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Jerome
50 abonnés
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1,5
Publiée le 4 mars 2023
Bien joué, bien filmé, mais au final, il ne reste qu'une sensation de grosse lourdeur et de grande longueur car il ne se passe pas grand chose sur près de 2h30....hormis quelques prétentieuses fantasmagories sûrement trés éloignées de la réalité de cette trés triste histoire qui, telle qu'elle est traitée, n'émeut plus guère. Bien dommage.
La femme de Tchaikovski est le nouveau film de Kirill Serebrennikov. Antonina, jeune pianiste épouse le célèbre compositeur. Mais l’amour qu’elle porte au musicien n’est pas réciproque. Un drame terrible à la réalisation impeccable mais très convenue. Le réalisateur nous a habitué à plus d’originalité, plus de folies, plus d’émotions.
Kirill Serebrennikov propose un biopic réussi centré sur la femme méconnu du célèbre compositeur russe. Une bonne précision historique et surtout une mise en scène d'abord sobre et assez classique puis de plus en plus originale (et folle pour coller au récit), appuyé d'une photo d'inspiration Barry Lyndon très sombre. Je découvre le travail de se réalisateur pour la première fois, cela me motive à creuser. Pour ce qui est du récit, il est lent et on est pas loin de l'ennuie dans son creux, au moment où l'histoire se répète un peu trop. Mais il est sauvé par les images, la musique de Tchaikovsky évidemment et la prestation parfaite de Alyona Mikhailova, aussi belle que touchante dans sa relation unilatérale avec cet homme qui la repousse depuis le début, rappelant certaines de nos relations actuelles...
Comme toute histoire de célébrité, nous avons celle qui illumine les cieux et au-delà, puis celle qui ne réclame qu’un peu de dignité. De retour sur la Croisette, Kirill Serebrennikov démarre la compétition avec une expérience fort et une position politique pertinente, à l’heure où la culture connaît un remous, si elle n’est pas suffisamment censurée pour qu’on ne s’y intéresse pas davantage. Le cinéaste foule d’ailleurs pour la première fois ces marches, où nous l’attendions au sommet. Après « Le Disciple », « Leto » et « La fièvre de Petrov », il est venu donner un sens à la vie privée du célèbre compositeur russe, mais dont il ne sera pas le sujet principal. Toutefois, c’est au crochet de ce dernier, en tant que personne, qu’on dévoilera le revers de la médaille et de l’ombre du saint patriarcat.
La femme ne sera plus que jamais au centre des débats, dont l’une d’elle semble avoir accepté d’être le martyr d’un homme ne fait que repousser le sexe opposé. Le mariage est la promesse d’une passion et l’idéaliste Antonina Miliukova (Alyona Mikhaylova) scrute son alliance avec autant d’appétit que cette foi, qui l’anime et la désintègre de l’intérieur. La première rencontre avec Piotr Tchaïkovski (Odin Biron) rassemble déjà tous les maux d’une société loin d’être paritaire et met en évidence la position inconfortable des femmes, dont la plupart ne cherchent que la sécurité dans une union formelle. Ce point de vue est adopté par le compositeur, qui ne souhaite qu’enterrer ses pulsions homosexuelles sur la scène publique, mais concernant son épouse, ce sera une histoire de mouche qui tourne autour de sa proie, comme si c’était son dernier repas sur Terre.
Elle se nourrit ainsi de ses désirs, à sens unique, car une incompréhension mutuelle les sépare de plus en plus, jusqu’à ce que la fourberie de chacun les étouffe. Tandis qu’elle cherche furtivement un regard complice de son bien-aimé, lui fuit, hésite et se cache dans la lâcheté. Nombreux de ses ambassadeurs établiront le portrait de l’homme derrière le génie. Serebrennikov profite alors de l’élan morbide de la vérité historique pour soigner la somptueuse photographie, d’une froideur implacable. Il flirte sans cesse sur la fine couche qui sépare la rêverie du cauchemar. Il n’y a donc plus que du gras à brûler après en avoir autant emmagasiné. L’héroïne ne lâche pourtant pas prise, même dans ses contradictions et se heurte à une tragédie qui la dépasse. À l’instar du « Lac des cygnes », Antonina est cette muse noire, une veuve de l’éternité, qui souffre de ne pas connaître l’amour réciproque de son prince.
