Est-il nécessaire d'avoir vu X avant de regarder Pearl ? Non. Je vous le recommande néanmoins. Pour les frissons, la vision maligne et le casting bien entendu. Et les connexions entre les deux œuvres, allant de simples échos (cinéma, chair, "Oui Oui Marie") à un vrai prolongement thématique. Sur ce plan, le plan d'ouverture analogue agit tel un précieux révélateur sur ce qui va suivre. X tournait sa promesse de Massacre à la tronçonneuse impudique pour livrer un choc des générations poisseux. Ce préquel va aller chercher du côté d'un Cendrillon vénéneux. Plus précisément, une fable lugubre racontée à travers les yeux de son personnage principal (la future grand-mère psychopathe).
Le pourquoi du comment Pearl est devenue celle que nous connaissons n'est pas le sujet. Quand le film débute, la jeune fille a déjà un léger pète au casque. Calfeutrée dans sa ferme (pandémie de grippe espagnole oblige), contrainte aux mêmes travaux tous les jours, l'aspirante danseuse fantasme. Ti West adapte parfaitement sa mise en scène à son esprit détraqué. Des images soignées, une photographie chatoyante, le tout parsemé de visions hallucinatoires. L'horreur se niche là, par petites touches mais à chaque séquence. Rendu à la moitié du métrage, les nerfs vont être maintenus en tension.
À contre-pied des standards et du prédécesseur, West prend un malin plaisir à re-jouer les grands mouvements Disney pour les court-circuiter par les moments de trouble : l'épouvantail, la salle de projection, le diner, l'audition...Ce qui rend le déchainement de violence encore plus insoutenable. L'effet spécial le plus mémorable demeure Mia Goth, joliment sinistre du début à la fin (ce générique, brrr). L'intérêt n'est pas près de se tarir après l'annonce d'un troisième volet (en tournage), qui sait ce que le réalisateur et son actrice vont nous concocter. Pour le moment, on tient une duologie de l'épouvante plutôt aboutie. Après le slasher organique et le conte glauque, vers quel registre ira t-on ? Aucune idée mais j'irai sans hésiter.
J'avais beaucoup aimé X. Pearl le surpasse dans la réussite comme dans l'horreur. L'actrice y est vraiment bluffante. Jusqu'à la fin (je vous laisse découvrir). L'ironie a aussi sa part et m'a fait penser à certains films comme Evil Dead.
spoiler: C'est Cendrillon, le magicien d'oz, blow up, massacre à la tronçonneuse, Psychose, Shining ou Pearl, je suis perdu, le film n'a aucune identité propre à lui même.
"tu peux faire n'importe quoi si tu le veux vraiment" Non je peux pas voler et c'est pas l'envie qui manque.
"Je suis moche" T'es carrément mannequin et c'est pas chez Emmaüs.
J'adore le fait qu'ils se considèrent comme pauvres alors qu'ils sont proprio d'une baraque de plus de 80m2 ainsi que d'une étable et de bétail. En comparaison je vis dans un studio sans bétail ni rien.
Bravo Mr West spoiler: vous êtes visionnaire, car oui le porno a tout éclater, clin d'œil à son précèdent long métrages.
+0,5 pour les dix minutes de monologues sans interruption en plan séquence et le generique de fin est simple mais glaçant.
« Pearl » est un préquel qui retrace la jeunesse de la psychopathe la plus emblématique du cinéma horrifique de ces dernières années. Et quelle surprise (bien que je ne sache à l’heure actuelle si elle est agréable ou non tant la forme que s'offre ce film est imprévisible)! Ti West dans la réalisation est de toutes les libertés. Il a l’audace d’explorer les facettes de son héroïne au travers d’un style cinématographique tout autre que « X ». Il y a une petite ambiance « Hazanavicius et son OSS 117 » mais horrifique. Dans « Pearl », tout dans les couleurs, les costumes, la musique, le rythme et même le générique rappelle le cinéma des années 40-60. Sauf que ce dernier s’emplit progressivement de meurtres violents et de psychose. Et ce mélange est particulièrement dérangeant. On peut se représenter Sissi l’impératrice, le magicien d’Oz ou la petite maison dans la prairie, avec cette fois des acteurs et actrices qui auraient lâché leurs pulsions les plus cruesspoiler: (cette scène d’amour avec l’épouvantail me reste encore scotchée aux tripes).
Mia Goth est de tous les rôles et nous subjugue par son jeu d’une rare exception. La finesse de son interprétation laisse pantois. Elle est impressionnante de talent et joue à merveille cette âme tourmentée en putréfaction qui projette violemment son désespoir sur le monde. À ce sujet, et sans prendre le risque de divulgacher quoi que ce soit, une scène en plan fixe illustre si parfaitement la puissance de cette actrice! Rien de neuf au premier abord, mais lorsque le film se termine et qu’on s’offre un peu de recul pour contempler ce qu’on vient de traverser, on se rend compte que l’on est accroché avidement, sans le savoir vraiment pourquoi, à cette fresque malaisante et dérangeante. Quelle claque mais quelle claque!
