2203 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
211 critiques spectateurs
5
67 critiques
4
91 critiques
3
34 critiques
2
16 critiques
1
2 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Pierre Kuzor
182 abonnés
589 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 27 mars 2023
Ai vu "Le bleu du caftan" de Maryam Touzani. Film marocain courageux qui traite de façon explicite l'homosexualité masculine au Maroc avec pudeur et élégance, est suffisamment rare pour être repéré. La grande qualité de ce long métrage est l'interprétation de Lubna Azabal qui est toujours juste et sensible. Halim est artisan tailleur et tient son petit atelier à Sallé, avec sa femme Mina. Quand commence le long métrage nous voyons le couple recevoir un apprenti pour les aider dans leur commerce, le jeune Youssef. Dès le premier plan nous comprenons qu'Halim est attiré par le jeune homme et que Mina spoiler: n'est pas en très bonne santé.spoiler: De ce point de départ, bien trop explicite et immédiat, rien n'évoluera vraiment. D'où un manque de dramaturgie et une succession de scènes répétitives. La caméra est très insistante parfois, à la limite d'être gênante (dont une scène de caresse, et une scène au hammam). Le spectateur a souvent dix minutes d'avance sur le scénario tant il est prévisible. Pourtant il y a aussi des qualités dans ce film, mais hélas les défauts de construction emportent la mise. Un montage qui enchaine des scènes répétitives, un scénario trop ténu, un tempo trop dilaté. 2 heures sont bien trop longues pour donner priorité à l'imperceptible, à la pudeur, au silence. Saleh Bakri (Halim) et Ayoub Missioui (Youssef) sont crédibles et fins dans l'interprétation de leurs partitions. Ce film est tout à fait de ceux qu'on aimerais aimer donc on n'en ressort d'autant plus chagriné devant toutes ces maladresses formelles. Il reste la plaisir d'entendre cette très belle langue qu'est l'arabe et celui de voir Lubna Azabal toujours impériale
Le bleu du caftan relève d’un cinéma combinant à la fois poses et pauses. Reconnaissons à Maryam Touzani la qualité de sa composition cinématographique. Les cadres et la photographie du film sont de qualité. Il y a indubitablement un grand soin apporté à la composition des plans. Mais, ce constat en appelle rapidement un deuxième. Cette qualité de filmage tourne assez vite au maniérisme. En l’absence d’un récit conséquent, Le bleu du caftan tourne à vide. Il apparaît alors une musique de fond, celle de la rengaine d’une narration répétitive. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/travelling/2023-2/#BDC
En février 2020, quelques semaines avant le premier confinement, le public français avait réservé un très bon accueil à "Adam", le premier long métrage de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani, un film qui, quelques mois auparavant, faisait partie de la sélection Un Certain Regard de Cannes 2019. Avant Adam, Maryam Touzani avait réalisé des documentaires et deux court-métrages de fiction, "Quand ils dorment" et "Aya va à la plage", primés dans de nombreux festivals. Elle avait aussi collaboré avec Nabil Ayouch, son mari, sur "Much loved" et "Razzia", film dans lequel elle avait fait ses premiers pas devant la caméra. "Le bleu du caftan" est son deuxième long métrage de fiction et, comme "Adam", Un Certain Regard l’a retenu dans sa sélection, cette fois ci en 2022. Après "Adam", "Le bleu du caftan" prouve à nouveau le grand talent de Maryam Touzani, une réalisatrice experte dans l’art de l’utilisation des non-dits, une réalisatrice qui sait générer une émotion exempte de tout pathos, exempte de toute lourdeur. Un magnifique trio d’interprètes et une excellente directrice de la photographie viennent ajouter leurs qualités à celles de la réalisatrice et contribuent à faire de cet hymne à l’amour, à la beauté du métier d’artisan et à la liberté qu’est "Le bleu du caftan", sélectionné à Un Certain Regard lors de Cannes 2022, un film qui avait largement sa place dans la grande compétition cannoise. Espérons que ce soit pour la prochaine fois !
Coup de cœur très belle histoire autour d'un couples attachants qui traite un sujet sensible qui est l'homosexualité surtout dans un pays musulman la fin m'a bouleversé j'ai versé beaucoup de larmes je vous conseille d'aller le voir vous serez pas déçus.
