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Bernard D.
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4,0
Publiée le 25 octobre 2023
« Le procès Goldman » de Cédric Kahn (2023). Nous sommes en avril 1976 et débute à Amiens le « deuxième » procès de Pierre Goldman (Arieh Worthalter), fils d’un résistant juif polonais, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour 4 braquages à main armée dont un a entraîné la mort de 2 pharmaciennes… mais il clame son innocence dans cette dernière affaire. Sans aborder le fond, le film montre les failles du système judiciaire : le « premier » procès a été en fait cassé pour un vice de forme ; l’importance de la personnalité de l’accusé et de ses repartis à l’audience – « Je suis innocent parce que je suis innocent » - ; le poids de l’opinion publique et ici de l’intelligentsia de gauche qui a lu le livre qu’il a écrit en prison « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France » dans lequel il a démonté méthodiquement les erreurs de son premier procès ; le rôle des avocats et si son avocat - maître Kiejman (Arthur Harari) – essaie de tempérer les interventions parfois insaisissables et provocatrices de son client, il s’avèrera redoutable vis-à-vis des témoins ; la fragilité au fil du temps de certains témoignages ; la personnalité des jurés qui demanderont des compléments d’enquête ; voire la personnalité des juges car le Procureur semble ici plus clément que celui de Paris… Pierre Goldman ne sera pas reconnu coupable du meurtre des 2 pharmaciennes et sera condamné à 12 ans de réclusion. Trois ans après sa sortie de prison, il sera assassiné par un groupe d’extrême-droite qui dénonce le « laxisme » de la justice. Un film prenant qui n’est pas sans évoquer les films de Cayatte. Un film dans lequel la dialectique a toute son importance dans cette arène qu’est une salle d’audience et ce dans un contexte politique singulier.
Un très bon film, dont je ne connaissais rien de l'histoire, du contexte etc. Nous suivons le procès de Goldman, ni plus, ni moins. Un huis-clos extrêmement bien maitrisé, à la mise en scène millimétrée et servi par des performances magistrales de la part des comédiens
Avec Jacques Mesrine, Pierre Goldman est une des figures du banditisme qui a marqué les années 70. Son procès a, en effet, divisé la société française à cause de l’incertitude entourant sa responsabilité ou non dans le meurtre de deux pharmaciennes. Cédric Kahn choisit d’adopter un style faussement épuré (certains cadrages, comme celui où il filme Christiane Succab-Goldman écouter son mari alors qu’elle semble lui tourner le dos, font preuve d’une véritable mise en scène) pour donner l’impression de retranscrire le procès comme s’il avait été filmé en direct. Le cinéaste évite donc d’assener un point de vue et choisit plutôt de laisser le spectateur libre de son opinion. Il est donc déroutant de découvrir qu’il a pris d’assez grandes libertés sur des aspects importants (Christiane Succab-Goldman n’était pas présente dans la réalité et Pierre Goldman lui-même aurait été moins excité que sa version cinématographique). Le procès Goldman est donc une œuvre assez intéressante plus par son sujet même qui est tout bonnement passionnant car ambigu que par son traitement cinématographique volontairement très simple.
Après Anatomie d'une chute, voici un second film français de procès. Le dispositif est ici plus étouffant puisqu'hormis une scène d'introduction, tout le récit est un huis-clos dans une salle d'audience. Cela suppose un art du découpage fort savant pour faire vivre un récit en un lieu unique, sur la base d'une histoire unique. L'ambiance années 1970 est très bien rendue : grande mode du marron alors... Le film démontre une grande maîtrise. On est happé par les agissements de ce singulier braqueur dont la vie suscite les témoignages les plus divers (son père résistant, ses amis guérilleros, etc.), surtout si l'on ne connaît pas l'issue de ce jugement. Le comédien principal qu'on avait découvert en tendre père dans le "Serre-moi fort" d'Amalric démontre qu'il est un très grand acteur puisqu'il peut être crédible dans des rôles totalement opposés. Un très bon film, donc, mais ardu si on n'est pas prêt à s'engager dans cette histoire spécifique selon ce dispositif spécifique.
Je m'attendais à un procès politique avec une hauteur de vue militante et inspirante. J'ai vu le procès d'un petit voyou beau parleur qui accuse ses détracteurs de racisme et d'anti sémitismes. Bref un procès classique sans suspense, ni rebondissement. Le pire à mes yeux est que le générique précise un film librement inspiré de faits réels comme pour embellir et mettre en relief un sujet déjà banal.
Bon film de procès, avec d'excellents acteurs. Un quasi huis clos au tribunal, ce qui rend le film un peu exigeant, voire un peu sec, un peu sévère, avec un inévitable côté théâtre filmé. Pourtant, cette affaire nous passionne si l'on prend la peine de s'y intéresser: ce film très documenté et intelligent met très bien en valeur la fragilité des témoignages. Il parvient surtout à faire revivre toute une époque, les années 70. Un bon film, sans être un chef-d'oeuvre.
Un des plus beaux films de Cédric Khan. Il recrée merveilleusement les années 70, en reprenant même les tons et le format d'image de l'époque. Les acteurs sont très impressionnant, et bien sûr les paroles de Pierre Goldman sont tellement brillantes qu'on est suspendu à ses lèvres. Cet homme est un héros.
