As bestas
Note moyenne
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506 critiques spectateurs

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Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 août 2022
« As bestas » du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen dont j’avais moyennement apprécié le film « Madre » en 2020, revient avec un film qualifié de thriller/drame mais qui pour ma part correspond à une analyse psychologique très fine. Impossible de « résumer » le scénario sans le dévoiler, mais il est certain que l’amour qui unit Olga (Marina Foïs) et Antoine (Denis Ménochet), tous les 2 français et venus depuis quelques années en Galice pour y rénover une baraque dans un hameau à l’abandon et y fonder une ferme écologique, est très profond et basé sur des conceptions de vie tout à fait singulières, clairement précisées lorsque la fille d’Olga revoit sa mère. Il s’oppose à l’hostilité de 2 frères nés dans ce village en perdition et qui faute d’avoir reçu l’argent promis par une compagnie d’éoliennes pour pouvoir aller en ville avec leur mère, acheter un taxi et mener une meilleure vie à leurs yeux, vont développer une hostilité vis à vis de ces 2 étrangers puis un rejet et une haine viscérale bien qu’on puisse au fond « comprendre » leur frustration ! Des réactions animales vont se réveiller après les plaisanteries, les vexations, les affronts… réactions « annoncées » par le prélude qui nous montre 3 « alitadores » maitrisant un cheval sauvage.
Toute la force de ce film - peut-être un peu trop long (2 h17) - repose sur l’interprétation extraordinaire de Marina Foïs !
Goéland
Goéland

39 abonnés 199 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juillet 2022
Un couple de français, dans la cinquantaine, est installé dans un petit village des montagnes de Galicie. Ils font de la culture bio, rénovent des maisons délabrées et refusent d’autoriser l’installation d’éoliennes sur leur propriété. Ce refus cristallise des tensions avec leurs voisins, deux frère célibataires et leur mère, issus du village et pauvres. Leur opposition ne va cesser de croître…
Sur cette ligne dramatique très forte, Sorogoyen va subtilement greffer d’autres thématiques : l’arrogance et l’aigreur produits par la différence de niveau culturel ; l’immersion du nouveau venu, de ses idées et de ses projets dans un milieu figé et hostile ; au sein même de la famille française (parents-enfants), la méconnaissance et l’incompréhension des vies respectives.
Ce film profond qui interroge et surprend est mis en scène avec une force et une fluidité magnifiques : les hommes, les animaux en particulier les chevaux, les paysages sont regardés avec une justesse et une beauté tout en sensibilité parfois implacable.
Les acteurs sont au diapason : Marina Fois, en mère courage, n’a jamais été aussi convaincante ; Luis Zahera, en paysan retors, hâbleur, manipulateur est sidérant ; Denis Menochet, en bougon massif reste dans sa zone de confort.
Rodrigo Sorogoyen a déjà réalisé d’excellents films. Celui-ci, par son ampleur et la subtilité de son approche, est encore meilleur.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2023
Le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen n’a pas son pareil pour représenter des personnages complexes, dont la résistance aux drames n’emprunte jamais les sentiers battus de la psychologie schématique. Au contraire, règnent dans ses œuvres l’insondable et l’ineffable, deux forces qui rappellent que le cinéma reste avant tout un art visuel qui capture et interroge le temps, plutôt l’homme à l’épreuve du temps. As Bestas semble alors fonctionner en diptyque avec Madre par son attachement à une figure féminine, ici épouse, là mère, contrainte de faire son deuil contre vents et marées, et en deçà de la morale. Dix années séparent, dans les deux cas, et ce qui advient ensuite passionne davantage parce que nous retrouvons un personnage qui a entretemps évolué sans nous, sans personne d’ailleurs.
Sorogoyen, par son ancrage dans des traditions familiales qui définissent le septième art espagnol – pensons à la filmographie de Pedro Almodóvar ou de Carlos Saura, entre autres –, questionne la place ainsi que la légitimité d’une femme à se reconstruire par elle-même, en suivant les mouvements de son cœur, dans un environnement apparemment peu propice à une telle entreprise. Le bar breton pour Elena, l’exploitation agricole pour Olga. Deux femmes qui ont quitté leur pays natal pour s’épanouir ailleurs, suscitant l’incompréhension tant de leurs proches que des locaux.
As Bestas se distingue alors par la xénophobie que subit son couple principal, voire même par une forme de racisme – compte tenu du rapprochement entre humanité et animalité –, sentiments qui s’avèrent d’autant plus forts qu’ils touchent des Français blancs, public d’ordinaire tenu à l’écart, davantage spectateur ou bourreau que victime. Le long métrage réussit à nous faire ressentir le poids du temps, un temps marqué par l’insécurité croissante, la violence larvée et la vengeance, un temps d’amour aussi, puisqu’il s’agit, en faisant éclater la vérité, de préserver la mémoire de celui qui, sinon, disparaîtra pour toujours. Une œuvre puissante et maîtrisée.
Guigui60
Guigui60

