Les Fantômes
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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2024
Les Fantômes, premier film de Jonathan Millet, nous montre un thriller paranoïaque, une enquête documentaire et un drame profondément intime. Porté par une maîtrise de la tension et de sa structure dramatique, le film plonge dans l’obsession de Hamid, un homme dont le passé semble inexorable, hantant chaque moment de son présent. Arrivé à Strasbourg, cet homme traque l’ombre de ses pensées, un autre réfugié qui paraît se reconstruire avec une facilité cruelle – une vie sociale, des études, une relation amoureuse, autant de choses qui échappent à Hamid.

La caméra de Millet explore les traces que le trauma laisse sur la psyché, et l’abîme d’un homme incapable de tourner la page. Le rythme lent et les biais de confirmation invitent à sonder les tourments d’Hamid, dévoilant progressivement le poids des fantômes qui l'empêchent d’avancer.

Alternant entre les codes du thriller d'espionnage et une étude de caractère mélancolique, Les Fantômes s’insinue au cœur d’un "monde invisible", loin du simple récit de vengeance, où la surveillance et la recherche d’indices dictent, peut-être, les premières lignes d'une finalité meilleure.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2024
Premier long-métrage de Jonathan Millet, Les fantômes nous embarque à Strasbourg aux côtés de Amid (Adam Bessa), spoiler: membre d’une société secrète syrienne qui traque les criminels de guerre, et qui croit reconnaître en un étudiant en chimie son ancien tortionnaire
(Tawfeek Barhom, rôle principal de La conspiration du Caire). Évoquant le cinéma politique des grandes années de Costa-Gavras, ce film sur l’identité, les démons intérieurs et la reconstruction de soi nous plonge dans le monde intérieur, vertigineux et silencieux spoiler: d’une victime de la guerre civile syrienne
et du régime de Bachar al-Assad. Offrant une atmosphère comme suspendue dans le temps, le film qui tourne un peu en rond dans sa partie centrale se reprend vite et offre des séquences d’incroyables tensions, malgré leur apparente simplicité, en particulier lors de moments vertigineux de face-à-face entre la victime et son bourreau présumé. Un très haut niveau de maîtrise.
COCORICO
COCORICO

6 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 octobre 2024
film bluffant, quasi documentaire mais se regardant comme un thriller. On y aborde un sujet méconnu, celui de la recherche des bourreaux du régime syrien cachés en Europe occidentale. A voir sans hésiter.
Isabelle K.
Isabelle K.

4 abonnés 91 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2024
"Les Fantômes" de Jonathan Millet, drame-thriller

C’est une drôle d’histoire que je vous propose aujourd’hui, plus qu’une chronique de film.

On suit le ténébreux et mystérieux Hamid (Adam Bessa, un franco-tunisien parfait pour le rôle, au regard magnétique et à la silhouette à la fois juvénile, quand il se ronge les ongles en parlant par skype à sa mère réfugiée dans un camp syrien, et vulcanienne, lorsqu’il est en mission), Syrien et membre d’une organisation secrète en quête des criminels de guerre sous Bachar el-Assad. Hamid est l’un des justiciers d’une cellule de cette organisation, Yaqaza (dont le réalisateur Jonathan Millet a pris connaissance dans un article de Libération), qui traque de-par l’Europe le bourreau qui l’a torturé et tué sa femme et sa fille. S’il n’a pas fait le deuil de ses fantômes, il a survécu aux déserts de Syrie, à l’exil, aux identités multiples, aux emplois précaires jusqu’à Strasbourg où, devenu étudiant, tout bascule. Comme possédé, il se met à suivre un enseignant. Une rencontre qui ne fait aucun doute, qui peut le fragiliser ou renforcer une détermination qu’il partage avec d’autres membres de la cellule comme cette Berlinoise dont le mari syrien a été tué dans des circonstances douteuses. Ensemble, ils écoutent jusqu’à l’ivresse les témoignages et le calvaire de rescapés qui renforcent leur soif de vindicte.

L’enjeu sur lequel repose ce film, sur fond de faux passeports turcs, entre Strasbourg, Berlin et la Syrie, est de répondre à une question : s’agit-il de faire justice soi-même ou de s’en remettre à la Cour pénale internationale ?

Si Jonathan Millet est issu du documentaire, il a opté pour la fiction. « Les Fantômes » est un thriller hypnotique et taiseux. Peu de mots, des dialogues remplacés par des postures, des esquisses labiales, des pupilles à l’affût, des situations minimalistes et éloquentes. On comprend l’intrigue et les intentions des personnages, les liens entre les uns et les autres, au fur et à mesure, comme si on était mis en position d’enquêteur face à des pièces à conviction éparpillées, autant de fragments qui peu à peu s’agrègent et font sens.

