Les Sept Samouraïs
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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2025
La plus grande force de Shichinin no samurai est de composer un registre épique au sein d’un récit qui ne cesse de nier l’épopée : nous avons plutôt là des tranches de vie d’abord strictement séparées et mobilisant des personnages a priori inéligibles au statut de héros (des paysans, des samouraïs déchus et sans maître) qui vont s’amalgamer à mesure que les valeurs humaines triomphent, ressuscitant un esprit féodal traditionnel. La façon qu’a Akira Kurosawa de représenter la misère, par des gros plans sur des grains de riz répandus à même le sol qu’essaie de ramasser une main amaigrie ou par des travellings élégants où s’incarnent les relations de pouvoir, les angoisses d’une existence qui ignore la sécurité, rappelle le geste d’un John Ford sur The Grapes of Wrath (1940) : tous deux osent le sublime alors que leur sujet respectif l’interdisait !
Une très belle séquence conduit Kikuchiyo à énumérer les stéréotypes liés aux deux populations en présence, à savoir d’un côté les cultivateurs superstitieux terrifiés à l’idée de voir femmes et filles ravies par les nouveaux venus, et de l’autre les samouraïs insatisfaits capables d’abuser de leur autorité. Kurosawa conjure ces clichés en divisant les guerriers venus de la ville, qu’il faut d’abord et périlleusement rassembler : il leur confère une identité propre, opposant à la sagesse de l’un la bestialité démente d’un autre ; il procède de façon similaire avec les villageois, dessinant les contours de différents foyers ayant chacun leurs préoccupations et dilemmes.
Surtout, l’audace subversive du long métrage tient à l’inscription de la chose militaire au sein d’un cadre bucolique, célébrant le travail des champs et la communion avec la nature : nombre de plans captent les déplacements des samouraïs dans des parterres de fleurs ou en forêt, empruntant certains cadrages aux Nibelungen (1924) de Fritz Lang. La clausule mélancolique assoie d’autant mieux la déconvenue amoureuse et héroïque de nos protagonistes qu’elle s’insère dans les rizières, éléments naturel par rapport auquel ceux-ci retrouvent leur étrangeté fondamentale. spoiler: Seule la mort sert de trait d’union, figurée par le cimetière
. Un chef-d’œuvre.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2020
On ne saurait résumer en quelques mots l'influence d'Akira Kurosawa sur le 7ème Art. Finalement, égrener les noms de ses admirateurs parait plus éloquent : Sergio Leone, Steven Spielberg, George Lucas, Quentin Tarantino, ou Francis Ford Coppola...Voilà qui devrait suffire à donner une idée de son impact sur le cinéma, quoiqu'il ne bénéficie pas forcément de la même popularité de ses héritiers et c'est injuste.
Au centre de sa carrière jalonnée d'œuvres séminales (Rashomon, La Forteresse Cachée), il y a Les Sept Samouraïs. Une fresque colossale qui synthétiste plusieurs des grandes thématiques chères à Kurosawa : humanisme, héroïsme, relations entre classes et générations,... Elles arrivent à une pureté absolue. Les sept gaillards mis en avant sont de purs représentants de la noblesse d'âme, tous différents mais chacun convergeant vers une forme de désintéressement qui fend le cœur. Parmi eux, je retiendrai trois personnages, aussi différents que complémentaires.
