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Roozen
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5,0
Publiée le 23 décembre 2025
Film magique et magnifique, qui nous a donné le sourire — vu deux fois. Les salles étaient remplies à chaque fois. Nous avons suivi et accompagné un petit bout de la vie d’un artiste profoundément touchant.
La beauté de ce film tient d'abord à la nature du peintre. Ricardo "est" peinture, et ce, depuis son plus jeune âge. Elle tient aussi à la relation fraternelle qui unit les deux hommes. Celle-ci nous permet une intimité rare avec l'artiste érudit et passionné. On l'écouterait pendant des heures... Ce qu'il nous dit n'a rien à voir avec un discours généraliste sur l'Art c'est vraiment son point de vue personnel sur l'Histoire de la peinture, c'est ça qui est très précieux. On se dit voilà ce qu'il voit lui qui est les mains dans la peinture depuis des années. Un film précieux.
Le cinéaste raconte son ami de longue date : Ricardo Cavallo, peintre. Il a fui l’Argentine, ado. À Neuilly-sur-Seine, il vit dans une chambre de bonne qui lui fait entrevoir les arbres du Bois-de-Boulogne. Il sera peintre. Quand il quitte l’urbanité, c’est pour le Finistère. En baie de Morlaix, où il créé une école de peinture gratuite pour enfants, car l’art se transmet sans filtre monétaire.
Lui, vit en ermite, tout entier voué à ses tableaux monumentaux, conçu comme des puzzles ou des paysages sans fins, qui avancent ou reculent, au gré des jours, au gré des saisons qui défilent en une seule journée. Il se nourrit de riz et de fruits (un régime efficace qui le remplit d’une énergie créatrice vitale et le soustrait aux contraintes domestiques), dort la fenêtre ouverte été comme hiver (une température ambiante nécessaire à ses œuvres). De jour, il s’enferme, muni de tout son barda (fragments de toiles, pinceaux, chevalets, chapeau) dans une grotte ou sous des rochers branlants menaçants. Il habite autant qu'il est habité par le panorama organique et ses différents points de vue, qu’il restitue, ardents.
Barbet, moins agile, se plie au séjour monastique : il est question d’une plongée au cœur de la création. L'artiste n’est qu’un humble messager.
Le film propose avant tout une très belle promenade dans l'histoire de la peinture, avec les grands tableaux justement célèbres, du Caravage à Cézanne, les lieux (comme les falaises normandes des impressionnistes), avec le regard érudit et sensible d'un artiste. La propre démarche artistique du peintre Ricardo n'est pas inintéressante non plus. Le tout est bien mis en valeur par le cinéma.
L'Amour de la Beauté comme lien d'une magnifique amitié. L'histoire de la Peinture qui se conjugue avec l'histoire d'un Peintre et de son œuvre lumineuse, vivante et saturée de couleurs qui ne sont accessibles qu'au regard de l'Artiste. Un film précieux et tendre. Merci Messieurs...
Film très sympathique, ou l'amitié entre le cinéaste et le peintre permet un échange chaleureux, sans prétention, traitant de la peinture abordée avec simplicité mais aussi avec passion
Barbet Schroeder braque sa caméra sur son ami Ricardo Carvallo. Perpétuellement curieux, le cinéastes montre son ami à l'œuvre. La précision, l'absolu et l'acuité qui anime le peintre laisse rêveur le commun des mortels. Surtout, le peintre parle de sa peinture et de celles des autres, Velasguez, Monnet, Seurat et c'est passionnant. Il est beaucoup question de transmission, chacun ayant une part d'artiste en lui, qu'il a a développer. L'art ici est un art de vivre, tourné vers la création, l'envolee. Le film comme la plupart des films de Schroeder, est modeste
Quel bonheur de partager la passion de ce peintre attachant et quel talent. Je ne connais pas la peinture ou si peu et franchement ce film à été pour moi une révélation, un vrai moment de bonheur et de partage. Merci a Ricardo et ses amis. J'espère que ce film sera projeté dans tous les collèges ou lycées de France !
Pour moi qui ne suis pas du tout experte en art puctural, c'est un choc. La lumière, les oeuvres, notamment de Velasquez choisies par Ricardo, cet homme, Ricardo, humble et passionné, les paysages, chaque plan de Schroeder invite à la contemplation, au ravissement... beaucoup d'émotion pendant tout le film. Une pépite!
Film très touchant. Rythme lent et parfait pour bien entendre chaque thème et émotion. Je me suis laissée porter dans la vie de cet homme humble et plein de pensées...
C'est magnifique. Un leçon de peinture, de vie, d'art, d'humanité.. Deux heures à découvrir ce peintre inspirant, une amitié avec le réalisateur et des tableaux. Bravo
Le film est surtout intéressant par le rapport de Ricardo CAVALLO (69 ans), grand érudit, à la peinture et ses maîtres, notamment Diego Velasquez (1599-1560) (spoiler: découvert lors d’une visite avec ses parents au musée du Prado à Madrid en 1978 à 24 ans ) car sa peinture n’est pas exceptionnelle. Elle est néanmoins originale depuis qu’il réalise de grands formats constitués de rectangles d’ardoises ou de bois. Sa vie n’est pas banale aussi : spoiler: né à Buenos Aires d’un père italien, il entame des études vétérinaires avant de se diriger vers les Beaux-Arts en France en 1976, logeant dans une chambre de bonne sous les toits à Neuilly (Hauts-de-Seine) associant des ménages pour vivre et la peinture . Il habite dans une maison simple (pleine de livres et dont la fenêtre de la chambre reste constamment ouverte et sans chauffage) à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) depuis 2003 où il peint la côte bretonne (notamment dans une grotte où il descend à marée basse et en cuissardes, portant son chevalet et son matériel sur le dos) et y a fondé une école de peinture, Bleimor. Cela n’est pas le 1er film sur la création artistique [cf. « Le mystère Picasso » d’Henri-Georges Clouzot] et il est dommage que Barbet Schroeder, certes ami de 40 ans, soit juge et partie, lui ôtant toute objectivité. Il n’est pas le seul dans ce cas : Wim Wenders a réalisé le portrait de son ami Anselm Kiefer dans le film « Anselm » (2023). Malgré son expérience, il est étonnant que Barbet Schroeder apparaisse à l'écran de façon gratuite et que l’on voit le microphone et sa perche dans le champ. Cependant, il a inséré, avec bonheur, dans le film les tableaux auxquels Ricardo fait allusion.
Un artiste, dans toute sa splendeur, son intégrité, sa passion, son perfectionnisme, sa générosité. Un type tout simple capable de vous brosser en quelques mots la subtilité d’un tableau de Diego VELASQUEZ. S’il vous est arrivé comme à moi de vous planter un jour devant une peinture en essayant de comprendre d’où pouvait venir la fascination qui s’en dégage, Ricardo CAVALLO nous donne la réponse. C’est l’expression de son âme que le peintre y a mise, tout simplement ! Quant à la très grande qualité de ce film, elle est probablement due à l’absence totale de pédanterie. Avec Ricardo, on ne peut qu’être potes, c’est évident…