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3,0
Publiée le 12 juillet 2024
Je sais que je ne vais pas me faire que des amis mais le dernier film d'André Téchiné confirme, selon moi, que, à l'instar de nombreux réalisateurs ces dernières années, il est compliqué, dans le monde du cinéma, d'être et d'avoir été...
Après le film de Patricia Mazuy, La Prisonnière de Bordeaux, présenté à Cannes en mai dernier, la caméra réunit une deuxième fois ces deux immenses actrices que sont Isabelle Huppert et Hafsia Herzi, sans pour autant atteindre les sommets que l'on aurait pu imaginer.
Si le film n'est pas mauvais en soi et qu'il est plutôt très bien interprété par son trio d'acteurs, dont le talent n'est plus à prouver, force est de constater qu'il ne m'a pas touché ni vraiment intéressé.
C'est dans sa façon de passer par la fiction pour nous faire réfléchir à des thématiques sociétales très contemporaines (le rapport de la société à la police, la montées des violences pour se faire entendre, le rapport de classes...) qu'il est le plus intéressant.
Néanmoins, le scénario n'est pas assez étoffé et ne propose pas une progression de l'intrigue et une évolution des personnages suffisamment denses pour capter l'intérêt du spectateur jusqu'au bout, au travers d'un récit un peu trop programmatique, dont la voix off vient renforcer le côté presque désuet de la narration.
Si l'on peut légitimement regretter de ne pas retrouver la force romanesque des grands films qui ont bâti la filmographie d'André Téchiné, l'on se consolera en se disant que Les Gens d'à côté reste tout de même infiniment supérieur au très gênant Les Ames Soeurs, du même réalisateur, sorti il y a un an.
Le film d'André Téchiné est une bonne réalisation de ce vieux routier du cinéma .Sa construction, le jeu des acteurs sont irréprochables.Bien sûr, le cinéma de Téchiné va droit au but et il est assez épuré alors décors et seconds rôles sont parfois escamotés, mais on en sort frustré non pas à cause de ces manques qui ne nuisent pas à l'action mais d'une fin qui n'en est pas uneet il manque clairement un bon quart d'heure au film pour qu'il donne l'allure d'un film achevé.
Sujet passionnant et traité avec délicatesse. Mieux qu'un Antonioni sur l'incommunicabilité. Logique et solidarité policière d'un côté, furie ACAB de l'autre, chacun est dans son bac à sable. Et qu'il est dur et courageux d'essayer d'en sortir. Un beau film qui plaide pour la sortie de son horizon restreint et la compréhension de l'autre, sans masquer les désaccords profonds. Très belle réussite
C'est un film au scénario empreint d'humanité que l'on ressent et qui nous fait sur les a priori que l'on pourrait avoir. Les trois interprètes principaux sont tout simplement géniaux et très convaincants.
André Téchiné et Isabelle Huppert, Hafsia Herzi, Nahuel Perez Biscayart, Romane Meunier, un choix, il est parfait, je pense, pour cette histoire.... Peu importe la différence d'activités, de morale, de vie et de politique. On se sait jamais ce que fait l'attirance envers un autre que soi opposé, a croire, et en fait magnétique du fond !
Ce long métrage met essentiellement en valeur les prestations inouïes d' Isabelle Huppert et d' Hafsia Herzi !
La manière de filmer nous place en position de réflexion face à un dilemme fondamental qu' assume Lucie , incarnée par Isabella Huppert.
Il est toujours possible de pouvoir tisser des liens avec des voisins , les gens à côté de chez vous , tout simplement pour apprendre à se connaître et à vivre sans juger , ce qui ne signifie pas être complice ou se voiler la face !
Un grand film qui distille un réel humanisme, auréolé de lumière et aux plans séquences étonnants !
