Dire que Sauvons les meubles est un premier long-métrage très personnel, concernant sa réalisatrice, Catherine Cosme, tient de l'euphémisme. C'est son histoire familiale, à ses instants les plus critiques, qu'elle filme, dans un contexte tragi-comique fort singulier. Il est certain que la cinéaste cherche tout du long son équilibre, à commencer par cette relation mère-fille très complexe que les derniers jours de la première rendent encore plus difficiles à analyser. Le film est sans cesse sur un fil et ne bénéficie pas hélas d'une mise en scène à la hauteur des enjeux, tout du moins si son intention était d'accorder à ce qui est malgré tout un drame, une teinte plus originale. Le fait est que la présence de Vimala Pons, inégalable comme toujours dans les registres les plus variés, apporte énormément, notamment pour sa fantaisie et sa capacité à rehausser sans effort apparent la performance de ses camarades de jeu. Reste que le scénario commence un peu à se répéter avant que les dernières scènes, par leur tonalité nouvelle et frondeuse, ne sauve un peu plus que les meubles. Néanmoins, on aurait aimé en savoir un peu plus sur la mère, personnage qui reste somme toute énigmatique. Mais c'était sans doute le but de Catherine Cosme, que de lui conférer ce caractère insondable.
Pour sa première réalisation, Catherine Cosme plonge dans sa propre histoire pour mettre en scène Lucile (Vimala Pons), qui va avec son frère se rendre au chevet de sa mère mourante. Ce qu'elle va découvrir sur elle va dépasser l'entendement. Vu en avant-première, ce film est touchant grâce à ses deux sujets principaux, la maladie et le surendettement. Il démontre à quel point une femme bien sous tous rapports peut se faire happer par les crédits à la consommation, quitte à usurper l'identité de sa propre fille. On sent une volonté de ne pas accabler la mère avec des moments drôles et nostalgiques pour, comme le titre l'indique, sauver les meubles et les souvenirs. Un très bon premier film de la jeune belge.
C’est un film au récit familial chaleureux et sympathique agréable à visionner. Sur une situation dramatique sans pathos et sur un scénario bien ficelé, plein de délicatesse, d’émotion mais aussi avec une dose d’humour, ce premier long métrage m’a semblé bien réussi. La réalisatrice a su parfaitement maîtriser un sujet par forcément facile à traiter à l’écran. Le casting est aussi à la hauteur avec la participation inédite de Benoit HAMON au début du film.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée de prévisionnements du GNCR le 10/02/2026 à LA FEMIS à PARIS)
Lucile est photographe. Alors qu'elle réalise le shooting de Benoit Hamon pour un média, elle est appelée en urgence par son frère. De retour dans le petit village rural dont elle est originaire, elle doit se rendre à l'évidence : sa mère est en train de mourir. Alors qu'elle consulte les courriers, elle découvre un lourd secret. En salle le
spoiler: "sauvons les meubles" est un petit film familial français comme il en existe des centaines : on se lie au destin d'une famille de personnages avec leurs tares et leurs traits positifs. J'ai moins accroché avec celui-ci car au final, peu de choses passent par les dialogues, notamment entre une mère cachottiere et ses enfants. Je ne crois pas beaucoup à cette mère mystère agonisant en même temps que ses secrets obscurs. Je finis même par perdre pied avec le récit et ne comprends pas bien les dernières scènes.
Pour avoir vu ce film le jour de la fête des mères, je dirais "n oubliez de dire je t'aime à ceux que vous aimez avant qu il ne soit trop tard "de la simplicité, de l'émotion, des conflits, des non-dits, mais pourtant tellement d'amour, à voir.
vu en avp il y a un petit moment au festival de Saint Jean De Luz. Un film qui m'a très directement touché le coeur, avec simplicité et une grande justesse. Un film comme dans la vie, on rit on pleure, on s'aime (on croit) mais on est pas sur, on affronte la vie comme on peut, avec celles et ceux à qui parfois on ment mais sans qui on n'arrive pas à vivre... Un film qui fait du bien, je conseille fortement !
Nous avons assisté à l'avant première dans le village de Montclus, en compagnie de la réalisatrice. Quelle belle surprise de découvrir ce film : un scénario de grande qualité, émouvant et touchant, et un jeu d'acteurs de haut vol ! Bravo !
j'ai adoré le film - il m'a semblé faire partie de cette famille avec ses secrets, ses non dits, ses affections cachées. Comme en témoignait l'actrice qui joue la dame mourante (j'ai assisté à la première à Bruxelles), les gens du sud sont en fait très pudiques. Je recommande le film !