Le titre insiste sur la couleur alors que l’appellation « le caftan bleu » aurait mieux convenu à la simplicité de l’histoire de cette tunique qui aurait gagné à être plus ramassée. Il est question d’un travail exigeant, de transmission de techniques en voie d’extinction, de rapports de couple et d’homosexualité, de vie et de mort. Le récit est limpide et nous avons le temps de deviner le dénouement : chaque plan est bien cadré, voire trop cadré, les acteurs gainés ne vibrent pas. L’ensemble m’a paru compassé même si les raideurs, les silences traduisent les non-dits et les blocages d’une société engourdie. On pourrait apprécier ce moment qui nous met en retrait de notre époque tonitruante mais la lenteur sans surprise peut vite tourner à vide sous les répétitions et contredire une majorité d’avis qui louent le raffinement du film à l’image des broderies des tissus magnifiés.
Halim (Saleh Bakri) est un maleem, un tailleur réputé qui, selon une technique transmise depuis des générations, brode les caftans les plus élégants, dans une modeste échoppe de la médina de Salé, près de Rabat au Maroc. Il partage, avec sa femme Mina (Lubna Azabal), le lourd secret de son homosexualité, dans un pays où elle est encore pénalement sanctionnée. Mais l’arrivée d’un bel apprenti, Youssef (Ayoub Missioui), et la récidive du cancer dont Mina est atteinte rebattent les cartes.
L’actrice-scénariste-réalisatrice Maryam Touzani forme avec son mari Nabil Ayouch un sacré tandem.. Ils ont à tous les deux écrit et réalisé quelques uns des films marocains les plus marquants de ces dix dernières années : "Much Loved", "Razzia", "Haut et fort"… On retrouve dans le deuxième film de Maryam Touzani, les mêmes ingrédients que dans le premier, "Adam", qui avait pour sujet la condition d’une fille mère recueillie par une boulangère. On y retrouve d’abord la même actrice, impressionnante, Lubna Azabal. On y retrouve surtout la même ambiance confinée, là dans la minuscule boulangerie où cohabitaient les deux femmes de "Adam", ici dans l’échoppe où Halim, Mina et Youssef travaillent. On y retrouve surtout la même inlassable détermination à dénoncer les tabous d’un Maroc hypocrite et viriliste.
C’est d’ailleurs le – seul – reproche que j’adresserais à ce film autrement remarquable : sa bien-pensance. On m’objectera que mieux vaut être bien-pensant que mal-pensant. Et on aura raison. On m’objectera surtout que ce reproche-là, à le supposer fondé, ne doit pas occulter les autres qualités du film. Sa principale est son immense sensibilité. Tout est beau, doux et touchant dans le trio que forment Halim, Mina et Youssef : l’immense amour de Halim pour son épouse, la résilience de Mina qui se bat contre le cancer qui va inexorablement l’emporter en grignotant des mandarines et en profitant des derniers petits bonheurs que la vie offre chichement, la timidité de Youssef et la relation qui se noue lentement avec son maître, faite de respect filial et d’attraction sensuelle…
"Le Bleu du caftan" dure sans doute trente minutes de trop. Mais ces trente minutes là ont pour fonction de préparer à la dernière scène, qu’on devine vite, mais qui n’en constitue pas moins une conclusion poignante à un drame réussi.
« Un certain regard » au Festival de Cannes (2023), Prix de la critique internationale. Il s’agit bien ici d’un « certain regard », avec certainement prise de risque pour obtenir le visa des autorités marocaines de tutelle mais cette fois ça passe, sans doute parce que le propos est à dessein très édulcoré. Ce n’est pas toujours le cas quand le cinéma marocain contemporain explorant la société conservatrice, empêtrée dans ses traditions, dans ses interdits, se risque sur des sujets considérés localement comme tabous. Avec sans doute l’idée en arrière-plan de faire peu à peu bouger les lignes. Mais le risque c’est toujours de franchir la ligne rouge. C’est ce qui arriva d’ailleurs à « Much Loved » (2015), de Nabil Ayouch, le compagnon à la ville et sur les plateaux de Maryam Touzani, la réalisatrice et scénariste ici (Nabil Ayouch est le producteur). L’interdit de la référence cinématographique que je cite portait sur la prostitution féminine que les autorités du cru en charge de la censure, pas plus que la société, ne souhaitent voir étaler. Cette fois c’est l’homosexualité masculine qui est abordée par touches légères. Du domaine de l’intime, condition qui aura permis que ce film marocain ne soit pas voué aux gémonies des autorités de l’autre côté de la Méditerranée. L’ensemble relève d’un exercice de style. Assez typique de ce qui plait à Cannes mais qui ne rencontrera certainement pas un large public. On pourra aussi s’étonner qu’un film en partie financé par des fonds dédiés à la Francophonie soit en V.O. intégrale. Le Maroc, pays francophone aussi, mais ici en Darija (la langue arabe locale). Sous-titré bien entendu.
