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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 31 juillet 2026
Deux maisons face à face, un lotissement tranquille, des voisins polis. C'est là que Truffaut installe son foyer d'incendie. Bernard et Mathilde ne se rencontrent pas mais ils replongent, et on entre dans leur histoire au stade terminal, dans le vocabulaire du manque, du sevrage et de l'overdose. Mathilde qui s'effondre dans un parking après un baiser a la démarche exacte d'une droguée qui vient de céder. Ce qui m'a le plus marqué, c'est leur décalage. Jamais ils ne souffrent à la même heure ni à la même hauteur. Aucun obstacle, aucun méchant, rien ne les empêche d'être ensemble sauf eux-mêmes, et c'est bien plus désespérant qu'un interdit. Autour d'eux, un monde d'hommes sourds où les femmes sont rangées sur le côté avec leurs blessures : l'éditeur qui censure, le psychiatre qui n'écoute rien.
Truffaut filme ce brasier avec une caméra de glace, et c'est précisément cette sécheresse que j'aime. Une brûlure qu'on ne sent qu'après coup. Tout passe par le vis-à-vis avec un plan fixe, un contrechamp, et le trouble surgit d'en face, sous des fenêtres qui se répondent. Le tout dessine une surveillance dont on participe grandement, comme si l'on observait de notre propre fenêtre. Un lotissement, donc, mais aussi une boîte de Petri où l'on a déposé deux cultures incompatibles. La première heure est dense et mordante. Puis je trouve la mécanique se referme, et la méthode se retourne contre le film. Ce qui était distance devient absence. La descente s'installe, chaque scène redit la précédente d'un cran plus bas, et j'ai lâché prise en même temps que Mathilde. À mesure qu'elle se défait, la lumière s'en va avec elle.
Fanny Ardant tient le rôle entier, et pourtant mon ressenti est que sa diction déclamée fait entendre le texte avant la femme. Le film construit leur dépendance avec une précision clinique mais leurs deux corps, eux, ne s'allument jamais. Gérard Depardieu joue exactement l'homme que Bernard doit être (lourd, mal logé dans son propre corps). Il joue juste, une bonne performance, mais pas mémorable. Celle qui m'a bouleversé, c'est la seule que ce monde d'hommes sourds n'a pas réussi à faire taire : Véronique Silver en Odile, sa béquille héritée d'un suicide manqué par amour, son ironie fatiguée, la seule à qui le film accorde un peu de tendresse. Cette oeuvre finalement, c'est surtout celle de Truffaut. Avant-dernier geste d'un cinéaste qui filme la femme qu'il aime mourir d'amour pour un autre, la fièvre était peut-être tout entière derrière cette caméra de glace.
Avec La Femme d’à côté, François Truffaut dissèque la passion amoureuse comme une force irrépressible et autodestructrice. La mise en scène, d’une apparente simplicité, laisse monter une tension sourde à travers les gestes quotidiens et les regards insistants. Gérard Depardieu et Fanny Ardant incarnent cette relation avec une intensité brûlante, où le désir se mêle à la fatalité. Truffaut filme l’amour non comme un idéal, mais comme une obsession qui déborde toute rationalité. Un drame poignant et implacable, où la banalité du décor contraste avec la violence des sentiments.
J'ai vu La femme d'à côté à sa sortie au cinéma et je l'ai revu des années plus tard. Curieusement, mon avis sur les personnages s'est inversé. La première fois, j'ai trouvé le personnage de Fanny Ardantspoiler: très tentateur et problèmatique. La deuxième fois, je l'ai plutôt vue comme une victime du personnage joué par Depardieu. Ce film fut certainement ma première approche de ce que l'on appelle l'amour passion, et qui est une sorte de maladie. C'est ce qui ressort du film et Truffaut a raison je pense.
Une histoire d'époque. Très utile pour comprendre ce qu'était la vraie vie au début des années 1980 en France. Mais curieusement très mal joué. Depardieu ne savait pas jouer, il surjoue et on n'y croit pas du tout. Fanny Ardant est deja plus juste mais globalement ça sonne faux, sauf le texte, et la musique. Mais cette fausseté est bien celle de l'époque, et elle est exactement racontée.
Deux anciens amants désormais mariés se retrouvent par hasard comme voisins dans ce drame passionnel de facture très classique mais concocté avec savoir-faire par le réalisateur François Truffaut. La mise en scène sobre, délicate met idéalement en avant l’ambivalence des sentiments entre attraction et répulsion du couple formé par Gérard Depardieu et Fanny Ardent. En dépit d’un schéma narratif trop classique et sans surprise, le long-métrage par la qualité de la direction d’acteurs ainsi qu’une réalisation à fleur de peau mais sans mièvrerie est plaisant à suivre.
Ce film a beaucoup de mérite, en arrivant à être captivant malgré un rythme lent (mais finalement habilement progressif) et un budget très modeste. Il est touchant car il présente des personnages ordinaires, leur cadre de vie l'est aussi. Sa durée est raisonnable et ne vient pas s'étaler inutilement, pour parvenir à une harmonie maîtrisée entre le drame et la romance.
