Une agréable et superbe comédie que l'on doit au grand maître du genre. Sur le fond d'un Berlin de l'immédiat après-guerre en ruine, Billy Wilder a réussi avec la collaboration de Charles Brackett a mettre en scène un triangle amoureux, ce qui n'est pas sans faire penser à Ninotchka dont les deux hommes ont participé à l'écriture du scénario, mais en complexifiant ses personnages à l'exemple de celui de Marlene Dietrich, nazie et profiteuse notoire qu'on ne parvient pas à détester. Le trio Marlene Dietrich-John Lund-Jean Arthur est excellent, les dialogues sont pétillants, le scénario délicieux, le rythme est très bien maitrisé et la réalisation est élégante. En bref, vous l'aurez compris ce film réunit toutes les qualités des meilleures oeuvres du grand Billy Wilder. Donc à ne manquer sous aucun prétexte.
Comme à son habitude Wilder aborde sur un ton léger des sujets graves et montrent les travers de ses contemporains. Dietrich est parfaite dans un rôle délicat, Jean Arthur aussi comme dans la scène où elle range ses affaires dans l'avion, excellente.
Encore un chef d'œuvre.Décidément,ce n'est pas la peine de tourner sans cesse pour être parfait et avec sa vingtaine de films Wilder en à la moitié au moins d'exceptionnels.Celui ci est léger,très léger puis il vire au drame avec l'annonce du retour de l'ancien amant de Erica pour retrouver sa légèreté peu après l'extraordinaire scène d'apparition du nazi.Sa légèreté n'empêche nullement sa profondeur et sa morale humaniste.Wilder aime raisonner et mettre l'homme au centre de la vie,peu importe les lois en vigueur.Comme Antigone il pense (et filme) selon son coeur.Jean Arthur est superbement utilisée au point d'en faire le personnage principal.Marlene, quant à elle n'ayant jamais besoin du premier rôle pour nous fasciner.Quel homme ne voudrait pas entendre le bruit de la clef frappant la chaussée?Berlin en ruine comme dans "Allemagne année zéro" est une toile de fond exceptionnelle tant par la forme que le fond.A ce titre ce film devrait devenir un classique au 22 ième siècle.
La scandaleuse de Berlin est le dernier film de Wilder que j'aie vu, et paradoxalement le premier de sa filmographie d'un point de vue chronologique. Grand fan du réalisateur, je craignais un peu qu'il soit austère à ses débuts (Le poison, Assurance sur la mort... - que je n'ai pas vus - quoiqu'il ait aussi réalisé très tôt des comédies : "Uniformes et jupons courts"). Dietrich, qui m'inquiète toujours un peu, ajoutait à cette sensation. Mais au contraire, la Scandaleuse, loin d'être un film austère, s'avère être tout à fait aimable, ce qui ne l'empêche pas d'être intelligent et parfois grave dans son sujet (l'occupation américaine de l'Allemagne d'après guerre). Il est traité de manière très légère, ressemblant d'ailleurs plus à une comédie Lubitschéenne que Wildérienne (j'adore les suffixes débiles). Un point qui n'a rien d'étonnant d'ailleurs quand on sait qu'ils travaillèrent ensemble, et combien Wilder admirait le maître. Bref, Dietrich se révèle surprenante dans ce film, étoffant son personnage dans plusieurs registres. En outre, les situations cocasses, la tranquille assurance avec laquelle le réalisateur mène sa romance, sont de première qualité. Il n'hésite pas pour autant à égratigner l'armée américaine au passage, une critique qui n'a pas dû beaucoup plaire à cette époque. En sus de toutes ces qualités, et d'autres que j'oublie, j'eus la surprise de découvrir Jean Arthur dans un grand retour à l'écran, ne l'ayant pas repérée sur le boitier, j'ai mis plusieurs minutes à la reconnaître. Il faut dire qu'elle n'était plus toute jeune à l'époque (48 ans) ; mais son phrasé et sa gestuelle possédaient toujours le même charme. Après avoir vampirisé Cooper dans M. Deeds, charmé puis trahi James Stewart dans "Vous ne l'emportez pas..." et "M Smith au sénat", fait tourner Cary Grant en bourrique dans "Seuls les anges ont des ailes", sa présence donne un coup de chien aux séquences de rivalité avec Dietrich. Pour Jean Arthur, donc, pour Marlène, et pour Billy !