Kikuchiyo (inoubliable Toshirō Mifune), sorte de chien fou de la bande. Enragé, impulsif mais d'un courage peu commun, il est le plus émouvant de la troupe puisqu'il offre une évolution complète sur les 180 minutes. C'est également lui qui devient le ciment parvenant à fédérer ses comparses et les paysans.
Kanbei Shimada, la voix de la sagesse. L'ainé mais également le plus équilibré des 7 guerriers partis dans une bataille désespérée. Il est le centre névralgique du commando kamikaze et rempart inaltérable face à la peur/folie, auquel Takashi Shimura apporte toute son autorité et sa bonhommie.
Enfin, Katsushiro occupe lui un double-rôle, puisqu'il est simultanément participant et spectateur de l'épopée. Il représente également la jeunesse dans sa symbolique, l'espoir et l'avenir.
Personnellement, j'ajouterai le rôle plus discret de Kyuzō, samouraï silencieux mais diablement létal. En une poignée de minutes, Seiji Miyaguchi lui confère un charisme exceptionnel.
Malgré ses 3 heures, Kurosawa fait montre d'une virtuosité telle que les minutes passent à une vitesse folle. Aucune minute n'est sujette aux digressions inutiles. Jusqu'à son climax de presque une heure, où toutes les destinées se fracassent lors d'une bataille homérique. Et de permettre au réalisateur d'offrir à ses personnages un épilogue humble, amer mais grandiose. Tout en donnant ses définitions de l'héroïsme et la définition de Samouraï, non plus découlant d'un quelconque milieu social mais d'une volonté de triompher de l'adversité, quelle que soient l'issue. Pas étonnant que plusieurs générations de cinéastes en soient restés babas.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 octobre 2018
Je m'attendais à un travail d’esthète de la part d'Akira Kurosawa, j'ai été servit ! J'avais un peu délaissé la rétrospective de sa filmographie depuis quelques semaines il fallait donc marquer le coup et Les Sept Samouraïs était donc le long métrage adéquat pour cet exercice. Il faut un poil s'accrocher, le film dure plus de trois heures mais hormis cela, cette création est un régal. Tout y est parfait, on retrouve les thématiques, le soin de la mise en scène, l'image fantastique et la clique d'acteurs au summum de leurs talents. Les Sept Samouraïs ne manque pas de style et je comprends parfaitement qu'il est influencé autant de réalisateur par la suite. L'humanisme de l'oeuvre est aussi extrêmement louable, il y'a toujours cette délicatesse, ce soucis des autres chez A. Kurosawa. Le geste est en cela très touchant. Un film à vivre et qui me pousse à être moins paresseux à l'avenir, j'entends là qu'il faut que je reprenne mon chemin avec lui et ceux avec plus de discipline !
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2024
Magistrale Fresque d'Akira Kurosawa qui bien que datant de 1955 n'a rien perdue de sa superbe !
A noter que c'est un film qui donna lieu à un Remake à savoir "Les "7 mercenaires" de John Sturges avec Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn et James Coburn dans les rôles principaux!
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mars 2020
Film fleuve aux accents éminement épiques. C'est très long et très détaillé et il y a beaucoup de personnalités différentes dans les samourais et les villageois. En tant qu'occidentaux, il faut se faire au style japonais (et coréen) qui fait surjouer beaucoup de réactions de colère, de surprise, de tristesse. Kurosawa utilisait déjà beaucoup de techniques cinématographiques intéressantes, comme l'uilisation du ralenti sur certains personnages alors qu'autre personnage observe quant à lui en vitesse normale.
Nirina
Nirina

