Dans la lignée directe de « Quo Vadis » & « Cléopâtre », ce nouveau récit romain d’une bien conséquente durée mais d’un effet de masse visuel sans compter nous remmène une fois encore dans les plus belles heures du génie Hollywoodien. Certes le récit est clairement coupé en 3 grosses parties d’un développement tel que j’en ai bien rarement vu, nos personnages ou devrais-je dire, nos figures de l’histoire évoluent de la plus parfaite des manières dans ces décors qu’aujourd’hui, il serait impossible de faire sans utiliser à profusion, fonds vert ou bleu. Des décors tellement exploités dans leur finesses qu’ils à eux seuls les personnages secondaires de cette fresque, accompagnant efficacement notre cast royal (pour l’époque) pour des instants si tôt drama romantique, si tôt solennel et guerrier, si tôt banal au possible.
Un récit remettant en cause tout de même pour ma part, la fin tragique de « ce César » (Marc Aurel) ainsi que l’existence de cette fille qui n’avait encore jamais été évoquer. Le problème une fois encore est qu’à tous les nommer César puis par leur vrai nom, on n’arrive plus à identifier le vrai Julius César. Passons, un récit donc diviser en 3 voir 2 grosses parties ou le camp romain en Germanie est clairement à considérer comme résidence secondaire de Marc Aurèle. Ce qui impressionne d’entrée de jeu est la quantité de figurants et de représentation des bannières des territoires conquis par Rome. Une longue séquence de vie quotidienne mais surtout de cérémonial militaire ou ses légions sont toute à l’honneur. Sophia Loren incarnant Lucillia, fille du souverain aussi romanesque que théâtrale en proie des vertus guerrières et viriles de Livius (Stephen Boyd) qui ne s’éprend que d’elle dès le début. Un général parfaitement incarné, droit et patriote envers sa nation, son Empereur et ses troupes. Une relation timide qui ne fera que s’amplifier. Alec Guinness alias César (énième du nom) ou plutôt Marc, un des plus grands et respecter de l’histoire, face à ses réussites sur l’Europe, le Maghreb et l’ouest de l’Orient, il incarne parfaitement cette posture d’homme d’état ayant tous réussi et devant désormais maintenir cet ordre si durement convoiter. Quant à Commode, l’immense Christopher Pullmer y incarne ce fou, cet accro aux jeux du cirque et fils du souverain se voyant bon gré malgré à la tête de l’Empire. Un accro des folles grandeurs qui ne tardera pas à se mettre à dos, son frère, la moitié des généraux mais qui parviendra avec facilité à amadouer le peuple par ses folie divertissante en gage de bonne prospérité. La réplique de Guiness concernant son choix de successeur fut justement parfaitement placée : « Tu es un général, un homme de terrain alors que Commode est un homme de jeux », à quelques choses près entendons nous bien sur ça. Une volonté du père de tout de ne pas confier son domaine à n’importe qui, mais qu’à cela ne tienne, ça ne durera pas longtemps. Toute la partie guerrière en Germanie est une incroyable référence avant l’heure à l’intro monstre de « Gladiator » qui, comme ses aînées, reconstitue (avec les moyens d’époque) les tentatives d’invasion brutal des Romains chez les Barbares. Enfin, comme une surenchère visuelle et un effet de masse compact au possible avec là aussi, ses développements et quelques longueurs, toute la partie dans la cité mère reste d’une impeccable virtuosité. Rare sont les œuvres à si bien faire renaître une partie disparue d’une cité ancestrale. Sénat, rues piétonne, bains, temples, chaque scène est simplement sublimée par l’immersion offerte et donne au récit toute sa grandeur. Il est tous naturel que vivre un tel récit dans de tel décors est d’une jouissance totale. Quant au jeu global de notre cast, l’évolution des années se voit clairement et nous fait peu à peu oublier la morosité dormante des affiches passées, les scènes de combat sont encore un peu hésitantes mais restent hyper correct. Le duel final enfin fut un malheureux mélange de longueurs western (tous ce que je haie) et de banalité presque décevante. Compte tenu des 2 hommes qui s’oppose, de l’environnement peu banal et de surtout, l’enjeu à en découdre, il aurait été nettement plus nécessaire d’en hausser la brutalité
. L’ultime instant m’à surpris étant donner le titre du film, la fin réelle viendra-t-elle finalement sur une prochaine affiche ? L’heure viendra, quoi qu’il arrive.