Le film de procès par excellence (dans tous les sens du terme), sec et nerveux, sans fioritures (ni flash-back, ni musique) qui fait ainsi la part belle à l’interprétation et aux ressorts narratifs provoquant, grâce à ce dispositif resserré, une émotion décuplée pour les spectateurs. Embarqué dans cette histoire ayant défrayé la chronique (judiciaire et politique) au milieu des années 70, on se sent littéralement placé sur les bancs du tribunal, immergé dans la trajectoire singulière et la personnalité peu commune de Pierre Goldman, dans les contradictions des protagonistes et dans les failles de l’enquête. Passionnant de bout en bout, faisant directement écho aux fractures actuelles de notre société (où les points de vues sont tellement irréconciliables que la véracité même des faits est perpétuellement remise en cause) et brassant largement la question toujours irrésolue du racisme institutionnel, le film nous plonge inexorablement (et bien après son visionnage) dans les abyssales notions de l’intime conviction et du bénéfice du doute. La seule chose dont on ne doute pas c’est d’avoir vu un sacré bon film !
Des films de procès, il y en a eu quelques-uns proposés par le cinéma français ces dernières années. Mais jamais on avait vu un choix artistique aussi radical. On ne sort quasiment jamais de la salle du tribunal ! Et le spectateur se trouve projeté, en immersion totale, dans la peau d’un juré d’assise. Un juré qui doit écouter les arguments de l’accusation et de la défense, et décider, en son âme et conscience, du sort de l’accusé. Cette mise en abîme est formidablement réussie par Cédric Kahn. À une époque où la police scientifique ne bénéficiait pas de tous les moyens d’aujourd’hui, l’importance des témoignages de ceux qui viennent à la barre, prend tout son sens. Et le scénario montre à quel point les témoins ont eu une importance primordiale dans ce procès. Comment leurs souvenirs ont pu être déformés, triturés et mis en doutes au fil des heures passées à être influencé par le contexte général du procès et la médiatisation de celui-ci. Malicieusement, le réalisateur utilise le procès pour nous présenter le parcours et la jeunesse du protagoniste principal et nous décrire dans les moindres détails les faits qui lui sont reprochés. Malgré le caractère assez accablant de certains témoignages, le doute insinue son venin petit à petit. Véritable tour de force scénaristique, le long-métrage parvient à être captivant de bout en bout sans jamais le moindre temps faible. Évidemment on ne peut passer sous silence la formidable prestation d’Arieh Worthalter sans qui le film ne serait pas une telle réussite. L’acteur belge de 38 ans est juste génial, totalement crédible et terriblement charismatique. Le fait qu’un acteur méconnu jusqu’alors, incarne Pierre Goldman nous aide aussi à nous plonger dans cette reconstitution de procès avec délice.
Je n'étais pas née dans les années 70 pour connaître l'affaire Goldman, en voyant le film, je ne connaissais pas l'histoire et le procès et je recommande à ceux qui sont comme moi de bien se documenter avant de voir ce long métrage que j'ai trouvé trop bavard, trop de dialogues dans un huis-clos représentant la salle de tribunal et l'isolement des avocats et Goldman qui sont les deux décors, cela ne finit pas et qui m'ont paru bien longues là durée de 1 heure 55. Je suis allé voir "Le procès Goldman" pour son réalisateur Cedric Kahn qui ne m'avait jamais déçus jusqu'à maintenant. J'ai trouvé la mise en scène poussiéreuse de l'époque, le jeu des comédiens trop théâtrale, la seule pensée du film en le voyant pour rigoler me vient de la série "Tribunal" que diffusait TF1 dans les années 70 qui était du même niveau qu'ici, ridicule. Grosse déception.
Nul ! Fait rare : j'ai préféré partir avant la fin tellement je trouvais ce film bavard, mal joué et si éloigné du fonctionnement très solennel d'un vrai procès. Bavard ? mais quand donc les acteurs vont- ils prendre leur respiration ? Le réalisateur a oublié que les espaces de silence peuvent ouvrir sur des regards qui pourraient en dire bien plus long que cette logorrhée insupportable. Le jeu des acteurs ? Qui a vu plaider Me Kiejman a dû quitter la salle comme moi. Singer sans incarner, était ce un parti pris de mise en scène? Le président de la cour, agressif, comme si ce ton pouvait etre credible ? Et la veracité ? Clairement, la mise en scene s'assoie dessus. Peut etre un parti pris pour creer une tension à outrance ? En plus de tout ce bavardage en apnée, ça fait beaucoup. Beaucoup trop.
Un procès comme si on y était, filmé au plus près des êtres qui campent des personnages plus vrais que nature. Ariel Worthalter interprète Pierre Goldman avec maestria dont la fougue et le débit de paroles sont sidérants. Tout est incroyable, tant dans le contenu livré aux juges, jurés, avocats et spectateurs est fort. La France de la fin des années 60 à 70 montre une enquête à charge plus que partiale sous couvert de certains relents de racisme. La pellicule a un grain passéiste et se projette dans un format presque carré loin des images panoramiques aux tons parfaits. On est dans l'époque, les personnes sont réelles dans leurs tenues, leurs coupes de cheveux et leurs postures. A voir !