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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 janvier 2013
Chef d'oeuvre unique. On arrive dans la classe, le style, le meilleur de l'horreur/thriller violent japonais. Un film tranquille en apparence, avec un petit drame amoureux bien sympathique. Mais le changement de situation est juste impensable. Qui aurait pu deviner la suite des évènements? Et la seule scène glauque de la première heure (un sac en toile qui bouge quand le téléphone sonne), est parfaitement bien pensée. Quel suspens, quel maîtrise venant de Takashi Miike qui fait partie avec Sion Sono des meilleurs réalisateurs japonais indépendants. Malheureusement, je n'ai jamais retrouvé ce type de film dans sa filmographie... Un veuf vit seul avec son fils et cherche désespérément une femme ou au moins une compagne. Et il a une idée bien originale: faire une audition. Il aurait dû savoir ne pas prendre les femmes pour des idiotes ou des objets. Ce que dénonce bien Miike. Et bien sûr la dernière scène archi-culte, ce qui lui a valu un 18 ans résolus (du moins en Suisse). Bref, un exercice de style totalement maîtrisé.
Un film plastiquement magnifique. Takashi Miike fait progressivement et savamment monter l'angoisse. Après une première heure, où l'on présente les personnages et où flotte une ambiance inquiétante, on entre peu à peu dans l'horreur, le film jouant en plus avec le spectateur en multipliant les fausses pistes et en mêlant rêve et réalité. L'actrice principale est formidable : est-elle cette femme douce et fragile ou ce monstre froid et calculateur ? L'unique défaut de ce film serait sa mise en place un peu longue, mais en même temps les films japonais ont souvent un rythme un peu déroutant pour nous autres occidentaux...
Après une première heure mesurée à la saveur d'une comédie dramatique, l'ambiance plonge progressivement dans la psychose puis le sordide avec un rythme cependant homogène. Voici un film atypique au scénario subtil et pas mal sournois tourné avec élégance. Comme la plupart des réalisations japonaises, il est assez lent et poli et se laisse découvrir calmement. Le ton est assez léger au début, avant l'apparition de la "future héroïne", ce qui permet d'apprécier la description des personnages, habilement menée. Le montage est par contre très inégal et n'a probablement pas été peaufiné mais ces imperfections laissent supposer que le jeu des acteurs a pris le dessus sur la technique. A part ça dans la mise en scène c'est rarement très recherché mais irréprochable, on reconnait deux ou trois touches talentueuses sur des scènes d'un intérêt limité. Bon dosage.
Ryo Ishibashi est très bon, en particulier dans la première partie que j’appellerais le genzai nō, on le sent moins à l'aise dans la seconde partie (qui rappellera peut être le mugen nō pour compléter ma comparaison). Globalement sa prestation est un atout majeur du film. Eihi Shiina (dont j'ignore tout) est quant à elle moins transcendante selon mes critères. Sa grâce naturelle s'insère très bien dans tableau mais reste discrète. Sans avoir besoin de spoiler, on comprend de toute façon très vite, et rien qu'à l'affiche d'ailleurs, qu'elle ne campe pas qu'un rôle de jouvencelle complexée de façade et que sa part de mystère est d'une épaisseur bien plus consistante que sa frêle silhouette. Une belle fleur aux épines empoisonnées mais qui manque cruellement de couleur ou de parfum. J'aurais des objections sur le choix de cette actrice (sans doute plus opéré sur son physique que sur son jeu). Doit y avoir un paquet de japonaises avec les mêmes caractéristiques et tout autant de délicatesse parmi lesquelles on en aurait trouvé quelques unes moins "rigides", c'est bizarre, le personnage est justement une danseuse. Ça doit être le style féminin de là bas.
On s'y fait au cinéma japonais à la longue, malgré une occidentalisation évidente (export oblige) la componction qu'ils y mettent ramollit toutes leurs oeuvres (je ne parle pas de leurs crasses, juste ce qui mérite le respect comme celui-ci). Honnêtement je préfère ça, quitte à ce que ça m'ennuie un peu que le massacre perpétuel qu'ils font avec les musiques actuelles par exemple. Et qu'ils reproduisent (le massacre) dans certains films délaissés par leur maîtres et vomis par des prétentieux que j'ai envie de gifler. Heureusement ici la bande son est pudique. Au début on dirait même Sakamoto, c'est agréable. Générique de fin = retour à l'horreur ! Ça casse tout.