Dans cette salle de cinéma soudain, je me suis sentie transportée dans une dimension parallèle : ce n’était plus Hamid que je suivais mais… Soghomon Tehlirian, l’un des « vengeurs arméniens ». Un pan d’histoire méconnu, pourtant romanesque et réel, qui fédère les Arméniens de toutes les générations et de toutes les diasporas.

C’était comme si je lisais un scénario plutôt qu’en train de visionner un écran de cinéma.

Intérieur jour. Berlin. Le procès, 3 juin 1921

L’avocat : « Comment, un criminel ? C’est un grand patriote que nous autres, Arméniens, admirons tous ! »

L’accusé Tehlirian : « Je reconnais être venu en Allemagne pour venger ma famille et mon peuple, grâce à mon visa de séjour en règle. Je reconnais la préméditation de mon acte. Je le referais s’il le fallait. J’étais prêt à sacrifier ma vie. J’ai rempli ma mission, vous pouvez faire de moi ce que voudrez. Non, je ne suis pas venu étudier la mécanique à Berlin. J’ai pris la décision de tuer Talaat pacha, l’organisateur du génocide des Arméniens et l’exterminateur de ma famille, quand j’ai juré sur la tombe de ma mère. Son passeport turc établi au nom de Ali Salieh bey, homme d’affaires, ne m’a pas fait douter. Je l’ai suivi, je l’ai reconnu, une force intérieure en moi a su, je l’ai suivi sans intention funeste. J’ai loué le domicile en face du sien, qui était au nom du secrétaire de l’ambassade de Turquie en Allemagne et j’ai attendu. Le 15 mars 1921, il m’a suffi d’un seul coup de mon 9 mm pour atteindre ma cible. C’était mon but avant la guerre. Pourquoi dans le dos ? Je n’aurais pas été aussi sûr de la précision de mon tir si je l’avais affronté de face, et un réflexe de défense de sa part aurait risqué de me faire échouer. Talaat pacha a voulu résoudre la question arménienne par le fer et le sang comme c’est écrit sur votre journal là, Le Figaro, et ce ne sont ni mes crises d’épilepsie, ni mes blessures, ni la hantise de ma déportation, ni la vision de mes sœurs et de mon frère massacrés qui pouvaient m’en empêcher. Je reconnais faire partie d’un réseau clandestin qui a pour but d’organiser des attentats prémédités et préparés avec soin, constitué au sein de la Fédération révolutionnaire arménienne, le parti Dachnak. On traque les criminels de guerre et les bourreaux du peuple arménien jusque dans leurs repaires les plus secrets, avant de les exterminer. Si vous voulez oui, c’est du terrorisme, du terrorisme comme moyen politique. Notre organisation revendique ses actions tyrannicides. Oui, je fais partie d’un commando de militants chargés d’exécuter ceux qui ont commandité l’extermination de notre peuple, les membres du triumvirat à la tête du comité Union et Progrès : Talaat, Enver, Djemal pacha. Notre nom de code est Opération Némésis, du nom de la déesse grecque de la Vengeance. Notre organisation est exemplaire : pas de victimes inutiles, des objectifs précis, une réalisation efficace, une traque motivée par le devoir qui anime des jeunes gens comme moi à tuer comme à mourir, parce qu’on veut que justice soit faite pour venger nos familles anéanties et notre peuple martyrisé. On distribue notre châtiment aux individus qui ont été jugés par contumace, reconnus coupables d’assassinats de masse, de « crime contre l’humanité », et qui ont fui lâchement la Turquie vaincue à bord du torpilleur allemand Lorelei. »

Les jurés de la Cour criminelle de Berlin : « Nous déclarons l’accusé non coupable de meurtre avec préméditation. »

La foule qui a envahi le prétoire se lève et applaudit avec fièvre.

Extérieur jour. Berlin. Sortie du tribunal, 3 juin 1921

Soghomon Tehlirian monte dans la voiture qui l’attend. La foule compacte applaudit et manifeste sa reconnaissance en jetant des fleurs à leur héros.


Extérieur jour. Rue de Rome, 6 décembre 1921

Archavir Chiraguian tue par balles l’ancien chef du premier gouvernement Jeune-Turc, Saïd Halim.


Extérieur jour. Quartier général de Tchéka, Tiflis, 25 juillet 1922

Ardaches Kevorkian, Stepan Dzaghiguian et Bedros Der-Boghossian abattent Djemal pacha, ancien ministre de la Marine, responsable de la guerre et du génocide.

Un autre Kevorkian que moi, et un nom qui me rend fière même si j’ignore ce que j’aurais fait dans le contexte. Aurais-je tué pour venger, moi aussi ? Aurais-je eu le courage de traquer ?


