Évidemment, on frise la perfection en matière de réalisation et de jeux d'acteurs. Mais le racisme, focale de ce procès, gêne l'adhésion des spectateurs car ils ne comprennent pas en quoi le verdict en serait faussé
Braqueur et militant d'extrême-gauche, Pierre Goldman est jugé une deuxième fois pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il reconnaît les braquages mais pas les meurtres. Figure révolutionnaire icônique des années 70, de nombreux soutiens assistent à ce procès, dont Régis Debray et Simone Signoret. Avec rigueur et dépouillement, sans la moindre musique, le film de Cédric Kahn présente le déroulement du procès, les faits, les témoignages et les plaidoieries avec une puissance évidente. Aucun parti-pris dans la narration mais, au contraire, de multiples éléments mettent en avant la difficulté de rendre la justice, de construire des preuves. Arieh Worthalter est stupéfiant dans le rôle de Goldman. Il habite son personnage avec une épaisseur et une force incontestables. On retient aussi la conviction d'Arthur Harari pour interpréter le rôle de Georges Kiejman. Le procès Goldman illustre fidèlement le contexte des années 70, notamment l'expression sournoise du racisme et de l'antisémitisme. Un film éclatant dont les prolongements peuvent encore interroger.
Le film est entièrement tourné dans un palais de justice, il s'agit d'un huis clos dont aucune scène extérieure ne vient éclairer le déroulé; on est stupéfait et aussi surpris, on se croirait par moment au théâtre, les acteurs principaux sont parfois trop démonstratifs, trop grandiloquents, et ce qui passe bien au théâtre est moins bienvenu au cinéma, l'ensemble est bon, on est confronté aux témoignages douteux, aux témoins partiaux, aux partis-pris des avocats et aux maladresses du juge, tout cela laisse pensif et rêveur sur la qualité et la fiabilité de notre système judiciaire, en ce sens le film est très éclairant. Un procès pour l'histoire du XXème siècle et d'utiles rappels sur les injustices et le devoir de mémoire.
Mise en scène d'un procès qui a eu lieu, il y a une cinquantaine d'années. Les faits : le meurtre de 2 pharmaciennes, l'accusé, un juif d'origine polonaise au passé chaotique accusé de nombreux bracages ce qui fait de lui un coupable idéal. Ce procès nous rappelle combien l'issue en était aléatoire sans les progrès irremplaçables de la police scientifique et était vouée à la bonne ou mauvaise foi des uns ou des autres. La chance de Goldman a été d'avoir eu un avocat d'origine juive polonaise comme lui, d'origine modeste comme lui et qui s'est vraiment battu pour pour mettre en évidence tous les vices de forme et la mauvaise foi de certains témoins. Donc un véritable combat, ce qui en fait un film très émouvant. Ce film nous rappelle aussi que l'antisémitisme est intemporel et qu'il faut resté vigilant.
Le film est efficace dans ce qu'il veut faire, dire, montrer. Il est sans détail superflus, sans réelle démarche extravagante ce qui fait de ce film un film de procès efficace qui nous présente ce tribunal, ces personnages de façon extrêmement fluide. Les acteurs sont tous convaincants. Et voilà c'est à peu près tout ce que j'ai à dire. Le film est "parfait" je ne vois pas de défaut mais je ne vois pas non plus trop de démarche très artistique, de prise de risques ou de parti pris qui m'a embarqué. J'étais le spectateur lambda du Procès Goddman.
