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Shelby77
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2,5
Publiée le 15 mai 2023
Je dois avouer que la première partie comédie dramatico-romantique m'a profondément ennuyé, je n'ai pas réussi à être touché par cette relation ambiguë, pourtant bien mise en scène. Le film gagne grandement de l'intérêt dans sa dernière demie heure, lors du basculement brusque et sévère d'une réalité, jusque là tranquille, à une cruauté physique et psychologique à la limite du supportable. Point positif: le montage ingénieux qui nous fait hésiter entre le fait de savoir si on assiste à un cauchemar ou à la réalité, mais cette atmosphère malsaine ne m'a pas davantage convaincu, le rythme bien trop lent a eu raison de moi.
Aoyama, 42 ans, est producteur de films. Sa femme est décédée il y a sept ans, mais il vit toujours sa disparition avec difficulté. Un jour, suivant les conseils d'un vieil ami, Yasuhisa Yoshikawa, il décide de se remarier et organise une audition pour une série télévisée fictive afin de trouver sa nouvelle compagne parmi les candidates. L'une des dernières à se présenter, Yamazaki Asami, est une jeune femme d'une troublante beauté. Aoyama en tombe instantanément amoureux. Il la rappelle et dîne en tête à tête avec elle. Quelques jours plus tard, Aoyama lui téléphone à nouveau. Yamazaki est chez elle, prostrée dans l'obscurité. Elle est seule ou presque. Commence alors pour Aoyama une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses. Succès critique à sa sortie qui permit de faire découvrir en France son auteur Takashi Miike, je n'ai pourtant pas été totalement convaincu par ce thriller. Toute la première partie, sorte de fausse comédie romantique, est assez séduisante mais vers le milieu du film, Takashi Miike casse son récit et raconte une histoire totalement différente avec les mêmes personnages. Si Miike explique que ce bouleversement narratif est volontaire pour mieux égarer et manipuler le spectateur, à l'image de l'inquiétante Yamazaki Asami, cela m'a laissé fort perplexe et a fait que le film n'a pas réussi à me séduire complètement malgré de réelles qualités (jeu d'acteurs, réalisations, certaines scènes très angoissantes).
"Audition" est un film qui m'a longuement été conseillé. N'étant pas familier avec le réalisateur, je me suis pourtant lancé dans le visionnage de celui-ci, et j'en suis ressorti en étant assez perplexe. Globalement, le long-métrage est correct, c'est une expérience particulière, qui vous laissera forcément un souvenir. Si le début du projet met un peu de temps à se mettre en place et laisse traîner ces scènes en longueurs, on comprend pourtant vite où le réalisateur veut en venir. Il nous plonge dans une ambiance terne, avec peu de joie et qui sera très bien mise en scène par sa réalisation. Il préfère ne jamais filmer ces personnages de trop près par exemple, dans le but de nous faire ressentir un certain malaise et une atmosphère assez glaciale. Donc même si tout met du temps à se mettre en place, l'esthétique du film finit par interloquer. Et globalement, cela permettra de vraiment nous immerger dans le projet à partir du moment où le scénario s'accélère, car le centre du film va habilement exprimer l'idée du réalisateur. Takashi Miike avait l'ambition de mélanger deux genres avec ce long-métrage, ceux-ci étant le drame et l'horreur. Et alors que nous avons été immergés dans un drame assez classique sur l'introduction, nous allons être petit à petit plongés au sein d'une ambiance bien plus étrange. Et ce sont vraiment ces moments où le réel semble devenir très glauque qui m'ont beaucoup plus. J'ai aimé ces moments où l'on croit voir une séquence normale, mais qu'un élément viendra la rendre glauque ou dérangeante. Cela sera bien plus subtil que la fin à mon sens, tant celle-ci ira à fond dans son délire. Elle est évidemment réputée pour être dérangeante à regarder et assez brutale, et elle est. C'est une expérience qui sera donc assez intéressante, mais aussi très forte en émotion. Mais ce qui me dérange bien plus avec cette conclusion, ce sera déjà le fait que la ligne entre le réel et l'étrange sera assez mal gérée. C'est évidemment très facile de réagir en tant que spectateur face à cela, mais cela reste quand même assez illogique sur certains points, spoiler: comme le fait que notre héros réussisse à imaginer un rêve qui est censé nous expliquer des éléments importants du film, dont il n'a pourtant aucune idée. Mais ce sera aussi le fait que je ne comprenne pas ce que cette fin veut nous raconter. Elle aurait simplement pu être une envie du réalisateur de proposer une expérience dérangeante. Mais malgré tout, elle essaye quand même de proposer une sorte de développement et d'explication à tout cela, mais sans aller au bout. spoiler: On voit qu'Asami est très tourmentée par son passé et qu'elle est donc devenue folle. Mais je ne comprends pas vraiment le rapport avec notre héros principal, tant celui-ci n'a jamais donné cette impression d'abuser d'elle, car nous savions que ces intentions étaient sincères. Par conséquent, on comprend donc pleinement la folie d'Asami avec cela, mais on a du mal à comprendre ce que le film souhaite nous raconter. À la limite, si le film voulait vraiment nous raconter une histoire d'une vengeuse horrible, il aurait fallu que notre héros soit bien plus froid et détestable que cela, pour pouvoir justifier cette morale. Donc même si je recommande ce film pour l'expérience qu'il fait vivre, je vous souhaite également de vous plonger plus profondément dans le cinéma japonais. Si ce film peut-être une porte d'entrée, c'est une bonne chose, mais il ne faut pas s'arrêter à cela. Pour conclure, un film particulier.