Ce mini-scénario que m’a inspiré « Les Fantômes » de Jonathan Millet est un condensé librement adapté du political thriller de Jacques Derogy « Les vengeurs arméniens », publié chez Fayard dans les années 80. Juif et ancien résistant, Derogy s’est rendu à l’Institut Zoryan de Boston, aux États-Unis pour consulter les archives de la Fédération révolutionnaire arménienne avant d’écrire son livre. Gérard Chaliand, historien et écrivain l’a préfacé : « Sur le plan historique, Némésis est peut-être la chasse à l’homme la plus extraordinaire du siècle. Elle est aussi la moins connue, dans la mesure où ses organisateurs ont obstinément gardé le silence jusqu’à leur mort. » ; « La vengeance ici relatée est un acte de justice élémentaire semblable à l’exécution des hauts dignitaires nazis après la Seconde guerre mondiale. Mieux, il s’agit non de cadres supérieurs d’un régime coupable de génocide mais des dirigeants eux-mêmes qui ne peuvent se retrancher derrière les ordres reçus, puisqu’ils ont eux-mêmes conçu le dessein et ordonné le crime. »


On peut louer l’audace et l’exigence de la productrice morlaisienne dont la vocation s’est révélée à l’école, Pauline Seigland, à la tête de Films Grand Huit comme une grande boucle historique, sociale et sociétale, à reconstituer, pour ne rien oublier de ce qui nous constitue. Plusieurs fois Cesarisée, elle s’empare de sujets qui font d’elle une jeune productrice engagée, justicière et révolutionnaire : la Légion étrangère et la guerre (Disco Boy), les attentats terroristes (Maalbeek), l’amitié masculine (Les mauvais garçons). Que ce soit avec des courts ou des longs métrages, Pauline Seigland semble avoir une préoccupation tenace : nos fantômes à régler à travers la quête de justice et d'égalité, la quête de soi.
BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 995 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 septembre 2024
Une intéressante filature durant laquelle s'établit un lien étrange entre victime et bourreau. Mais Les Fantômes devient un peu rébarbatif dans son dispositif pour me convaincre tout à fait. Un premier film honorable donc, mais pas de quoi écrire une thèse non plus.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2024
           Un film puissant, angoissant, un très beau film, réalisé par Jonathan Millet, photographe et documentariste. Inspiré, semble t-il, d'une histoire vraie.
         Hamid traîne à Strasbourg. S'appelle t-il vraiment Hamid, d'ailleurs? Il n'est pas tout seul. Il est accompagné de ses fantômes; il était prof d'université, jadis.... il a été interné par la police de Bachar au terrible camp de Saidnaya, torturé, puis finalement relâché. Enfin: remis dans la nature dans un désert. Tant pis pour ceux dont la santé, après ces mois terribles, ne permettra pas de s'en sortir. Pendant ce temps, sa femme et leur petite fille sont mortes...           
          Beaucoup des tortionnaires se sont enfuis -sans doute quand ils ont compris que ça finirait mal- et ont refait leur vie en Europe. L'Allemagne en particulier a ouvert tout un plan d'aide pour les victimes -dont profitent certains tortionnaires, bien cachés sous leurs fausses identités. spoiler: Alors, une chaîne secrète s'est montée pour retrouver ces traitres, et ce n'est pas facile, puisque leurs victimes avaient généralement un sac sur la tête pendant qu'on les torturait.
On pense, naturellement, à la traque des nazis menée par Israël -mais là, les visages des monstres étaient évidemment connus, même si certains avaient eu recours à la chirurgie esthétique. Pour les Syriens on a, au mieux, une mauvaise photo...
         Il reste à Hamid sa mère, qui survit dans le camp de réfugiés de la Bekaa. spoiler: A qui il téléphone, chaque semaine. Qui le croit étudiant, bien installé à Berlin, alors qu'il est à Strasbourg...

         Cela aurait pu donner lieu à un film noir frénétique, ce n'est pas du tout le choix qu'a fait Jonathan Millet. Son film est resserré autour de la personnalité de cet homme si seul, si introverti, si enfermé dans son malheur, qui pense avoir identifié le suspect dont il est en charge, mais qui n'a aucune preuve, juste son intime conviction, et qui va s'acharner à essayer de trouver le détail qui lui permettrait de dire, peut être: à coup sûr, c'est lui!
          Et pose des questions: peut on s'en sortir un jour quand on a vécu le pire? Peut on résister à la vengeance pour privilégier la justice? Que faut il faire pour avoir l'âme, plus ou moins, en paix? Le film est porté par deux merveilleux comédiens, Adam Bessa pour Hamid (en plus il est très beau garçon...) qui fait ressentir la profonde solitude, le désarroi et la rage du héros. Et Tawfeek Barhom pour Harfaz, celui qu'il traque, qui laisse entrevoir une espèce de chose pas nette sous le visage du type sympa.
          A voir absolument pendant que ça se joue encore!

