Simon, réalisateur aguerri, tourne un nouveau film social. Le combat d'ouvriers contre la délocalisation de leur usine. Mais entre un producteur filou, des financiers qui le lâchent, et un acteur principal qui a le melon, rien ne sera facile... Les films sur les tournages de film, ça existe depuis bien longtemps, et il y en a pléthore, en France ou à l'étranger. Quel est l'angle d'attaque de "Making of" ? Sa petite originalité est sa mise en abyme, entre une production qui prend l'eau, et les tensions au sein de l'équipe, qui feront écho au sujet même de l’œuvre tournée. En résulte quelques parallèles ironiques, mais sinon c'est du classique. On bénéficie de Denis Podalydès en réalisateur au bout du rouleau, et Jonathan Cohen en star imbuvable, qui se complait à en faire des caisses ou à phagocyter ses partenaires de jeu. Il y a également quelques situations amusantes. Néanmoins cela ne m'a pas vraiment emballé. Une sous-intrigue de making of qui finalement ne servira pas du tout. Des scènes de film dans le film un peu longuettes, voire pas vraiment utiles. Et un récit qui se traîne. L'ensemble aurait pu se réduire à moins de 1h40. Par ailleurs, soyez prévenus, contrairement à ce qu'on essaie de nous vendre, ce n'est pas une comédie. On sourit souvent, mais ça reste quand même plutôt dramatique.
Le dernier film de Cédric Kahn commence tout doucettement comme une énième variante du "film sur le tournage d'un film", ici dans une version amusante dans laquelle le réalisateur est un peu dépressif, le premier rôle insupportable (Jonathan Cohen, parfait) et le producteur malhonnête (Xavier Beauvois, formidable).
On rigole un peu et on suit sans déplaisir cette chronique, qui peu à peu évolue vers un autre film, plus en demi-teinte, dans lequel un jeune apprenti cinéaste (Stefan Crépon, qu'on a découvert et aimé dans Le bureau des légendes) se brûle au contact de cette première expérience, et qui montre également une situation sociale en miroir entre le contenu du film et sa confection.
Making of est réjouissant et parfois émouvant : il prouve la capacité de renouvellement de Cédric Kahn, dont la carrière, avec ce film et Le procès Goldman, semble bien relancée.
Technique scénaristique du film dans le film. Avec la particularité que le film (celui dont la mise en scène est filmée, pas celui que vous venez voir) n’est pas ici un simple accessoire. C’est une véritable histoire, un scénario complet dans ses grandes lignes. L’occupation de leur usine par des ouvriers s’opposant à la délocalisation des machines, à la fermeture et leur licenciement bien entendu. Moments de tensions sociales. Un premier rôle de militant (Jonathan Cohen) pour haranguer les ouvriers, lever les doutes, entrainer le groupe, le garder uni, le faire voter dans son sens, tirer bénéfice du long combat déjà mené et ne pas céder par l’usure. Cédric Kahn aurait pu faire un film avec ça et rien que sur ça. Mais « Making of » c’est les coulisses de ce tournage. Les problèmes, tous les problèmes, comme il peut s’en poser : relationnel dans l’équipe, financier, ego, fatigue, épuisement… Surtout les gros problèmes de financement quand chaque journée de tournage, chaque scène, chaque plan coute de l’argent alors que les financeurs ont fait faux bond. Deux films pour le prix d’un. Le mode narratif est original et assez audacieux. Le « bon public », sans doute déjà cinéphile, entrera volontiers dedans.
Très intéressante mise en abyme sur le monde du cinéma. Le film bénéficie d'un scénario subtil, d'un montage élaboré et d'une troupe d'acteurs au diapason dont Denis Podalydès et Stefan Crepon.
Etant l'une des rares personnes à n'avoir pas aimé "L'affaire Goldman", le précédent film de Cedric Kahn, quelques mois plus tard, le cinéaste sort un autre long métrage dans les salles obscures, je me suis dis pourquoi pas lui donner une seconde chance, chose que je fais très peu après avoir été déçu par le précédent, et bien là j'ai marché ! Autant l'annoncer tout de suite, "Making of " n'est pas une œuvre à en pisser de rire comme le disent les médias et la presse, c'est plus un film social sur les coulisses de cinéma que connaissent les réalisateurs,l'équipe technique, les comédiens, les figurants, les producteurs, en gros les galères du quotidien sur les tournages pour regler divers problèmes, caprices de stars,, changement de fin, les finances du budget, des choses qui peuvent faire péter les plombs comme nous le montre le film. J'ai passé un bon moment , bel hommage aux travailleurs du cinéma dont quelques metteurs en scène célèbres jouent les seconds rôles comme Emmanuelle Bercot, Xavier Beauvois, Valérie Donzelli plus des comédiens confirmés comme Denis Podalydes et Jonathan Cohen en têtes d'affiche plus un excellent casting de seconds rôles. Sympathique.
Passionné par l'univers du cinéma, ce fut un pur régal d'observer le processus et la mécanique de fabrication d'un film, avec tous les obstacles que l'on peut rencontrer, qu'ils soient liés à l'organisation, aux contraintes financières, humaines et matérielles...