Shigeharu Aoyama est veuf depuis 7ans. Sur les conseils d’un ami, il organise une audition pour son prochain film (fictif) dans le but de se trouver une nouvelle épouse. Parmi les candidates, il tombe rapidement sous le charme de Asami Yamazaki, une femme aussi douce que discrète, sauf qu’en réalité, la jeune femme cache à un tout autre visage…
Takashi Miike adapte ici le roman éponyme de l’écrivain japonais Ryu Murakami et en restitue une œuvre particulièrement insidieuse et sadique. Démarrant sous la forme d’un drame romantique avant de virer lentement mais sûrement vers le thriller et le cinéma d’horreur. A aucun moment, on ne devine quelle sera l’issue de l’histoire, on sent un certain malaise s’immiscer au sein des personnages certes, mais pas une fois on ne parviendra à imaginer jusqu’à quel point le film va vriller dans l’horreur viscérale. Une lente descente aux enfers dont rien ne laisse présager (en dehors de cette affiche qui spoile).
Une histoire d’amour particulièrement dérangeante, malsaine, jusqu’au-boutiste et brillamment réalisée.
Vous n'avez jamais vu un film aussi cruel : car ici, on ne tue pas de nombreuses personnes rapidement mais les victimes sont peu nombreuses et torturées longtemps, sous vos yeux, et en détails. J'avais déjà vu des choses ahurissantes comme une femme qui mange la cervelle de son copain à la petite cuillère ("Chamanka" d'Andrzej Zulawski) et des mutilations/suicides à l'hameçon ("L'île" de Kim Ki-Duk) mais, là, c'est le summum ! Je regrette que l'idée initiale du film (l'audition factice pour trouver une épouse, le suspens lié à l'enquête sur le passé de la candidate choisie) prenne cette tournure et donne un résultat final si proche de l'horreur absolue. Ce film est d'autant plus atroce que l'héroïne a une attitude angélique pendant la première partie du film, c'est la serial-killeur ultime. D'un autre côté, c'est le film idéal à montrer aux époux volages pour leur faire comprendre l'importance de leur acte et ses conséquences. Tout n'est pourtant pas mauvais dans ce film : il y a de bonnes idées au niveau de l'histoire (le refuge dans le rêve pour s'évader de la réalité, le casting en lui-même), l'interprétation est excellente et les scènes de séduction sont très bien rendues. Mais, bon, la fin du film est vraiment très (trop) dure à supporter.
Je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus original, choquant et surtout barré, un peu dans la lignée d'un "Old boy" en quelque sorte. Hors, à l'exception d'un final brièvement sadique et assez explicite visuellement, le reste du film est plutôt lent et pas particulièrement prenant ni même inquiétant. Un film honorable mais qui n'a franchement rien de culte.
Un des films les plus cruels de l'histoire du cinéma. Ca commence presque sur le ton d'un Pretty Woman et ça s'achève dans la torture. Etrange démarche. Il en reste un film fantomatique, dérangeant et au final relativement oubliable. Ce n'est pas le genre d'oeuvre dont on dit qu'il s'agit du film préféré. A moins d'avoir oublié de prendre ses gouttes.
Audition est ce qu'on appelle un film cerveau, film dans lequel l'on se perd dans les méandres du scénario. Alors que notre héros compte trouver la femme de sa vie à travers une audition, celui-ci la trouve. S'ensuit alors une courte avec une fille dont le mensonge est l'art premier. Alors que le film, japonais, reste d'une lenteur accablante, il nous sert un final tendu, aux bords de la crise de nerf. Pas assez malheureusement pour faire de cet Audition un chef d'oeuvre...
