Je dois avouer que l'adaptation est plutôt réussie. Le problème, au risque de blasphémer, c'est le matériau d'origine, ce livre boursouflé, granguignolesque, vaseux et sans grand fond hors salmigondis et bondieuseries.. J'avais souffert pour en venir à bout. Là, en 2h30, c'est plié. En le lisant je me disais que ça serait sans doute mieux en film. Je confirme, mais ça reste quand même du grand n'importe quoi
Un film sublime une adaptation particulièrement reussie de livre. Un recit onirique original qui décrit de l'intérieur l'horr6du stalinisme. On comprends apres l'avoir vu, pourquoi sa diffusion est aussi limitée.
Je ne connais pas Boulgakov, cette oeuvre est tirée de son roman. Je ne suis pas fan des films qui durent 3 heures. Mais là, je dis "whouah". Je ne sais pas comment on peut appeler cela ? une oeuvre satirique, philosophique, fantastique? un opera ?? peut être. Quelle imagination de la part de Boulgakov. Et quel exploit d'avoir su mettre en scene une oeuvre pareille. Les decors et les acteurs sont justes excelents. Bon, ce n'est pas un film, mais une oeuvre cinematographique. Certains font le parallele entre cette oeuvre et Faust. Je n'en sais rien. Un chef d'oeuvre ? j'en sais toujours rien , mais je me suis promis de revoir cette oeuvre une seconde fois.
D’une grande fidélité à l’égard du roman de Boulgakov réputé pourtant inadaptable,spoiler: Quelques effets numériques pourront paraître un peu visibles, mais ils ajoutent au côté steampunk du récit. En tout cas les costumes, les décors, le soin apporté à la photographie, aux couleursspoiler: Là ou un film clair et prenant y serait parvenu en moins de 2 2h35 c vraiment beaucoup trop surtout pour des passage pas toujours utile
Adaptation fastueuse du classique de Boulgakov, ce métrage convainc de suite par ses qualités visuelles. Doté d’une reconstitution opulente et parfaitement documentée et soignée du Moscou des années 1930, tout est précis, étudié, et authentiques. Quelques effets numériques pourront paraître un peu visibles, mais ils ajoutent au côté steampunk du récit. En tout cas les costumes, les décors, le soin apporté à la photographie, aux couleurs, l’imagerie reprise du livre et la mise en scène majestueuse font de cette adaptation un spectacle assurément réussi et très au-dessus de la moyenne. Coté interprétation, les acteurs sont globalement bons et bien castés. August Diehl joue le Diable, et il est très convaincant dans son rôle, à la fois inquiétant et séduisant, grave et dilettante. Il est entouré par une fine équipe qui paraîtra sans doute un peu trop loufoque à certains, mais c’est dans le livre donc… Tsiganov tient lui aussi fort bien son rôle et il a vraiment le physique attendu pour ce genre de personnages. En revanche, et ça a été pour moi une déception, quoique convaincant, j’ai eu du mal à lui trouver une alchimie véritable avec Youlia Snigir qui joue Marguerite. L’actrice n’est pas en cause, mais les scènes qu’ils partagent ne donnent rien, pas d’émotion, pas de vie, d’amour, alors que c’est un peu le noyau du film. Pour le coup c’est assez rare que ça me fasse ça, mais l’alchimie ne prend pas et pourtant séparément les acteurs sont bons dans leurs scènes. Cela est peut-être a rapproché des critiques que j’adresserai à l’histoire. Paradoxalement le film dure 2 heures 30 et on a pas l’impression d’avoir vu grand-chose à la fin, ou plutôt, on a vu beaucoup de choses mais comme des récits épars, décousus dans un ensemble qui papillonne mais ne s’arrête sur rien. Si bien que le film donne une impression de superficialité, de farce une fois passé la première demi-heure qui se tient vraiment et nous livre une approche réaliste réussie de la vie d’un artiste dans l’URSS des années 1930. Alors oui, c’est adapté du livre qui ressemble au film par ce côté foutraque et prolifique, mais le cinéma est un médium qui se prête sans doute moins au coq à l’âne. Heureusement, le film dispose quand même d’un solide montage et malgré l’imbrication des histoires, il ne nous perd pas trop. En somme, si vous voulez un superbe spectacle visuel, Le Maître et Marguerite est pour vous. C’est beau, dépaysant, inquiétant, sexy et parfois même farcesque. Maintenant, si vous recherchez un film vraiment passionnant de bout en bout sur 2 heures 30, pas sûr que ce soit le bon métrage, car de mon point de vue il est long pour ce qu’il a réélement à dire. Il se perd dans sa symbolique luxuriante, ses allégories, ses récits imbriqués, sa débauche de personnages et de contextes… Fidèle au livre, peut-être, mais le changement de médium ne s’y prête pas. 3
J’ai lu le livre, vu la première version avec Alain Cuny, et assisté à l’adaptation théâtrale. Aucune n’arrive au niveau de ce film. Tout ce qu ‘on aime chez Boulgakow est là : l’humour, la création, l’amour absolu et bien sûr la critique du régime. Un très beau et grand film.
