Animals
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Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2023
En avril 2012, Ihsane Jarfi a été kidnappé, violé, torturé pendant toute une nuit et laissé pour mort à l’aube par quatre criminels homophobes. Pour ce meurtre, trois d’entre eux ont été condamnés deux ans plus tard à la réclusion à perpétuité, le dernier à une peine de trente ans.

Un réalisateur belge, Nabil Ben Yadir, s’est inspiré de ce fait divers sordide pour en faire à ce jour peut-être le film le plus perturbant de l’année naissante. Il a été légitimement interdit aux moins de seize ans. Il l’aurait pu l’être sans erreur de qualification juridique aux moins de dix-huit ; car il contient son lot de scènes « de grande violence (…) de nature (…) à troubler gravement la sensibilité des mineurs » au sens des dispositions de l’article R. 211-12 du code du cinéma.

Il faut, quitte à en révéler les ressorts, en détailler l’architecture.
Animals est composé de trois parties qui s’enchassent chronologiquement mais qui n’en sont pas moins très différentes.

Dans la première partie, on fait la connaissance de Brahim (Soufiane Chilah) alors que sa famille s’apprête à fêter l’anniversaire de sa mère. La scène est filmée quasiment en temps réel, en sinueux plans-séquences caméras à l’épaule, dans le petit pavillon de banlieue où toute la nombreuse parentèle s’active à la préparation de la fête. On comprend progressivement deux choses. La première : l’homosexualité longtemps cachée de Brahim a été découverte par son frère et sa belle-soeur qui lui intiment de la taire. La seconde : Brahim avait invité son compagnon, Thomas, à la fête pour le présenter à ses parents – sans pour autant révéler la nature des liens qui l’attachent à lui – mais Thomas manque à l’appel.

La deuxième se déroule quelques heures plus tard et commence dans le centre ville où Brahim est parti chercher Thomas. Après avoir pris la défense d’une jeune femme harcelée par quatre voyous, Brahim se retrouve embarqué avec eux dans leur voiture. La découverte de son homosexualité hystérise leur violence. C’est là qu’on assiste en direct à son lynchage, complaisamment filmé avec leurs téléphones portables par les assassins. La scène est insoutenable. Plusieurs spectateurs, le cœur au bord des lèvres, quittent la salle. L’un, plus bruyant que les autres, crie au scandale.

Le film aurait pu se terminer là et nous laissait sidérés. Il comporte pourtant une troisième partie. Elle suit Loïc, un des quatre assassins qui, à l’aube, rentre chez lui. Loïc croise sa mère, abrutie par l’alcool, son beau-père, violent. Il nettoie ses habits ensanglantés et revêt un élégant costume pour se rendre, ainsi qu’on le comprendra bientôt, à la cérémonie organisée pour le remariage de son père. L’ultime plan du film révèle une surprise étonnante dont on ne dira rien mais qui éclaire le déchaînement de violence dont Loïc s’est rendu la veille coupable d’une lumière inattendue.

"Animals" pose la question de la représentation de la violence au cinéma. Des grands films, et non des moindres, s’y sont frottés : "Salo ou les 120 Journées de Sodome", "Orange mécanique", "Requiem pour un massacre", "Tueurs nés", "Funny Games", "Irréversible"… Toujours, les mêmes questions reviennent : faut-il montrer la violence pour mieux la dénoncer ? Ne court-on pas ce faisant le « risque de la jouissance de son spectacle » pour reprendre les mots de Jacques Mandelbaum dans "Le Monde".

Regarder "Animals" sans fermer les yeux ni quitter la salle est une expérience éprouvante « qu’on ne conseillerait pas à son pire ennemi » écrit à raison Marie Sauvion dans "Télérama". Les amateurs de feel-good movie passeront leur chemin et iront voir cette semaine "Juste ciel !" ou "Un homme heureux" qui leur feront passer un bon moment et qu’ils auront oublié dans un mois. Mais je le recommande chaudement à tous ceux qui aiment que le cinéma les sortent de leur zone de confort, au risque du malaise. Et surtout, je ferai de son visionnage une peine complémentaire obligatoire à toutes celles prononcées contre des homophobes : ils y réaliseront peut-être leur violence, leur veulerie et leurs contradictions.
Romain Urban 75
Romain Urban 75