Audition fait partie de ces films étranges, mais uniques et inclassables. C'est le genre de film qu'on adore ou qu'on déteste. Je me situe néanmoins entre les deux, tant l'aspect technique et la réalisation du film m'ont impressionné, mais tant son côté "je fais un film d'auteur dont le seul intéret est sa rupture en se dirigeant vers une boucherie insupportable dans les 10 dernières minutes" m'ont laissé un peu perplexe. Certes c'est intelligemment amené, mais à la fin du film, on ne peut s'empêcher de se poser cette question : A quoi bon ? Alors c'est vrai que c'est du jamais vu, mais ça reste assez gratuit, au moins Takeshi Miike montre qu'il est un grand, en cassant avec savoir-faire et surtout un grand culot un genre qui ne laisse à première vue aucune place au gore et à la torture bête et méchante. A saluer pour l'audace, et aussi un certain talent il faut le reconnaitre! Seul bémol : les acteurs, dont un acteur principal quasi-inexpressif, seul la jeune Eihi Shiina, ex-mannequin, s'en sort bien!
comme d'hab. le cinéma angoissant asiat est à la hauteur. en tous les cas cela faisant lomgtemps que je n'avais pas tourner les yeux devant une scene ...
Très bonne histoire d'amour "trash" parfaitement maitrisée par Takeshi Miike. J'ai souri à la scène de l'audition pour le clin d'oeil à Tarkovski (question pertinente pour le casting d'un film). J'apprécie beaucoup les passages "lynchiens" et l'interprétation de cette jeune actrice tout à fait impressionnante. Si vou avez les nerfs assez solides pour supporter la scène de torture, c'est à ne pas manquer.
Le constat n'est pas nouveau mais je me suis fait la même réflexion que l'internaute TimeAndTideJuju ci-dessous : mais qu'ont donc tous ces gens à vouloir à tout prix un produit répondant à leurs exigences de divertissement ? A croire que le Cinéma devrait se cantonner à la fadeur de genres éculés pour ne pas déranger ceux qui s'en repaissent avec satisfaction. Adapté de Ryû Murakami (à qui l'on doit entre autres le long-métrage "Tokyo Decadence"), "Audition" m'a personnellement captivé. Il s'agit en quelque sorte d'une variation cauchemardesque sur le thème de la quête de la femme idéale. Bien sûr il faut le voir en japonais uniquement (la version française me semble la seule explication aux critiques se gaussant de l'interprétation !). Shigeharu Aoyama est veuf. Son fils devenu adolescent, il se sent prêt à s'investir à nouveau dans une relation sentimentale mais ne veut pas se tromper. Ses envies sont très précises. Son meilleur ami et collègue prend les choses en mains en montant une audition bidon. Le registre de jeu de Ryo Ishibashi est largement exploité puisque son personnage traverse tour à tour des phases mélancoliques (la vie sans Ryôko son épouse), euphoriques (le Bonheur de fréquenter Asami) et douloureuses. La comédie laisse place à une angoisse aux contours mal définis mais qui est là, qui s'immisce implacablement... La réalisation de Takashi Miike réserve quelques surprises, heureusement on comprend globalement ce qu'il nous montre et cela permet de beaucoup mieux cerner Asami Yamazaki (jouée par la déconcertante Eihi Shiina, mi-ange mi-démon). Précédé d'une solide réputation, le finale dépasse pratiquement l'inconcevable. Il serait irresponsable de mettre pareil film devant les yeux d'un public non averti. Rarement une séquence marque l'esprit au point qu'en la découvrant on a déjà conscience de son impact : les images s'impriment sur votre rétine pour ne la quitter qu'à votre dernier souffle. Une expérience extrême aux frontières de l'insoutenable.
Un bon film de Miike, un réal qui ne m'a jamais déçu jusqu'à présent. La première partie du film est faite pour nous mettre à l'aise, le spectateur est en terrain connu on a le droit à une love-story comme on en voit par pack de 12 au cinoche et à la téloche, la mise en scène est plutôt classieuse et maitrisée, Miike parsème son histoire de plusieurs indices et quand on connait le gars qui est derrière ce film on sait qu'on aura forcement le droit à un revirement de ton. Le rythme de film se déstructure complètement, on a droit à des flash-black bien dérangeants, la pression monte, on ne sait pas quoi penser puis arrive le morceau final, une scène d'une grande intensité et d'une grande violence, Miike fait preuve d'une maitrise totale du hors champ et de la suggestion (mais il ne se prive pas pour nous envoyer des plans gore de manière frontal). Miike a réussi son exercice de manipulation, bien joué.