Je vous propose de découvrir un film russe Le Maître et Marguerite de genre fantastique/drame réalisé par Michael Lockshin sorti en 2024, adapté du roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. Pour celles et ceux qui connaissent le livre savent qu'ils vont voir un film très spécial. Visuellement hallucinant, baroque, extravagant et burlesque avec un scénario captivant dans une URSS dystopique des années 30. La réalisation est habile, habitée, réjouissante, jouissante et éblouissante. Quand j'ai vu ce film, j'ai été captivé par la beauté des décors, de l'histoire, de son genre fantastique réalisé de main de maître. Malgré une longueur de 2h35 je n'ai pas vu passer le temps et ce n'est clairement pas un film qui plaira à tout le monde, car un peu un cinéma d'interprétation dans son déroulé.
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2,0
Publiée le 28 mai 2025
« Il n'existe pas d'écrivain pouvant se taire. S'il se tait, c'est ce que ce n'est pas un écrivain. » Alors que les préparatifs d'une pièce de théâtre sur Ponce Pilate battent leur plein, le Conseil des commissaires du peuple de l'Union soviétique estime que l'œuvre est contre le gouvernement et qu'elle n'a pas sa place dans la société. Librement inspiré du roman éponyme de Mikhaïl Boulgakov, "Master i Margarita" raconte le destin de l'auteur face à la censure. C'est là qu'arrive un homme étrange et élégant qui s'impose à la fois comme observateur et intervenant. Entre l'histoire de vengeance, la fantaisie et le plaidoyer pour la liberté artistique, Michael Lockshin signe une adaptation opulente et étouffée par une histoire alambiquée et confuse, par des éléments fantastiques exagérés et par des images numériques pas toujours agréables à l'œil. Un univers surchargé et fouillis dans lequel je n'ai jamais réussi à me plonger. Ça avait l'air intéressant, mais le rendu n'est absolument pas digeste.
Magnifique interprétation du Grand Roman de Bulgakov. Ayant vu tous les films sortis, c’est de loin la meilleur version. Jeu incroyable de tous les acteurs, twist du sujet vs le livre très réussi, les images d’une beauté époustouflante.
Baroque, extravagant et burlesque (ça aurait pu être un film italien), aux décors somptueux, à la BO travaillée, au service d’un livre culte dissident de BOULGAKOV, ce film est une révélation ! DIEHL en Messire est convaincant, Yulia en amante 5 à 7 et reine du bal de la pleine lune est irradiante. La richesse du film est multiple : diatribe contre le régime soviétique stalinien, dénonciation de l’athéisme religion officielle, réflexions sur l’existence du Christ et du Diable, revisite de l’Evangile à l’époque de Ponce Pilate,… La réalisation est habile qui entremêle la lecture de l’histoire par les acteurs eux-mêmes et l’évocation de l’intrigue pendant les persécutions en clinique psychiatrique. Un fort moment de cinéma !
D’une grande fidélité à l’égard du roman de Boulgakov réputé pourtant inadaptable, sacrifiant parfois la magie de l’œuvre originale sur l’autel du blockbuster contemporain – les effets visuels s’avèrent récurrents et très visibles –, Master i Margarita nous emporte dans un univers dense où règnent paranoïa et faux-semblants, recompose une comédie sociale du système soviétique dans lequel les discours communistes servent de façade au mode de vie bourgeois. Sa qualité principale est la lisibilité du récit, sans jamais le simplifier ni l’atrophier : se confondent les intrigues politiques et sentimentales, les registres historiques, polémiques et merveilleux – en ce que la surnature est acceptée comme telle par les personnages principaux –, les temporalités et les espaces. La mise en scène aérienne restitue le souffle et la libre circulation du roman qui, chapitre après chapitre, partie après partie, reconfigurait sa narration en faisant dialoguer le jugement d’un artiste et celui du Christ, les manœuvres malignes, les actions néfastes d’ambitieux ou d’égarés rattrapés par le poids de leur conscience ou de leurs responsabilités. Une belle réussite qui accomplit l’exploit de la cohérence en portant à l’écran un classique dissident de la littérature russe.