Je pense que ça doit être assez difficile de faire une adaptation française (ou anglo-saxonne) des films japonais, je trouve cette langue trop moche pour me taper la V.O.S.T. Le rythme dans les dialogues est très différent, leur obséquiosité est parfois intraduisible etc. Ici ça a été fait calmement c'est bien, on approche de ce qu'il y a de mieux à faire.
Avec 3/5 je mets une bonne note mais de la réserve. J'ai trop de mal avec le cinéma japonais, je suis content de voir que je peux parfois le digérer sans problèmes. La catégorisation épouvante ou fantastique est mal choisie. Il n'y a qu'une séquence violente et c'est juste pour nous instiller la douleur et nous faire comprendre en force les desseins de la nénette et l’effondrement du pauvre type piégé dans son trauma et plusieurs fois victime de son existence malgré sa dignité, sa dévotion, son honnêteté... A aucun moment ce n'est un film d'angoisse, c'est beaucoup plus introspectif. Faudrait lire le roman dont c'est tiré pour se faire une opinion plus précise. Bon, moi j'ai la flemme, enfin je salue le cinéaste pour cette narration originale et cette exégèse surprenante spoiler: d'une romance à sens unique (ou pas ?)
Culte !!!! La violence y est choc et l'ambiance malsaine a souhait. La première heure du film est assez intéressante, on nous présente les personnage et leur cadre de vie.la deuxième heure est choquante, dérangeante et troublante, certaine scène sont a la limite du supportable. Dans le cinéma japonais seul "Battle Royale" a égaler la violence d"Audition".
Un excellent film à la fois d'une beauté plastique rare (la première partie du film est contemplative et intimiste) et d'une violence dérangeante (dans sa deuxième partie avec ses scènes de torture). A ne pas mettre entre tous les yeux, un vrai choc.
Je poursuis ma découverte de l'étonnante filmographie de Takashi Miike avec un de ses films les plus connus, l'horrifique Audition, qui fit sensation en son temps au festival du film fantastique de Gérardmer (en 2001).
Qu'on s'attende à quoi que ce soit, le film surprendra.
En effet, Miike pousse ici à son paroxysme un style qui lui semble propre : la rupture de ton intégrale. Le film commence comme un mélodrame : un homme perd sa femme entraînée par la maladie, élève son fils seul, puis après un certain nombre d'années, décide de se remarier. Pour ce faire, il utilise un ami travaillant dans le cinéma pour détecter sa future épouse, lors de fausses auditions.
Il tombe alors amoureux d'une jeune fille étrange qui va s'avérer un peu ... dangereuse.
Le film se décompose en trois phases distinctes : un film normal, une partie type horreur japonaise dans la mouvance de Ring, et une partie (assez courte) un peu gore (mais sans excès).
On ne peut qu'être étourdi par cette liberté de ton qui irrigue les films de Miike. Ici, le film part soudain en vrille à l'occasion d'une scène de lit, avec une succession de visions qui mêle les différentes temporalités, nous fait successivement penser que ce que l'on voit est une fantasmagorie, puis la réalité, puis l'inverse. D'un point de vue formel, après une utilisation obstinée des plans fixes, Miike se lance dans des essais assez audacieux : monochromes, champ / contrechamps exotiques, montage cut, etc.
Même si certains de ses effets paraissent un peu datés (mon DVD n'est peut-être pas d'excellente qualité), Audition reste un film étonnant et déstabilisant. D'autres films de Miike sont critiqués sur Christoblog : http://chris666blogsallocinefr.over-blog.com/
Aoyama, 42 ans, est producteur de films. Sa femme est décédée il y a sept ans, mais il vit toujours sa disparition avec difficulté. Un jour, suivant les conseils d'un vieil ami, Yasuhisa Yoshikawa, il décide de se remarier et organise une audition pour une série télévisée fictive afin de trouver sa nouvelle compagne parmi les candidates. L'une des dernières à se présenter, Yamazaki Asami, est une jeune femme d'une troublante beauté. Aoyama en tombe instantanément amoureux. Il la rappelle et dîne en tête à tête avec elle. Quelques jours plus tard, Aoyama lui téléphone à nouveau. Yamazaki est chez elle, prostrée dans l'obscurité. Elle est seule ou presque. Commence alors pour Aoyama une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses. Succès critique à sa sortie qui permit de faire découvrir en France son auteur Takashi Miike, je n'ai pourtant pas été totalement convaincu par ce thriller. Toute la première partie, sorte de fausse comédie romantique, est assez séduisante mais vers le milieu du film, Takashi Miike casse son récit et raconte une histoire totalement différente avec les mêmes personnages. Si Miike explique que ce bouleversement narratif est volontaire pour mieux égarer et manipuler le spectateur, à l'image de l'inquiétante Yamazaki Asami, cela m'a laissé fort perplexe et a fait que le film n'a pas réussi à me séduire complètement malgré de réelles qualités (jeu d'acteurs, réalisations, certaines scènes très angoissantes).