3 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2022
Ad Bestas est une réussite, un drame psychologique plus qu'un thriller à mon sens, où l'angoisse va crescendo, d'abord suggérée pas de petits détails, avant d'envahir réellement toute l'histoire. Les acteurs sont tous impressionnants, et la mise en scène, à travers notamment ses plans-séquence, remarquable. Il s'agit d'un huis clos en pleine nature, qui aurait peut-être simplement pu, en conservant la même durée (2h15 quand même), bénéficier d'un dénouement plus détaillé. spoiler: (car si le spectateur avait bien compris que la caméra enfouie jouerait un rôle-clé, on aimerait savoir comment sont arrêtés les deux frères et s'ils avouent ou pas. En ce sens, l'énigme policière n'est pas pleinement résolue mais ce n'est à l'évidence pas le propos principal du scénario)
Jonathan Moy
Jonathan Moy

5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 juillet 2022
bon jeu d'acteur, mais c'est très long et manque cruellement d'action ou d'un bon dénouement. J'en sors très déçu
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2022
Avec ses deux précédents films, Rodrigo Sorogoyen avait surpris les cinéphiles dans deux registres très différents : politique avec l'entraînant "El reino" puis psychologique avec "Madre".
"Ad Bestas" synthétise les deux approches en plaçant le spectateur dans l'intimité et les angoisses du couple Marina Foïs - Denis Ménochet et en posant la question éminemment politique de l'identité et du territoire.
Comme à son habitude, Rodrigo Sorogoyen aborde ces thèmes avec subtilité, sans explicite, laissant chacun comprendre l'oeuvre selon sa sensibilité. La mie-en-scène est une de fois de plus magistrale. Sorogoyen s'impose comme un des meilleurs réalisateurs de sa génération.
Dx M.
Dx M.

87 abonnés 823 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 septembre 2022
Vraiment pas terrible... Au vue des critiques dithyrambiques je me suis décidé à regarder ce film... Eh bien je me suis fermement ennuyé tout le long... C'est lent, c'est long, c'est mou, il ne se passe strictement rien, des long dialogues en espagnol qui servent à rien, pas d action, c'est déprimant, ça tourne en rond etc... Une ambiance certe anxiogène mais comme il ne se passe rien ça sert à rien... Bref j'en pouvais plus après 1h... Je ne comprends pas qu'on puisse qualifié ce genre de film de chef d œuvre... LOL... Je pensais encore que le film monterai en puissance et en intensité vers la fin mais que nenni... Nada... Le néant... Bref une déception...
Lieux Losanges0g
Lieux Losanges0g

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 mars 2023
-Mise en place de l'intrigue extrêmement longue.
-Personnages principaux antipathiques, pas une super idée puisque ce sont les "victimes".
- dialogues ultra descriptifs, la palmes va à la séquence de la cuisine entre la mère et sa fille longue, mal jouée...
- caricature du monde paysan vs urbain
- ellipse après le meurtre inutile
- l'ennui fait place rapidement à la tension
- à n'assumer aucun parti pris clair le film en ressort brouillon
Dzibz
Dzibz

89 abonnés 11 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 février 2023
Je ne suis d'ordinaire pas un fana des films qui se suffisent à eux-mêmes et ne laissent aucune trace après qu'on les a découverts, mais faut bien avouer que celui-ci est d'une efficacité assez redoutable.
Une histoire à la croisée des chemins entre Enquête exclusive et Faites entrer l'accusé, où des voisins se foutent sur la gueule, une "escalade de la violence dans un petit village de Galice", comme le dirait si bien Bernard de la Villardière. Faut rien espérer de plus du film, mais celui-ci, et ça me plaît, a l'humilité de ne pas se prétendre être autre chose qu'un thriller efficace (et putain, il l'est !).
As Bestas a ainsi l'aspect d'un bon éclair au chocolat chopé dans une boulangerie sûre : on sait quel goût ça va avoir, mais on n'est jamais déçu. Et c'est sûrement dans le paradoxe de cette sécurité qu'il offre au spectateur, qui en a pour son argent, mêlée à l'inconfort dans lequel plonge malgré tout le tortueux récit, qu'on trouve notre bonheur dans As Bestas. Un agréable cauchemar éveillé, disons.
Bdfoucher
Bdfoucher

69 abonnés 94 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2023
Un des meilleurs film de l'année 2022 couronné de 9 Goyas et, tout dernièrement du César 2023 du meilleur film étranger. C'est mérité.

