Choisi comme film d'ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes, Les Fantômes a joué le même rôle lors de la reprise de la Semaine de la Critique 2024 à la Cinémathèque française, du 5 au 10 juin. Un film intense, avec un véritable twist, alors que les deux hommes se retrouvent à partager la même table le temps d'un déjeuner ! À ce moment, la tension est réellement palpable. C'est aussi là que notre attention est captée pour de bon.
Très beau premier film, tout en tension, une histoire incroyable et pourtant basée sur la réalité, quel plaisir de découvrir les vies parallèles, les histoires des gens qu'on côtoie au quotidien. Le comédien principal est bouleversant, mais les rôles qui l'accompagnent le sont tout autant, j'ai été très troublé par ces personnages féminins, interprétés avec beaucoup de justesse par des comédiennes que je ne connaissais pas.
Le film est décevant dans le sens où l'on s'attendait à une chasse au tortionnaire trépidante. Au lieu de tout cela, nous avons une chasse dont la minutie était prévisible mais pas autant avec l'œil collé au microscope de la filature. Or, pour nous décoller l'œil de ce microscope, Jonathan Millet, nous sert quelques scènes de l'intimité du "stalker". Mais pas suffisamment pour nous sortir de l'ennui. L'approche filmique de Millet, habitué au documentaire, s'avère un choix finalement peu heureux. Il nous plonge dans une enquête apathique, nous focalisant sur les motivations des "stalkers" en laissant totalement dans l'obscurité les raisons qui auraient amenées les bourreaux du régime syrien à les persécuter. Millet trahit d'ailleurs sa propre approche documentariste. Il annonce, d'emblée, que son intrigue est "basée sur des faits réels", or il ne donne aucune précision sur la tournure juridique qu'a pris l'affaire.
Le titre est bien trouvé. Avant d'être un thriller psychologique, ce film de J. Millet est un objet non identifié. On peut comprendre la gêne sensitive et l'enthousiasme de la critique canoise. Son traitement tient effectivement d'une sorte de patchwork, de traumas, d'impressions autant physiques que psychologiques. Film noir, Hamid ne sait plus oû il est, ni qui il est. Ayant subit les exactions d'un tortionnaire du régime d'Hafez El-Assam, ce membre d'un groupe clandestin de Syriens déracinés porte témoignage de l'angoisse multiple des exilés. Avant d'être une vengeance, ce film témoigne d'une quête éperdue, fantomatique effectivement, celle d'une improbable reconstruction psychologique.
Très intéressant premier long-métrage de fiction de Jonathan Millet , tourné en parti à Strasbourg , qui réalise là un thriller d’espionnage sensoriel et saisissant qui rentre de plein fouet dans l'histoire récente de la guerre en Syrie ! A travers un climat de suspense et de paranoïa l'acteur Franco-Tunisien Adam Bessa est là magnétique dans son rôle !
Un ancien prisonnier torturé en Syrie libéré et arrivé en France on ne sait comment traque son bourreau qu'il n'a jamais vu. C'est long peu crédible et largement incohérent mais cela interrogé sur la nécessité du pardon et de l'oubli
Adam Bessa est un acteur absolument fabuleux. Il faut vraiment que le monde du cinéma se penche sur lui. Un film éprouvant pour les sentiments et une bande son extrêmement importante. Le film ne nous lâche pas après la sortie de la salle.
Ce film inspiré de faits réels est passionnant ! Des anciens bourreaux du régime syrien sont cachés sous de fausses identités en Europe. Comment les retrouver, à quoi ressemblent-ils d’ailleurs ?
Une première scène d’anthologie relate un crime de guerre au milieu du désert. Elle donne le fondement de ce qui va suivre. Le scénario prend alors la forme d’un thriller d’espionnage tendu avec une mise en scène sobre qui fait sa force : sans artifice, la narration ne dévie pas de son sujet, c’est une quête de vérité difficile. Nous épousons le regard d’Hamid, habité par un passé douloureux et le besoin de justice, soutenu par une organisation clandestine. Nous le suivons dans sa traque à la recherche des indices qui permettront d’identifier son bourreau. Sa colère et sa peur nous touchent.
"Les Fantômes" est un polar dramatique qui explore les séquelles psychologiques liées aux crimes de guerre syriens. Le film suit un jeune Syrien exilé en France, traquant son ancien tortionnaire, et ouvre une réflexion sur la justice personnelle. La mise en scène est minutieuse en plaçant dans son atmosphère, la douleur du passé. Si film convainc par son sujet et sa puissance émotionnelle, il reste parfois très académique dans son approche.
