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Un visiteur
3,5
Publiée le 3 février 2013
On retrouve ici l'humour de Billy Wilder qui partant d'un sujet grave a su le tourner en dérision avec des personnages aux défauts exagérés. Du coup, ça donne quelque chose de très bon et on passe un véritable bon moment.
Encore un chef d'oeuvre méconnu de Wilder, aussi drôle, juste et insolent que magnifiquement filmé, dans l'ambiance crépusculaire d'un Berlin en ruines qui sent son expérience autobiographique. Trio d'acteurs fantastiques, Marlene Dietrich sensationnelle. Décidément, Wilder est un maître incontesté dans l'art de faire passer légèrement la gravité de ses sujets.
Dès la première séquence du film, qui se déroule dans l’avion arrivant à Berlin, on est sur la corde raide, puisque l’aspect comédie est contrarié par la vision d’une ville quasi totalement rasée par les bombardements alliés, ville qui apparait aux hublots de ce même avion. Et cette vision d’apocalypse est commentée avec cynisme par la délégation du Congrès américain venue enquêter sur le moral des troupes d’occupation. Il en sera de même pendant toute la durée du film puisque tout l’aspect comique du triangle amoureux se déroule dans des ruines dans lesquelles règnent la misère, le marché noir, où les femmes se prostituent pour une tablette de chocolat, ce marché noir et cette prostitution apparaissant comme le seul recours pour échapper au froid et à la faim. Cerise sur le gâteau, l’armée d’occupation américaine participe à la corruption généralisée, et la dénazification s’effectue plus que laborieusement. Le capitaine John Pringle (John Lund), qui dans le film est chargé de cette dénazification, a lui-même une liaison avec l’ancienne compagne d’un dignitaire nazi, Erika von Schlütov (Marlene Dietrich) au passé plus que trouble. À l’époque, La Scandaleuse de Berlin est l'un des rares films à décrire la vie quotidienne dans les ruines de l'Allemagne à la fin des années 1940 et surtout à contenir des prises de vues documentaires tournées à Berlin même par Wilder et très habilement intégrées au reste du film. Comme le fait très justement observer Olivier Père : « Pour le viennois Wilder, La Scandaleuse de Berlin offre l’occasion de retourner dans la ville où il a passé une partie de sa jeunesse, avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir, et aussi de se confronter avec son maître Lubitsch, qui avait osé se moquer du nazisme dans To Be or Not to Be, dès 1942. Avec l’aide de son scénariste Charles Brackett, complice de ses premières grandes réussites, Wilder fait preuve d’une intelligence éblouissante et parsème son film de dialogues à l’humour féroce. Marlene Dietrich, célèbre pour son engagement contre le nazisme, interprète avec sa classe habituelle une femme compromise avec le 3ème Reich, devenue la maîtresse d’un officier américain. Ses chansons et numéros de cabaret sont des réminiscences de son rôle dans L’Ange bleu, et évoquent sans fausse pudeur ni apitoiement le désarroi moral de toute une nation. » On remarquera le culot de Billy Wilder d’avoir choisi Marlene Dietrich pour jouer l’ex-compagne d’un dignitaire nazi, elle qui avait quitté l’Allemagne puis combattu le nazisme dès le début des années 30, au point ensuite d’intégrer l'United Service Organizations (USO) et de partir « pour le front européen en avril 1944, chantant pour les troupes américaines et britanniques stationnées au Royaume-Uni, avant d'accompagner la 3e armée américaine du général Patton en Italie, en France puis en Allemagne et en Tchécoslovaquie pendant la campagne de libération, donnant plus de 60 concerts en quinze mois. » (Wikipédia). Wilder eut d’ailleurs beaucoup de mal à la convaincre d’accepter le rôle. Elle y est évidemment parfaite ! Cela n’empêche pas que Jean Arthur, qui interprète la députée Phoebe Frost1, nom ironique et évocateur, évidente héritière de la Ninotchka imaginée par le même Wilder pour Lubitsch, d’être à la même hauteur. D’abord totalement ridicule, à la fois rigide, puritaine, infantile, d’une insupportable bien-pensance et, surtout, totalement déconnecté de la réalité historique dans laquelle elle se trouve, elle finit par devenir touchante dans sa prise de conscience et sa transformation. Billy Wilder considérait La Scandaleuse de Berlin comme un de ses films les plus réussis. On ne peut que lui donner raison car tout son art des contrastes s’y trouve : dialogues féroces et d’une grande drôlerie, tendresse, mélancolie, mais aussi cynisme, critique du puritanisme hypocrite, du politiquement correct, des faux-semblants. Le film est édité chez Rimini en combo Blu-ray/DVD dans une excellente copie 1. Nom ironique et évocateur puisque Frost signifie « gel » en anglais.
