Le Procès Goldman
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2023
Né en 1944, Pierre Goldman est un jeune activiste d’extrême-gauche, chef du service d’ordre de l’UNEF à la Sorbonne au début des 60ies, parti battre le maquis avec des groupes de guerilleros latino-américains entre 1967 et 1969, réduit à son retour à Paris, pour boucler des fins de mois difficiles, à s’acoquiner avec le grand banditisme et à commettre de petits braquages. Il est accusé du meurtre de deux pharmaciennes boulevard Richard-Lenoir à Paris en décembre 1969. Un premier procès devant la cour d’assises de Paris en décembre 1974 conduit à sa condamnation à perpétuité mais provoque une vive mobilisation de la gauche intellectuelle en sa faveur. Il est opportunément cassé par la Cour de cassation qui renvoie l’affaire devant une autre cour. Un second procès a donc lieu à Amiens en avril 1976. C’est Georges Kiejman qui assure sa défense.

"Le Procès Goldman" a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Il est signé par Cédric Kahn, un des réalisateurs français les plus talentueux, dont la filmographie déjà bien étoffée ne compte que des pépites – c’est grâce à "L’Ennui" (1998) que j’ai découvert Alberto Moravia et "La Prière" (2018), qui a lancé la carrière d’Anthony Bajon, compte parmi mes films préférés de ces dix dernières années – mais qui se renouvelle tellement d’un film à l’autre au point de priver son oeuvre d’unité.

Un mois après "Anatomie d’une chute", presqu’un an après Saint Omer, c’est encore un film de procès, un genre qui décidément connaît ces temps ci un regain de flamme. Le risque existe que Le Procès Goldman soit éclipsé par la Palme d’or de Justine Triet qui aura bénéficié d’un écho retentissant et dont j’ai dit à sa sortie les immenses qualités. Ce serait dommage. Car "Le Procès Goldman" est un grand film.

C’est un film historique qui ressuscite un pan oublié de notre histoire, un procès des 70ies dont l’objet n’était pas la peine de mort comme ceux de Patrick Henry défendu par Robert Badinter ou de Christian Ranucci ou les violences faites aux femmes pour Anne Tonglet et Aracelli Castelanno défendues par Gisèle Halimi. Son objet a retrouvé récemment une brûlante actualité puisqu’il y est question aussi bien de la radicalisation d’un engagement politique qui flirte avec la violence (comme le reproche en a été fait aux accusés de Tarnac), d’une police violente et travaillée par des préjugés racistes et d’une justice de classe expéditive mettant à mal la présomption d’innocence.

Ce qui impressionne dans "Le Procès Goldman", c’est la maîtrise de sa mise en scène. La caméra ne quitte quasiment jamais la salle d’audience, sinon pour la première scène, qui se déroule dans le cabinet de George Kiejman à Paris et pour quelques intermèdes tournés dans la « souricière », cette pièce du palais de justice où l’accusé est enfermé pendant les interruptions de séance.
Le procédé pourrait être étouffant. Il l’est parfois d’autant que le film dure près de deux heures. Mais les joutes orales qui opposent l’accusation, l’avocat des parties civiles et la défense sont d’une telle intensité, les témoignages qui se succèdent offrent l’occasion de tant de retournements, le suspense qui, jusqu’au prononcé du verdict, est si intense (ne cédez pas à la tentation de le connaître avant d’aller voir le film) qu’on sort de la salle, épuisé mais conquis, par ce film si impressionnant.
Rodolphe35
Rodolphe35

17 abonnés 100 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2023
Quel grand réalisateur et fantastique scénariste. Il n'y a pas d'effet de manches et les acteurs sont au niveau de l'histoire.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2023
En avril 1976, s’ouvre le second procès de Pierre Goldman. Il est accusé d’avoir assassiné deux pharmaciennes au cours du braquage d’une pharmacie boulevard Richard Lenoir à Paris. Fils d’un résistant juif polonais, et militant d’extrême gauche, ce dernier clame son innocence durant tout le procès. Ce film est le récit d’un procès, de manière mécanique, précise. On y découvre une enquête bâclée et des preuves inexistantes. C’est passionnant de découvrir comment la défense s’attaque point par point aux éléments reprochés à Pierre Goldman. Un travail de mémoire formidable et un grand film de procès.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 septembre 2023
La toute première scène du film qui se passe en 1975 dans le cabinet du très jeune Maitre Kiejman est vraiment un petit bijou de cinéma. Ne manquez donc surtout pas ces 15 premières minutes vraiment excellentes.
Après ça se gâte : pendant près de deux heures qui en paraissent trois, le réalisateur choisit de se concentrer sur le procès et exclusivement le procès, c’est-à-dire la cour d’assises où le Président accompagné des jurés et des avocats va essayer de déterminer si Pierre Goldman (demi-frère du chanteur Jean-Jacques Goldman) est coupable ou pas des deux meurtres qui lui sont reprochés.
Aucune reconstitution, aucun extérieur, aucune vue de l’esprit ou imagination des protagonistes n’est présentée à l’écran. Les faits et rien que les faits sont exposés oralement dans un prétoire sinistre, uniquement des débats parfois très houleux avec une prestation extrêmement forte de l’acteur principal interprétant Pierre Goldman, mais aussi un jeu remarquable du Juge et des avocats, c’est vrai.
Est-ce que c’est parce que c’est une histoire vraie que le réalisateur a pris cette option de ne se focaliser que sur cette salle d’assises je n’en sais rien, toujours est-il que le résultat est parfois oppressant presque gênant.
C’est trop long, on n’est pas loin de s’ennuyer, on finit par suffoquer. Peut-être que certains y verront de l’épure de cinéma car les acteurs (qui sont presque tous des inconnus) sont en effet convaincants, mais pour moi, il manque le je-ne-sais-quoi qui fait la magie du grand cinéma.
Anna Hell
Anna Hell