Ainsi, « La Femme de Tchaïkovski » (Zhena Chaikovskogo) est piégée dans son propre fantasme, dans un contre-jour sublime et un cynisme bienvenu. Le metteur en scène évoque habilement les orientations sexuelles d’un pilier soviétique, mais également la chute d’une nation, qui se fourvoie dans ses secrets et par extension, son manque de sincérité. Il hurle à rétablir la vérité derrière un mythe que l’on croyait longtemps intouchable, mais ce qui l’est encore plus, c’est une hystérie silencieuse, où les femmes se laissent consumer par l’illusion du mariage. La rébellion n’est que plus évidente et grâce à l’appui d’une interprète de qualité, le film restera suffisamment magnétique pour rester dans un coin de notre tête.
Malgré une image et une photographie superbe, l’histoire d’ »amour impossible » de Madame Tchaikovsky, ne m’a pas vraiment intéressé. Tant pis, je vous le dis tout net………. Notre génie musical est un peu homosexuel et Antonina Miliukova subjuguée, perd tout discernement…. Si on ne perçoit pas la folie d’antonine, son amour aveugle et intense, n’a aucun sens….. J’ai été sensible, à la beauté de la photo mais l’histoire m’a semblé déraisonnable…..
Film remarquable sur un soleil noir par un réalisateur lui-même adepte de magie noire! Une œuvre plastique remarquable qui propose une hybridation entre un pur clacissisme pictural empruntant à la peinture du 19ème siècle et des expérimentations visuelles contemporaines. Loin d'être un mélodrame uniquement sombre, le film est porteur d'ambiguïté, d'ironie mordante et d'une réflexion "en négatif" sur l'acte de création artistique.
"La Femme de Tchaïkovski" se déroule dans la Russie du 19ème siècle. On y découvre la relation à sens unique entre Antonina Miliukova et Piotr Tchaïkovski. Le portrait est troublant, soigné et magnifiquement mis en scène. Toutefois, le grand compositeur passe pour un perfide alors qu'il était juste impossible de dévoiler son homosexualité aux yeux du monde à cette époque.
Le film est un éblouissement maladif, une beauté fatale et une douleur languissante. Quelle poésie, quel éclat dans cet amour cruel et ravagé. Le réalisateur nous réalise ici le pendant d'un autre drame de l'amour, celui de Ludwig. Les images, la caméra qui effleure et qui dérange. La musique déconstruite comme une impossibilité de créer. Une femme qui court à sa perte mais qui le fait avec conscience. Sublime et exalté.
On va dire après la vision de ce film qu il est important de séparer l homme Tchaikovski de son œuvre. Ce film raconte l histoire de la passion qui va virer à l obsession d une femme pour le compositeur; qui réussi à le convaincre de l épouser, lui voyant ici un moyen de dissimuler son homosexualité dans la Russie du 19e. Il en résulte un film sombre qui alterne sans rupture entre naturalisme et rêves/cauchemars. La mise en scène soignée et inventive sort le film du carcan du biopic aidé par la révélation Alyona Mikhailova à la fois bouleversante et troublante dans le rôle de cette femme délaissée et humiliée. Un film la fois grandiose et terriblement déprimant.
Récit fascinant d’une passion dévorante et unilatérale d'une femme pour son (génie de) mari, de l'obsession jusqu'à la folie, servi par une mise en scène virtuose. L'histoire d'Antonina T. 3,75
Immense actrice à l'affiche, sensationnelle de justesse, elle est parfaite dans ce rôle complexe et porte le film à elle seule. Beau film, un drame ultra sombre, la photo est léchée et quasi théâtrale par moments.
"La Femme de Tchaikovski" est sans doute un film à revoir deux fois. Et ce n'est qu'au terme d'un premier visionnage que cette critique est rédigée et que quatre étoiles sont cochées. La découverte de la bande-annonce du film de Kirill Serebrennikov lors du dernier festival de Cannes laissait croire que le cinéaste était revenu à une forme plus classique, loin des effets sophistiqués de Leto et de La Fièvre de Petrov. Mais c'est loin d'être le cas. Dès la première scène, on retrouve ces plans-séquences hors du commun où tout peut arriver (je n'en dis pas plus...). Et ces trésors de mise en scène sont distillés tout au long du récit de cet amour déçu. Une scène d'attente à la gare devient un plan-séquence continu où des dizaines de figurants alternent pour révéler que tout le temps du séjour est en train de s'écouler. La réception d'une lettre fatale dans une lointaine datcha donne lieu à des mouvements de caméras et à des effets de lumière croisant Tarkovski et Kubrick. Etc. Etc. La superbe photographie sert au mieux des comédiens parfaits.