L'on peut toutefois facilement avoir un sentiment de trop plein et trouver que le film s'éparpille en voulant croiser des thématiques à la fois sociales, artistiques, économiques et sentimentales. Mais c'est également ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une seconde.
L'interprétation est irréprochable. Denis Podalydes, formidable en réalisateur totalement dépassé par les évènements, Emmanuelle Bercot, en directrice de production patiente mais pas trop, Xavier Beauvois en producteur escroc et sans complexe, et Valérie Donzelli en épouse usée sont impeccables. Stephan Crepon et Souheila Yacoub, repérés respectivement dans Peter von Kant et Climax, forment un couple touchant. Quant à Jonathan Cohen, en acteur à l'égo surdimensionné, c'est un plaisir de le voir faire un peu moins du Jonathan Cohen pour une fois.
Le film dans le film sur le combat des ouvriers contre la fermeture de leur usine est peut être ce qui est le moins intéressant et vient couper le rythme de la narration. Le fait que ces scènes s'enchaînent avec les autres sans aucune transition peut également dérouter. Mais cette mise en abyme vient appuyer le propos sur la logique capitaliste de notre société toute entière en faisant du tournage d'un film une entreprise comme une autre, au final.
Sous ses faux airs de comédie légère, le film est plus profond qu'il n'y paraît et parvient même à troubler lorsqu'il aborde la solitude de ses personnages.
Making of est donc une belle surprise au final, un film foisonnant. Si un léger bémol devait être soulevé, c'est qu'il est encore bien difficile de reconnaître la patte de Cédric Kahn après des films aussi différents que Le Procès Goldman, Une Fête de famille ou celui-ci. S'il est tout à son honneur de s'essayer à des genres aussi différents, l'on aimerait le voir trouver un style plus identifiable.
Idée assez sympathique de montrer l'envers du décor d'un tournage de film. Rien ne va se passer comme prévu, l'équipe du film subissant problème sur problème. Désaccord, manque de moyens ou encore conflit entre les acteurs, rien n'est épargné. Tantôt drôle, tantôt satirique, j'ai été globalement séduite par ce scénario du film dans le film, le tout accompagné par un joli casting. Plaisant.
"Making of" assez bien noté par la presse est une comédie à la française moyenne dans l'ensemble. En effet le réalisateur Cédric Kahn change complètement de registre après le pertinent " Le Procès Goldman" sortie l'an dernier, "Making of" est un peu trop nombriliste à mon goût, il manque clairement quelque chose au scénario pour en faire un bon film, malgré un casting intéressant (Denis Podalydès,Jonathan Cohen,Emmanuelle Bercot) avec quelques séquences cocasses et drôles sur cette immersion d'un tournage de film chaotique.
Crise et suppression de personnel au sein d'une usine comme sujet social du film qu'ils tournent, mais crise et compression de personnel aussi dans l'équipe du tournage. Amusant parallèle dans le nouveau Cédric Khan, porté par un Denis Podalydès en Ken Loach français et Jonathan Cohen en acteur nombriliste. Quelque maladresses et quelques petite longueurs mais un film entre comédie et drame qui se laisse voir avec plaisir grâce à une belle énergie . .
Titre alléchant !! Un film dans un film, c'est un exercice difficile, les derniers essais étaient catastrophiques ! Alors, avec une grande bienveillance, on peut scruter les meilleurs moments dans une euphorie débordante voire fatigante. Si le but est de montrer, combien il est difficile sans aucun doute de "monter" un film, de rester dans des budgets serrés, assurer des couacs, des coups durs au niveau acteurs, des contraintes extérieures voire politiques, bref... on se demande comment cet art survit encore. Bien entendu, avec l'angle de l'humour, cette mise en scène peut passer, avec une inconstance notoire. Les dialogues se veulent cinglants et péremptoires, le volume sonore est tout bonnement épuisant ( surtout Jonathan Cohen ). Denis Podalydès et Valérie Donzelli sont très justes dans ce "remake", alors que ça sonne faux pour Emmanuelle Bercot, tandis qu' Souheila Yacoub apporte spontanéité et Stefan Crepon, quant à lui, indulgence et empathie. Pas certain que le but soit atteint, si la dérision et le comique soient visées. Un certain ennui s'installe au fil des minutes, dans une mise en scène de mise en scène au global, fastidieuse et somme toute brouillonne. Elle ne m'a pas convaincu....!!**
Très bonne mise en abyme pour Cédric Kahn qui nous fait son propre « La nuit américaine » campé par des acteurs superbes aussi bien chez les premiers (Jonathan Cohen et Denis Podalydès) que chez les seconds rôles (Stefan Crepon et Souheila Yacoub) avec un film qui aurait très bien pu s’intituler « où quand la réalité rattrape la fiction » et qui suit le déjà excellent « Le procès Goldman ». Un très grand réalisateur français qui confirme, ça fait du bien !