Mettant en scène peu de personnages et de lieux différents, ils peuvent ainsi gagner en profondeur et en sens. L'amour que partagent (ou pas) Bernard et Mathilde, constituant l'élément clé du film, offre des pistes intéressantes pour analyser philosophiquement son immense complexité (et celle de l'amour au sens large). spoiler: La fin du film, bien qu'elle soit tragique, est magnifique. En tuant Bernard et en se suicidant, on peut comprendre que Mathilde a cherché à figer leur amour, qui était trop éprouvant et difficile à vivre et à entretenir. L'amour passionnel, poussé à l'extrême, est une sorte de malédiction et de fardeau, dont le poids est inestimable.
Certainement l'une des plus belle histoire d'amour du cinéma français... Le duo Depardieu Ardant est magnifique dans ce drame. Deux amours qui se sont séparés huit années, huit années qu'ils se sont plus revues, jamais oublié et pourtant le destin va les faire se retrouver dans des circonstances incroyable.... Mensonges, cachotteries , tristesse , dépression .... et une fin que l'on oublie pas . Superbe
Revu en 2024, plusieurs décennies après sa sortie, ce film a un vrai atout: ses dialogues, toujours d’actualité, sur les amours impossibles. Certes, le scénario est un peu caricatural : faire vivre côte à côte deux anciens amants, remariés “de raison” chacun de leur côté (G.Depardieu, encore mince, et Fanny Ardant). Mais la mise en scène est originale avec une tierce personne qui s’adresse à nous et qui nous annonce comment elle va interagir dans la relation entre ces amants.. Ni vivre sans, ni vivre avec !
Le film de François Truffaut est un drame amoureux, une brutale et puissante histoire d'amour, non pas édifiante mais destructrice. Car la passion qui renait, huit ans après, entre Mathilde et Bernard, est une maladie, et l'amour en est une selon le sens que Truffaut donne à son sujet. L'amour selon le cinéaste est une souffrance de tous les instants et, même interrompues, les grandes passions ne meurent pas. Elles se réveillent fatalement, comme il arrive ici, dans une forme exacerbée, pour Mathilde et Bernard, réunis à nouveau par le hasard et un voisinage inattendu. Comme avant, leur amour est une lutte faite d'abandons coupables et de refus. L'originalité et la beauté du film relèvent de sa dimension tout à la fois romanesque et psychologique. Surtout, la vérité des personnages, des premiers comme des seconds rôles, s'exprime jusque dans les plus infimes détails de leur existence. On y devine la sensibilité du metteur en scène autant que sa sincérité. De sorte que cette histoire sentimentale, commune a priori, est aussi touchante que convaincante.
L un des plus beaux films sur la passion amoureuse jamais tourné. Fanny Ardant y est sublime. Un chef d œuvre et, pour moi, le meilleur film de François Truffaut.
Ultra plombant et daté : les bourgeois qui jouent au tennis, les tenues de grand-mère des actrices, le décor de hameau de l'Isere, le papier peint, les buffets. Fanny Ardant est horripilante de froideur et d'arrogance. 2 points positifs : Depardieu jeune est impeccable et la patronne du club de tennis apporte un recul très digne au récit.
Dès le départ, difficile d'éprouver de la sympathie pour l'histoire d'amour adultérine. On décoche donc la case romantique. Allez, on persiste, ça doit bien parler de quelque chose quand-même... Hé bien non ! Non seulement on suit le film avec une forme de dégoût, mais même Depardieu et Ardant n'ont aucune grâce et n'insufflent aucune poésie qui pourrait faire oublier le contexte. J'espère que c'est à dessein. Peut-être est-ce finalement cela : non un film sur l'amour mais une illustration de la platitude et de l'horreur grise et triviale. En tout cas, on a décroché avant la fin...
Un petit hameau de campagne, un jeune couple avec enfant dont le mari est joué par Gérard Depardieu voie emménager dans la maison « juste à côté » un couple sans enfant dont la femme est jouée par Fanny Ardant. Ces deux-là était amant 8 ans plus tôt, par le fait du hasard ils se retrouvent nez à nez ; c’est le cas de le dire lorsque les fenêtres donnent sur celles de son voisin. Ils se sont aimés, adorés, détestés, séparés dans la douleur (on le comprendra plus tard) ; aujourd’hui posés dans leurs vies respectives, les retrouvailles ne vont-elles pas provoquées les mêmes effets. La description d’une passion dévorante par François Truffaut est juste et on apprécie toute cette première partie dans laquelle on comprend l’impact d’un grand amour dont on a du mal de se défaire. Mais qu’en faire par la suite ? Et c’est là que le film s’affadit, le scénario ne parvient pas à nous emmener dans un rebond narratif que l’on attend avec impatience. L’histoire parallèle avec la narratrice en devient quasiment plus interessante que l’intrigue principale ; regard caméra, voix off, on est dans du Truffaut pur jus. Et je ne suis pas un grand fan de toute sa filmo ; donc je reste sur la réserve. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Trois grands noms du cinéma français pour une histoire de passion destructrice. J’ai trouvé le film lent, mou et parfois gnan-gnan. Le personnage secondaire d’Odile (Véronique Silver) m’est apparu le plus touchant de tous, il y a bien quelques belles répliques, dont la dernière notamment, mais la fadeur de l’ensemble chasse l’émotion que Truffaut, Depardieu et Ardant essayent de faire passer.