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Roger D
107 abonnés
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3,5
Publiée le 27 janvier 2025
Un film aussi beau que triste niveau émotionnel! On suit donc ses esclaves qu'on a forcé travailler dans les champs de canne pour le compte du royaume de France avec tout ce que cela comporte comme atrocité proféré par des gens aux idéaux aussi immondes que leur comportement. Malgré quelques longueurs le film tiens en haleine à savoir déjà s'il va la retrouvé, s'il va réussir à échappé aux chasseurs (incarné par Cottinspoiler: que je peux toujours pas blairé mais qui va me faire plaisir pour une certaines raison ) et comment cela va t-il se finir, happy end ou pas? Ibrahima Mbaye est juste nickel dans ce rôle de père qui va tout faire pour survivre pour sa fille . C'est donc un film fort dont les âmes sensibles devront s'abstenir. NOTE : 7.5/10
Un film sur un thème fréquemment visité au cinéma. Il réussit à se démarquer par un souffle et une ambition renouvelée. La photo, le caractère en partie onirique ajoutent de la densité à des personnages dont chacun apporte sa spécificité à l'histoire. Mérite d'être vu.
Le drame de l’esclavage ramené à une (longue) course poursuite menée par une cinglée et ses deux fils debiles, derrière des marrons qui cherchent le nord
‘Ni chaînes ni maîtres’ pourrait être divisé en trois film bien distincts : l’exposition sans fard des conditions de vie épouvantables des esclaves noirs dans une colonie française du 18ème siècle, ensuite un Survival forestier qui voit les fuyards pris en chasse par une mercenaire impitoyable, enfin un aperçu des communautés que les esclaves-marrons - ceux qui étaient parvenus à s’enfuir - mettaient en place dans des zones peu accessibles, où ils tentaient de recréer comme ils pouvaient une continuité historique et culturelle avec leurs origines, soit un grand écart méritoire qui voit une pure séquence de Genre s’intercaler entre deux autres sections dramatico-historiques. Comme le film est doté d’un budget conséquent, il n’y a pas grand chose à reprocher à la partie centrale, brutale, tendue, esthétiquement puissante, capable de s’approprier avec brio les meilleurs atouts du cinéma de genre hollywoodien sans succomber à ses facilités ou à sa volonté d’en mettre plein la vue gratuitement. On aurait d’ailleurs du mal à déterminer quelle tendance l’emporte sur l’autre tant l’équilibre est savamment atteint mais la volonté derrière cette symbiose délicate est claire : attirer un public pas spécialement emballé à l’idée de regarder une oeuvre mémorielle traitant de l’esclavage dans les colonies françaises, le premier de son espèce depuis longtemps au sein du cinéma hexagonal....et peut-être le premier tout court, le seul autre exemple qui me vient à l’esprit est ‘Case départ’ qui envisageait le sujet sous un angle partiellement humoristique. Une autre bonne décision à mettre au crédit de ‘Ni chaînes ni maîtres’ est de ne pas bêtement aborder ses sections plus pédagogiques dans la peau d’un donneur de leçon, ou dans un simple transposition de la façon dont les Américains abordent leur propre histoire esclavagiste, ce qui serait à la fois anachronique et hors-sol : au contraire, le comportement des propriétaires et la manière dont ils interagissent avec leurs esclaves ne sont pas passés au prisme d’un regard moderne mais re-contextualisés dans la pensée d’un homme banal d’il y a trois siècles, pour qui l’inégalité est un principe fondamental de la société humaine, et qui ne perçoit pas ses méthodes comme inhumaines mais comme un acte légaliste en faveur d’un ordre social qu’il est chargé de faire respecter tandis que ceux qui amorcent une ébauche de réflexion sur l’injustice foncière du système esclavagiste n’en sont jamais au point où ils joignent le geste à la parole.
Et beh, quelle sombre époque que ce film nous rappel de manière si immersif qu'il n'y a pas de mot pour décrire autant de cruauté et dire que ça s'est réellement passé, comment c'est possible
Ni chaîne ni maître se présente comme une fresque libertaire où la liberté et la révolte sont au centre du récit. Pourtant, sous l’apparente grandeur de son propos, le film trébuche sur des choix narratifs qui brident son élan.
Les protagonistes incarnent des résistances plurielles. À travers eux, le film peint un tableau de la liberté comme combat, mais aussi comme rêve inachevé. Cependant, ces personnages, bien qu’héroïques, demeurent des archétypes. Le rebelle, l’oppresseur, le témoin passif… chacun porte une idée plus qu’une âme, ce qui restreint l’attachement émotionnel.
En convoquant les ombres de figures révolutionnaires, Ni chaîne ni maître cherche à inscrire son récit dans une éternité symbolique. Les chaînes, omniprésentes, deviennent le fil conducteur d’une réflexion sur l’oppression. Pourtant, à force d’insister, le symbole s’épuise. La répétition de ces images métaphoriques—portes closes, murs infranchissables, cages oppressantes, falaises—alourdit le discours, laissant peu de place à l’interprétation. Ce martèlement visuel enserre le spectateur dans les limites du message, plutôt que de l’inviter à explorer ses propres questionnements.
Le récit oscille entre des lenteurs contemplatives et des moments de tension brusque, mal équilibrés. Les scènes introspectives s’étirent jusqu’à l’immobilisme, tandis que les instants de conflit ou d’action semblent précipités, parfois expédiés sans l’ampleur dramatique qu’ils appellent.
