891 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
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Un visiteur
0,5
Publiée le 31 décembre 2022
Ce film est une réelle prise d’otage. J’ai bien aimé le moment où (…), à non rien en fait. En plus, la fille à côté de moi avait un problème avec la moquette je crois
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2,5
Publiée le 19 avril 2023
"Nos frangins" revient sur le meurtre de Malik Oussekine (en plus de celui d'Abdel Benyahia), victime de violences policières. Rachid Bouchareb revient sur ce drame à travers le point de vue de la famille et de la police. Cela se transforme en une quête de la vérité et de la justice avec une famille tenue à l'écart par des policiers et des politiques qui veulent étouffer l'affaire. Un devoir de mémoire pour un film au sujet fort, ce qui ne se ressent malheureusement pas. À part une ou deux scènes, notamment quand la famille apprend la vérité, le film ne dégage pas grand-chose. Le choix de la pudeur pour rappeler les faits, mais sans aller au bout des choses, et cela vaut pour tout ce qui concerne le contexte social et politique. Rachid Bouchareb propose le strict minimum, ce qui donne un film froid, superficiel et sans émotion. Bref, assez déçu même si ça se laisse regarder.
Reconstitution d’une double bavure policière lors des manifestations étudiantes de 86. Un travail de mémoire sobre et nécessaire mais manquant de souffle.
Une histoire vraie sur un double assassinat de deux jeunes Arabes par la police qui a fait du bruit pendant les manifestations étudiantes en 1986 par le cinéaste talentueux Rachid Bouchareb !! "Nos frangins" a une histoire qui avait marqué la France à l'époque, Rachid Bouchareb a choisi de revenir sur les trois jours après les bavures policières avec des images d'archives de l'époque comme Jacques Chirac, François Mittérand ou Charles Pasqua et des images du film avec les familles des deux jeunes et un inspecteur de police qui enquète. Je ne connaissais pas les faits étant trop petit en 1986 mais je trouve que ce long métrage est bien construit dans l'enquète, des personnages qui servent l'histoire comme il faut très bien incarnés entre autres par Reda Kateb, Lyna Khoudri ou Raphael Personnaz. De remettre des chansons d'époque comme Manu Chao ou Renaud est une très bonne idée aussi. J'ai bien aimé ce long métrage, on peux avoir différents points de vue et on apprend pas mal sur l'affaire et les faits.
De Rachid Bouchareb (2022). Une plongée extrêmement fouillée dans un évènement politique qui a marqué le pays en 1986. L'affaire Malik Oussekine y est en effet disséquée au travers des archives ciné et télé de l'époque . En ce sens le film est vraiment une grande réussite . A deux titre, la richesse des images d'archives à la fois nombreuse et incroyable. Et surtout l'incrémentation de celles-ci dans le jeu des acteurs qui se glisse sans que l'on s'en rende compte dedans. Le tout pour un vrai film passionnant décortiquant tous les aspects à la fois policiers et politiques de l'affaire. C'est donc un (véritable) film là où on aurait pu avoir un documentaire. Le film est donc immersif notamment pour ceux et celles qui auraient de près ou de loin vécu cette époque. Très bien interprété à la fois avec force et retenue par Reda Kateb, Lyna Khoudri et Raphaël Personnaz.
Partant de ce double fait divers tragique et révoltant, Rachid Bouchareb réalise un film émouvant et sincère mais aussi traversé de maladresses. L'idée narrative étant de reculer pour la police le moment d'annoncer la mort des deux jeunes, le film montre après comment les familles encaissent la nouvelle et réagissent. C'est sobre, épuré et fort. L'approche est plus émotionnelle que judiciaire, on l'a bien compris. Concernant le corpus des archives télé, leurs interventions en alternance avec les images de fiction sont souvent judicieuses mais n'évitent pas un sentiment de remplissage. D'autant que certaines images sont de vraies fausses archives (la scène de l'interrogatoire du voltigeur ou l'interview d'Abdel, avec les grains sur l'image, pourquoi ?) Mais cela a le mérite de crédibiliser réellement le contexte. Néanmoins, le film comporte un certain parti pris : on nous montre par flash back la mort de Malick Oussekine mais pas celle d'Abdel Benyahia... Pourquoi ce choix ? De même, dans l'idée de retranscrire de façon surlignée l'aspect générationnel, on utilise les chansons des Rita Mitsouko, de la Mano Negra ou de Renaud, alors que la musique originale suffisait. Mais la force du film c'est d'abord l'interprétation. A ce titre, Reda Kateb et Samir Guesmi sont vraiment bouleversants. Tous les acteurs sont justes.
