Nul!!!!!!!!! heureusement qu'il y a Luis Zahera comme acteur que j'adore. !! pourtant un film mou sans aucune action et le cliché du gabacho envahisseur en fil conducteur. Récit : un étranger s'installe dans une région reculé et s'embrouille avec ses voisins étant légèrement arrogant !!!
Mes rapports entre le spectateur que je suis et le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen avaient très mal commencé, "Que dios nod perdone" et "El reino" n'ayant absolument pas trouvé grâce à mes yeux. En 2020, mon jugement avait considérablement évolué avec "Madre", film convaincant avec, toutefois, quelques bémols à reprocher. Avec "As bestas", plus de bémols, le film est superbe du début jusqu'à la fin. L'histoire est pourtant d'une triste banalité : en résumé, des rapports de voisinage exécrables qui s'enveniment de plus en plus : un couple de français qui se sont installés dans un village de Galice pour faire de la culture maraichère bio et qui sont harcelés (doux euphémisme !) par leurs voisins les plus proches du fait de leur opposition à l'installation d'éoliennes dans ce village. Mais il faut voir comment Rodrigo Sorogoyen arrive à installer et à maintenir une tension qui prend aux tripes, aidé par des acteurs superbes, français (Marina Foïs et Denis Ménochet) et espagnols (Luis Zahera et Diego Anido) et une musique oppressante, distillée de façon intelligemment mesurée. Notons qu'il y a dans ce film au minimum 2 longs plans séquence d'anthologie. Présenté à Cannes 2022 dans la sélection parallèle Cannes Première, ce film méritait largement d'apparaître dans la compétition officielle et même, osons le dire, d'apparaître au palmarès !
Olga et Antoine sont un couple français d'intellectuels, qui ont décidé de tout plaquer pour se lancer dans une ferme bio en plein ruralité. Tout en retapant les maisons du coin, espérant attirer les gens à la campagne. Problème : ils ont choisi un lieu très reculé de Galice, et se sont rapidement attirés les foudre de leurs voisins. Etrangers, nouveaux arrivants, écologistes, porteur d'un nouveau mode de vie, et surtout un refus d'installer de juteuses éoliennes qui auraient profité au hameau isolé. Ils ont toutes les tares pour les locaux ! La tension montera crescendo... Le pitch fait évidemment penser à "Straw Dogs" de Peckinpah, néanmoins "As Bestas" se démarque très rapidement de ce "modèle" (involontaire ?). Ce qui frappe dès l'irréaliste scène d'introduction est la grande maîtrise derrière la caméra de Rodrigo Sorogoyen. L'image est soignée, mais surtout la gestion des lieux, du stress et de l'angoisse est impeccable. L'intrigue ne commence pas avec l'installation du couple, mais des années mois/après, alors que les rixes ont déjà commencées. Le réalisateur exploite ensuite les fermes confinées et mal éclairées tout autant que les montagnes jolies mais froides et peu fréquentées. Les différences de langue, l'isolement des protagonistes, les embrouilles à base de broutille, l'inefficacité des pouvoirs publics... Ce qui donne lieu à un paquet de scènes fortes, et des confrontations filmées en plans-séquences viscéraux. Savoir qu'il s'agit malheureusement d'un fait divers bien réel ajoute au malaise permanent. Pour l'anecdote, dans la vraie vie les événements se sont déroulés avec un couple néerlandais, avec à la clé un documentaire et un procès en 2018. Outre la mise en scène, ce sont évidemment les acteurs qu'il faut saluer. Dont un trio principal particulièrement impressionnant. Luis Zahera, ultra-flippant en grosse brute obtuse qui domine le bar du coin. Denis Ménochet, qui retourne comme un gant son jeu de "Jusqu'à la Garde", incarnant ce Français déterminé, mais perdu, brisé, et menacé constamment. Marina Foïs, d'abord en retrait, puis subtil et poignante et épouse qui ne lâche rien. Je dirais qu'il y a un léger bémol sur la durée, 2h12 étant peut-être un poil généreuse sur le sujet. Néanmoins la gestion du temps et des mois/années qui s'écoulent par saison est pertinente. Un thriller psychologique très solide !
C’est confirmé Rodrigo Sorogoyen est un très grand cinéaste. Un cinéaste sur lequel il va falloir compter. On sera juste plus réservé quant à son second film, « El Reino », même s’il reste du grand cinéma, ambitieux et magistral. Malgré des critiques dithyrambiques, il était peut-être trop nébuleux, complexe et fatigant. Voire prétentieux même pour certains dont nous faisons partie. En revanche ses trois autres films dont son nouveau forfait « As bestas », relèvent du génie. Jugeons plutôt de la diversité et de la maestria de sa filmographie: de l’implacable thriller « Que Dios no perdone » au sublime drame psychologique « Madre » (l’un des plus beaux et grands films de 2020) et désormais avec ce très intense et puissant « As bestas », c’est donc presque un sans-faute et, à chaque fois, une soif de septième art de chaque instant brûle pellicule, peu importe le sujet entrepris. Suspense avec serial-killer, engrenage politique infernal, trouble psychologique après la perte d’un enfant et ici conflit entre voisins sur fond de racisme. Des sujets forts qui brillent et se transcendent devant la caméra du cinéaste d’origine argentine. Ici, on se croirait dans un western contemporain et rural où la tension et le poison de la folie humaine se distillent lentement mais surement à travers l’écran et ce, jusqu’à l’étouffement pour le spectateur.