Sur le fond, Kirill Serebrennikov se concentre sur le thème de l'amour impossible, l'amour obstiné. Peut-être cela forme-t-il triptyque avec Leto où les relations amoureuses étaient déjà cruciales, et avec La Fièvre de Petrov où c'est plutôt l'amour filial qui était abordé. A l'image d'Ida Dalser dans le chef-d’œuvre qu'est Vincere de Marco Bellochio, la jeune femme qui nous est montrée ici ne veut pas renoncer à son Tchaikovski. Elle s'y attache par tous les moyens, peut-être aussi pour être fidèle au sentiment que fut son premier amour lui-même. Certains trouvent ridicules que l'homosexualité du compositeur ne soit explicitement abordée que tardivement, mais cela fait sens dans un film fondé sur le point de vue subjectif d'un personnage qui ne veut pas voir la réalité en face.
Or cette impossibilité de concrétiser l'amour entraîne un dérèglement complet de la gestion de ses désirs. Tout comme le personnage principal de certains films d'Elia Kazan ou André de Toth, notre héroïne désire physiquement son partenaire, mais ne peut jamais assouvir ses envies. Cette autre problématique atteint son climax dans une scène de tentation où un ami de Tchaikovski sert à la jeune femme une brochette d'appâts, derniers instants de faste avant la descente aux enfers...
À la première vision, La Femme de Tchaikovski apparaît comme un vrai bon film, à tous points de vue. Il n'est pas impossible qu'une seconde vision permette de l'apprécier davantage, puisque, cette fois informé de la complexité de maints plans-séquences, on sera bien plus attentif à leurs effets sophistiqués.
Malgré une mise en scène remarquable, des images à couper le souffle et une actrice magnifique, le film impose le respect plus que l'enthousiasme, le récit manquant de passion, ce qui est un comble vu le sujet. Ceci dit, un Prix d'interprétation ou de la mise à scène à Cannes aurait été justifiée.
Serebrennikov revient avec une nouvelle claque cinématographique. "La Femme de Tchaïkovski" est un film poignant et viscéral, qui repousse les limites de la narration et de la mise en scène. Chaque scène, chaque plan est composé minutieusement, avec une photo sombre qui nous plonge dans la noirceur de ses personnages. Comme à son habitude, le metteur en scène russe développe son propos aussi bien sur la petite histoire de ce couple, traitant de la communication, de l'amour, de la folie... mais aussi la grande Histoire de son pays, au travers de l'art, de la liberté et de l'homosexualité, faisant écho à l'époque moderne. L'interprétation d'Antonina par Alyona Mikhailova aurait pu (du?) lui valoir le prix d'interprétation à Cannes, tant elle parvient à donner vie avec force et subtilité à la femme de Tchaïkovski
Un film aux qualités formelles impressionnantes : longs plans séquence, virtuosité des mouvements de caméras, fluidité des transitions, lumière, couleurs... @kirillserebrennikov nous propose du grand cinéma, à travers ce nouveau long métrage, véritable modèle de mise en scène.
Comme son titre l'indique, le film se concentre sur le personnage de l'épouse qui cherche coûte que coûte à se faire aimer par le compositeur qui n'a en fait consenti au mariage que pour faire taire les rumeurs sur son homosexualité.
C'est donc cette femme sombrant peu à peu dans la folie que nous suivons pendant les 2h23 du film, sur fond de cruauté et d'érotisme. La performance d'Alena Mikhailova est incroyable d'intensité. Comment #vincentlindon et son jury ont pu passer à côté lors du dernier Festival de Cannes ?
Le film souffre de quelques longueurs mais je me suis finalement laissé totalement embarqué, notamment grâce à cette alternance entre réalisme et onirisme, qui vient apporter une vraie originalité et une modernité au classicisme apparent du film.