Morlaix
Note moyenne
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traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2026
Toute la filmographie de Jaime Rosales montre un cinéaste épris de liberté narrative, pour le meilleur (La soledad) ou pour le pire (La belle jeunesse), mais peu importe, chacune de ses œuvres témoigne d'une envie de raconter autrement, tout en conservant une empathie réelle pour ses personnages. Ainsi en est-il de Morlaix, une escapade française dans laquelle il ne se renie point et expérimente, une fois encore, dans un film dont les tentatives formelles comptent moins que l'écriture et le rapport à la fiction, à travers des mises en abyme, d'autant plus vertigineuses quand elles se situent en haut du célèbre viaduc de la cité bretonne. Morlaix est un film sur la jeunesse, cérébral et profond, aux longs dialogues peaufinés, dans une veine conceptuelle qui réussit cependant, ce n'est pas le moindre des paradoxes, à toucher de manière sensuelle à la vie et à la mort, au sentiment amoureux et in fine à la mémoire. Le champ des possibles se déploie, oui, ouvert à un âge où il signifie quelque chose, d'autant plus au fin fond d'une cité qui donne sur la mer. Patience, prenons le temps qui nous rattrapera bien vite, semble nous dire Javier Rosales, dans un film qui renvoie à la Nouvelle Vague et surtout à Rohmer, mais qui n'en est que plus personnel. Au passage, il rend ses interprètes lumineux, pas seulement Mélanie Thierry, mais en premier lieu les excellents Aminthe Audiard et Samuel Kircher.
Julie Charlotte F.
Julie Charlotte F.

29 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 avril 2026
Une œuvre dans l’œuvre qui se déroule à Morlaix au sein d’un groupe de jeunes, du cru et d’un parisien qui vient déstabiliser l’équilibre du groupe


Une œuvre absolu

Un chef d oeuvre


Quelle finesse…
Direct-actu.fr
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371 abonnés 479 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2026
Morlaix s’inscrit dans une tradition du cinéma d’observation, mais en la déplaçant vers une approche plus conceptuelle de l’adolescence. Jaime Rosales ne filme pas seulement un triangle amoureux, il met en scène un moment de bascule, celui où les sentiments deviennent des outils de projection. Gwen, fragilisée par la disparition de sa mère, ne cherche pas simplement à aimer, elle cherche à comprendre ce qu’elle est en train de devenir. Ce déplacement est essentiel, car il transforme chaque relation en hypothèse de vie.

Le film repose sur une tension constante entre réalité et représentation. D’un côté, Thomas incarne une forme de stabilité, presque rassurante, ancrée dans le quotidien. De l’autre, Jean-Luc introduit une dimension plus trouble, plus abstraite, liée au désir, à l’inconnu, et à une forme d’idéalisation. Ce contraste ne sert pas seulement à construire un conflit amoureux, il révèle surtout deux manières d’envisager l’existence. Choisir l’un ou l’autre revient à choisir une projection de soi.

Ce qui frappe, c’est la manière dont le récit épouse la logique mentale de l’adolescence. Les émotions y sont amplifiées, interprétées comme des signes, presque comme des réponses définitives. Le premier amour devient alors un espace d’expérimentation où l’on projette des attentes immenses. L’intensité remplace la lucidité, et chaque geste prend une valeur symbolique disproportionnée. Ce mécanisme est parfaitement restitué, sans jugement, avec une forme de douceur mélancolique.

Le film va plus loin en interrogeant l’idée même de devenir. Grandir est ici envisagé comme une promesse implicite, celle que le temps finira par résoudre les contradictions. Or, cette croyance est remise en question. En confrontant les personnages à une forme de mise en abyme, où ils deviennent spectateurs d’eux-mêmes, Jaime Rosales suggère que la vie est aussi une construction mentale, une narration que l’on se fabrique pour donner du sens à ce que l’on traverse.

