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Mister S
9 abonnés
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4,0
Publiée le 29 octobre 2025
Ce film raconte l'histoire d'une jeune de cité, tiraillée entre sa foi et son orientation sexuelle et par conséquent son amour pour les filles qu'elle découvre. Époustouflant, original et peu commode pour certains, le film se doit être regardé ! Bravo à Nadia Melliti pour sa prestation !
Dans la banlieue parisienne Fatima est la cadette d’une sororité, alors qu’elle va bientôt s’éloigner du nid pour poursuivre ses études, elle doit concilier ses racines, sa foi et son homosexualité. Film d’émancipation tout en délicatesse et pudeur sur une jeune fille qui doit avancer avec ses goûts dans un milieu qui à priori devrait les condamner. Mais quand on voit la tendresse de la mère, on en doute. Hafsia Herzi est une actrice qui sait diriger ses pairs, à commencer par sa jeune héroïne, totalement magnétique.
Très bon film, très belle interprétation très émouvante et sincère, un scénario bien fait qui met en opposition la religion et la façon de vivre de façon très fluide et sans jugement
La Petite Dernière adapte le roman autobiographique de Fatima Daas : le parcours initiatique d’une jeune fille de banlieue, lesbienne et musulmane, dont l’orientation sexuelle semble incompatible avec sa culture et sa foi. C’est donc un film sur ce conflit intérieur mais aussi sur la quête d’identité, la découverte de soi, l’éveil du désir. Et plus largement, un récit d’apprentissage et d’émancipation qui pose, avec beaucoup de sensibilité, une question universelle : Comment aimer et devenir soi-même dans un monde qui vous juge ?
L’homosexualité féminine reste taboue dans l’islam et le film cherche à briser ce tabou avec une grande sincérité. La réalisatrice filme au près la tension entre croyance et liberté, sans caricature ni provocation. Certaines scènes ont d’ailleurs été tournées à la Grande Mosquée de Paris, avec un véritable imam jouant son propre rôle. Sans jamais qu’elle veuille le renier, cet environnement l’empêche de s’assumer, un étouffement qui se traduit littéralement à l’écran via ses crises d’asthme, sa ventoline.
Ce sujet, inflammable, aurait pu virer au drame tire-larme ou au film à thèse mais ici il est porté à l’écran avec une grande douceur, caractéristique d’Hafsia Herzi, une de nos plus grandes actrices, ici réalisatrice. Elle a une tendresse sincère et infinie pour ses personnages et offre un regard pudique, humain, sans poser aucun discours, la caméra fait tout le travail.
On est au plus près de ce personnage, filmé en très gros plan, ce qui crée une intimité rare sans pour autant être voyeuriste et qui permet de capter la vérité de ses émotions. On vit donc tout ce film avec elle, mais pas en elle. On ne sait pas forcément ce qu’elle pense ou ressent, on est simplement témoin de ses désirs, ses doutes, ses hontes. C’est authentique, puissant et bien sûr magnifié par une prestation XXL de l’immense révélation Nadia Melliti, dont c’est la toute première expérience devant la caméra. La naissance d’une étoile.
Une œuvre à la fois forte et inspirante, "La petite dernière" n'est pas sans souffrir d'un trop-plein de narration, comme si la cinéaste, voulant puiser au maximum dans le livre adapté, avait eu des difficultés à élaguer. Reste nonobstant un récit sincère sur un sujet casse-gueule, porté par un casting formidable (Nadia Melliti, bien sûr, mais aussi la magnifique Ji-Min Park, vue dans "Retour à Séoul"). Les scènes qui réunissent les deux comédiennes sont toutes réussies et pleines d'étincelles, tout comme celles filmées dans le cercle familial de l'héroïne (le dernier face à face avec la mère est splendide). D'autres peuvent sembler plus convenues (le plan à trois, les séquences en boîte de nuit) mais l'ensemble demeure passionnant et mérite le déplacement, Hafsia Herzi luttant aux côtés de Fatima pour sa liberté et son émancipation.