134 abonnés 38 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juin 2011
Un très grand film d'action! Un classique... Majeur! Putain de Georges Lucas quand même
... il a pas tout inventé celui la!
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
En 1954, Akira Kurosawa livre une fabuleuse fresque épique. Dans le Japon médiéval du XVIème siècle, des villageois harcelés par des pillards recrutent des samouraïs pour se protéger. Sur la base d’un scénario qui n’a eu de cesse d’inspirer de grands auteurs (dont le plus connu reste « Les sept mercenaires » de John Sturges), le réalisateur nippon offre un film d’aventure captivant. Le rythme lent qui s’installe est savoureux car il mélange la contemplation avec des scènes d’action intenses. Découpée en trois phases (le recrutement, l’entrainement et le combat final), l’histoire met en avant la bravoure des individus au cœur d’une société pourtant fortement hiérarchisée. L’héroïsme ne connaît pas de barrières sociales. Bref, un classique universel.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mars 2025
La plupart d'entre nous connaissons déjà, peut-être, le sujet de Kurozawa pour l'avoir vu fidèlement adapté par...John Sturges dans "Les sept mercenaires". Bien évidemment, on découvre dans la version originale japonaise un tout autre univers. Et pas seulement parce qu'aux mercenaires-flingueurs de l'Ouest américain se substituent de nobles samouraïs.
Les rites et les moeurs japonais du 16ème siècle introduisent un exotisme non pas seulement pittoresque mais parfois naturaliste. Ainsi ce regard que le cinéaste porte sur la paysannerie japonaise. Dès lors, le film semble un compromis artistique entre la pure fiction et la fresque réaliste.
Cela dit, le film est long et, entre le moment où les paysans menacés par une horde de bandits entreprennent d'engager leurs sept défenseurs et celui de l'affrontement dans leur village retranché, il est des passages parfois ennuyeux et figés. En revanche, la dernière partie du film, faite non pas d'une bataille rangée mais de nombreuses escarmouches, prend un relief étonnant, que lui confère la mise en scène de Kurozawa, entre réalisme et stylisation. Ce sont probablement les séquences les plus impressionnantes et emblématiques de l'oeuvre.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2013
Gloire à toi, grand Akira ! Gloire à toi d'avoir donné ses lettres de noblesse au film de samurai, et plus largement d'avoir su aussi parfaitement conjuguer cinéma d'action avec film d'auteur ! Merci d'avoir, par cette oeuvre hors norme, montré la voie à de futurs grands noms du 7è art (Leone, Coppola, Lucas, Scorsese...). Merci surtout de continuer, 60 ans après, de nous plonger avec délices dans le bruit et la fureur de cette épopée inoubliable ! Ton sens de l'espace, tes travellings insensés, ton génie de la profondeur de champ, la fluidité avec laquelle tu fais danser tes acteurs (les scènes de foule!) et tes caméras (car, n'en déplaise aux producteurs bornés qui n'en voulaient qu'une, il en fallait bien plusieurs pour répondre à tes inspirations), ont nourri et nourriront encore des générations de cinéphiles. Oh bien sûr, tu n'es pas seul - et malgré ton surnom de "Tennô" (l'Empereur) et tes coups de sang légendaires sur le plateau, tu ne manqueras pas de souligner les mérites de tous ceux qui t'ont accompagné dans cette réussite. Gloire à eux, aussi ! Gloire aux magiciens de la lumière et de la photo, alchimistes d'un noir et blanc ensorcelant, dans le mystère des scènes nocturnes comme dans l'innocence des scènes champêtres ou le gris boueux de la bataille finale: Nakai Asakazu et Saitô Takao. Gloire à tes responsables des décors (Matsuyama Takashi) et des costumes (Ezaki Kôhei), qui, au prix de conditions de tournage très inconfortables (le refus du confort des studios a un prix) ressuscitent avec un réalisme incroyable un univers fascinant. Gloire à ton maître de la musique, Hayasaka Fumio, dont ce fut malheureusement l'une des dernières compositions et qui signe une partition à la croisée des traditions japonaises et occidentales. Gloire, évidemment, à tes co-scénaristes, Hashimoto Shinobu et Oguni Hideo, qui ont imaginé avec toi le plus équilibré, le plus fouillé, le plus complexe des récits, sensibles autant à la dimension sociale du Japon pré-Edo qu'aux détails les plus subtils de la psychologie samurai et de leur science guerrière - capables, surtout, d'imaginer cette fantastique galerie de personnages, aux personnalités franches, bien découpées, du plus humble paysan au charismatique vétéran des batailles. Et gloire enfin, bien sûr, à tes interprètes, qu'on aurait envie de tous nommer tant leur prestation étonne et ravit à chaque instant. Les paysans (Rikichi, Manzo, Yohei, Shino...), seconds rôles qui n'en sont jamais complètement et seront les vrais vainqueurs de cette lutte entre guerriers professionnels. Shimura Takashi, maître samurai par excellence, rayonnant d'intelligence et de pondération, capable d'humour comme d'inflexibilité; Miyaguchi Seiji, alias Kyûzô, idéal du samurai perfectionniste mais modeste, au faciès impassible traversé d'imperceptibles sourires, aux gestes hallucinants de précision et d'élégance; Kimura Isao, jeune premier un peu benêt mais à la belle prestance; Katô Daisuke (Shichiroji, le n°2), Inaba Yoshio (Gorobei) et Chiyaki Minoru (Heihachi), aux profils admirablement caractérisés, aux trognes mémorables et à la qualité d'interprétation jamais prise en défaut. Et enfin, bien sûr, ton acteur fétiche, le grand Mifune Toshirô, qui incarne avec un génie histrionique qui n'est qu'à lui un personnage venu de nulle part, aux confins du bouffon et du guerrier, du leader charismatique et du simple d'esprit. Ce Kikuchiyo-là, il fallait être un génie pour l'inventer, et il fallait un génie pour l'incarner. Que les deux aient pu être réunis, qui plus est pour une longue collaboration, est une bénédiction dont le 7è art gardera à jamais le souvenir. Messieurs, à vous tous, bravo et merci !
Alexandra C
Alexandra C