Comme avec ses précédentes œuvres, le cinéaste a su trouver un casting imposant et évident pour le soutenir dans ce film âpre et pas toujours facilement appréhendable. Un cinéma qui demande l’investissement du spectateur et c’est tant mieux. Et encore une fois, Marina Foïs vient ici montrer l’étendue de son talent décidément incroyable tout juste un mois après le génial mais bien plus léger « En roue libre ». Certes son rôle ici est plus discret et ne se dévoile que dans la toute dernière partie. Mais le peu de scènes où elle est au centre de l’attention, on ne voit qu’elle. Également, un mois après une composition déjà impressionnante (celle du réalisateur gay Peter von Kant dans le très queer film éponyme d’Ozon qui ne vaut quasiment que pour lui), Denis Ménochet revient ici en fermier écolo en proie à des voisins racistes. Un rôle diamétralement opposé qu’il empoigne avec fracas grâce à sa carrure imposante, sa force sauvage et une détermination sans faille. Un couple de cinéma impeccable secondé par des seconds rôles espagnols tout aussi irréprochables. Après, il faut avouer que la mise en place est un peu longue, tout comme le film en lui-même, et que c’est peut-être un parfois un tantinet languissant. Mais c’est pour mieux installer le malaise, le stress et la tension jusqu’à un moment pivot effroyable que l’on ne dévoilera pas et qui va rebattre les cartes de ce duel psychologique et nous mettre KO.
Sorogoyen installe son histoire dans un village reculé de Galice, au fin fond des montagnes. Un contexte peu vu au cinéma, surtout sous cet angle-là. En filigrane, le constat social sur la mort de ces petites bourgades reculées qui suintent la mort et l’oubli et que fuient les jeunes générations est édifiant. Tout comme les problèmes rencontrés par le monde agricole espagnol, similaires au français. Plus qu’un simple thriller ou film à suspense qui voit se confronter des voisins suite à une querelle (pourtant ce sujet a rarement été aussi inquiétant et anxiogène au cinéma), c’est l’autopsie d’un monde qui se meurt et d’un racisme doublé d’un côté réactionnaire propre à ces bourgades isolées. La mise en scène est sans aucun défaut magnifiant tout aussi bien ses décors naturels originaux que les duels verbaux et physiques d’une intensité rarement vue entre les protagonistes. On est dans un règlement de comptes à O.K. Corral entre paysans de notre époque. Et le stress vécu par le couple de français atteint des sommets de tension à plusieurs reprises. Si l’on fait fi de la durée du film, son doux venin s’installe durablement en nous pour ne plus nous quitter jusqu’à un final heureusement libérateur mais sobre et réaliste. Un très grand film dont on risque d’entendre longtemps et beaucoup parler, à l’instar du récent « La nuit du 12 » de Dominik Moll.
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Le film est scindé en deux parties : une première, terriblement anxiogène, dans laquelle le film pousse le thème des querelles de voisinage à son paroxysme, puis une seconde sur la quête de justice et de vérité. Denis Ménochet excelle dans la première, Marina Foïs dans la seconde et, même s'il y a quelques longueurs, on a affaire à un vrai bon film.
Attention , âmes sensibles s'abstenir, ce film va vous envouter durant toute sa diffusion et même après et c'est en ça que le film est bon. Porté par des acteurs tous excellents, une histoire crédible, des images sans fioriture, un bon film.
Deuxième long métrage que je découvre du cinéaste Rodriguo Sorogoyen après "Madre" que j'avais beaucoup aimé et avec "As Bestas", il récidive avec une histoire qui nous mets en tension du début à la fin !! Ca raconte les mésaventures d'un couple d'agriculteurs Français installé en Espagne qui se font petit à petit harceler par le voisinage jaloux, grinçant, qui font monter la vapeur d'atmosphère inquiétante. Ca commence par des discutions pour ensuite attaquer physiquement. Ce film m'a fait penser à une histoire parallèle qui s'est passé vers chez moi en Auvergne il y a quelques années à l'a peu prés, comme quoi, le monde agricole n'est pas si rose que ça. Pour "As Bestas", le cinéaste Rodriguo Sorogoyen fait monter la température de nervosité grace à une mise en scène efficace, un scénario bien foutu, un environnement un peu hostile si on peux dire et des comédiens immenses comme Denis Ménochet et Marina Fois en tète. Le film est parlé en 3/4 Espagnol et le reste Français, ça ne m'a pas posé problème. Une oeuvre recommandable.