Une oeuvre utile qui permet à une génération de distance de mesurer à la fois le chemin parcouru et les bégaiements insupportables de l'Histoire. Le film fait preuve de délicatesse , trop sans doute , car il finit par se perdre un peu : la dénonciation politique , le deuil des familles, le mystère suspendu des morts , les archives documentaires et la toile de fond historique ... A courir trop de lièvres à la fois , l'émotion peine à percer . Tout le monde a ici du talent et chacun suit sa ligne , convaincante certes, mais au final ces lignes restent en parallèle ; bref la sauce ne prend pas , cinématographiquement. Néanmoins c'est un film profondément utile ( et c'était le but visé) qui entre en résonnance avec le présent sous de multiples angles. A voir donc .
Beaucoup d'images d'archives, sombres, difficiles nous replongeant dans ce drame de 1986, résolument triste. Rachid Bouchareb prend quelques libertés historiques, ce n'est pas si grave pour une fiction, il faut juste remettre les faits à leur véritable place. Et cela ne retire rien aux évènements complètement inacceptables qui se sont produits, sans doute des velléités de cacher une vérité, tandis que la Force médiatique commence à jouer son rôle. Peu d'action, en dehors des images rapportées, c'est plutôt une mollesse et une grande utilisation des silences entre les personnages ( Reda Kateb ou Raphael Personnaz ) que nous n'avons pas l'habitude de voir si peu actifs. C'est dommage, car j'aurais voulu les secouer, les pousser.... Sans remettre en cause la nécessité de ne jamais oublier, c'est une déception globalement. La chanson de Renaud "Petite" est bienvenue au générique de fin...... Elle résume l’ incompréhension du père, englué dans un marasme, qui ne le fait que si peu réagir......mais offre une évasion symbolique : 15 ans, 16ans, je t'aime, comme j'aime le jour - petite - qui se lève.... 15 ans, 16 ans, à peine, garde moi ton amour, garde toi de la haine.... 4'30 de Bonheur....!!**
Voici un film juste, rythmé et original dans sa narration. Il m'a semblé revivre l'époque ou j'avais 16 ans et opposé à cette satanée Loi Devaquet. Ce film remet les choses à l'endroit et présente bien l'hypocrisie d'une droite déjà fort décomplexée. Seul Reda Kateb est un ton en dessous, comme toujours assez mauvais acteur. Le film est dénonciateur, certes, mais d'une grande dignité.
Deux morts injustes et stupides, deux drames incompréhensibles et inacceptables pour les deux familles qui se ressemblent si peu, deux "bavures" bien différentes l'une de l'autre mais gérées de la même façon par les politiques...
Dans les deux cas, les familles découvrent après leur mort les personnalités et les projets de leurs fils, avec un trouble que le spectateur partage.
L'unicité du film, sa cohérence tourne autour de quelques personnages : l'employé de la morgue, digne et respectueux, un flic de l'inspection qui doit gérer les deux bavures, et ... Pasqua dont Rachid Bouchareb nous montre quelques interventions publiques sur les "bavures".
Film émouvant ; Samir Guesmi est bouleversant en père dépassé, largué, qui comprend bien moins que ses fils le monde dans lequel il vit ; la rage puis le trouble de son alter ego, le frère aîné de Malik, bien plus "intégré", est aussi très efficacement incarné par Reda Kateb.
C'est aussi un film historique qui montre l'ambiance d'une époque (racisme d'époque, difficulté d'intégration des immigrés faiblement éduqués, soif d'une intégration plus aboutie pour les générations suivantes, plus éduquées, instrumentalisation politique généralisée par la cohabitation etc.). NB. Il convient cependant de ne pas vouloir donner une portée historique trop importante à cette double bavure. On est loin, fort heureusement, d'octobre 1961.
