire un paquet d'argent, en risquant la vie des otages...). Le conflit moral ne se pose plus vraiment aujourd'hui, alors 5 Septembre arrive à point nommé pour nous rappeler qu'en 1972 des gens se sont disputés dans une pièce exigüe, on fait voler des papiers, se sont mis des pains, ont été soupçonnés par les forces de l'ordre allemande, car la question était alors inédite et méritait bien un bon débat éthique à coups de postillons et de phalanges. N'hésitez surtout pas à regarder ensuite Munich, pour bien comprendre les conséquences géopolitiques de cette attaque.
Toujours vérifier ses sources avant de sortir une information, c'est un peu le code de déontologie de ces journalistes couvrant les JO de Munich en 1972. Troublant de réalisme, ce "petit" film nerveux et rythmé au sein de la chaine sportive ABC revient sous la forme d'un huis clos sur la prise d'otage d'athlètes israéliens par les terroristes palestiniens de "Septembre noir". On ne peut s'empêcher de penser au "Munich" (2005) de Steven Spielberg. Ici, le format cout (1h 35) renforce le sentiment d'oppression devant la reconstitution de cette "cellule de crise" face à l'impensable aux yeux du monde. L'atmosphère de l'époque est très bien retracée et interroge sur le métier de journaliste. Un ensemble dont on connait la fin mais qui s'avère rudement efficace.
Film historique qui nous replace 52 ans en arrière dans les évènement juste incroyables qui se sont passés au village olympique de Munich, et particulièrement sur l' équipe de télévision couvrant les jeux sportifs. Curieusement ce n'était que 27 ans après la fin du second conflit mondial, cela fait froid dans le dos. Au delà de l'horreur de toute prise d'otage, et de ce constat temporel, c'est le décalage technologique qui est est frappant ! Quel remarquable travail de documentation, de mise en scène, pour retrouver des outils qui semblent venus d' ailleurs, des tables de montage surnaturelles, dans une ambiance proche de celles des studios de Cap Canaveral en plus sobre. En effet toute l'intimité des relations de chacun des opérateurs est restituée pour notre plaisir. C'est tout le thème d' être "avant les autres" en matière d'information qui est abordé avec justesse, mais surtout une tension presque intenable de la première prise d' otage filmée en direct pour des centaines de millions de téléspectateurs ! Tim Fehlbaum nous embarque littéralement dans ce thriller captivant qui aura le mérite remettre la jolie bourgade de Fürstenfeldbruck à sa place non seulement pour ce coup de théâtre mais aussi peut être susciter l'envie de la découvrir bien moins sombre aujourd’hui.... !!**
Ces dernières années, au cinéma, un évènement majeur vu d’un angle journalistique s’avère souvent être la bonne idée pour réaliser un bon film. C’est le cas ici avec la prise d’otage des jeux olympiques de 1972 à Munich, présentée uniquement du point de vue des journalistes de la chaine américaine d’ABC. Ce qui rend si passionnant cette perspective, c’est parce que ce jour là ces hommes et ces femmes ont, pour la première fois, réalisé une retransmission en direct à la télévision d’un évènement historique. Le long-métrage nous permet de découvrir à quel point c’était un défi technique et logistique incroyable pour l’époque, alors que c’est devenu totalement banal aujourd’hui. Entre la couverture de l’unique satellite et la transmission manuelle des bobines des caméras, le challenge était ardu, et c’est captivant de le découvrir à l’écran. Autre élément soulevé par le scénario, l’aspect éthique du travail des journalistes qui se demandent pour la première fois ce qu’ils doivent montrer ou non, et qui s’interrogent sur leur responsabilité face aux spectateurs et face aux victimes et à leurs familles. Autour de ces deux points clés, le réalisateur Tim Fehlbaum nous propose un huis clos nerveux parfaitement mis en scène, mélangeant images d’archives et reconstitutions enfumées dans l’ambiance typique des années soixante-dix. Les acteurs s’avèrent parfaitement crédibles, Peter Sarsgaard et John Magaro en tête. 5 Septembre est donc un thriller passionnant qui, en plus de revenir sur un fait historique majeur, nous interroge sur le rôle des journalistes face à l’actualité.
5 septembre, le 4e film du réalisateur Suisse Tim Fehlbaum nous embarque dans la tragique prise d'otage survenue le 5 septembre 1972 lors des Jeux olympiques de Munich.
Particularité, nous vivons la situation en quasi huis-clos, dans les rangs de l'équipe Sports de la chaîne télévisuelle Étasunienne ABC.
Formellement, la photographie de Markus Förderer et le montage de Hansjörg Weißbrich touchent du doigt le style Greengrass. Cela implique une caméra très mobile, souvent portée à l'épaule, quasi-documentaire par moments ainsi qu'une palette de couleurs froides et terreuses. Cependant, c’est dans sa manière de traiter le fond que le film surpasse les tentatives de Greengrass, qui, malgré des postulats intéressants, restent souvent en surface.
Ici, l'atmosphère s'installe subtilement en début de métrage pour ne plus jamais faiblir ensuite. Les enjeux deviennent alors multiples et les conventions se voient bousculées : saisir les opportunités, informer le monde, équilibre entre balance morale individuelle et collective.
Au final, le film ne réinvente rien et s'ancre dans une pure lignée de thriller journalistiques. Mais c'est par son efficacité, la qualité de l'interprétation ainsi que sa tension maîtrisée qui le font pencher vers le haut du panier (Pentagon Papers, Zodiac, Nightcall, Dark Waters) plutôt que des versions académiques et consensuelles auxquelles quasiment rien n'est à reprocher si ce n'est le manque d'audace et d'aspérités (Spotlight).
Autres points forts, réussir à couvrir un large éventail de sujets et d'émotions dans un format compact bienvenu et efficace d'1 h 35. Mais aussi la musique de Lorenz Dangel qui reste toujours en retrait, loin de tout sensationnalisme.
Autant d'éléments qui en font une belle proposition de cinéma en ce début d'année 2025 tout en mettant en perspective combien les combats et sujets d'autrefois, sont toujours d'actualité (et tristement identiques).