26 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2023
Engagé et dynamique, c’est définitivement un film à voir. On peine parfois à accepter que ce film est inspiré de fait réels tant les scènes sont frappantes.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2023
Omnia Rouen, 16 février 2023, 20h. Projection annoncée avec le réalisateur et le père de la victime (qui au dernier moment n'a pu venir). En prenant ma place, j'avais déjà la désagréable sensation d'entretenir un voyeurisme malsain en me demandant pour quelle raison j'allais voir ce film. Le film se décompose en 3 parties, la deuxième comporte précisément la séquence de 9 minutes d'atrocités subies pour le jeune homme (laissé agonisant dans le terrain vague, le motif de son décès est qu'il est mort de froid dixit le réalisateur). La réalisation est très bien faite, des parallélismes se retrouvent dans les différentes parties, dont l'idée est assez originale. On y retrouve des silences qui sont aussi angoissants que les cris. La fin de la 3ème partie est assez incroyable.
Fin du film, la salle est muette, abasourdie. Il nous a fallu plusieurs minutes avant de pouvoir commencer un dialogue entre les organisateurs de cette soirée, le réalisateur et le public de la salle. Cet échange a été très constructif, légitime les raisons de ce film et montre l'investissement du réalisateur pour ce fait divers sordide.
Arthur Guezou
Arthur Guezou

215 abonnés 1 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2023
Je n'ai absolument pas entendu parler de ce film. Mais j'ai eu la chance de le voir lors d'une des uniques avant-première. Et c'est une surprise car le film est très bien. Le scénario est très brutal et la réalisation est d'une grande immersion.

Effectivement, la mise en scène a pris le parti de filmer uniquement des plans extrêmement longs avec très peu de coupure. J'ai vraiment eu la sensation d'accompagner du début jusqu'à la fin le personnage dans son triste périple, la caméra le suit constamment et ce de très près. D'autant plus que sur le plan sonore, nous sommes également centré sur le protagoniste. Je trouve qu'il manque un peu trop de musique ; mais l'avantage étant que le film n'est pas faussement tragique.

Le scénario est évidemment touchant, on est pris par l'histoire vraie de la première seconde, jusqu'à la dernière. On nous plonge directement dans le bain avec un léger mystère, les premiers instants posent directement les enjeux et la personnalité du protagoniste. Le récit est extrêmement prenant, et réellement bouleversant. Les intentions sont réussies, par contre, je trouve que le dernier tiers est un peu trop long et aurait pu se finir plus tôt. Sinon, le réalisateur ne nous prend pas pour des imbéciles et laisse autant de suggestions que de mystères ; globalement, les éléments sont clairs.

Ce film est vraiment important, malheureusement, le film est diffusé dans peu de salle mais il faut aller le voir. Je le recommande vivement ; il faut quand même s'y préparer.
Jules ARNAUD
Jules ARNAUD

30 abonnés 8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2023
Il est très important que beaucoup voient ce film tant pour le sujet abordé que pour le jeu des acteur. Je n'ai pas décollé mes yeux du film une seul fois !
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2023
Animals est un film sombre et très bien réalisé. Il raconte l’histoire de Brahim, la trentaine, et qui cache son homosexualité et son compagnon à sa famille. Un soir, il fait la mauvaise rencontre et va subir l’extrême violence d’un gang homophobe. C’est dur, violent, à la limite du soutenable. Puissant.
FaRem

10 571 abonnés 11 446 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2022
"Animals" commence par un très long et immersif plan-séquence au cours duquel on découvre le jeune Brahim qui est à l'anniversaire de sa mère. On le sent stressé, car il a invité quelqu'un de spécial à ses yeux pour cette soirée où toute sa famille sera présente, mais rien ne va se passer comme il l'avait espéré. Le film de Nabil Ben Yadir, qui est inspiré du crime homophobe d’Ihsane Jarfi, prend aux triples, et ce même avant que la soirée tourne au cauchemar puisque Brahim est confronté au rejet des siens et plus particulièrement de son frère. Ce qui suit est tout simplement insoutenable. Un déferlement de violence verbale et physique d'un réalisme aussi criant que bouleversant. C'est réaliste, mais peut-être même trop. Au bout d'un moment, j'ai trouvé que ça virait au voyeurisme même si je ne doute pas des intentions du réalisateur qui sont de dénoncer ce crime abject et plus globalement l'homophobie. Par contre, je n'ai pas compris l'intérêt de la dernière partie à part pour montrer que ces pourritures humaines sont capables du pire et de reprendre le cours de leur vie. Ça s'éternise quand même beaucoup. "Animals" n'est ni bon ni mauvais, ce n'est pas le sujet, mais on peut dire que c'est un film puissant et bouleversant.
HomoLibris
HomoLibris

