Le premier film de Jonathan Millet est d'une grande maîtrise formelle.
Il suit le parcours de Hamid, chasseur clandestin de criminel de guerre, qui pense avoir retrouvé à Strasbourg son tortionnaire.
Curieusement, le film est qualifié un peu partout de "film d'espionnage" alors qu'on ne suit aucun espion et que les Etats sont totalement absent de l'intrigue. Il s'agit ici d'une histoire très personnelle liée aux horreurs commises en Syrie, qui traite à la fois du souvenir, de la vengeance, du pardon, de l'exil, du deuil et de la justice.
Si le film est parfois un peu lent et un poil scolaire, ils propose aussi des moments d'exception (le repas dans le restaurant bondé), une intrigue puissante et un travail sur le son absolument bluffant, comme on en a rarement vu. Les deux acteurs principaux, Adam Bessa et Tawfeek Barhom, dégagent un magnétisme saisissant. La mise en scène, qui mêle avec bonheur plans larges et caméra très proche des visages, est d'une grande beauté.
Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes, ce premier long-métrage de fiction de Jonathan Millet s'avère être une bien belle réussite et un film des plus immersifs.
Se situant entre le drame humain et le film d'espionnage (m'ayant d'ailleurs rappelé le «Munich» de Spielberg par certains de ses aspects), «Les Fantômes» est l'histoire d'un traumatisme et d'une obsession. La traque incessante d'un bourreau par l'une de ses victimes, pour rendre justice à celles et ceux qui ne sont plus là, tombés sous les coups du régime répressif et criminel de Bachar el-Assad.
Cette traque est dépeinte de manière originale par le biais d'une mise en scène privilégiant le sensoriel aux flash-backs habituels pour dresser peu-à-peu le portrait d'un homme qui a commis bien des atrocités sur Hamid et beaucoup d'autres, et ce sans jamais montrer son visage. Le son de sa voix, son odeur, sa douleur à la main droite : chaque indice rapproche Hamid un peu plus de la vérité et de son but.
Entre tension et émotion, le magnétique et talentueux Adam Bessa (Tyler Rake) arrive très bien à nous faire ressentir cette quête obsessionnelle. Tout est vu à travers ses yeux (la silhouette de dos de son bourreau, dont il suit les faits et gestes) renforçant encore un peu plus ce ressenti immersif et émotionnel qui se dégage du film (notamment lors de l'écoute des enregistrements d'anciens prisonniers et des sévices qu'ils ont subi, qui font remonter en lui des souvenirs très douloureux), comme si Hamid ne vivait plus qu'à travers le regard qu'il projette sur l'autre, et que cette détermination désespérée finira par le dévorer.
Malgré quelques petites scènes pas forcément indispensables dans le cheminement du récit, un thriller dramatique d'une belle maîtrise et questionnant intelligemment le rapport au traumatisme, à la résilience et à la justice, personnelle ou collective. 7,5/10.
C'est avec sa grande expérience de preneur d'image un peu partout dans le monde et de documentariste que Jonathan Millet s'est lancé dans la réalisation de son premier long métrage de fiction. Ayant vécu à Alep il y a une vingtaine d'années et ayant conservé des liens d'amitié avec de nombreux syriens, il a en quelque sorte vécu par procuration la révolution syrienne qui a débuté en mars 2011, recevant régulièrement des photos et des vidéos envoyées par des amis. Un pourcentage important de la population syrienne ayant choisi l'exil à l'étranger, qui en Turquie, qui en Allemagne, il a suivi avec attention l'exil de certains de ces amis. Et puis, un jour, il a entendu parler des cellules secrètes, des réseaux souterrains qui se sont constitués pour traquer en Europe les criminels de guerre syriens "réfugiés" sous de fausses identités. Raconter dans un documentaire une histoire se déroulant au sein d'un tel réseau n'était pas inimaginable mais il a semblé à Jonathan Millet que la fiction était beaucoup plus adaptée pour raconter le réel de façon précise et exhaustive. Bien entendu, en bon documentariste, il a passé beaucoup de temps à se documenter sur ces cellules, sur la façon dont se déroulait les filatures, à rencontrer et interroger certains de leurs membres. Il a pu ainsi "construire" ses personnages, côté "chasseurs" et côté "chassés", et leur faire adopter des comportements, leur faire entreprendre des actions qui soient dans le concret. Voir la suite de la critique sur https://www.critique-film.fr/critique-express-les-fantomes/ Film vu au festival de Cannes
Tournée comme un véritable film d'espionnage, Les Fantômes nous surprend sans cesse, que ce soit par son écriture, sa mise en scène efficace et surtout le jeu impérial de ses acteurs. On est totalement plongé dans cette enquête avec Hamid, interprété par le talentueux Adam Bessa, et qui nous bouleverse sans cesse dans sa quête de justice et de vérité.
Les acteurs jouent mal. On s'ennuie ferme. Les effets sont grossiers et appuyés. Aucune émotion ne se dégage de ce film. Pourquoi autant de critiques elogieuses et trompeuses ?
Un film d'espionnage à contre emploi qui n'arrive pas à convaincre malgré de bonnes idées. Venu du documentaire Millet ne trouve pas le bon ton pour passionner son public.
J'attendais davantage de la confrontation entre les 2 acteurs principaux, d'un côté Barhom que j'ai découvert dans "La conspiration du Caire" et qui sera dans le prochain film de Terrence Malick. Et de l'autre Bessa vu dans "Tyler Rake" 1 et 2 "Harka", "Le prix du passage". Ce sont 2 acteurs de la même génération avec une carrière en devenir. L'autre gros problème à mon sens vient également du rythme du film dont la 1ere moitié est trop longue et propose des scènes trop redondantes dans leur construction, leur contenue... De plus Barhom est trop dans l'ombre, ça apporte peut-être une part de mystère mais le voir si peu alors qu'il joue si bien c'est un point négatif supplémentaire qui a achevé mon mécontentement vis à vis de ce film.
C'est lent, sans aucune tension, sans aucune émotion. Absolument pas le thriller annoncé. Une fois de plus, on confond le sujet et le film. Le sujet mérite toute notre attention. Le film passe complètement à côté. Et la Semaine de la Critique se donne bonne conscience en en faisant son film d'ouverture.
Vu en avant première, excellent premier film, une intrigue passionnante issu d’une histoire vrai. Le film est porté par une prestation incroyable de la part d’Adam Bessa tout en finesse et en justesse. Je ne peux que vous recommander de voir ce film !
Soporifique. Lent. Mou, Sans action. Voilà tout est dit. Il y a des scénarios ou des réalisations comme ça. Au départ un sujet documentaire du réalisateur quI devait être mis en mouvement. Paradoxal qu’il manque vraiment de ce mouvement. C'est dommage pour un thème lié à l'Histoire contemporaine qui mérite d'être porté à l'écran mais différemment. Le Festival de Cannes (décidément je n'aime pas !) s'emballe encore une fois sur le seul contenant sans s'attarder sur le contenu.