Si Billy Wilder est reconnu pour ses comédies américaines des années 50-60, il a aussi traité des sujets plus sensibles comme l'après guerre. C'est en 1948, qu'il décide d'aller tourner La Scandaleuse de Berlin, non pas en studio mais directement sur les lieux, dans un Berlin en ruine, qui servira de décor à une remise en question du conflit. Dès le début du film les choses sont posés. On survole la ville en ruine où une commission parlementaire américaine doit se rendre pour surveiller la bonne gestion de la partie américaine et voir le moral des troupes. Celle-ci est dirigée par Phoebe Frost qui va découvrir l'envers du décor: marché noir, mœurs de très mauvais goût, nazisme encore vivace, où elle va plonger bien malgré elle. Billy Wilder va se livrer à une charge comique, à sa façon, contre les américains et les allemands, lui qui est dans un perpétuel aller-retour entre Europe et Etats-Unis. Cela aurait pu être sombre, triste, mais le réalisateur amène son humour dans le personnage de Phoebe et de Marlène Dietrich, qui devient ancienne nazie reconvertie en chanteuse de cabaret dont le charme opère avec sa chanson "Black Market" devant les GI. Chez Wilder, les bons mots fusent tout en fluidité, la mise en scène est très travaillée (la séquence de la salle des archives en est un exemple) et le triangle amoureux est bien en phase avec cette Allemagne divisée. Un film qui mérite d'être un peu plus connu, comptant dans la carrière de Wilder, et qui est un véritable document sur cette Allemagne d'après-guerre qui a beaucoup marqué la population.
Les premiers film de BILLY WILDER ne sont pas des comedies et c'est meme plus des drames que de film léger. Pour ce très bon "la scandaleuse de berlin"...Billy Wilder pose sa caméra dans un berlin en ruine. Il a quelques touche d'humour mais le film est plus un film historique ou film d'amour qu'une simple comédie. C'est l'histoire d'un capitaine de l'armée américaine qui protège une ancienne nazi interpréter par Dietrich. Il va tout faire pour la sauver a commencer a faire une fausse histoire d'amour avec une sénatrice. Le film est ryhtmé, les scène ss'enchaine merveilleusement bien sans qu'il de blabla inutile. Bon film. Les deux actrice que sont Jean Arthur et Marlene Dietrich sont formidable.
Dans ce film, tourné dans les ruines de Berlin, Billy Wilder (natif de la Galice, Empire austro-hongrois, actuelle Pologne) et Marlène Dietrich (une vraie berlinoise, comme elle l' a toujours revendiqué) , ces deux grandes strars hollywoodiennes de langue allemande, sont visiblement complices pour démonter toute approche moraliste de la réalité berlinoise de l'immédiat après-guerre. Même l'austère Phoebe Frost (l'excellente et très amusante Jean Arthur), représentante républicaine de l'Etat du Iowa…. dans la commission de parlementaires américains envoyés dans la capitale allemande pour contrôler l'intégrité morale de leur soldats, n'échappera pas à cette impérieuse nécessité des berlinois de survivre, de se s'amuser, malgré tout. C'est tout dire, La Scandaleuse de Berlin est une comédie d'espionnage gaie et glamour grâce à la présence de Marlène, dont Wilder exploite au mieux ses potentialités de comédienne et de chanteuse (les chansons sont magnifiques). A voir et à revoir.
Certains filment vieillissent mal, d'autres pas. "La scandaleuse de Berlin" fait bien évidemment partie de la deuxième catégorie. Et comment en parler sans évoquer Marlene Dietrich ? Elle est parfaite, surtout quand on sait qu'elle avait fui l'Allemagne en 1939. Ce rôle a dû être un des plus difficile qu'elle ait eu à tenir, et elle le tient avec brio ! Les autres acteurs jouent également très bien. L'intrigue suit un bon rythme et est cohérente, sauf peut-être à une occasion spoiler: (comment le colonel découvre-t-il la liaison de Pringle ?) . Ce film, bien qu'engagé, arrive à ne pas être trop moralisateur et à faire rire malgré tout. Rire, et réfléchir. On en ressort avec beaucoup de questions en tête, notamment sur la condition de vie des jeunes Berlinoises après-guerre. En bref : à ne louper sous aucun prétexte.
Un Billy Wilder, plein de rouerie et de malice, avec un Berlin dévasté par les bombardements en toile de fond. L'intrigue part sur une intrigue banale, une bluette entre Marlène Dietrich, ex sympathisante du régime nazi, retournant sa robe de chanteuse de cabaret, enjôlant un Capitaine de l'armée américaine afin de bénéficier de sa protection. Mais ce petit train train va exploser avec l'arrivée dans le jeu d'une inénarrable commission du congrès qui vient enquêter sur les mœurs de l'armée américaine... Cerise sur le gâteau, un final à rebondissements!
Avec La Scandaleuse de Berlin, Billy Wilder mêle comédie cynique et regard désenchanté sur l’après-guerre dans un Berlin en ruines. Le contraste entre Jean Arthur et Marlene Dietrich alimente une dynamique à la fois satirique et ambiguë. Wilder joue sur les tonalités avec une ironie mordante, mais l’équilibre entre légèreté et gravité reste parfois instable. Le film séduit par son audace de ton, sans toujours approfondir pleinement ses enjeux politiques. Reste une œuvre singulière et acide, intéressante dans son contexte, mais dont l’impact apparaît légèrement atténué.