Le Son des souvenirs
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traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 novembre 2025
Une grande partie de ceux qui découvrent Le son des souvenirs n'ont pas lu auparavant la nouvelle du merveilleux recueil de Ben Shattuck : La forme et la couleur des sons. Le film l'adapte avec goût et délicatesse, en conservant son esprit mélancolique, mais moins son intensité dramatique (qui figure dans un autre récit de l'écrivain, relié à la première nouvelle par un jeu subtil de réminiscences). Cependant, Oliver Hermanus, après son excellent remake du Vivre de Kurosawa, réussit à capturer l'essentiel, ce chant de l'Amérique d'il y a une centaine d'années, allié à une romance tout en douceur et en passion contenue. Il y aurait comme une certaine paresse intellectuelle à comparer le film à Brokeback Mountain, comme si toutes les histoires d'amour entre hommes se ressemblaient, au contraire des intrigues hétérosexuelles. La voix off, pour une fois, ne casse pas le cheminement de l'histoire, mais lui confère une teinte nostalgique, dans le passage inexorable du temps et des vies qui n'ont pas été vécues, faute de courage ou à cause des interdits d'une époque. Le son des souvenirs possède son rythme particulier et une exaltation des sentiments qui demeure dans la pudeur et la suggestion, laissant planer comme une tendre et infinie tendresse. C'est dans cette presque austérité et dans le refus du trop-plein d'émotion trop facile que réside la beauté intrinsèque du film, à l'image de ces chants folkloriques surannés qui nous font voyager au pays de la sincérité et de la mémoire collective. Le cynisme et l'impudence n'ont pas leur place ici.
Alexandre Schatz sellier
Alexandre Schatz sellier

15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 octobre 2025
(Film vu à Cannes en 2025) Film au caractère fort, à la fois touchant et intelligent et dont la question des musiques de cantons, villages qui risquent d'être perdus est remarquable
ElodieR
ElodieR

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2025
Vu en avant-première au festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2025. Un très beau film !
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 septembre 2025
Vu à Montréal.

Sur la forme et le contexte, beaucoup compareront « The History fo Sound » à l’œuvre cinématographique la plus illustre dans le genre : « Le secret de Brokeback Mountain ». Une histoire d’amour gay, l’époque, un certain classicisme, ... Mais, sur le fond, le film d’Oliver Hermanus ne parle pas vraiment de l’impossibilité de vivre ladite histoire mais plutôt de l’impact qu’elle aura dans la vie de l’un d’eux. Le côté relation contrariée est quelque peu évoqué mais ce n’est pas le fil conducteur du récit. Ici le film, inspiré d’une nouvelle et sélectionné à Cannes en compétition officielle cette année, prend comme contexte la musique folklorique du début du XXième siècle qui sera la raison de la rencontre entre ces deux hommes mais aussi le ciment de leur relation.

Hermanus filme son histoire de manière profondément académique et volontairement – on le pense en tout cas – classique. On pourra trouver les choix artistiques un tantinet poussiéreux mais cela colle plutôt bien à ce qui est montré. En revanche, il est certain que cette histoire de chant, de visualisation des sons, d’enregistrement de chansons issues du folklore américain n’est pas toujours très cinématographique et correspond probablement mieux à la littérature qu’au septième art. Pareillement, les sentiments amoureux sont dépeints avec beaucoup de finesse mais la relation entre ces deux jeunes hommes manque terriblement de passion. Paradoxalement, c’est lorsqu’ils sont séparés, dans une dernière partie plus touchante, que la puissance des émotions nous étreint enfin. Jusqu’à la scène finale, dans les années 70 avec Chris Cooper, qui s’avère la plus bouleversante de « The History of Sound »...

D’une durée de plus de deux heures, le film prend son temps. Le rythme est assurément lancinant et on pourra trouver cela longuet et soporifique mais c’est le genre d’histoires qui a besoin de maturer pour laisser s’exprimer les ressentis des personnages. Habitué des romances gays Paul Mescal (dans « All of us strangers ») et Josh O’Connor (à travers « God’s own country ») forment un duo tout à fait complémentaire dont l’alchimie à l’écran est indéniable. Leur interprétation est très nuancée, sobre et conforme aux canons de l’époque. De nombreuses séquences (surtout sur la fin) sont empreintes de beauté comme celle avec la veuve ou celles de complicité entre les deux hommes. On aurait certes aimé être plus emporté par le tourbillon de cette passion contrariée, que le film soit moins austère, mais il n’en demeure pas moins un long-métrage bien filmé dans son style et qui provoque tout de même quelque chose si l’on fait l’effort de s’y plonger.

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donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2025
Excellente surprise ! La facture est certes classique, cependant les deux comédiens hissent le film à un degré de beauté assez inédit.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 781 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 septembre 2025
Qui est le film ?
Le Son des souvenirs (The History of Sound) est le nouveau long métrage d’Oliver Hermanus, présenté à Cannes 2025, adapté d’une nouvelle de Ben Shattuck. Après Moffie ou Living, le cinéaste sud-africain poursuit son exploration des identités fragiles, mais cette fois dans l’Amérique des années 1910, en suivant deux étudiants en musique, incarnés par Paul Mescal et Josh O’Connor, qui s’embarquent dans un projet d’ethnographie sonore : recueillir des chansons populaires à travers les campagnes.