Ai vu "Le procès Goldman" de Cédric Kahn. Après les très grands films "Roberto Zucco" et "La prière", le réalisateur ajoute un nouveau film essentiel à sa filmographie. Avant tout ce dernier opus est un film de mise en scène. Cédric Kahn choisi de ne jamais sortir la caméra du tribunal (à part la première scène) et filme au plus près tous les protagonistes (accusé, défense, avocats, jurés, Simone Signoret...). Le réalisateur varie les plans fixes, les plans caméra à l'épaule et joue souvent avec la spatialisation entre les témoins et l'accusé. C'est toujours inventif en visant l'essentiel sans jamais perturber l'attention du spectateur par des scènes ou des plans inutiles et sans être didactique. Image carrée, lumière blafarde, aucune musique tout est à l'os. Je ne connaissais absolument rien à cette affaire et la culpabilité où non de Pierre Goldman n'est absolument pas le propos du film. Pierre Goldman est un militant d'extrême gauche qui est accusé de plusieurs hold-up (qu'il a reconnu) et d'un double meurtre dans une pharmacie en 1969 (objet du procès en question). Pierre Goldman est un personnage à part, sanguin, enflammé, orateur hors pair, au charisme puissant et à la faconde épuisante. Même son avocat, Georges Kiejman a bien du mal à canaliser son client. La force de la mise en scène de Kahn permet au spectateur d'assister à ce procès tout en visualisant à la perfection les scènes qui ne sont jamais montrées. Le film n'est jamais théâtral, aucune longueur. Le spectateur est happé par ce personnage jusqu'au boutiste sans qu'il ne soit montré comme un héros. Ce film ne serai pas ce qu'il est sans l'interprétation magistrale d'Arieh Worthalter (Pierre Goldman) et celle tout aussi puissante de son avocat (Georges Kiejman) Arthur Harari qui ne fait qu'une bouchée de ses monologues. Film puissant et hypnotisant.
Un film d’une belle intensité, précis, ramassé, concentré sur son sujet sans volonté d’esbrouffe. Un film intègre par la radicalité de sa mise en scène, qui fait écho à celle de son personnage principal, que le cinéaste nous laisse le droit de ne pas apprécier. Pas d’effet de manche, ni des plaideurs ni de la caméra. Pas d’échappatoire : on est coincé dans le prétoire , le plus souvent en plan fixe Et sur le fond, si le spectateur peut y voir des similitudes entre la dénonciation d’une police raciste dans les années 70 et les polémiques actuelles, c’est son droit mais aucun discours didactique ou militant ne l’y conduit. Et si ce film est un modèle de film de prétoire c’es aussi et surtout grâce à son extraordinaire interprétation. Il faudrait tous les citer , j’y renonce mais je rêverais d’un César exceptionnel pour l’ensemble de ce casting inspiré, engagé et qui force le respect.
ATTENTION, le film est assez dense niveau dialogue. N'y allez pas si vous êtes fatigué ... sur une dizaine de personne dans la salle j'en ai vu 7 8 dormir durant le film. Il faut arriver en forme.
Une fois cet avertissement passé, le film vaut le détour, le rythme est présent, les débats et les plaidoiries sont intéressantes avoir été l'acteur principal est grandiose
film de procès bien tenu La maitrise du film de procès est exemplaire, on reste dans la salle pendant 2h et on ne s'ennuie pas une seconde. Je n'y connais rien mais j'ai beaucoup aimé l'image du film, le grain dans la photo, les costumes. J'ai deux petites réserves. La première, le jeu des acteurs n'est pas terrible, surtout dans les rôles secondaires, témoins, etc. La deuxième est la dominance du propos politique par-dessus tout le reste et notamment des personnages.
Un grand film de procès qui tient en haleine, même si on peut arriver en connaissant le dénouement du procès. Les rapports tendus avec son avocat font souvent sourire tant l'accusé ne respecte pas les consignes de son avocat et donne du relief au film. Le film veut certainement prouver la faiblesse de l'accusation, mais il laisse quand même de l'espace au propre jugement de chacun. Excellents comédiens tant les principaux que les multiples second rôles "appelés" à la barre.
Un film de procès donc dans sa forme un peu classique Par contre on n'est pas déçu : ça reste sec tendu un brin étouffant dans ce huis clos judiciaire On se centre autour de Pierre Goldman un personnage hors du commun au destin tragique Brillamment interprété
Un très bon film, dont je ne connaissais rien de l'histoire, du contexte etc. Nous suivons le procès de Goldman, ni plus, ni moins. Un huis-clos extrêmement bien maitrisé, à la mise en scène millimétrée et servi par des performances magistrales de la part des comédiens