Antoine (Denis Menochet) et sa femme Olga (Marina Fois) , un couple de français retirés en Galicie dans une ferme bio qu'ils restaurent pour y attirer des touristes, se trouvent aux prises avec les habitants du hameau, tous pauvres et trimant une terre qui rapporte peu, qui escomptent la venue d'un parc éolien pour les sortir de leur misère mais auquel le couple s'oppose.

Considérés comme des instrus et surtout comme des empêcheurs de tourner en rond , les relations avec les locaux dégénèrent gravement, surtout avec deux frères , Xan (Luis Zahera) et Lorenzo qui passent à acte en ouvrant des hostilités qui vont crescendo jusqu'à ce qu'Antoine disparaisse au cours d'une promenade...

Olga désormais seule résiste, malgré l'insistance de sa fille à la ramener en ville, sillonnant la montagne et les les vallées à la recherche d'un indice démontrant qu'Antoine a été assassiné par ses voisins, assistée mollement par la Guardia civil.

Pendant tout le film la tension ne cesse de monter sur fond de paysage bucolique et de clochettes qui tintinnabulent . Deux visions s'opposent frontalement, celle des locaux qui rêvent de partir et celle d'urbains éduqués qui voudraient s'implanter au nom d'un retour à la nature. Les points de vue sont irréconcilables et les haines sont doublées des rancœurs historiques (et réelles) qui opposent français et espagnols depuis l'époque napoléonienne, dont les atrocités ont été immortalisées par Goya.

Le casting est parfaitement réglé et le suspense dure du début à la dernière minute, avec une première scène de chevaux qui ne doit rien au hasard.

As Bestas est en définitive une fable triste qui laisse penser qu'un monde tout entier est en train d'être englouti et que les paysages se désertifient inexorablement.

Il existe une autre approche. Je conseille à ceux que le film a ému de regarder sur internet cet autre film de 26 minutes, sonorisé, de Luis Bunuel tourné dans Las Hurdes en 1932 ("Terre sans pain") , d'y considérer la misère de ces terres situées à une heure des grandes capitales et regarder ensuite un reportage sur ce que ces terres sont devenues aujourd'hui grâce à l'Union Européenne et d'écouter ce qu'en disent les villageois espagnols.

C'est là qu'est la morale de l'histoire.
Colette Lux
Colette Lux

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2022
Pas de sexe,
Pas de cascades
Pas d'effets spéciaux.
Juste l'ignorance crasse, le rejet de l'autre, la violence inculte.
Pourquoi iriez-vous voir ce film ?
Simplement, parce que c'est un grand film sur la vie et rien d'autre.
A ne pas manquer.
Yves S
Yves S

14 abonnés 36 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 août 2022
C'est long, lent et finalement insupportable : un couple qui va volontairement à sa perte, le tout sous prétexte de défendre un projet écolo qui s'oppose à tout un village
On n'a pas besoin d'aller en Espagne pour rencontrer ce type de conflit de voisinage, agrémenté de xénophobie. En France, la haine entre voisins est monnaie courante avec quelquefois assassinats à la clef.
Blankovitch
Blankovitch

71 abonnés 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 août 2022
Tension, justesse, réalisme.
Contrairement à ce que j'ai lu de certains spectateurs le film n'a rien de manichéen. Au contraire, tout est fin et parfaitement réalisé. Les acteurs espagnols sont impressionnants.
0perateur
0perateur

18 abonnés 122 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 1 août 2024
Un film toxique, malaisant. Si vous voulez passer un mauvais moment digne des tristes actualités, foncez.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juillet 2022
Ce thriller aux allures de néo-western nous emporte du début à la fin. Du suspense, de la tension, des acteurs formidables et une réalisation à couper le souffle font de ce dernier film de Rodrigo Sorogoyen l'un des meilleurs films de l'année. À ne surtout pas rater.
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