Globalement lent, "As bestas" prend son temps pour réussir à installer une ambiance lourde et pesante tout du long, ça m'a un peu rappelé ce qu'avait fait Sam Peckinpah dans la première partie des "Chiens de paille". Les personnages des deux frères sont particulièrement bien écrits et mémorables, les acteurs sont excellents, et la réalisation d'une sobriété et d'une froideur totale fonctionne à merveille.
Thriller psychologique à la tension constante, ce récit d'une querelle de voisinage dévoile graduellement des enjeux plus essentiels encore que la présence rémunérée d'une éolienne dans un village misérable d'une Galice aux paysages mis en lumière avec amour. Illustrant la bestialité où mènent l'envie, la rancoeur, la hargne, ce drame de la divergence existentialiste donne une pleine place à ses personnages auxquels Denis Ménochet, Marina Fois et Luis Zahera confèrent épaisseur, âme et crédibilité (à l'inverse d'une peu convaincante Marie Colomb). Annonçant d'emblée la violence de l'histoire, la mise en scène tendue, la musique étouffante et l'atmosphère apnéique se combinent adroitement. Même si les choix narratifs finaux peuvent se discuter, le scénario très solide interroge le fauve en nous autant que notre (a)moralisme et nos idéaux. Viscéral, nerveux, sinistre.
La cérémonie des Goya (équivalents de nos César en Espagne) qui s'est tenue samedi me permet de revenir sur l'un de mes films préférés de 2022.
Appartenant à la catégorie du thriller rural, genre dans lequel j'avais déjà beaucoup apprécié Seules les Bêtes (de Dominik Moll, auteur par ailleurs de l'autre grand film de l'été 2023), As Bestas parvient à distiller une tension qui ne vous lâche pas d'un bout à l'autre du film. Écologie, xénophobie et gentrification sont autant de questions au cœur de la querelle entre ce couple venu s'installer en Espagne et les locaux contre lesquels ils doivent se battre, à cause d'un désaccord autour de la question de l'installation d'éoliennes.
L'un des deux frères ennemis, remarquablement interprété par Luis Zahera, est à classer parmi les méchants les plus terrifiants de l'histoire du cinéma.
@menochetdenis , quant à lui, est impressionnant. Quel bonheur de le voir gagner le Goya du meilleur acteur. Je lui souhaite de réaliser le doublé à l'occasion de la prochaine cérémonie des César dans laquelle il est nommé pour un rôle aux antipodes de celui-ci, preuve de son impressionnante palette de jeu.
Le dernier tiers du film, après un évènement que je tairai, voit le focus se déplacer sur le personnage joué par @marinafois , plein de détermination et de courage, qui nous fait vivre une quête d'une grande intensité. La scène d'explications avec sa fille, @marie.colomb, est une des scènes les plus marquantes que j'ai vue cette année.
J'ai mis 2-3 jours à "digérer" le film avant d'écrire ma critique. Est-ce un chef-d'œuvre ? Clairement non. Est-ce un grand film qui vous marque ? Pas plus. As bestas est un bon film, qui décrit remarquablement les sentiments des protagonistes et sait générer une certaine tension malgré sa lenteur. Sa photographie est magnifique et restitue très bien l'âpreté du milieu et des personnages. Sans virer au film d'action hollywoodien, il aurait mérité quand même un dénouement un peu plus acéré.
Un thriller rural glaçant, car toujours réaliste. Ne déversant jamais dans la surenchère, il crée une tension à couper au couteau entre ce couple de français qui vient s’installer de son plein gré dans un village à l’abandon de Galice et leurs voisins qui ne rêvent que d’une chose : le quitter. Nous montrant deux mondes qui ne peuvent se comprendre (grâce notamment à une troupe d’acteurs au diapason) il arrive à illustrer une haine pure, totale, comme j’en ai rarement vu à l’écran. Dommage qu’après un événement le film retombe en tension. La dernière partie fait sens et contient des moments très forts mais la linéarité de la montée en pression est brisée. Malgré cela, on reste sur une nouvelle grande réussite de Rodrigo Sorogoyen, d’une sobriété effrayante.
C'est donc ça la nouvelle sensation du cinéma ? C'est clairement décevant. Rodrigo Sorogoyen étire plus que de raison son sujet, tournant en rond et ne montrant surtout aucune montée en puissance de la fameuse menace émanant de ces voisins, parfait pecno se complaisant dans leurs "nature" contrairement à leurs discours peu convaincants. Il faudra attendre 1h de film avant d'avoir un premier échange houleux, quasiment rien de plus ne suivra, mise à part quelques coups bas franchement pas intéressants, y avait sûrement plus ambitieux et tragique que la perte de 3 plans de tomates, des policiers inertes tout comme ce couple qui passe son temps à subir, sans jamais vraiment ce prendre en main, et ce même après le drame. Aucune fin digne de ce nom, et cette impression de vide qui accompagne le spectateur durant tout le film, ne sera jamais comblé et finira dans une indifférence totale de ces événements.