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue. Elle a quitté depuis longtemps pour Paris son village natal, dans le sud de la France, où elle doit retourner d’urgence. Sa mère (Guilaine Londez) est dans un état critique ; son père (Jean-Luc Piraux), gentiment à l’ouest,, est incapable de gérer la situation ; son frère cadet (Yoann Zimmer) l’appelle à l’aide et lui reproche de s’être détournée du sort de ses parents. En arrivant au chevet de sa mère, dont une infirmière compatissante (Ophélie Beau) lui apprend la récidive et la généralisation de son cancer, Lucile apprend avec son frère une autre catastrophe : sa mère s’était lourdement endettée, allant jusqu’à usurper l’identité de sa fille et les huissiers sont à ses trousses.
Sauvons les meubles est un film au titre malin. Il évoque la nécessité pour Lucile, alors que la mort de sa mère approche, de recoller des liens familiaux distendus. Il évoque aussi, très concrètement, la situation financière catastrophique de sa mère et l’urgence de mettre son patrimoine hors d’atteinte des saisies judiciaires qui le menacent. La situation pourrait porter à rire. La bande-annonce met d’ailleurs l’accent sur cet aspect du film. Mais si "Sauvons les meubles" est une comédie, ce n’est pas une comédie bien gaie. C’est avant tout un film sur le deuil.
C’est un film qui touchera tous ceux – et ils sont nombreux – qui viennent de perdre leur mère et qui, à l’occasion de ce deuil, des années antérieures souvent marquées par le lent dépérissement de l’être cher, des démarches longues et pénibles qui l’ont précédé et qui l’ont suivi, ont dû, bon an mal an, se livrer à un douloureux travail d’anamnèse, de retour sur soi, sur son passé, sur son enfance, sur les liens qui les attachaient à leur famille et aux lieux qui les ont vu naître et grandir.
C'est en tant que décoratrice sur "L'inconnu de la Grande Arche" que Catherine Cosme s'est vue décerner un César il y a un peu plus de 2 mois. Après être passée derrière la caméra pour quelques court-métrages, elle a décidé de se lancer dans la réalisation d'un premier long métrage, un film très personnel mettant en scène une histoire proche de celle qui lui est réellement arrivée. Dans le film, Lucile est une photographe réputée qui, pour faire en sorte que ses sujets soient le plus naturel possible, aime tenir une conversation avec eux. C'est ainsi que, avec Benoit Hamon, on la voit tenir une conversation qui tourne autour du revenu universel. Lorsque son frère Paul l'appelle au téléphone pour lui dire que leur mère va vraiment très mal, Lucile quitte son travail pour retrouver sa mère, son père et Paul dans la maison familial de Montclus, dans le Gard. C'est avec une grande justesse que Catherine Cosme va peindre les liens au sein de cette famille et, tout particulièrement, les liens mère-fille qui vont particulièrement souffrir lorsque Lucile va s'apercevoir que sa mère est non seulement très endettée mais, qu'en plus, elle a contracté des prêts en usurpant l'identité de sa fille, des emprunts qu'elle est dans l'impossibilité de rembourser. A la douleur de perdre sa mère risquent de se rajouter pour Lucile des ennuis divers tels qu'une interdiction bancaire de la part de la Banque de France. Quant à Paul et au père de Lucile, ce sont des hommes quelque peu largués, le père surtout, des hommes sur lesquels Lucile ne peut pas s'appuyer. De cette histoire pas follement joyeuse, Catherine Cosme a réussi à faire un film qui n'est absolument pas plombant, un film ensoleillé et qui arrive même par moment à être drôle. Elle a été bien aidée par les prestations de Vimala Pons, comme toujours d'une grande justesse dans le rôle de Lucile, et de Guilaine Londez, excellente dans le rôle de la mère.
Lucile, photographe retourne chez sa mère malade. Avec son frère, elle va découvre que leur mère, leur a caché beaucoup de choses. Une situation économique tendue et dangereuse qui les met face à un dilemme impossible… Outre le fait d’aborder la question de la maladie et de la fin de vie, ce long métrage traitre la question du secret et de l’argent dans une famille. C’est brillant, bouleversant, très fort. Vimala Pons excelle.