En voyant les critiques assez prosaïques et la com inexistante du film, je me demandais ce que pouvais bien cacher Hot Milk. Complètement etrangé au cinéma de Rebecca Lenkiewicz, et de l'ouvrage d'on elle fait l'adaptation, je me suis laissé dériver dans ce film avec une certaine appréhension, l'idée d'être déçu. Et puis, pas du tout, bien au contraire, j'ai adoré la proposition de la réalisatrice. Le film est beau, il respire cet été ambiguë, entre suffocation et liberté, à l'image de la relation mère fille des deux actrices principales, toujours très justes, et même excellentes. Tout le casting est très bon, les personnages sont palpables, comme nous, on s'identifie à travers la mise en scène naturaliste, sans détours, très flottante. Et on sent immédiatement cette liberté, dans sa composition et son rythme, à la fois lent et pourtant rapide, tant la plupart des scènes ne durent que quelques secondes, et ne s'étendent aux maximum que sur quelques minutes. Effectivement, on a du mal à savoir où veux en venir le film précisément, ou est ce qu'il veut nous emmener et nous tordre d'émotions, nous raconter. Car rebecca Lenkiewicz aborde de nombreuses thématiques modernes, à commencer par la relation mère-fille complexe, l'émancipation, l'homosexualité mais aussi sois même. Toutes ses thématiques sont relié par un fil invisible, celui du lien, du rapport à l'autre et à soi, sans pour autant en faire une analyse précise qui soulève un constat. Le constat après la séance, c'est qu'il n'y aura pas de constat, pas de réponse, il n'y aura pas ce que le spectateur s'attendait à voir. En lisant les critiques j'avais cette impression désagréable, d'un désintérêt mais aussi d'une injustice. Comment reçoit on un film et comment le note t-on ?
Le fait que le film reste, et cela est sujet à débat, en surface, ou n'apporte pas spécialement de réponse ou encore d'intensité, en fait il un mauvais film ? Je ne pense pas, le film fait aussi autre chose, au delà de sa proposition esthétique, de son rythme flottant et de son immersion naturaliste, qui nous plonge aussi en nous même et nous invite à les regarder avec, non pas l'œil de la compassion, mais plutôt celui de la frustration, de l'incompréhension. À l'instar du personnage principal, qui reste étrangère à l'histoire de sa mère et de sa famille, qui cherche à vivre la sienne, sans véritable exemple ni conviction. On suit aussi l'instant, celui de la vie qui se déroule, qui suit invariablement son cours, aussi belle qu'impitoyable. Rebecca Lenkiewicz devait elle appuyer ses interactions et chercher l'émotion, devait elle vraiment raconter de A à Z le but de cette escapade, devait elle analyser et raconter comme tout les autres films ? Je ne pense pas, car en évitant de montrer et d'élaborer pour prouver sa supériorité narrative et analytique, elle laisse le spectateur voguer avec ces personnages. Elle nous laisse déduire, comprendre mais sans certitudes, comme ses personnages, elle nous embarque dans ce dernier espoir, en nous rappelant avec fatalité ce qu'est la vie, sans tirer de conclusions, simplement en nous laissant faire l'expérience de sa proposition.