Que cherche-t-il à dire ?
La question traverse tout le film : que cherche-t-il à dire, sinon à s’écouter parler ? Hermanus semble empiler les intentions comme des couches de vernis, sans jamais laisser apparaître un noyau véritable. On pressent des pistes (l’histoire du son, la mémoire des voix, la fragilité de l’écoute, l'histoire queer) mais elles se dissipent dans un brouillard d’auto-commentaire. À force de surligner ses propres thématiques, le film finit par ne rien assumer pleinement, et laisse son spectateur dans un flottement où l’enjeu reste introuvable.

Par quels moyens ?
Le film s’ouvre sur une idée forte : le personnage de Paul Mescal affirme pouvoir « voir » le son, comme si l’écoute pouvait se traduire en image, donner une matérialité sensible aux voix. On attend alors que le cinéma se saisisse de cette phrase inaugurale pour inventer une grammaire visuelle et sonore singulière. Or rien ne vient. Pas de tentative plastique, pas d’expérimentation formelle : la promesse reste un slogan, jamais incarné dans le tissu du film. Ce décalage entre annonce et exécution pèse lourd, car il réduit le projet à un verbe sans traduction cinématographique.

Le film avance comme s’il voulait inscrire une histoire d’amour, mais recule toujours au moment d’assumer ce geste. La relation entre les deux protagonistes demeure une esquisse, privée de ses instants fondateurs : pas de premier baiser, pas de véritable trouble, seulement des allusions diffuses. Ce refus de filmer la chair et l’évidence du désir fragilise la dimension queer du récit, comme si Hermanus avait préféré en faire une amitié sublimée plutôt qu’une passion vécue. On ne demande pas de l’exubérance, mais un minimum d’incarnation. En restant dans l’ellipse, le film rend abstrait ce qui aurait pu être son cœur battant.

Le paradoxe du film est là : Hermanus fait parler ses personnages sans cesse, leurs dialogues énoncent les enjeux — qu’est-ce qu’écouter veut dire, pourquoi sauver une chanson, quel lien entre mémoire et désir — mais jamais ils ne se confrontent à ce qui brûle vraiment. La guerre, la sexualité, la dépossession culturelle sont abordées en marge, réduites à des sous-entendus ou à des allusions. On sort avec l’impression d’avoir entendu beaucoup de discours, mais peu de véritables confrontations. C’est comme si le film préférait toujours commenter ses dilemmes plutôt que les mettre en crise.

La photographie de Dynan enveloppe le récit de tons sépia et de textures poussiéreuses, cherchant à faire de chaque image un objet ancien. Cette cohérence plastique est indéniable, mais elle conforte aussi l’impression de musée : tout est beau, tout est figé, comme si l’image elle-même refusait la vivacité des chansons qu’elle prétend préserver.

Ce qui pèse le plus, peut-être, c’est l’air d’autosatisfaction qui traverse l’ensemble. Hermanus filme comme s’il tenait déjà son grand film sur l’écoute et la mémoire, multipliant les plans appliqués et les silences appuyés. Mais derrière cette solennité, l’ennui s’installe : non pas un ennui fertile qui creuse le temps et le rend sensible, mais une vacuité où chaque scène paraît rallongée pour confirmer sa propre importance. Le film se contemple plus qu’il ne se construit, et finit par céder à une complaisance esthétique qui sature le regard sans jamais l’éveiller.

Enfin, le film prétend faire de l’histoire du son un récit de musique, mais il oublie que la musique n’existe jamais sans instruments, sans corps qui la portent et la produisent. En effaçant cette matérialité concrète au profit d’une abstraction lyrique, Hermanus réduit la portée de son propre projet. Là où l’on attendait la friction des gestes, le grain des cordes, le souffle qui vacille, il ne reste qu’un vernis musical détaché de toute source. Cette réduction appauvrit l’expérience promise : au lieu de sentir la chair du son, on n’en perçoit que l’ombre policée.

Où me situer ?
Je reste partagé. J’admire la volonté d’Hermanus de faire du son un sujet, d’oser un film où l’écoute serait une expérience sensorielle autant qu’éthique. Certaines séquences atteignent une délicatesse bouleversante. Mais je regrette une tendance au maniérisme, une esthétique trop sage qui finit par vitrifier le projet. La romance, annoncée mais jamais incarnée, illustre ce refus. Pas de premier baiser, pas de trouble, rien qui vienne fissurer le récit. Le film n’ose ni l’amitié ni les enjeux d'une histoire queer qu’il esquisse pourtant. À la place, il se replie sur un dispositif autosatisfait. Alors qu'en vient la scène finale, j'y suis insensible. Reste une œuvre qui se contemple elle-même et s’épuise dans sa complétude, jusqu’à l’ennui.