Bonjour, Le film commence bien, mais à la fin je me suis aperçu que je n'ai rien compris? Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer svp (ça m’énerve un peu)? Merci d'avance ...
J'ai mis trois car je ne savais pas quoi mettre du coup...
En oscillant entre folie cauchemardesque et obsession passionnelle, Takashi Miike s'amuse avec nos nerfs dans un chef d'oeuvre d'épouvante inclassable. Avec une finesse remarquable, il aborde son "drame" avec une sobriété étonnante et à la fois fascinante en filmant le quotidien d'un veuf quinquagénaire, en prenant soin de saupoudrer l'intrigue par quelques bizarreries qui installent d'ores et déjà la véritable dimension cauchemardesque du film. Avec maîtrise, il fait prendre à son film à tournant capital et nous plonge dans une spirale sordide où le réel et le cauchemar s'embrasse parfaitement. Il nous achève impitoyablement grâce à une mise en scène éprouvante et pourtant parfaitement gérée pour nous laisser abasourdis face à cette chute vertigineuse et surprenante. Du très très bon cinéma.
Audition est un film qui peut se suivre aussi bien comme une romance que comme un drame ou un film d'horreur. Il joue sur vos émotions, sur les surprises et sur un scénario prévisible mais qui vous entraîne dans son rythme.
Audition c'est une romance à sens unique, une histoire d'amour entre un homme et l'amour qu'il porte pour une femme. Amour qu'il portera jusqu'aux derniers instants. Audition c'est un drame, le drame d'aimer au delà de soit. Audition est un film d'horreur, car les scènes gores ne sont rien face à la souffrance que l'on ressent pour les différents protagonistes. Il n'y a pas de noir, ni de blanc ni même de nuances. Chaque individu dans ce film a son rôle et il faut parfois le regarder deux ou trois fois pour le comprendre.
Audition n'est pas long, il se déguste, il se savoure, il se fait désirer et au final, il fait réfléchir.
Au début du film, j'ai apprécié le rythme choisi, rappelant quelque peu "In the mood for love" Mais au fil de la pellicule on s'attend à une petite accélération qui n'arrive malheureusement que quelques minutes avant la fin.
Les dernières minutes justement parlons en. Le dénouement est sans surprise, les découpages sont parfois incompréhensibles ou du moins bordélique.
En résumé, si j'ai aimé l'ambiance posée au départ, je trouve que le film est gâché par cette fin agrémentée d'images sans queue ni tête.
légère frustration : avec audition, miike aurait pu construire un chef-d'oeuvre, hybride entre le lynch de lost highway ou blue velvet et le park chan-wook de old boy... dommage qu'il n'aie pas tout à fait le talent de l'un ni de l'autre. reste que le bougre a sa personnalité propre : les intentions sont puissamment là. et le résultat n'en est que hautement recommandable!
En voyant les critiques je m'attendais à plus surtout pour la fin...Le film se laisse regarder tranquillement nous mettant dans le doute et le suspens pendant 1H30, après ce temps passé on plonge dans l'horreur sans trop de gore et de violence, je pense que ce qui nous marque et la psychologie du film qui se retourne contre les hommes. Personnelement je n'ai pas était choquer par la fin car on s'y attend tout le long et on s'en dout deja. spoiler: On plonge en tout cas dans une spirale d'horreur et le personnage principale nous offre des visions qu'il orait souhaité avoir vecu a la place de se retrouver dans sa situation de fin. Dans l'ensemble le film se regarde mais sans trop etre choqué à moins que l'on soit sensible. 3/5 je pense que dans ce domaine May vaut mieux le coup.
Eh ben, j'ai perdu mon temps, déjà compter plus d'une heure avant qu'il se passe quelque-chose ensuite c'est du non-sens, du stress sur des musique désagréables.
Un des films les plus cruels de l'histoire du cinéma. Ca commence presque sur le ton d'un Pretty Woman et ça s'achève dans la torture. Etrange démarche. Il en reste un film fantomatique, dérangeant et au final relativement oubliable. Ce n'est pas le genre d'oeuvre dont on dit qu'il s'agit du film préféré. A moins d'avoir oublié de prendre ses gouttes.