Après le réussi X, Ti West fait aussi bien (voire mieux) dans un registre différent avec ce Pearl, prequel centré sur le personnage antagoniste de X.
Cette fois-ci, on est en 1918, tandis que le réal émule les films Technicolor d'antan tels que le Magicien d'Oz ou Autant emporte le vent. Tel un film Disney bien fucked up (le scénario a des relents de Cendrillon tendance psychopathique), West emballe un scénario aux tropes certes connues, mais où le côté insidieux de l'horreur (y a pas un seul jump scare) confère une vraie patine alliée aux images ultra colorées et au sound design orchestral à la Newman.
Mais au centre, c'est la formidable Mia Goth qui brille (depuis Nymphomaniac, High Life ou A Cure for Life elle montre encore son talent) dans un rôle pas facile (on lui doit même un sacré monologue en plan-séquence de quasi10 min).
Mention spéciale au générique de fin (tout bête dans sa fabrication, mais délicieusement creepy), pour ce 2nd opus bien réussi.
Pas mal mais j'en attendais beaucoup mieux... Moins bien que le premier volet X... Le film est un bel hommage au cinéma des années 70 mais il ne se passe pas grand chose au final mise à part un peu vers la fin... Il m a fait penser à The House of the Devil qui était beau formellement mais terriblement chiant... Le film ne fait pas peur... L histoire est assez banale... Une jeune fille de la campagne qui souhaite s émanciper et qui est prête à tout pour devenir une star etc... Bref c'était sympa mais sans plus...
La mini-studio qui monte et qui a lancé beaucoup de jeunes cinéastes tels que David Robert Mitchell (« It follows ») ou les Daniels, à l’origine du carton surprise outre-Atlantique « Everything Everywhere once at all », semble avoir confiance en Ti West. En effet, le cinéaste à l’origine de « X » a pu continuer sa trilogie avec ce « Pearl » et bientôt « MaxXxine ». Le premier était un hommage aussi bien aux films d’horreur gore qu’aux productions porno fauchées des années 70. Le troisième sera plus ancré dans les années 80 mais on n’en sait pas plus. Et ici ce « Pearl » entend plutôt singer et déclarer son amour à tout un pan du cinéma antérieur aux années 50 en nous narrant la jeunesse de Pearl, l’octogénaire meurtrière de « X » où sa femme Mia Goth jouait déjà une des victimes. Elle embarque donc avec lui dans cette trilogie atypique puisqu’elle sera aussi le rôle principal de « MaxXxine », nom de son personnage dans « X » où pourtant elle semblait succomber. Au départ, on se demande ce qui a motivé le studio à lui octroyer du budget pour deux autres films, vu les douze pauvres millions de dollars récoltés par le premier opus. Sauf qu’il en a coûté juste un et idem pour ce « Pearl » qui en a récolté huit... Une rentabilité qui ressemble à la formule de Jason Blum : mini budget, maxi profits ou pas, mais peu de pertes. Qu’on aime ou pas, cette trilogie est un projet troublant et original qui pue l’amour du cinéma bien que « X » ne nous ait pas spécialement convaincu, à cause d’une exposition bien trop longue et d’un revival finalement peu surprenant dans son déroulement. Dans un autre type, « Pearl » est bien plus réussi et distrayant bien qu’il ne demeure rien d’autre qu’un exercice de style.
Mia Goth porte clairement le film sur ses épaules et son long monologue de désespoir est en la preuve ultime et pourrait lui valoir quelques nominations. Mais outre les quelques saillies gores prévisibles et très réussies, en plus d’être des mises à mort sacrément tordues, c’est surtout sur le versant visuel que « Pearl » tire son épingle du jeu. Si « X » retrouvait la palette des films des années 70 tel que « Massacre à la tronçonneuse », on avait déjà pu le voir ailleurs. Là, c’est une œuvre unique dans le paysage actuel, complètement et volontairement surannée. Entre un hommage au cinéma muet, aux films érotiques clandestins de l’époque et aux premiers classiques en couleur, le jeune cinéaste a su retrouver la sève du cinéma d’antan et la restituer dans son petit film d’épouvante qui ne ressemble à rien de connu. On a même droit à une resucée des comédies musicales de l’époque! Les couleurs particulièrement criardes de l’image, le décor bucolique de cette ferme Amish, le clin d’œil à la pandémie ou encore les séquences dans le vieux cinéma puent l’amour du septième art. Cependant, il y a des longueurs, une histoire qui n’en a pas vraiment (hormis la confrontation avec cette mère castratrice) et on constate que ce « Pearl » ne demeure rien d’autre qu’un pur exercice de style certes réussi mais uniquement réduit à cela. Si vous voulez voir quelque chose de différent, rare et passéiste...
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