38 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2017
Un classique . Ça a beau durer 3h30 en noir et blanc on ne s'ennuie pas. Plusieurs thèmes sont abordés et plusieurs styles alternent mais au final tout semble cohérent. La mise en scène et moderne et impressionnante pour l'époque
CeeSnipes

327 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 août 2013
Le problème avec les grands auteurs renommés des années 50, 60, c’est que leurs films ne passent jamais à la télévision, alors que tout le monde prétend les avoir vu. Il faut donc attendre les ressorties cinéma.

Les Sept Samurai est donc ressorti en 2013 pour permettre à ceux qui ne l’avaient pas encore vu, comme votre serviteur, de le voir dans de bonnes conditions. Et il faut des bonnes conditions pour apprécier à sa juste valeur ce milestone du cinéma, ce chef d’œuvre intemporel et indémodable. En effet, avec Les Sept Samurai, Akira Kurosawa prouve que contemplation ne rime pas avec gravité et nous sert un film d’action irréprochable, qui oscille tout le temps entre sérieux et comédie (partie dans laquelle brillent des acteurs comme Bokuzen Hidari) et dont la frénésie des deux dernières heures est remarquable, compte tenu de l’âge du film et des moyens que Kurosawa avait à disposition. La construction du film est d’ailleurs irréprochable, ce dernier durant près de 3h30 sans jamais souffrir de temps mort (même l’entracte bénéficie de l’excellente musique de Fumio Hayasaka) et sans jamais que son humour ne tombe à l’eau, même s’il a beaucoup vieilli. Le film serait déjà excellent, s’il n’y avait les interprétations de Seiji Miyaguchi (sosie d’Harry Lennix Jr.) en samurai surdoué et placide et Toshiro Mifune en fou furieux complètement taré, attachant et infatigable. Il est sans hésiter la pièce rapportée qui fait passer ce film de classique à chef d’œuvre.

Les Sept Samurai est génial, passionnant, drôle, précurseur et surtout un très bon moyen de passer 3h30 dans une salle climatisée en plein été. On touche à la perfection.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2019
Un long-métrage mythique, sans doute le plus célèbre film de l'histoire du cinéma japonais et celui qui confirme la renommé de son auteur, quatre ans après "Rashomon". Les conditions n'étaient pourtant pas réunis pour un tel succès : un scénario réécrit plusieurs fois, un budget maintes fois dépassé et un tournage éprouvant, étalé sur un an, à ranger aux côtés des plus cauchemardesques tels "Apocalypse Now. Au final, Akira Kurosawa signe une fresque immense sur la bravoure et la générosité en montrant des Samourais prêts à défendre non pas des seigneurs mais des paysans sans contrepartie. Le cinéaste alterne avec une facilité déconcertante les scènes comiques, tragiques ou de combat. Il fait également état d'une influence occidentale jamais reniée ; la première partie centrée sur le recrutement des samourais fait clairement penser au western alors que la suite des opérations lorgne plutôt vers la littérature européenne ("Don Quichotte" notamment). Enfin Kurosawa démontre son implacable sens du rythme : trois heures trente qui passent comme un coup de sabre !
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juillet 2024
Sans doute le titre (1954) le plus grand public du cinéaste et aussi un de ses meilleurs opus, il fait l'objet d'une ressortie en salle en version intégrale ( 200 mns environ).