Le film aurait pu être un sombre drame sur le Berlin d’après guerre, on y parle de prostitution, de marché noir, du nazisme pas tout à fait mort. Pourtant Billy Wilder réussit l’exploit d’en faire une comédie, et l’une de ses meilleurs. Derrière l’ironie et les sarcasmes on sent pourtant que l’auteur est réellement ému par le spectacle désolant de cette ville en ruine et par la survie au jour le jour de ses habitants. Le talent comique de Jean Arthur et le charme de Marlène Dietrich aide à faire passer cette pilule amère. Tout le talent de montrer des choses graves avec humour.
Très grande comédie de BIlly Wilder qui réussit à faire rire sur le drame du Berlin de la reconstruction d'après-guerre. John Ludd est épatant et fait passer son jeu par des petts rictus discret et efficace. Jean Arthur est adorable en rigide parlementaire complexée même si son style et/ou son surjeu ne correspond pas du tout à celui d'une Marlène Dietrich toujours aussi classe. Petit bémol sur le passé du personnae joué par Marlène Dietrich ; était-elle oui ou non nazie ?! Pas d'explications qui laisse comme un petit manque. Mais ne boudons pas notre plaisir !
Une commission parlementaire américaine vient s’enquérir du moral des troupes stationnées à Berlin après guerre. Un de ses membres veut voir l’envers du décor, et se trouve mêlée à une histoire d’amour et de recherche de criminel nazi. Wilder signe ici un film sans rythme, où les meilleurs moments sont ceux où Marlène Dietrich chante, et ceux où l’opérateur montre un Berlin terrifiant réduit à des pans de murs ; on peut aussi apprécier un regard critique sur l’occupation américaine. La prestation de Dietrich est excellente, mais en porte à faux, car elle joue plus la muse blessée que l’égérie du régime nazi, et incarne davantage la tragédie que la comédie ; l’héroïne parlementaire sur-joue en permanence ; l’officier est plus convainquant. En fait, le film n’est pas vraiment une comédie, mais traité comme tel, il se languit. Le scénario est improbable, les gags souvent enfantins ; on regrette que le Lubitch de Ninotchka n’ait pas été aux commandes. Wilder a fait beaucoup mieux, que ce soit dans le genre dramatique (sunset Boulevard) ou comique (the seven year itch).
Profitant des décors naturels qu’offrait l’Allemagne au temps de la Seconde Guerre Mondiale, Billy Wilder (Boulevard du crépuscule - 1949 & Certains l'aiment chaud - 1959) en profite pour y réaliser La Scandaleuse de Berlin (1948). Sur une idée de départ originale et à la fois intéressante, on suit Phoebe Frost, jeune Américaine envoyée en Europe afin de surveiller les troupes US restées en Allemagne. Elle s’attendait à tout sauf à cela, des soldats qui draguent des Allemandes, font la fêtent jusqu’à pas d’heure dans les bars, etc. Elle dresse son rapport et découvre par la même occasion qu’une chanteuse de cabaret (au passé Nazi) entretient une relation avec un officier américain. Tout va alors se compliquer, devant jouer des pieds et des mains pour cacher la vérité à cette fouineuse, Billy Wilder nous concocte ici une comédie intelligente et drôle, où les répliques savamment écrites méritent que l’on s’y attarde, tout comme le casting où l’on retrouve Jean Arthur & Marlene Dietrich !
Encore un chef d'oeuvre méconnu de Wilder, aussi drôle, juste et insolent que magnifiquement filmé, dans l'ambiance crépusculaire d'un Berlin en ruines qui sent son expérience autobiographique. Trio d'acteurs fantastiques, Marlene Dietrich sensationnelle. Décidément, Wilder est un maître incontesté dans l'art de faire passer légèrement la gravité de ses sujets.