Par où commencer ?
Un téléfilm prenant, porté par une ambiance pesante, qui parvient malgré tout à maintenir un véritable suspense, alors même que l’affaire Daval est malheureusement connue de tous.
C’est sans doute l’un des aspects les plus étonnants du film : réussir à captiver le spectateur alors que l’issue de l’histoire ne laisse aucune place au doute.
La première partie du téléfilm m’a toutefois semblé assez longue, parfois même un peu trop étirée. Certaines scènes donnent l’impression de ralentir inutilement le rythme, comme si le récit peinait à trouver son équilibre entre l’enquête policière et la dimension humaine du drame.
En revanche, la seconde moitié est bien plus intense et rythmée : la tension monte progressivement, les échanges deviennent plus durs, plus oppressants, et l’on se laisse finalement emporter.
Je reste cependant partagé sur l’idée même d’adapter en seulement 90 minutes des mois d’enquête, de mensonges, de souffrance et d’attente.
On ressent parfois cette frustration de voir certains événements ou certaines émotions seulement survolés, alors qu’ils ont bouleversé durablement une famille entière et profondément marqué l’opinion publique.
Cela rend le visionnage assez troublant, presque inconfortable par moments.
Côté interprétation, le casting est remarquable, je pense notamment à Liam Baty, Michèle Bernier, Thierry Neuvic, Vanessa Guide, Ingrid Donnadieu et Jérôme Anger, qui parviennent à donner de la crédibilité et de l’humanité à leurs personnages.
Concernant plus particulièrement Michèle Bernier, je trouve presque impossible de lui reprocher quoi que ce soit.
Elle incarne une mère brisée avec beaucoup de retenue et de dignité. Pourtant, il subsiste forcément une limite : certaines douleurs réelles dépassent sans doute ce que le jeu d’acteur peut retranscrire.
Les émotions vécues par la mère d’Alexia Daval relèvent d’un traumatisme si profond qu’aucune interprétation ne pourrait probablement les reproduire totalement.
Et finalement, c’est peut-être aussi ce qui rend ce téléfilm si dérangeant : derrière la fiction, on n’oublie jamais qu’il s’agit d’un drame bien réel.