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 septembre 2023
Un des meilleurs film de procès que j'ai vu. Cela tient beaucoup au personnage de Pierre Goldman merveilleusement interprété ainsi qu'aux réactions authentiques du public de l'audience. Le réalisateur expliquera qu'ils ne connaissaient pas le scénario qui a été tourné dans l'ordre chronologique.
Le choix d'un huit clos sans musique ni flashback permet au spectateur d'être immergé dans l'univers judiciaire. Ce film se démarque notamment par ces jouxtes verbale tinté du phrasé des années 70. À la fin c'est au spectateur de se faire sa propre opinion: Coupable? Innocent ?
Un film à voir pour la prestation d'Arieh worthalter et pour le pouvoir des mots ici démontré dans un tribunal.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2023
Chronique d'un procès dans toute sa sécheresse.
Et chronique sociale de la France des années 70.
Servi par un très remarquable Arieh Worthalter qui fait exploser à l'écran, l'ambivalence permanente du gauchiste révolté qu'était Pierre Goldman. Même ses avocats, et en premier Kiejman qu'il est sur le point de récuser (!!) ont un mal fou à le contrôler. Même quand il ne parle pas, tout son corps est sans cesse sur le qui-vive.
Goldman est le témoignage d'une époque, lorsque les intellectuels de gauche soutenaient les activistes. L'ambiance est survoltée dans un tribunal agité, mal contrôlé par le président (Kahn reconnait qu'il en rajoute un peu dans la mise en scène, mais on imagine les dérapages possibles quand on ne voulait pas imposer le huis-clos…).
Goldman est insupportable dans ses attaques généralisées contre la police, mais parait sincère quand il plaide maladroitement comme le font les innocents (on pense à Mikkelsen dans La chasse).
Mais le jury doit condamner des faits et pas la pensée d'un homme. Kahn renvoie chaque spectateur à la question essentielle, et vous en tant que juré qu'auriez-vous décidé, dans votre intime conviction?
Parmi les roles secondaires ressort le père Goldman joué par Jerzy Radziwilowicz.
AP Cinéma - septembre 23
Françoise B.
Françoise B.

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2023
Le projet est ambitieux. Le casting est ciselé.Les années 70 sont dépeintes avec justesse. Adieu Worthalter sublime son personnage.
@placeoflucas
@placeoflucas

29 abonnés 45 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 octobre 2023
Parfait en tous points,
Rien n'est laissé au hasard dans ce huis clos judiciaire, et pourtant les détails font qu'on arrive à voir au delà de cette salle de procès.
Un double film alors ce profil, celui qui passe devant nous et celui qui se fait dans notre tête, au fur et à mesure que ce procès se démêle !
Et alors on découvre un personnage hors du commun au destin aussi fort que ce long-métrage... le tout simplement, mais si précisément, par le biais de ce procès historique (et assez peu connu par les jeunes générations).

Je conseille enfin de ne pas trop vous renseigner en amont sur cette affaire, la découvrir au fil du film est exceptionnelle !
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2023
Pierre Goldman est un homme atypique. Excellent tribun, figure hors-cadre très portée à gauche et qui veut en découdre avec ceux qu'il appelle les fascistes, il est accusé du meurtre de deux pharmaciennes survenu quelques années plus tôt en plein milieu des années 1970. Chronique d'un procès impressionnant qui s'est réellement tenu. En salle le 27 Septembre.

spoiler: Le Procès Goldman est tourné à la manière des films du siècle dernier : la qualité de l'image est volontairement abaissée pour donner une couleur d'époque. D'entrée de jeu, on nous présente sans le montrer le personnage principal haut en couleurs de Pierre Goldman, que joue magistralement Arieh Worthalter. Sa performance résonne dans le tribunal et le fait briller jusqu'au dénouement final et son acquittement. Toutefois, le film peut tourner en rond à certains égards avec des prises de paroles des magistrats qui se suivent et se ressemblent. L'épilogue est ensuite inattendu.
AviE
AviE

12 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2023
Très bonne caméra, photo, décors et costumes pour ce film qui nous immerge dans le procès de cet homme spoiler: innocent
qui est joué par un bonne acteur Arié Wothalter que j'ai découvert et trouvé bien crédible et vivant. Arthur Harari est naturellement un bon avocat. Il film avec beaucoup d'homme (du fait de l'époque) et cette tension qui en découle.
Bart Sampson

414 abonnés 855 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2023
Après avoir assisté à la projection du Procès Goldman , le nouveau film de Cédric Kahn présenté en ouverture à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2023 et qui sortira en salle fin septembre 2023 en on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le film Saint-Omer d’Alice Diop.
En novembre 1975, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Les deux films ont tout d’abord pour similitude, une réflexion sur les a priori rattaché à une race ( noire ou juive ). Dans le film de Cédric Kahn se pose entre autre la question du racisme latent de la police française à cette époque.

