A l'aube du XXIème siècle depuis qu'il a décroché une Palme d'or surprise à Cannes en 1989 sous la présidence de Wim Wenders avec "Sexe, mensonge et vidéo", Steven Soderbergh peine quelque peu à confirmer son statut de petit génie du cinéma indépendant, la déferlante Tarantino occupant depuis tout l'espace où l'on attendait justement Soderbergh. "Hors d'atteinte" sorti en 1998 est certes un polar malin qui aura pour principal intérêt de lui faire rencontrer George Clooney avec qui il entamera la collaboration fructueuse que l'on connait mais on est encore nettement en dessous de l'inventivité de ce sacré garnement de Tarantino qui a sorti juste avant le complètement déjanté "Jackie Brown". Quitte à être derrière son collègue générationnel, Soderbergh comme un aveu d'impuissance décide avec "L'anglais" de puiser carrément à la source du geek de Knoxville. C'est donc un Tarantino de série B que nous propose un Soderbergh quelque peu déboussolé qui en vient même à mettre dans la bouche de ses malfrats les digressions baroques qui nous amusent tant chez leur géniteur et qui tombent un peu à plat dans ce film un tantinet paresseux où Terence Stamp charismatique en diable, secondé par un Peter Fonda pris en flagrant délit de mime intégral de son pote Nicholson (à moins que ce ne soit l'inverse) sauve la baraque au jeune prodige. Soderbergh pédale un peu dans la semoule à force de chercher son vrai style suite sans doute au malentendu qu'avait induit "Sexe, mensonge et vidéo" dans l'esprit de la critique qui l'avait classé à un peu vite dans un registre qui n'était pas tout à fait le sien. Les années 2000 ont donné une large revanche à Soderbergh qui à partir d' "Erin Brockovich, seule contre tous", son film suivant a commis pratiquement un sans faute alors que Tarantino s'est lui un peu perdu dans son obsession à vouloir être le Sergio Leone du cinéma américain qui recycle tous les genres cinématographiques. On ne s'ennuie pas mais c'est parfois un peu long même si le visage lumineux de Terence Stamp et la veulerie de Peter Fonda constituent d'efficaces palliatifs à une intrigue que Soderbergh embourbe dans des effets de style tarabiscotés et inutiles. A noter la présence de la très accorte et trop rare Lesley Ann Warren dont on se demande ce qui a bien pu l'empêcher de devenir une vedette de tout premier plan après la révélation que fut "Victor, Victoria" de Blake Edwards en 1982.
Pour clore une décennie 90 sans coup d’éclat (un fréquent syndrome post-palme d’or), Steven Soderbergh fait le choix de signer un film dans l’esprit de ce qu’il fera de mieux par la suite, à savoir une histoire et une mise en scène classiques compensées par un casting prestigieux. En l’occurrence le schéma scénaristique est celui d’un film noir, basé sur une sempiternelle quête de vengeance, et l’acteur qui porte intégralement le long-métrage sur ses épaules est Terrence Stamp. L’acteur britannique, bien que s’approchant alors de la soixantaine, fait encore preuve d’une vivacité et d’une prestance impressionnantes sur lesquels repose, davantage que tous les effets de montage, toute l’intensité de la réalisation. Face à ce truand anglais, venu à Los Angeles pour venger la mort de sa fille qu’il a appris alors qu’il était en prison, se dresse un producteur musical peu scrupuleux, qui incarne une image négative que Soderbergh veut donner de l’industrie artistique, mais surtout de son homme de main, interprété par Peter Fonda. Alors que l’on aurait apprécié un face-à-face mémorable entre ces deux grands acteurs, le scénario s’axe entièrement sur l’enquête qui n’avance pas de Wilson. Ses tribulations sont heureusement accompagnées de scène d’action et de flashbacks mélancoliques (qui sont en fait des extraits d’un film de Ken Loach datant de trente ans plus tôt) très efficaces, et même de quelques pointes d’humour dans les dialogues de cet homme en décalage avec le monde qui l’entoure. Trop académique de la part un réalisateur de cet acabit pour être considéré comme une réussite, L’anglais n’en reste pas moins un sympathique thriller musclé.
L'histoire de "L'anglais" reste une simple histoire de vengeance ; là où l'objet se débarque des nombreux films sur ce même thème, c'est bel et bien de nous convaincre avec un justicier plus vieux que d'ordinaire. Fini les jeunes beaux-gosses qui se livrent à des actes héroïques pour venger leur bien-aimée, Soderbegh fait appel à Terence Stamp pour incarner un père qui n'a plus rien à perdre suite à l'assassinat de sa fille. Le papy fait de la résistance et compte bien régler le compte de chaque personnage se trouvant sur son chemin pour atteindre sa cible et comprendre l'origine de cette mort suspecte.
Un film tout en sobriété. Terence Stamp a la classe pour un justicier. Le film est juste et on se prend rapidement de sympathie pour ce britannique venu chercher la vérité sur la mort de sa fille.
L'intrigue de "The Limey" est des plus basiques : tout juste sorti de prison, un ancien braqueur anglais arrive à LA pour venger la mort de sa fille, tombée amoureuse d'un producteur véreux. Côté péripéties, le scénario ne va pas chercher très loin, en revanche il creuse la psychologie du personnage principal. Dans sa quête, le père ayant passé la moitié de sa vie en prison, et donc peu vu sa fille, se réinterroge ainsi sur la relation qu'il avait avec elle, et sur sa responsabilité dans sa mort. Outre cet élément, la mise en scène de Soderbergh se veut stylisée, avec un montage déconstruit (mélange de flashbacks, de pensées, de souvenirs, etc.) parfois intéressant, parfois artificiel. Enfin, on notera un duo d'acteurs charismatiques rescapés des 60's : Terence Stamp et Peter Fonda. Au final, "The Limey" est un polar correct, qui ne casse pas des briques mais bien mis en scène.