37 abonnés 135 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2023
Le fond.
Film en trois parties : spoiler: fête d'anniversaire de la mère de Brahim (présentation de Brahim, contexte de son existence), scène de violence (lynchage de Brahim), fête de mariage du père de Loïc (présentation de Loïc, tentative d'explication de sa participation)
(cf. la recension de "Yves G." à laquelle j'ajouterai que si Thomas manque à l'appel c'est parce que le frère de Brahim l'a débouté de façon assez radicale, comprend-on).
La genèse du film part d'un bon sentiment : rendre hommage à la mémoire d'un jeune homme lynché par des décérébrés alcoolisés parce qu'homosexuel, tout en dénonçant la sauvagerie, la violence, et l'homophobie. Ce faisant le film aborde plusieurs autres thèmes en filigrane : religion et homosexualité, communautarisme, rejet familial et homophobie ordinaire (celle qui consiste à être indifférent à l'homosexualité dans le showbiz – par ex. -, mais nie la présence d'homos dans le monde ouvrier ; celle qui se fout de l'orientation du voisin, mais trouve insoutenable, inacceptable, la gaytitude d'un fils, d'un frère, d'un père, etc.), dénonciation de la violence domestique et ses conséquences sur le développement des enfants, reproduction des comportements familiaux, poids sociétal, ravages de l'alcool, etc.
Que de bonnes intentions, mais voilà …

La forme.
Malgré le nombre et la qualité des thèmes, le scénario est très faible, condensé, concentré sur ces thèmes, alors il faut remplir. Le réalisateur aboutit à un court-métrage de 1h32, sorte de docu-fiction reconstitution d'un crime. Le parti-pris du temps réel, caméra à l'épaule suivant les protagonistes, ajoute à ce sentiment de longueurs ennuyeuses. La première partie se perd ainsi dans les méandres des préparatifs d'une fête de famille. Une meilleure maîtrise cinématographique et scénaristique aurait permis de présenter personnages et contexte beaucoup plus synthétiquement et tout aussi efficacement.
La deuxième partie (scène de violence sauvage, sans laquelle le film aurait fait un grand ploc) traine également en longueur et tourne très tôt en rond ! Malgré une certaine autocensure (ce qui est montré est probablement en deçà de ce qui s'est à maintes fois déroulé dans de tels cas – et c'est heureux, car finalement on ne peut pas montrer l'indicible -), le réalisme et le caractère plus que plausible (hélas !) font la force de cette séquence. Car, dans le cas présent, le spectateur se dit qu'ici, on n'est pas dans la fiction et c'est sans doute la grande force de cette séquence ! Mais la question que cela pose est : "à qui cette partie s'adresse-t-elle ?" Cela ne risque-t-il pas d'attirer des illuminés qui pourraient en jouir, voire s'en inspirer ?!
La troisième partie, reposant sur une idée originale (inspirée du fait réel ?) que je ne dévoilerai pas plus que "Yves G.", souffre du même défaut que les deux premières. Temps réel, style reportage, longueurs inutiles, caméra à l'épaule, dialogues faibles.
Vraiment dommage, car il y avait beaucoup de matière, mais peut-être peu de moyens ? On pourrait également s'étonner qu'un film belge francophone soit affublé d'un titre en Anglais !? Pour finir, je soulignerai la présence d'une pléiade d'étonnants jeunes acteurs plus vrais que nature dans des rôles difficiles : rejouer "Orange Mécanique" ne doit pas être simple. Bravo à eux, notamment à Vincent Overath.
Charlène V
Charlène V

33 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2023
Excellente réalisation, très bon jeu d'acteur et brillant sujet inscrit dans le réel. Pousse à réfléchir hors de son cercle
Gentilbordelais

402 abonnés 3 538 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 septembre 2022
Sous couvert d'un acte homophobe, un film d'une violence extrême et insoutenable de réalisme. Mais son traitement brut contrebalance avec le vide, avant et après la longue séquence de torture. Un parti prix cinématographique certes mais insupportable à voir.
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 338 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 février 2023
Un film qui m'a semblé inaccompli, manquant de réflexion, même si la fin est inattendue.
Le sujet amenait bon nombre de possibilités et de puissance, qui n'ont pas été exploités.
Dommage et plutôt inachevé.
Isazouuu
Isazouuu

27 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mars 2023
L'amour, exprimé librement, honnêtement, tout le monde devrait pouvoir y avoir accès... spoiler: Honte aux oppresseurs
Addictedmovie75
Addictedmovie75

28 abonnés 4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 février 2023
Les schémas de la violence, sa reproduction,... Tout cela est présent dans ce film qui peut faire frissonner
Bellavie144
Bellavie144

28 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2023
Ce film explique pourquoi la haine est gratuite et sans intérêt ... préparez vous pour des scènes mouvementée et touchante
lexy
lexy

31 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2023
Saisissant.... spoiler: C'est en Belgique que se passe l'intrigue tragique mais la France est tout aussi concernée
. Le sujet est international
À défaut de sortir de la salle, levons nous contre les extremes ravageurs sous toutes leurs formes.
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