C'est en tant que décoratrice sur "L'inconnu de la Grande Arche" que Catherine Cosme s'est vue décerner un César il y a un peu plus de 2 mois. Après être passée derrière la caméra pour quelques court-métrages, elle a décidé de se lancer dans la réalisation d'un premier long métrage, un film très personnel mettant en scène une histoire proche de celle qui lui est réellement arrivée. Dans le film, Lucile est une photographe réputée qui, pour faire en sorte que ses sujets soient le plus naturel possible, aime tenir une conversation avec eux. C'est ainsi que, avec Benoit Hamon, on la voit tenir une conversation qui tourne autour du revenu universel. Lorsque son frère Paul l'appelle au téléphone pour lui dire que leur mère va vraiment très mal, Lucile quitte son travail pour retrouver sa mère, son père et Paul dans la maison familial de Montclus, dans le Gard. C'est avec une grande justesse que Catherine Cosme va peindre les liens au sein de cette famille et, tout particulièrement, les liens mère-fille qui vont particulièrement souffrir lorsque Lucile va s'apercevoir que sa mère est non seulement très endettée mais, qu'en plus, elle a contracté des prêts en usurpant l'identité de sa fille, des emprunts qu'elle est dans l'impossibilité de rembourser. A la douleur de perdre sa mère risquent de se rajouter pour Lucile des ennuis divers tels qu'une interdiction bancaire de la part de la Banque de France. Quant à Paul et au père de Lucile, ce sont des hommes quelque peu largués, le père surtout, des hommes sur lesquels Lucile ne peut pas s'appuyer. De cette histoire pas follement joyeuse, Catherine Cosme a réussi à faire un film qui n'est absolument pas plombant, un film ensoleillé et qui arrive même par moment à être drôle. Elle a été bien aidée par les prestations de Vimala Pons, comme toujours d'une grande justesse dans le rôle de Lucile, et de Guilaine Londez, excellente dans le rôle de la mère.
C’est un film au récit familial chaleureux et sympathique agréable à visionner. Sur une situation dramatique sans pathos et sur un scénario bien ficelé, plein de délicatesse, d’émotion mais aussi avec une dose d’humour, ce premier long métrage m’a semblé bien réussi. La réalisatrice a su parfaitement maîtriser un sujet par forcément facile à traiter à l’écran. Le casting est aussi à la hauteur avec la participation inédite de Benoit HAMON au début du film.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée de prévisionnements du GNCR le 10/02/2026 à LA FEMIS à PARIS)
Pour sa première réalisation, Catherine Cosme plonge dans sa propre histoire pour mettre en scène Lucile (Vimala Pons), qui va avec son frère se rendre au chevet de sa mère mourante. Ce qu'elle va découvrir sur elle va dépasser l'entendement. Vu en avant-première, ce film est touchant grâce à ses deux sujets principaux, la maladie et le surendettement. Il démontre à quel point une femme bien sous tous rapports peut se faire happer par les crédits à la consommation, quitte à usurper l'identité de sa propre fille. On sent une volonté de ne pas accabler la mère avec des moments drôles et nostalgiques pour, comme le titre l'indique, sauver les meubles et les souvenirs. Un très bon premier film de la jeune belge.
Dire que Sauvons les meubles est un premier long-métrage très personnel, concernant sa réalisatrice, Catherine Cosme, tient de l'euphémisme. C'est son histoire familiale, à ses instants les plus critiques, qu'elle filme, dans un contexte tragi-comique fort singulier. Il est certain que la cinéaste cherche tout du long son équilibre, à commencer par cette relation mère-fille très complexe que les derniers jours de la première rendent encore plus difficiles à analyser. Le film est sans cesse sur un fil et ne bénéficie pas hélas d'une mise en scène à la hauteur des enjeux, tout du moins si son intention était d'accorder à ce qui est malgré tout un drame, une teinte plus originale. Le fait est que la présence de Vimala Pons, inégalable comme toujours dans les registres les plus variés, apporte énormément, notamment pour sa fantaisie et sa capacité à rehausser sans effort apparent la performance de ses camarades de jeu. Reste que le scénario commence un peu à se répéter avant que les dernières scènes, par leur tonalité nouvelle et frondeuse, ne sauve un peu plus que les meubles. Néanmoins, on aurait aimé en savoir un peu plus sur la mère, personnage qui reste somme toute énigmatique. Mais c'était sans doute le but de Catherine Cosme, que de lui conférer ce caractère insondable.
Lucile est photographe. Alors qu'elle réalise le shooting de Benoit Hamon pour un média, elle est appelée en urgence par son frère. De retour dans le petit village rural dont elle est originaire, elle doit se rendre à l'évidence : sa mère est en train de mourir. Alors qu'elle consulte les courriers, elle découvre un lourd secret. En salle le
spoiler: "sauvons les meubles" est un petit film familial français comme il en existe des centaines : on se lie au destin d'une famille de personnages avec leurs tares et leurs traits positifs. J'ai moins accroché avec celui-ci car au final, peu de choses passent par les dialogues, notamment entre une mère cachottiere et ses enfants. Je ne crois pas beaucoup à cette mère mystère agonisant en même temps que ses secrets obscurs. Je finis même par perdre pied avec le récit et ne comprends pas bien les dernières scènes.
Nous avons assisté à l'avant première dans le village de Montclus, en compagnie de la réalisatrice. Quelle belle surprise de découvrir ce film : un scénario de grande qualité, émouvant et touchant, et un jeu d'acteurs de haut vol ! Bravo !