Un incroyable vrai film d'espionnage. Avec des planques, des observations discrètes, des fouilles, des recherches en archives. Un sujet brûlant et finalement angoissant de savoir spoiler: que des criminels de guerres pourraient se trouver dans la société civile. Mais qui finalement nous rassure. Le sound design est incroyable avec ces cassettes audio qu'on a vraiment l'impression d'écouter au casque comme l'acteur. Les scènes de confrontations sont angoissantes. On se posent des questions tout le temps. C'est lui ? Ce n'est pas lui ? Il met également en lumière la difficulté pour ces réfugiés syriens (et plus généralement de guerre) la vie dans un pays en paix. Difficile plongée dans ce monde presque dystopique pour eux. Superbe réalisation.
Un peu dans l’esprit du documentaire de Stéphane Malterre et Garance Le Caine, sur la traque d’officiers syriens en Europe ( « Les âmes perdues »), Jonathan Millet ouvre le dossier de tous les partisans de Bachar El Assad , réfugiés en Europe ,qui tentent de se faire oublier. Oublier leurs exactions, leurs forfaitures, leurs tortures. Ce que n’entend pas de la même oreille une association secrète qui mène une chasse discrète à leur encontre. C’est l’histoire d’Hamid ( d’après des faits réels) que l’on découvre ainsi entre la France et l’Allemagne, professeur à Beyrouth et libéré , non sans conséquence des geôles syriennes. Son bourreau aurait été repéré à Strasbourg où il étudie la chimie … « Il a testé tous les acides et gaz mortels » rappelle Hamid qui ne doute pas beaucoup de l’identité réelle de son tortionnaire. Il le traque l’approche, le renifle , l’épie, le surveille, écoute ses conversations au téléphone, et alors c’est la voix qui revient. . La tête recouverte d’un sac, le jeune homme n’a jamais vu le visage de son bourreau. Mais il l’a beaucoup entendu. La mise en scène, âpre, rigoureuse, établit le constat d’une vacance justiciable sur ces criminels de guerre, en liberté, en toute impunité. Hamid et ses amis s’engouffrent alors dans la faille où ils ne trouvent pas forcément les réponses à leurs attentes. La vengeance, la rédemption, le pardon… Le personnage joué par Adam Bessa, avec distance, justesse aussi, porte bien tout la force de cette (en)quête personnelle, élevée au rang d’un sacrifice, d’un pays perdu. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Film d'ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes en mai dernier.
Thriller d'espionnage lent, sombre et sensoriel, Les Fantômes, qui retrace la traque d’un ancien criminel de guerre syrien par l’une de ses victimes, est en tous points remarquable.
Premier film de fiction du réalisateur pas forcément simple d'accès et dans lequel il faut prendre le temps de rentrer mais qui impressionne ensuite par sa maîtrise, sa finesse et son intelligence.
Le film parvient à mêler parfaitement documentaire et fiction, dimension collective (la traque organisée de criminels de guerre) et personnelle du récit (le deuil, la solitude des réfugiés et les difficultés à se reconstruire, la soif de vengeance).
Une bande originale très réussie, composée par @yuksekofficial parfaitement utilisée pour contribuer au rythme lancinant et à la dimension mystérieuse du film, qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler, par moments, le cultissime Drive de Nicolas Winding Refn, au personnage principal tout aussi taiseux.
Un héros campé par Adam Bessa, qui impressionne par son jeu, tout en intériorité. Tawfeek Barhom, qui joue le rôle du bourreau traqué, est tout aussi remarquable et la première confrontation des deux acteurs au restaurant donne lieu à une scène magistrale de tension et d'intensité.
Un premier long métrage qui s'affiche déjà comme un concurrent très sérieux aux César du Meilleur Premier Film et de la Révélation Masculine et un des meilleurs films vus depuis le début de cette année !
Cinématographiquement très pauvre. On passe d'une discussion à une autre discussion. Ou alors un trajet stoïque du personnage principal. Il n'y a donc pas vraiment d'action. On pourrait lire un article de journal ce serait pareil. D'ailleurs ce film est un article de journal. Le pire c'est que ce petit bout d'ennui a été réfléchi.