"The Limey" (Terence Stanmp) après neuf années de prison en Angleterre, debarque à Los Angeles pour venger sa fille, morte dans des circonstances suspectes. Il n'a qu'une seule piste : sa fille avait une liaison avec un producteur de disques.
Terence Stamp nous la joue le justicier façon Clint Eastwood. Il a pour guide Luis Guzman, qui va l'aider dans sa mission : tirer sur tout ce qui bouge. Guzman, comédien hors pair avec une carrière de second rôle impressionnante. Ils seront aussi accompagnée de Lesley Anne Warren, amie et la victime et sosie de Susan Sarandon. Du côté des méchants Peter Fonda en producteur de disque richissime et malfaisant, trimballé par la gente féminine : son talon d'Achille. Il est bien dans ce rôle de naïf mais avide d'argent, protégé par un mafieux (style Phil Spector) qui lui est totalement et aveuglément dévoué.
Un film réalisé volontairement comme une série TV des années 80. Sodebergh respecte le le style scrupuleusement et avec le talent. On plonge facilement dans ce parcours du justicier.
En 1999, Steven Soderbergh est à un pic de son art, avec deux immenses films de suite, Schizopolis et Out of Sight, qui n’avaient presque rien en commun, si ce n’est la qualité. Soderbergh enchaîna donc avec L’Anglais, un néo-Noir.
Steven Soderbergh avait déjà travaillé le matériel en 1995 avec un sympathique A Fleur de Peau, pas parfait et franchement un de ses moins bons films. L’Anglais est une sorte de nouvelle tentative de faire un néo-Noir. Force est de constater que Steven Soderbergh ne s’est pas fourvoyé et a, encore une fois, réussi un film admirable en apportant quelque chose de nouveau au matériel. Son film est monté d’une manière unique, avec une structure très particulière qui propose un joli rebondissement final et des extraits d’un film de Ken Loach comme flashbacks de la vie du héros (quelle idée merveilleuse…), là où le film semble être plutôt simple. La première demi-heure est absolument exceptionnelle, avec un scénario qui ne prend pas son temps pour exposer des personnages et qui jette son spectateur directement dans le bain. Il est alors dommage qu’il tourne un peu en rond dans l’heure qui suit, mais on pourrait observer Terence Stamp faire son show pendant de longues minutes, dans une scène absolument parfaite avec Bill Duke. Les acteurs sont par ailleurs particulièrement excellents, surtout Terence Stamp (sur qui le film repose totalement), Luis Guzman et Barry Newman, parfait en bras droit du bad guy.
Avec un score au diapason, L’Anglais est un nouvel incontournable du génial Steven Soderbergh, encore un pour celui qui marche sur l’eau en cette fin des années 90.
Petit interlude d’art et d’essai pour Soderbergh, l’occasion pour lui d’expérimenter dans le montage et la photographie, mais aussi de se taper une barre sur les brits. Terrence Stamp a un accent à couper au couteau, il enfile les expressions saugrenues avec autant de fougue que de sobriété, comme une sorte de James Bond qui serait né dans les bas-fonds de Manchester. En France, seuls les étudiants en histoire de la langue riront à l’unisson du public yankee. Les autres devront parcourir les sous-titres avec vitesse et application (ah oui parce qu’il va sans dire, un tel film ne s’apprécie qu’en VO). Le rythme est lent et le scénario très classique – un père qui part s’occuper d’une pègre locale pour venger sa fille – mais les férus de l’english touch devraient trouver leur compte sans difficulté.
Un polar au scénario tout simple mais parfaitement accrocheur, sans prétentions et franchement abouti. Un film charismatique, plein d'allant qui doit aussi beaucoup à Terence Stamp impeccable et joueur. Peut-être l'un des meilleurs films de Soderbergh qui me plait beaucoup plus quand il n'essaie pas de nous en mettre plein les yeux et qu'il ne fait pas preuve d'arrogance comme dans "Ocean's eleven".
Sodderbergh est toujours là où on ne l'attend pas. Caméléon quantitatif et qualitatif, il est capable du meilleur (Traffic - Out of sight) et du pire (Haywire - Ocean's 12,13). L'anglais n'est ni l'un ni l'autre. C'est un polar-puzzle où Sodderbergh s'amuse à démonter les codes du genre en proposant une narration éclatée. C'est culotté et sympathique. Terence Stamp est particulièrement juste en incarnant cet anglais qui débarque aux US pour enquêter sur la mort de sa fille. Ce n'est pas un film extraordinaire mais c'est plaisant.
Un Anglais débarque à LA pour venger la mort de sa fille . Polar plaisant, hommage d'un cinéphile à son acteur, Terence Stamp, qui va jusqu'à dégoter un passé à son personnage... tiré d'un un vieux film de Ken Loach.
Une ca-tas-tro-phe ! Et d’autant plus insupportable que Soderbegh, fort d’autres œuvres nettement meilleures, a voulu faire dans le cérébral et le maniéré. Plans fixes très (trop) rythmés, récurrents à donner la nausée (peut-être voulait-il atteindre le minimum syndical des 1h30 sans se fouler), histoire simpliste et ennuyeuse, violence parodiée (sûrement un message !) touchant au ridicule. Pour faire la bonne mesure dans cette bouillie à chats, un Terence Stamp (déjà très surfait) en congé maladie, l’œil bleu perdu dans la galaxie, la mâchoire bien crispée, et un Peter Fonda, minaudant et faisant de la pub pour son prothésiste… Affligeant, désespérant, déprimant. Ce film réussit à détrôner ceux de Steven Seagal dans la nullité !