Le Son des souvenirs
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Son des souvenirs" et de son tournage !

Naissance du projet

Oliver Hermanus a découvert la nouvelle de Ben Shattuck alors qu'il se rendait de Cape Town à Los Angeles. Le réalisateur faisait escale à Dubaï et a allumé son téléphone : "Mon agent anglais m’avait écrit : « Je vais t’envoyer une nouvelle par mail. Lis-la. » J’ai réembarqué et j’ai lu la nouvelle en moins d’une heure. J’ai passé les 18 heures restantes à répéter à mon agent : « Je dois faire ce film. Il faut que je le fasse. » Après L.A., je suis allé à New York pour rencontrer les gens qui développaient le projet. Ce que Ben avait écrit était tellement formidable."

Le scénario a été écrit pendant le confinement

Bloqués par le Covid, Oliver Hermanus (en Afrique du Sud) et Ben Shattuck (aux États-Unis) ont écrit le film à distance. Ils travaillaient deux jours par semaine ensemble, en parallèle d’un autre projet du réalisateur : "Tous les lundis et mercredis, je travaillais sur le scénario de Vivre (2022) avec Kazuo Ishiguro, et tous les mardis et jeudis, avec Ben sur celui de Le Son des souvenirs."

"D’un côté, je collaborais avec un écrivain célèbre qui travaillait avec assurance, mais aussi une dose d’inquiétude, parce qu’il s’agissait d’un remake d’un film d’Akira Kurosawa (1952), et de l’autre, avec un auteur dont c’était le tout premier scénario."

"Mais Ben est si doué, si authentique que ça venait tout seul. On a terminé très vite une première ébauche, si bien que pour Thanksgiving, on a été à même de la faire lire aux acteurs. Après cette première version, Ben a fait des annotations, et la seconde version est celle que nous avons tournée."

Les acteurs chantent vraiment

Aucune doublure vocale : Josh O'Connor et Paul Mescal chantent eux-mêmes. Ils ont été coachés par Sam Amidon, spécialiste de la musique traditionnelle américaine, qui a aussi arrangé toute la bande originale du film : "On l’a contacté pour lui demander s’il voudrait bien nous servir de guide et aider Paul et Josh à trouver le timbre et la manière de chanter adéquates. Il a fait les arrangements de toutes les chansons et les a préenregistrées avec les acteurs."

"On a passé une journée incroyable à New York où ils étaient tous réunis en studio. On a écouté les orchestrations et les arrangements, et c’est Sam, qui a été bercé par cette musique, nous a fait connaître des titres comme Cuckoo !, Silver Dagger ou Across the Rocky Mountain."

Un décor clé n’était pas prévu dans la nouvelle

L’épisode de l’île de Malaga, communauté multiraciale expulsée au début du XXᵉ siècle, n’existe pas dans le texte original. C’est Oliver Hermanus qui a proposé cette idée pour intégrer une dimension historique et raciale plus large : "Je viens d’un pays avec une histoire raciale et politique particulière. J’ai grandi sous le régime de l’apartheid et je me pose toujours la question de la représentation : comment intégrer des références, un contexte qui parlent à d’autres gens, d’autres races avec d’autres vécus ?"

"Dans cette histoire, il me semblait normal que ces deux hommes, qui arpentent les régions reculées du Maine, rencontrent une diversité de gens. Et ça rejoint l’histoire de la musique, comment les chansons et les histoires qu’elles racontent sont façonnées et évoluent avec ceux qui les chantent."

Un casting verrouillé pendant cinq ans

Josh O’Connor a demandé à jouer dans le film avant même que le scénario soit terminé. Paul Mescal avait déjà rencontré Hermanus pour Living. Ils ont attendu plus de cinq ans, le temps que le financement soit enfin réuni, refusant d’abandonner le projet malgré leurs carrières en pleine explosion :

"Je n’ai jamais envisagé d’autres acteurs qu’eux. Pour moi, si ces deux-là étaient partants, la question était réglée. C’était le cas, et ils nous sont restés fidèles, pendant plusieurs années. Le financement a été long et laborieux. Leur vie a changé, la mienne aussi", précise le cinéaste.

Tourner l’Amérique… sans être en Amérique

Le Son des souvenirs se déroule du Kentucky à Boston, jusqu’au Maine, puis en Italie et en Angleterre. Mais pour des raisons budgétaires, le Maine a été recréé dans le New Jersey, l’Italie a été tournée avec des lieux partiellement cachés et certaines places romaines ont été fermées en secret pour éviter les paparazzi.

Côté photographie

L’image de Le Son des souvenirs a été pensée pour être riche, avec une forme de naturalisme pictural, comme l'explique Oliver Hermanus : "Je crée un document très complet qu’on affiche au mur de mon bureau. C’est un export de mon cerveau en termes d’identité et de qualité visuelles : les textures, les éclairages, les tons et la palette chromatique. Je suis assez sobre dans mon utilisation des couleurs, pour les costumes et les décors également, et leur façon de se combiner."

"Je réfléchis beaucoup aux objectifs, au format de l’image. Alexander Dynan, le directeur de la photographie, et moi avons travaillé ensemble sur la série Mary & George (D.C. Moore, 2024) à Londres, et je lui parlais déjà de Le Son des souvenirs. On a eu l’opportunité d’échanger assez en amont."

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