Dans les deux films la figure de l’accusé est forte, magnétise l’écran, nous trouble… Arieh Worthalter endosse avec une force incroyable le rôle de Pierre Goldman.

La reconstitution du procès est faire avec une précision chirurgicale, tellement bien faite que la barrière entre réalité et fiction tombe assez rapidement.

Enfin et surtout un personnage secondaire s’imprègne dans les deux cas de la figure de l’accusé. Dans « Le Procès » c’est Georges Kiejman (très belle interprétation d'Arthur Hariri), Juif polonais comme l’accusé et enfant de déporté qui au fur et à mesure du procès comprendra la portée réelle de ce statut de « blessé perpétuel » de l’histoire pour comprendre le parcours et certains des comportements de l’accusé.

Au final un film qui sans apporter toutes les réponses à cette affaire hors norme, honore son sujet et livre un film abouti et pénétrant.
Emeline E.
Emeline E.

28 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 juin 2023
Un excellent film de procès, on ne sort jamais du tribunal, les acteurs sont tous exceptionnels, un film de procès qui deviendra certainement un classique du genre
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2023
Pour Le procès Goldman, Cédric Kahn a décidé de ne jamais quitter la salle de tribunal et ses débats, à deux ou trois scènes près. Pas de musique, pas de journaux de l'époque (1975) et encore moins de flashbacks : seulement le déroulement du procès, avec ses passes d'armes, les réactions d'une salle chauffée à blanc et une assez égale répartition entre les interventions de l'accusation et de la défense. Tout est fait, y compris la mise en scène, précise et sans fioritures, pour que le spectateur se retrouve in situ, au cœur des années 70, attentif à chaque prise de parole et puisse ainsi se faire sa propre religion. Le dispositif pourrait paraître austère et théâtral, il se révèle au contraire passionnant car la puissance du verbe y est magnifiée, à commencer par celle de Goldman, arrogant et provocateur, et celle de son avocat (Kiejman), matois et roublard. Si rien ne transpire de la façon dont est vécu le procès à l'extérieur, le film réussit pourtant le prodige de nous faire comprendre comment le France des années 70 se porte, entre les indignations de la gauche intellectuelle, le racisme et l'antisémitisme larvés, les méthodes de la police, etc. Et au bout du compte, les fragilités du fonctionnement de l'appareil judiciaire et du jugement humain apparaissent au grand jour. spoiler: Le film ne se prononce pas sur la culpabilité de Goldman car ce n'est pas le sujet.
Ce n'est que (la) justice, qui est rendue, avec des doutes et des interrogations sur la validité de son verdict.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2023
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2023/05/18/le-proces-goldman-critique/

Le procès Goldman est un film de procès, à savoir que son intégralité se déroule au tribunal, ce qui pourrait potentiellement laisser craindre une impression de déjà vu tant le genre a été maintes et maintes fois exploré avec plus ou moins de succès. Sauf que la brillante réussite de l’entreprise repose sur le fabuleux film de parole qu’est Le procès Goldman. Une véritable œuvre de puissance oratoire, tant les dialogues élèvent et vu le niveau d’intelligence de chaque réplique. Chacun dans son couloir de nage, les avocats, et en particulier bien sûr Kiejman, le dandy des prétoires, se distingue par sa vivacité d’esprit, mixée à une délicieuse maitrise de l’art de la roublardise.

Factuellement, mais aussi psychologiquement, sa façon de faire tomber un à un des témoignages certes qui semblent orientés, est à chaque fois un pur moment de grâce. Il nous régale autant qu’il dézingue avec férocité et humour toutes celles et ceux qui vont tenter de faire croire au jury qu’ils ont vu Goldman au moment des faits.

Et puis Le procès Goldman, c’est une mise en scène. Au-delà d’une forme de sacre de dialogues littéraires, sans effets, sans musique, c’est aussi toute la reconstitution d’une époque. Dans un jeu de caméra d’une prodigieuse habileté, vu que tout se passe en un lieu, Cédric Kahn avec des jeux de plan fixes, d’arrières plan, où rien n’est laissé au hasard, nous replonge dans les années 70 avec une totale vérité. On est dans la salle et on se régale, on ne décroche jamais, c’est impossible. C’est tout sauf du classicisme.

Le procès Goldman, une affaire mythique, un film forcément théâtral, mais jamais dupe de l’exercice, jamais dans un excès de cabotinage qui nuirait à l’ensemble. C’est à la fois sobre et très fort. C’est à voir sur un mode jubilatoire.
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