Quelle lecture en tirer ?
Le Son des souvenirs n’est ni un échec, ni une réussite pleine. C’est un film médian qui ouvre des pistes mais refuse de les creuser. On en sort intrigué par ce qu’il aurait pu être.
Garance berard
Garance berard

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 septembre 2025
Une belle et dramatique histoire d’amour … les acteurs sont géniaux et les chants sont magiques.
Vu au festival de Deauville, expérience exceptionnelle
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 juin 2025
On trouve l'opinion général assez sévère avec ce History of Sound qui démarre comme un Brokeback Mountain entre Paul Mescal et Josh O'Connor (deux arguments qui nous ont encore une fois convaincu dans les scènes sous la tente), qui intègre assez finement le sujet de la "capture du son" dans une Amérique en plein déclin culturel. Comprenez : l'un des deux héros part faire la Première Guerre Mondiale, et en revient changé, il n'a plus qu'une obsession, faire un road-trip dans les campagnes reculées des États-Unis pour enregistrer les chansons traditionnelles et les mémoires des "petites gens", comme un moyen de les sauver de l'emprise du temps (et surtout de l'acculturation américaine qui décime les minorités). Le postulat de départ est très facile à cerner (on met en lien les "minorités" avec la propre histoire d'amour des deux héros, et la sauvegarde de la mémoire des peuples avec ce qu'a vu le soldat dans les tranchées, qui l'a traumatisé...), malheureusement, passé cette exposition, le film opère un virage à 180° et oublie absolument tout ce qu'il vient de vous dire. Exit l'histoire du road-trip des chansons (ce qui était le cœur battant du récit), exit la romance entre garçons, on balaie tout, au profit d'une simple tranche de vie du personnage de Paul Mescal qui se reconstruit tout seul, mais n'est pas heureux, alors cherche (très longuement et péniblement) à savoir ce qu'est devenu son amour de jeunesse... Les révélations sont très convenues (on les voit venir dès le début, alors poireauter une heure trente pour se les faire servir...), le film n'a absolument plus rien à raconter dans un ventre mou infernal d'ennui, et raccroche notre intérêt dans un final qui verse dans le drame assez joliment (la dernière séquence est elle aussi très prévisible, mais elle fonctionne quand même). L'histoire vraie à la base de ce film aurait nettement gagné à façonner une adaptation "librement inspirée de", pour continuer dans l'intrigue des chansons (la BO est super) et dans la relation entretenue des deux héros, car on s'embête copieusement une fois qu'on a perdu de vue l'exposition du début... Dommage, vraiment dommage, car la mise en scène est propre, la bande-son est ponctuée de comptines folkloriques qui flattent les oreilles, et la dernière scène est un beau moment d'émotions.
Lisa Sauvêtre
Lisa Sauvêtre

2 abonnés 9 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2025
J’ai adoré les musiques de ce film qui sont vraiment originales. Les acteurs sont aussi sublimes que leur jeu.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2025
Au début du XXe siècle à Boston pendant leurs études, Lionel rencontre David. Les deux hommes se découvrent une passion commune pour la musique et tombent presque immédiatement amoureux l'un de l'autre. A une époque où ce type de relation est cachée, Lionel et David se perdent de vue à cause de la mobilisation de ce dernier à la Première Guerre Mondiale.

spoiler: "The History of Sound" est une histoire d'amour touchante entre deux hommes. Le film n'est pas spécialement militant et a le mérite de poser cette relation comme quelque chose de tout à fait normal, ou plutôt son interdiction sociale n'est pas le sujet. J'ai aimé la manière dont est traitée la question du manque mais surtout la question du regret d'avoir pris un chemin plutôt qu'un autre. Le personnage de Lionel est particulièrement intéressant. Dommage que la musique soit plus un joli écrin qu'une thématique majeure du film, qui a tendance à se concentrer un peu trop sur Lionel.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
History of sound est l'histoire d'amour entre 2 hommes, 2 musiciens qui vont se lancer dans un travail de recherche et de collecte des chansons du patrimoine américain.
Et cela part plutôt bien. L'esthétique du film est très travaillée et bien sûr celui de la bande-son aussi. Les chansons s'enchaînent et on a un vrai plaisir à voir naître l'idylle entre ces hommes en même temps que les sons naissent, se mélangent, disparaissent... Les 2 acteurs ont une vraie présence et on sent que le réalisateur a plaisir à les découper avec la lumière.
Mais petit à petit le film rentre dans une routine où chanson-dialogue succède à chanson-dialogue... Et le film s'étale sur plus de 2h qui peinent à maintenir l'attention.
Tout était là pour me plaire, je me suis donc demandé pourquoi je décrochais. Je pense qu'une des réponses que je peux apporter est le manque d'empathie ressenti pour le personnage principal, Lionel. L'égoïsme le pousse à maltraiter des personnages secondaires qui se voient introduits et éjectés sans aucune compassion. Je pense que plusieurs ellipses pouvaient être supprimées, pour arriver de toute façon à une fin attendue qui ne m'a pas convaincu.
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