Ainsi, le bonheur n’est jamais présenté comme une réalité tangible, mais comme une ligne d’horizon. Il guide les choix, sans jamais se matérialiser pleinement. C’est cette distance entre ce que l’on ressent et ce que l’on projette qui donne au film sa tonalité. Morlaix capte avec justesse ce moment où l’on croit encore que l’amour peut tout résoudre, et où l’avenir semble porter en lui une forme de vérité, alors qu’il reste, au fond, une construction fragile.

Avec ce film, Aminthe Audiard se révèle et devient à l'image des icônes de la nouvelle vague : des héroïnes perdues entre les sentiments, le quotidien et le temps. Samuel Kircher est touchant dans le rôle de ce jeune homme doué avec les mots, mais en équilibre constant entre les attentes des autres et ses propres aspirations. Jaime Rosales dévoile un film touchant, à l'image des inconnus du quotidien qui cherchent des réponses en s'identifiant aux personnages des films qu'ils regardent. Parfois se perdre dans la fiction permet de rendre plus logique notre propre vie et donner du sens à l'absurde, où nos éternelles questions sans réponse.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 avril 2026
Le cinéma du quinquagénaire Jaime Rosales, né à Barcelone, est, en général, beaucoup plus proche de celui de Michael Haneke que de celui de son compatriote Pedro Almodovar : les afféteries inutiles ? Pas question d’en truffer ses films ! Les outrances gratuites ? Ce n’est pas sa tasse de thé. Chez Jaime Rosales, on remarque surtout l’inventivité dont il fait preuve, film après film. Avec "Morlaix", son premier film tourné en France, cette inventivité est à son paroxysme mais, malgré cette soif d’expérimentation dont fait preuve le réalisateur et qui consiste cette fois ci à convoquer Eric Rohmer et David Lynch pour nous entretenir des amours adolescentes, il est d’un accès facile pour tous les spectateurs. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 avril 2026
Ce film évoque la vie de jeunes lycéens à Morlaix avec leurs réflexions sur le bonheur, l’amour et la mort. Pour illustrer cela, le réalisateur a choisi de faire un film dans le film en alternant le noir et blanc et la couleur. L’ensemble est sympathique malgré quelques séquences un peu trop longues. Ce film nous donne l’occasion d’admirer la ville de Morlaix, son célèbre pont et les environs de cette région de Bretagne bien mis en valeur.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 30/03/2026 au Club Marbeuf à PARIS )
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2025
Jaime Rosales est tombé amoureux de la ville de Morlaix en venant y présenter son film "Petra" en 2019. Aujourd'hui il en fait l’endroit où tout se joue, se prépare, se rejoue, se déjoue, son nouveau film est aussi théorique que romanesque, il parle de cinéma comme seul(s) lieu(x) où on peut donc rejouer sa vie à l’infini, de l’adolescence, tendre âge où tout est à la fois futile et grave, innocent mais tellement sérieux.

Jaime Rosales s’empare du médium cinéma et en utilise toutes les possibilités, les artifices, il rend des hommages en voulant aller ailleurs, il tire du kitsch d’un roman photo des portraits déchirants, fait de ses personnages des êtres qui n’existent peut-être pas mais que l’art fait exister jusqu’à les dupliquer. Et puis il y a ces jeunes acteurs dont la maladresse est aussi touchante que symbolique de ce qu’effleure le récit, menés par un Samuel Kircher qui confirme film après film son insolente facilité à envoûter cinéastes et spectateurs et l’immense révélation Aminthe Audiard dont on comprend dès qu’elle apparaît à l’écran son pouvoir d’attraction, fait de force et de fragilité mêlés.

Après le très beau "Les Tournesols sauvages" je ne m’attendais pas à voir ce réalisateur arpenter de tels territoires, géographiques et artistiques, et je m’attendais encore moins à sortir de son film et d'une ville que je connais très bien bouleversé.

Vu en avant-première
Frblib1
Frblib1

3 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2025
Vu en Espagne. Il est d’ailleurs étrange qu’un film français sorte en exclusivité hors de l’hexagone …
Sinon, hors le jeu des acteurs, l’histoire de cette histoire dans le film et au cinéma local n’est pas évidente à suivre. Réservé aux cinéphiles qui aime démonter un scénario.
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