Impatient de découvrir le 3ème long métrage d’ Hafsia Herzi, je sors de la projection quelque peu « interdit ». Cette adaptation du roman « La petite dernière » de Fatima Daas, nous plonge dans une thématique qu’ on ose de nos jours faire jaillir, sans doute étouffée dans le passé, a vu la récompense Cannoise 2025 pour l’ interprétation de Nadia Melliti ( Fatima ) une très jeune femme musulmane pratiquante, découvrant son orientation et son attirance pour le même sexe. On est très loin du luxe de la côte d’ Azur ou des quartiers bourgeois ; ici les décors sont ceux de banlieues sensibles, sans aménagement particulier, qui donnent la priorité aux comportements, aux attitudes, mais aussi aux silences pour livrer au plus près, des sentiments intérieurs contrariés que Fatima lève le voile. La photographie est superbe, dans une semi-obscurité dans toutes les scènes où l’ intime est approché, avec pudeur et réalité. Excellente mise en scène, du milieu familial typique, un peu caricatural, mais complet avec une maman si douce et disponible, la présence de « traditions » avec l’ ami « des couloirs » et les échanges tendus, au niveau verbal, entre filles et garçons. Plus sidérante, la parole déstabilisatrice de l’ imam local gommant toute aspérité possible évoquée dans un discours aveugle. On suit avec plaisir cette jeune femme, sportive, pratiquante, aspirée dans son émancipation naissante. Sans voyeurisme, et sans jugement, la caméra d’ Hafsia Herzi poursuit son parcours méritoire après son « OVNI » : « La graine et le mulet », récompensée à juste titre de« Meilleure actrice » dans « Borgo », avec beaucoup de générosité et de réalisme dans un sujet douloureux et tellement actuel. Le personnage de Nadia Melliti nous laisse un goût d’ inachevé, laissant place à certaines lenteurs, quelques scènes inutiles et un bilan approximatif. On en veut plus….. !!**
Le thème est intéressant et particulièrement actuel, et il reflète bien un des aspects de notre société contemporaine : la difficulté, pour une jeune musulmane homosexuelle (mais ce pourrait être aussi le cas pour un garçon), d'assumer son orientation. Mais il me semble qu'il manque deux choses à ce film : une trame narrative solide, le scénario se résumant à une succession de plans séquences qui devient assez rapidement ennuyeuse. Si on s'attache à l'héroïne, on ne vibre jamais aux aventures qui lui arrivent, qui sont tellement inexistantes qu'on cherche en vain une narration. Par ailleurs, la problématique familiale, religieuse, est assez rapidement abordée, et l'on se contente de suivre Linda dans ses quelques tentatives pour satisfaire ses désirs. Ajoutons que les dialogues, surtout entre jeunes du lycée et de la fac, sont assez peu compréhensibles et alourdissent le propos sans l'éclairer.
je pense que ce film va aider beaucoup de personnes en questionnement sur leur sexualité et l'actrice principale joue extraordinairement bien. une réussite
le scénario est intéressant , jeunesse , religion , banlieue. la jeune fille de 17 ans est ( plutôt bien ) interprétée par une femme de 23 ans ( ???? ) , La mère de famille vraiment bien dans le rôle de méditerranéene . Cela dit une gamine de 18 ans , musulmane pratiquante qui decouche , rentre dans cette belle famille plutôt traditionaliste à des heures très.... tardives .... est-ce plausible ?????
Un film puissant de Hafsia Herzi , sur un sujet délicat, abordant même plusieurs thèmes de manière ambitieuse. Bien sûr Hafsia se situe en filiation directe de Abdellatif Kechiche , on sent l’admiration qu’elle a pour lui, et son cinéma est un cinéma fort , dense, de l’extrême . Les scènes de groupe, de lycéens, ou de repas familiaux sont complétement Kechichienne , avec une sorte d’impro sous tension. Ajoutant sa touche personnelle, pleine de délicatesse , mais condensée, que l’on avait déjà apprécié dans le très bon « une Bonne mère » Ensuite ce thème de l’équilibre entre la foi et la vie personnelle, ou comme le mentionne avec beaucoup d’intelligence, de manière plus générale, un prof de philo de son université de, « l’émancipation » de l’individu face à ses carcans, selon Boileau , quelques soit les préjugés politiques, moraux ou sociétaux . Question ambitieuse, profonde, complexe, nœud central du film, ici aussi relayée, pour la partie religieuse par une intervention très intéressante d’un imam musulman non manichéen, sur la question de la liberté et de l’orientation sexuelle. Les scènes de fêtes et de « lâcher prise » dans le milieu lesbien sont superbes, là aussi dans le style Kechichien , de musique techno à fond , de fêtes délirantes , de corps qui se touchent et transpirent, de sensualité débordante , de baisers intenses. Idem pour la manière de filmer les corps . Ici beaucoup de respect pour les scènes dénudées, mais ces quelques scènes « chaudes » sont en cinéma véro, les acteurs donnent tout , Hafsia les poussent, c’est superbe et très fort. Une belle interprétation de Nadia Melliti , avec beaucoup de sobriété, la dernière scène en plan fixe de plusieurs minutes est une merveille, tout en silence, en intériorité , est-ce le moment de ‘’l'émancipation » ou pas .On est crispé, un suspens presque insoutenable. Le plaisir aussi de retrouver la très bonne actrice franco-coréenne , Jim -Min Park vu dans le très bon « Retour à Séoul » , qui a beaucoup de profondeur dans son jeu . Bravo à H. Herzi qui confirme qu’elle est une toute grande, et qui forge film après film , une forte personnalité et un style propre .
J’adore Hafsia Herzi, que je suis depuis ses débuts d’actrice jusqu’à son César cette année. Je n’avais pourtant pas encore eu l’occasion de découvrir ses premiers pas derrière la caméra. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai pris ma place pour l’avant-première de La petite dernière, dès la fin du festival de Cannes. Hafsia apporte à chacun de ses projets une grâce, une douceur, une humanité qu’on ne peut qu’aimer. Dans La petite dernière, elle choisit un sujet audacieux — l’homosexualité féminine au sein de la religion musulmane — qu’elle aborde à chaque instant avec tact et pudeur. Elle retranscrit avec justesse les phases de conflit intérieur de son personnage, sans jamais tomber dans le fatalisme. Au contraire, les plus belles images du film sont ces scènes d’espoir et de liesse (trop nombreuses selon certains), mais ce sont justement celles-là qui, plusieurs mois plus tard, me restent en mémoire.
Un bon drame, à la fois un peu cru, intéressant et émouvant. Il retrace l’émancipation d’une jeune femme musulmane pour qui être soi n’est pas simple, dans un univers où l’homosexualité demeure inconcevable.