Le film, au travers de ces deux familles qui ont vécu deux histoires qui font partie de la nôtre, illustre parfaitement, sans le dire, la profondeur l'indiscutabilité de leur francitude.
"Nos frangins" est un film très politique qui, en parlant de l'assassinat du jeune Malik Oussekine en 1986, nous rappelle la violence policière raciste des années 80, nourrie par un discours politique de droite légitimant ces violences au nom de la raison d'Etat, y compris lorsqu'elle frappe des innocents. Mais le film offre également un regard social en traitant l'assassinat concomitant du jeune Abdel Benhyaia. Deux Français arabes, deux victimes, mais deux milieux sociaux différents aboutissant à une médiatisation distincte. Le film peut paraitre âpre mais la reconstitution des années Pasqua - Pandraud est très réussie. Un film nécessaire.
Le film s'ouvre sur des images d'archives, l'année 1986 était ma première année de fac et je m'en souviens comme si c'était hier, on assiste à des flashs télévisés du JT qui replongent le spectateur dans cette époque agitée où personne ne savait encore où la contestation consécutive au projet de loi Devaquet allait conduire, le sujet est lié aux bavures policières de l'époque, dont l'une avait d'ailleurs été largement occultée par l'autre, c'est très bien montré. Deux destins brisés à un âge où tout doit commencer, la mise en scène est réaliste et dépouillée, les images d'archives accompagnent le scénario jusqu'à sa conclusion, les évènements sont suivis de près et de façon chronologique ; j'ai vu ce qu'était la différence entre le point de vue d'un étudiant qui suivait ces évènements de loin par médias interposés depuis sa fac de province, et celui de quelqu'un qui avait pu les vivre en direct. Un film fort comme un témoignage, pas de jugement politique mais une réalité dénoncée à juste titre, à chacun de se faire sa propre opinion.
C'est par instants confus mais la mise en scène est soignée et intelligente, elle mêle habilement et sobrement images d'archives et de fiction et le récit édifiant et important. Le lien avec aujourd'hui le rend encore plus puissant.
Le récit de Nos frangins de Rachid Bouchareb est empreint d’une profonde émotion qui transparaît dans la manière dont il décrit les faits et met en valeur les réactions des familles. Le réalisateur parvient à donner vie à ces affaires politiques en les transformant en expériences personnelles de douleur et d’angoisse, notamment en décrivant les réactions corporelles des personnages, de la colère du frère de Malik Mohamed Oussekine à la prostration du père d’Abdel. Cette incarnation permet d’ancrer le film dans la mémoire et de lui donner une valeur morale et politique qui est encore pertinente aujourd’hui.
Bouchareb utilise une grande sobriété dans sa façon d’entremêler les archives télévisuelles et radio d’époque avec les scènes de fiction. Pour éviter la distanciation qu’instaure la pure reconstitution, le scénario coécrit avec l’écrivaine algérienne Kaouther Adimi introduit des éléments digressifs, tels que Ousmane, l’employé africain de la morgue de l’Institut médico-légal, qui accompagne les morts de ses prières et de ses chants. La musique d’Amine Bouhafa contribue également à cette distance. Mais Bouchareb ne renonce pas aux enquêtes policières et aux manipulations politiques, car c’est là que se joue le scandale d’Etat : le mépris des familles et la recherche d’éléments pouvant détourner la responsabilité de la police face à la médiatisation de l’affaire Oussekine et la colère étudiante.
Le lien entre les deux affaires est opéré par l’inspecteur de l’IGS Daniel Mattei, imaginé par Bouchareb pour matérialiser ce lien entre deux assassinats la même nuit. Cela crée une certaine confusion pour le spectateur en début de film, mais renforce l’évolution des personnages tout en montrant que leur destin est commun, malgré leur différence de réaction face aux événements. Mattei, en tampon entre les familles et l’administration, devient de plus en plus mal à l’aise et fait surgir malgré lui dans le récit les questions morales et politiques qui font de Nos frangins un film incisif et éminemment actuel.
Bon film malheureusement dramatique et sur des faits réels surtout un fait divers comme celui ci mais il est essentiel dans parlé pour que ça n'arrive plus jamais