Malgré la force de ses thématiques, le film semble tourner en boucle autour de son propre message, sans réellement renouveler son discours ou explorer des nuances inattendues. La révolte reste une posture, l’oppression un poids inamovible. Il manque à cette fable une véritable évolution, une exploration plus profonde des zones grises de la liberté, là où l’utopie se heurte au pragmatisme et où le rêve révolutionnaire dévoile ses contradictions.
Ainsi, Ni chaîne ni maître ressemble à une œuvre qui regarde la liberté depuis une distance théorique, plutôt que de la vivre dans sa chair. Si son ambition est indéniable, son manque de subtilité et de profondeur limite l’écho qu’il pourrait trouver en nous.
Un film sur l'esclavage sur l'île Maurice fin XVIIIe, porté par un casting plutôt bon et par des choix assumés dans la violence des situations. Plus que sur l'esclavage, le film s'intéresse au marronage, c'est à dire aux tentatives de fuite des exploitations blanches. C'est un film de traque, et au final, il se perd un petit peu trop à se concentrer sur l'action de cette traque. On passe un peu à côté de personnages secondaires comme celui interprété par Benoît Magimel, ou celui de Camille Cottin. Le film parle des liens père-fille, père-fils, mère-fils, mais sans rentrer trop dans un traitement abouti. Le scénario se teinte aussi un peu de fantastique quand il touche aux légendes et croyances des personnages, mais on se laisse emporter par l'ambiance et le final un peu attendu a tout de même réussi à me toucher.
"Marrons" Au 18e siècle à l’île Maurice, les esclaves qui s’échappent de leur plantation sont appelés « marrons » et sont impitoyablement pousuivis par des chasseurs/ses d’esclaves. Charge anti-esclavagiste en mode survival avec ce père et sa fille qui s’évadent, avec un peu de mysticisme. Beaux décors et histoire soutenue même si réalisation débutante
Un début plutôt pas mal, qui fait espérer qu’on va voir un film interessant sur les conditions de l’esclavage sur l’ile maurice, au milieu du 18eme siècle, mais malheureusement, assez rapidement, le scénario se réduit a une chasse a l’homme, ennuyeuse et sans grand intérêt, ni originalité. On peut aisément s’en passer.
Ni Chaînes ni maîtres est partout et nulle part, emprunte à la poésie d’un The Red Line et à la brutalité d’un 12 Years a Slave (Steve McQueen, 2014), oscille entre l’onirisme et le réalisme, confronte les différents partis et leur point de vue respectif, se complaît dans spoiler: les cavalcades des Blancs que la mise en scène place sur le même plan que la fuite des Noirs avec une musique rappelant le thème avec orchestre et percussions d’un Jerry Goldsmith pour Planet of the Apes (Franklin Schaffner, 1968). Dit autrement, le réalisateur Simon Moutaïrou signe un premier film incapable d’imposer une vision cohérente, soucieux de rétablir un dialogue entre les cultures mais, en même temps, de faire triompher un sentiment communautariste que redouble l’absence volontaire de traduction offerte au chant final, signifiant que nous, spectateurs qui ne parlons pas la langue des protagonistes, sommes exclus de leur cercle et étrangers à leur cause. Les bonnes idées de réalisation, notamment les plans en vision suggestive par déformation des focales, sont répétées ad nauseam ; de même, la caractérisation des personnages les transforme peu à peu en cires d’un musée ou en figures d’un manuel scolaire, uniquement définis par ce trait spécifique. Dès lors, comment espérer construire un sentiment de révolte et justifier le raccord à une violence originelle ? Le montage procède par ellipses malheureuses et nuit à la puissance de certaines séquences – pensons par exemple à spoiler: la découverte de la plage , qui n’advient pas dans la durée mais comme un simple étape du scénario. Malgré une efficacité d’exécution, voilà un premier film didactique et maladroit.
Ce n'est pas un mauvais film. Simon Montaïrou maîtrise bien sa caméra et sa mise en scène mais il y a un problème dans le scénario. Le début du film montre la condition des esclaves dans une plantation et c'est très réussi. La violence est perceptible dans le travail, la vie quotidienne et les relations entre les hommes. Mais très vite, on passe de 12 years a slave à Apocalipto. Le film se transforme en une interminable course poursuite qui occupe plus de la moitié du temps. Le réalisme devient romanesque. Et que dire de cette fin onirique ? Un film qui aurait pu être réussi mais qui a manqué de cohérence scénaristique. Dommage.
Un bon film avec le point de vue d'esclaves qui deviennent des fugitifs et donc des nègres marrons. La narration est fluide appuyée par de très bonnes images dans une nature sauvage qui joue aussi un rôle dans les traques et les caches. Le mélange des langues des esclaves et du français renforcent la complexité des échanges entre dominants et dominés. La quête de la liberté nous renvoie à une réflexion plus large et contemporaine de notre monde. A voir !
Ni chaîne ni maître est un film simple et fort sur des gens qui veulent être libres et lutter contre l’injustice. Il fait réfléchir et touche par sa sincérité.
L'esclavage, peu traité par le cinéma français, mis en avant dans une aventure humaine il fallait oser. Le résultat est réussi, on pense également aux routes migratoires d'aujourd'hui qui se terminent tragiquement.