"Making Of" est un film que j'ai moyennement apprécié. L'idée de l'histoire est très intéressante mais dégringole au fure et à mesure du film. Les acteurs sont top et j'ai trouvé qui y avais beaucoup de longueur. Par contre j'ai aussi trouvé les personnages attachants au début du long-métrage et plus le film avancé plus les personnages je l'ai et trouvé de plus en plus agaçant.
Une comédie sur l’envers du décor du Cinéma, ce n’est pas si courant pour que l’on s’y intéresse et j’ai pris du plaisir à la regarder en séance de rattrapage car, au vu de son budget, de son casting et de son box-office français - 88 397 entrées en première semaine et 194 727 sur l’ensemble de son exploitation en salles -, on peut dire qu’elle n’a pas trouvé son public. Peut-être est-ce dû à son affiche pourtant très belle création mais qui laisse un doute sur le fait qu’il s’agit vraiment d’un film et quel est son titre ? Pourtant « Making Of » ne manque pas de qualités : ce langage entre membres de l’équipe technique plein de faux-fuyants, ces discussions entre financiers et créateurs, ces caprices de « star », ces deux poids - deux mesures pour la cantine, cette réalisation où l’on doute souvent s’il s’agit du film dans le film ou non, etc. Mais surtout, il y a un scénario très bien construit et très bien mis en images et superbement interprété. « Making Of » méritait un meilleur accueil du public…
C'est un film que je ressens comme un double plus sombre, plus noir de "La nuit américaine" de Truffaut. Un film dans le film. Un tournage sur le tournage d'un film mais dans une usine qui va mal et va sans doute licencier ses ouvriers. Ce tournage est lui même filmé par un jeune de la région, partie prenante de ce monde ouvrier (il habite au- dessus de l'usine et a une vue plongeante, cinématographique sur le lieu de tournage) et fou de cinéma. LA DROGUE DURE. Pour moi, c'est un film formidable sur l'amour du cinéma. Cédric Kahn réussit à mêler deux univers, celui de l'usine et celui du tournage de façon très fluide, avec à la fois beaucoup d'humour, de distance et beaucoup de gravité. Parce que le tournage d'un film, c'est très sérieux, c'est une montagne à soulever. Le financement est là ou disparaît. Comment reviendra-t-il par magie ? (Xavier Beauvois campe un producteur léger et manipulateur, un prestidigitateur très drôle). Le scénario doit être allégé oui mais comment ? Quelles scènes couper ? Et puis, comment terminer ? une fin "tragique" pour les ouvriers correspondant à la réalité ou une fin positive donnant de l'espoir aux ouvriers ? (les ouvriers sont aussi les acteurs). C'est passionnant, tant les enjeux et les tensions sont forts. Denis Podalydes, en réalisateur doux, humain, submergé, prêt à tout laisser tomber, est épatant. Il passe le relais, il donne le témoin au jeune filmeur du "making of", si intense et déjà drogué comme lui à la passion du cinéma. Comme chez Truffaut, vie professionnelle, vie sociale, vie intime se mélangent et moi, spectatrice, je suis partie prenante et j'applaudis.
Making-Of est une œuvre attirée par ses contraires et définie par ses contraintes : la superposition de différents niveaux de réalité, depuis la fiction inspirée d’événements authentiques à son élaboration réelle mais rendue artificielle par la réalisation d’un journal de tournage, en passant par la naissance d’un spoiler: sentiment amoureux partagé entre deux êtres inégalement placés sur l’échelle sociale et professionnelle puisque Nadia interprète un rôle principal là où Joseph est recruté à l’arrache dans des tâches apparemment subalternes . Nous retrouvons une réflexion sur le chaos nécessaire à la création que Federico Fellini, entre autres, investissait déjà dans Prova d’orchestra (1978) par le biais d’un conflit ouvert entre le chef d’orchestre et ses musiciens mutins ; une même métaphore est employée d’ailleurs lors d’un dialogue entre les jeunes amants, elle y adhérant, lui y opposant celle de l’artiste isolé, reclus dans une solitude choisie autant que subie, et exploitée non sans ironie par un plan représentant Simon en train d’engloutir un hamburger de fast-food. Le cinéma ne naît pas de la magie mais d’un acte de cruauté répété encore et encore qui brouille les repères, défait les axiologies et inverse les fonctions symboliques : le réalisateur, maître à bord, s’avère être à la merci de producteurs soucieux d’une clausule en contradiction avec ses intentions, tributaire du budget et des relations humaines au sein de son équipe. L’intelligence de Cédric Kahn, outre d’enchâsser la fiction des ouvriers dans une autre fiction donnée pour vraie de façon à expliciter leurs points communs, est d’offrir deux fins alternatives : la positive de Making-Of, la négative des Ouvriers. Cette brillance de propos tend cependant à prendre le pas sur la spontanéité tourmentée de la relation amoureuse : les sentiments subissent cette facticité générale, si bien que trop peu d’émotions ne se dégagent d’un long métrage démiurgique qui martèle verbalement l’idée de dérèglement collectif par incapacité à la figurer vraiment.