Film trop lent et long (pas étonnant que les clientes ne soient pas satisfaites de la durée de couture des tuniques, les hommes passent leur temps au hammam!). Les broderies sont bien filmées mais cela ne suffit pas.
Je sors de ce film sonnée, subjuguée, bouleversée. Tout est beau, tout est délicat, subtil, pudique, d'une intelligence infinie, et cette image dorée... Ces émotions contenues, cette chair qui frémit, ses sentiments qui ne se disent pas. Ces silences, ces regards... les larmes coulent sur mes joues depuis la sortie. Immense admiration pour la réalisatrice.
L'histoire est belle, mais quelle molesse durant tout le film, c'est long, c'est mou, l'acteur principal ne fait jamais un mouvement...non vraiment, je n'ai pas pu me "mettre dans l'histoire".
Quel magnifique film de Maryam Touzani, plein de d'humilité et d'Amours. Au pluriel, car c'est un remarquable focus sur un métier artisanal tellement précis, technique et difficile, de l'or dans les mains de Halim ( Saleh Bakri ), un couple ( Halim et Mina : Lubna Azabal ) admirable. Mariés, ils peuvent presque tout surmonter. Les scènes sont presque toutes réalisées dans une demie pénombre, l'appartement ou l'atelier étant très sombres, et propices aux regards bien plus expressifs que les dialogues économes. Quelle sensualité se dégage des gestes entre Halim et son apprenti Youssef ( Ayoub Missioui ), tout comme dans l'ordinaire du couple. L Azabal est vraiment touchante, dans un rôle que son corps a complètement investi. Elle est la pierre angulaire d'un équilibre subtil, pétrie de tolérance et de pudeur. Aborder la maladie et l'homosexualité dans une telle intimité jamais déplacée, force l'admiration et procure une incroyable émotion exacerbée par une certaine lenteur de circonstance. Phénoménal.. !!**
Porté par la merveilleuse Lubna Azabal qui prouve une fois de plus combien elle est une grande actrice, ce petit bijou de finesse et d'intelligence parle d'amour. D'amour pour son métier, la fabrication du caftan ( à la main et jamais à la machine, magnifié par une photo soignée ), d'amour au sein d'un couple qui pourtant est issu d'un arrangement tacite et non-dit, d'amour enfin de la part d'un apprenti envers son Mâalem. Le film pourra sembler austère, il ne l'est pas. La richesse des regards, la force des silences, la caméra subtile qui filme au plus près des corps, des sentiments, du trouble, font de " le bleu du caftan" un film puissant, émouvant, qui vous va droit au cœur.
Respect Madame Maryam Touzani pour ce film. Dont vous êtes la réalisatrice. Un film annoncé durer plus de 2h00 ne m’inspire pas forcément, pour le vôtre, le temps que vous dompté avec autant de maîtrise justifie cette longueur. Vous prenez le temps d’installer vos personnages, vous permettez aux acteurs de jouer avec des silences qui en disent autant que les paroles. Avec l’aide de votre caméra, vous caressez, avec sensualité les tissus, les visages les lieux si bien servis par une photographie de qualité. Respect pour vous et pour cette histoire d’amours assumés, recherchés ou cachés. Respect pour aborder, sans lourdeur, la maladie d’une personne dont on devine rapidement que les jours sont comptés. La douleur du malade et la souffrance de l’accompagnant trop bien abordées avec dignités pudeur et même sensualité. Madame Maryam Touzani, La maîtrise du langage cinématographique n’est plus à démontrer de votre côté, et le trio d’acteurs que vous avez choisi : Lubna Azabal, Saleh Bakri et Ayoub Missioui sont bel et bien au service de ce huis clos, si fascinant et si envoutant. Votre film est un hymne à l’amour, au respect et à la beauté. Merci.