Au XVIème siècle, un village de paysans japonais recrute sept samouraïs pour les protéger d'une bande de voleurs.

Surtout constitué de scènes d'action, Kurosawa laisse dans quelques rares moments échapper de la bouche de ses personnages une replique qui fait mouche.

La dernière du film notamment dont le sens sera vaguement repris dans le titre d'un de ses films suivants " les salauds meurent en paix".

Pour Kurosawa les gens courageux et vertueux ne sont pas les gagnants de l'histoire humaine. Ce n'est pas toujours faux, malheureusement.

Les aficionados du cinéma du patrimoine ne manqueront pas cette version étendue d'un des titres majeurs, d'un des plus éminents cinéastes de l'histoire du septième art. Rien de moins.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2015
Mes attentes face à ce film étaient grandes, mais "Les Sept Samouraïs" a dépassé toutes mes espérances. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti le frisson du génie à l’œuvre, et ce génie est Akira Kurosawa. Pourquoi ? Parce que ce métrage long de plus de trois heures mais nullement ennuyeux concentre tout ce qu'il faut dans un film : un thème porteur de valeurs nobles et non caricaturales (le courage, le vrai honneur, la loyauté), de l'action, de l'humour, du cynisme, une histoire d'amour qui se termine mal, une violente critique du système de castes et de la conception de l'honneur dans les sociétés aux conventions très codifiées d'Asie, un souffle épique et tragique. L'ensemble donne un résultat magnifique, bonifié par une photographie de toute beauté, une mise en scène très inspirée de Kurosawa et une musique qui prend aux tripes, tantôt cadencée et militaire, tantôt solennelle. Les comédiens font tous jeu égal, que ce soit pour dénoncer ou pour faire rire, et particulièrement l'excellent Toshirô Mifune (je ne cite que lui sinon la liste serait trop longue) qui nous livre un parfait numéro du clown triste. Et que dire de la dernière scène, fabuleuse, ainsi que de la dernière phrase, désabusée : spoiler: tous les villageois chantent et récoltent les céréales avec entrain tandis que les rônin survivants regardent avec tristesse les tombes de leurs frères d'armes sur une des collines qui environnent le village
. Le cynisme et l'ironie atroce qui se dégage de ces derniers plans en font l'une des plus belles scènes de fin que j'ai jamais vues. Je n'ai plus qu'un dernier mot à dire : Akira Kurosawa, merci. Merci pour ce chef d’œuvre.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 janvier 2026
Les Sept Samouraïs est un film avec un statut complètement culte, donc forcément ça peut faire un peu peur à se lancer dedans tant on a envie d’être dans de bonnes conditions pour le découvrir, surtout pour un film de 3h20! J’ai enfin pris le temps et je ne regrette pas : l’intrigue se suit hyper facilement et les différents archétypes de personnages rendent les interactions entre ces derniers super fluides et agréables, je n’ai pas vu les 2 premières heures passées. D’autant plus que le film est toujours super beau et à une superbe musique ! Le gros reproche que je peux faire cependant est que je n’ai ressenti aucune émotion pour les personnages et quand on en arrive à ne pas être impacté par la mort d’un personnage après 3h de film c’est un peu dommage. Et deuxième chose, la dernière heure de bataille m’a parue parfois brouillonne, ça tourne beaucoup en rond et l’absence d’implication émotionnelle n’aide pas. Bref, un peu déçu par ce dernier acte mais les sept samouraïs reste un bon film encore aujourd’hui !
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