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CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 286 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2024
La très belle découverte de l’été, un été assez navrant sur le plan cinématographique. Un premier film sans faille, aussi soutenu que tendu sur tous les plans : écriture, realisation, interprétation
Que dire de cette pépite sans trop révéler son intrigue ? Je devrais dire son secret. Disons qu’il s’agit d’une sorte de traque d’un criminel , vécue de l’intérieur par l’une de ses victimes. Disons qu il y a des liens avec le Bureau des Légendes mais que le réalisateur ne se permet aucune digression, aucune complaisance, aucun effet. On est dans la peau et le mental de ce jeune homme fermé , obstiné, tout entier dévoué à sa traque . Une sorte de fantôme lui même, qui obstrue toute émotion, jusqu’à l’une des séquences finales où il aperçoit sa mère. Cette sequence bouleversante fait écho avec celle qui ouvre le film, siderante et malaisante, par laquelle on devine qu’on entre dans un grand film. À aucun moment la suite ne déçoit. Magistral.
Braloup Philow
Braloup Philow

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2024
Toute l'action est dans la bande annonce. Et c'est tant mieux. Ce film est bouleversant sans tomber dans le pathologique. Superbement joué et sobrement réalisé. Des silences qui en disent long. Du bonheur.
Daniel Gonzalez10
Daniel Gonzalez10

3 abonnés 158 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 septembre 2024
Ce film je voulais le voir
Mais une certaine déception
Les acteurs sont bons
Le scénario carré
Mais que c est lent
Dommage.
Une fin empreinte d humanité Strasbourg vote soleil c à d la justice des hommes
Et d optimisme enseigner c est vivre avec et pour les autres
nyobe
nyobe

47 abonnés 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 septembre 2024
très bon film. des tensions. de l'espionnage. un voyage entre différents pays. une intrigue d actualité. on vit avec le personnage et à travers les auditions la torture sans jamais la voir.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 1 septembre 2024
Long, beaucoup trop lent, ce film au bon scénario est plombé par une réalisation consistant à filmer des dialogues en temps réel et ce pendant 1h40.
Si la lenteur peut être un atout elle devient un handicap quand elle est surjouée, comme ici.
Triste car ce sujet méritait beaucoup mieux.
Anne-Laure P.
Anne-Laure P.

36 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 octobre 2024
Excellent film . Aucun effet de manche , d’un réalisme et d’une pudeur saisissants. L’acteur principal est tout en retenue et en émotions contenues pour un sujet dur. La tension est présente du début à la fin. Oppressant mais essentiel. Un moment de cinéma très fort. Le réalisateur a livré un premier film d’une grande qualité.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 août 2024
Un premier film d’une totale maitrise pour Jonathan Millet qui vient du documentaire. Ce qu’il devait faire avec ce sujet à la base. Sa mise en scène en puissante, son scénario tout autant et en plein dans l’actualité. Fait autant de dialogues percutants que de gestes et de regards. Le tout est aussi fort que subtil. Une très belle interprétation à la tête de laquelle Adam Bessa brille. Il est formidable et tient tout le film sur ses épaules. Le tout est parfaitement ficelé et nous tient en haleine d’un bout à l’autre. Un acteur et un réalisateur à suivre assurément. Un excellent résultat pour leur travail commun. Puissant.
Slash
Slash

4 abonnés 88 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2024
Un film absolument remarquable. Je trouve que le scénario est écrit avec une finesse et un réalisme nous plongeant dans ce thriller haletant. Le travail sur le son est fou, sa place dans le récit est crucial, les horreurs du film nous étant seulement suggérées uniquement par la parole, l’imagination offrant les images. Même chose vis-à-vis de la photographie et de la direction d’acteurs, chacun joue vraiment excellemment bien. Bref un thriller assez remarquable que ce soit techniquement parlant mais aussi dans l’atmosphère lourde et pesante qu’il instaure. Je recommande absolument l’oeuvre et je la qualifierai peut-être de révélation de l’année pour ma part.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2024
Ce film présente comment le conflit civil syrien (sur lequel j'avoue modestement mes lacunes) perdure sur le sol européen. Adam Bessa est impressionnant dans le rôle d'une victime qui traque son bourreau. Tout est sombre, mâture, brut, intangible. La bande son est incroyablement immersive dans ce qu'elle apporte au présent, au passé. Les oreilles sont tendues et la confusion du son d'ambiance et du son des émotions nous étreint avec violence. Les cadrages restent collés aux personnages qui font ce qu'ils peuvent entre leur mission et leurs blessures. Ces hommes et ces femmes traquent jusqu'à l'obsession puis disparaissent dans se retourner vers leurs rencontres ni laisser de trace. "Les fantômes" ce sont elles et eux. Premier film maîtrisé, engagé et profondément humain. À découvrir.
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