Tout d'abord, je tiens à préciser que je suis une fan absolu de Mikhail Boulgakov et que depuis plus de trente ans j'ai dû lire "Le maître et Marguerite" une douzaine de fois sinon plus (je suis monomaniaque et c'est l'un des deux livres que j'emportais avec moi dans des coins perdus du globe où je ne pouvais trouver aucun livres en français).
Ceci dit...
Ce qui m'a le plus impressionnée dans cette adaptation, c'est le montage incroyable maîtrisé. Une gageur car le parti-pris du récit en abime rend l'exercice très périlleux. Alors oui, des choix ont été fait. J'ai regretté un peu la dinguerie absurde des romans fantastique de Boulgakov (j'ai un faible pour les "Œufs fatidiques") et du "Maitre " en particulier. Il y a des moments absurdes comme l'arrivée d'Ivan au restaurant (scène très réussie d'ailleurs), le représentation au théâtre (bien que pour le coup, l'intervention de l'acteur me semble ratée et mal amenée), Béhémoth (très réussi le gros chat et malheureusement un peu sous-exploitée), le bal...
Adapter" Le Maître et Marguerite" c'est se confronter à un monument, à un roman à la russe avec des tas de personnages et des tas d'intrigues. Le réalisateur a choisi de se concentrer sur l'histoire du Maître, sur son histoire d'amour et sa rencontre avec Wolan et ça marche. Peut-être parce que les interprètes de Marguerite et de Wolan sont incroyables.
Yulia Sniguir possède un charisme hypnotique. Elle promène sa grâce et sa détermination tout au long du film. J'ai trouvé qu'elle incarnait une formidable Marguerite.
August Dielhl ne correspondait pas lors de sa première apparition à l'idée que je me faisais de Wolan. Le personnage de Boulgakov est très complexe et possède un côté trivial qui n'a pas été mis en avant dans le film. Mais plus le film avance et plus le personnage de Wolan s'ancre dans la tête du spectateur. August Dielhl a ce petit sourire en coin, cette élégance, cette légère froideur qui donne toute la dimension de ce personnage ambivalent et légèrement inquiétant. Le recours à la langue allemande lors de ses échanges avec le Maître accentue l'étrangeté du personnage. Comme le recours au latin lors des scènes antiques apporte une poésie mais aussi un décalage très fort avec l'époque où se déroule le récit principal. Le réalisateur n'emploie pas les trois langues (russe, allemand et latin, parfois même des petites interventions en français) de façon anodine. Les langues ont un sens, elle décrivent de part leurs tonalités, leur vocabulaire et leur grammaire, un monde différent, des idées différentes. J'ai beaucoup aimé cet aspect dans le film.
Je suis restée un peu saisie par le dégommage de la Russie soviétique (aspect très présent dans le roman) et par la critique du pouvoir (critique exprimée par Ieshoua auprès de Ponce Pilate dans la pièce puis le roman qu'écrit le Maître). Je me suis dit "Houa... balancer ça en 2021, c'est courageux" (le film a été tourné en 2021 mais il est quand même sorti en 2023), j'ai regardé si le film avait eu du succès et oui, il a eu du succès en Russie. Alors, c'est vrai "Le maître et Marguerite est considéré comme une chef d'œuvre de la littérature russe et Boulgakov a été victime de la censure stalinienne si bien que le roman a été édité après sa mort, mais quand même. C'est un sacré brûlot. J'ai beaucoup ri lors du spectacle qui remplace le "Pilate" du Maître... J'y ai retrouvé l'esprit d'un ballet communiste que j'avais vu en Chine en 2006 (la fiancé aux cheveux blanc), la mise en scène grandiloquente, les chants à la gloire du Parti et Wolan qui arrive là-dedans. Ca, ce n'est pas dans le roman, c'est une création du réalisateur et c'est très bien fait, très réaliste et drôle. Ivan le poète "d'état" est très réussi, ses vers stupides et ses interventions ridicules. Et puis la dénonciation de la censure, des privilèges pour qui est dans la bonne ligne politique, la délation. Le film a pour fil conducteur l'histoire entre le Maître et Marguerite mais c'est aussi un brûlot politique parce que le roman est un brûlot politique.
En tout cas, le film, avec ses partis pris assumés, est une réussite.