Zuzana Kirchnerová a longtemps porté le sujet de Caravane avant de pouvoir finaliser son projet, qui est devenu son premier long métrage de fiction, après cinq courts et six documentaires. Le thème du handicap d'un enfant la touchant tout particulièrement dans sa propre vie, elle tenait à donner un sentiment d'authenticité dans les rapports entre une mère et son fils autiste et elle y parvient souvent, avec une économie de mots, les regards échangés en disant très long. Son traitement est cependant traversé de scènes poétiques et esthétiques, avec une grande pudeur quant aux moments de crise éventuels, qu'elle ne fait jamais durer plus que de raison. Mais d'un autre côté, le road-movie qu'est Caravane est parfois trop elliptique, avec un faux rythme et surtout des personnages annexes qui manquent singulièrement d'épaisseur.spoiler: La cinéaste a aussi volontairement décidé de nous donner très peu d'informations sur son héroïne, n'expliquant jamais, par exemple et sauf erreur, pourquoi elle se trouve en Italie, sans parler de son passé dans sa Tchéquie natale ou encore du père de son enfant. On attend à tout moment une confession de sa part, qui nous rapprocherait de cette course éperdue en Italie et qui ne vient jamais. Dommage, parce que l'actrice qui l'incarne, Aňa Geislerová, qui possède une filmographie importante dans son pays, est absolument remarquable.
Vu au festival de Cannes 2025. Karavan est un road movie d'une maman et de son fils en situation de handicap. Comme tous les road movie, il en possède donc les ficelles, les rebondissements, avec ces personnages qui entrent dans leur parcours puis en ressort, etc. L'interprétation est très habitée, et le film parvient à me toucher. J'ai ressenti par contre une sensation un peu désagréable d'étouffement. C'est bien le lien fusionnel entre la mère et le fils qui s'impose à travers des cadrages très resserrés, et une profondeur de champ plutôt réduite. Mais l'ensemble, couplé à une absence assez marquante de vraies discussions entre les personnages fait que je suis resté un peu mal à l'aise pendant la projection.
Ce road movie dans une caravane d’une mère et de son fils autisme rejointe par une jeune femme fantasque est plutôt improbable et finalement peu convaincant et crédible. Ce premier long métrage de cette réalisatrice tchèque ne parvient pas, à mon avis, à susciter suffisamment d’intérêt malgré une mise en scène honnète et de bonnes intentions de départ.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 18/03/2026 au Club dde l'Etoile à PARIS)
Ester élève seule son fils David, déficient mental. Elle passe des vacances avec lui et des amis en Italie dans une luxueuse villa. Mais la situation dégénère et Ester prend avec David la clé des champs. Leur chemin croise celui de Zuza, une auto-stoppeuse aux cheveux roses.
"Caravane" est un film tchèque tourné en Italie par une réalisatrice qui a, comme le personnage du film, élevé un fils handicapé. C'est un film qui raconte une situation poignante : celle d'un parent, d'autant plus sollicité qu'il élève seul son enfant lourdement handicapé. Cette situation hypothèque sa vie, ne lui laisse pas un seul instant de répit, lui interdit toute vie sociale ou amoureuse.
C'est précisément la situation dans laquelle s'est retrouvée Ester. On ignore tout d'elle, de son passé. A-t-elle un emploi ? David a-t-il un père ? On ne le saura pas. L'histoire reste collée au présent répétitif d'Ester dont le principal défi est d'éviter que David se mette dans une situation dangereuse ou embarrassante.
Le duo aurait pu être étouffant. Le scénario de "Caravane" a la bonne idée d'adjoindre à Ester et David un troisième personnage : une punkette aux cheveux roses. Zuza n'a pas d'œillères. Elle prend la vie comme elle vient. Elle s'attache à Ester et à David pendant quelques jours. On se demande si une relation sexuelle se nouera avec David qui, au grand dam de sa mère, développe les pulsions sexuelles de tout adolescent de son âge. Le scénario a la bonne idée d'éviter cette direction trop téléphonée.
Caravane a un seul défaut. Il sort un an après "Mon inséparable" où Laure Calamy, avec la gouaille et l'énergie qu'on lui connaît, jouait le même rôle de mère d'un enfant handicapé.
Sélectionné à Un Certain Regard lors du Festival de Cannes 2025, "Caravane" présente beaucoup de qualités mais aussi quelques imperfections. C’est tout d’abord un film à l’image très soignée qui raconte une histoire pleine d’émotion, de force de caractère et de tendresse pour les personnages. Pour la réalisatrice, représenter tout simplement son corps est de la plus grande importance lorsqu’on s’intéresse à un personnage et elle le fait très bien. Par contre, on regrette que le film manque parfois de rythme, de vigueur, avec certaines scènes qui auraient gagné à être raccourcies. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Ester élève seule David, son fils, atteint d’une déficience intellectuelle. Sa relation à son fils est fusionnelle. Elle le tient éloigné de ceux qui les jugent, et ne les comprennent pas. Le temps d’un été, ils vont parcourir l’Italie dans un camping car sans trop d’argent ni but précis. C’est peut être ce qui manque au film : un but, un sens. On ne sait pas trop où l’on nous emmène et ce en dépit d’une histoire touchante et d’une réalisation ultra soignée.
J'ai vu ce film en présence de la réalisatrice qui a eu le courage de raconter son histoire et le talent de la rendre universelle ! La lumière est folle et les comé dé. Et si le cinéma rendait plus libre ? C'est un début...
La première partie film est prometteuse. Deux beaux plans restent en mémoire : la main de David sur le visage d’Ester, une séance de douche, lumineuse sous des asperseurs d’irrigation. Le calme d’Ester face aux extravagances de David est admirable, elle est forte et fragile, interprétée avec sensibilité par l’actrice tchèque Ana Geislerova. Le scénario prend la tournure d’une comédie avec la rencontre de Zuza, jeune femme extravagante et surtout désorientée. Elle est dérangeante, bouscule notre regard : à son contact David s’apaisera, leur relation suggère des premières amours. Une amitié triangulaire qui donne de la force à chacun le temps qu’elle dure.
Et puis cela s’essouffle. Ester n’a plus d’argent et cherche à travailler, les rencontres effectuées à cette occasion s’éternisent et manquent d’intérêt (compris une tentative d’abus sexuel un peu hors sujet). La photographie devient quelconque. C'est un film qui n'approfondit pas son sujet en définitive.