André Téchiné fait partie des grands réalisateurs et scénaristes qui construisent très souvent leur sujet sur des bases sociales ou sociétales. Comme cadre ici, une technicienne de la police scientifique (ça n’en reste pas moins une membre des forces de l’ordre) à la rencontre de ses voisins charmants mais dont l’homme s’avère être un repris de justice. De ceux qui dans une logique antisystème vouent une sainte horreur à la police et n’hésitent pas lors des manifestations à leur balancer tous les projectiles qu’ils peuvent imaginer avec le sombre dessein de faire mal, blesser, tuer même. Deux univers d’individus qui, selon l’expression consacrée, « ne vont pas en vacances ensemble ». Mais la cohabitation se passe plutôt bien d’autant que si la policière sait rapidement à qui elle a affaire, ce n’est pas le cas tout de suite dans l’autre sens. Une certaine amitié s’installera. Elle mènera à une complicité coupable aux yeux de la justice (enfin de la police des polices). Le défaut du scénario c’est qu’il ne fait que poser une trame. Les sentiments qui lient les uns et les autres et ce qui les inspire (voire les légitime à leurs yeux), chacun dans leurs actions, sont peu explorés. Le spectateur ne vibrera pas.
Lucie (Isabelle Huppert), la soixantaine, travaille à la police de Perpignan. Elle peine à se remettre du suicide de son mari, policier lui aussi, survenu un an plus tôt. Un jeune couple et leur ravissante gamine viennent de s’installer dans le pavillon voisin du sien. Julia (Hafsia Herzi) est enseignante ; Yann (Nahuel Pérez Biscayart) est un artiste qui se révèle activiste anti-fa, partisan de l’action violente, sous le coup de plusieurs condamnations judiciaires. Lucie est écartelée entre l’amitié qu’elle ressent pour ses voisins et la réserve que sa profession lui impose.
À quatre-vingts ans passés, André Téchiné cumule deux qualités rares. Il est d’une part l’une des figures tutélaires du cinéma français. Il est d’autre part toujours aussi productif – à l’instar de ces grands cinéastes du monde entier (Eastwood, Miyazaki, Scorsese, Polanski, Loach…) qui continuent à réaliser des films comme si les ans n’avaient aucune prise sur eux. André Téchiné ("Hôtel des Amériques", "Ma saison préférée", "Les Roseaux sauvages"…) est le cinéaste de l’intime, de l’homosexualité, de la confusion des sentiments. Mais son cinéma s’inscrit dans un environnement social et politique. Cette attention portée au contexte est de plus en plus marquée ces dernières années, au point d’en faire presque un réalisateur « à thèmes » : la radicalisation des jeunes attirés par le jihad en Syrie dans "L’Adieu à la nuit", le TPST des soldats français de retour d’opérations extérieures dans "Les Âmes sœurs"…
"Les Gens d’à côté" s’inscrit dans cette généalogie-là. Ses premières images quasi-documentaires rappellent les films de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, ayant pour cadre le monde du travail et ses luttes. Sauf qu’ici, il s’agit de la police et de ses syndicats qui alertent les pouvoirs publics sur le nombre alarmant de suicides dans ses rangs.
Entre ACAB (All Cops are Bastard) et #JesoutiensnosFDO, André Téchiné, comme toujours, évite le manichéisme. Son film ne prend pas la défense de la police pas plus qu’il ne fait l’apologie de la violence révolutionnaire. Il se place à hauteur d’hommes – ou plutôt de femme. Car le film est raconté à travers les yeux de Lucie, doublée d’une voix off redondante, dont la loyauté est mise à mal : loyauté d’une part à l’égard de ses voisins avec lesquels des liens d’amitiés se sont noués, d’autant plus puissants que Lucie n’en a pas beaucoup d’autres, loyauté d’autre part à l’égard de ses collègues, de son mari décédé et de sa profession.
Le problème des "Gens d’à côté" vient à mon sens de son scénario, trop appliqué, trop lent, trop prévisible et pas toujours très crédible. Il vient aussi de ses acteurs. Isabelle Huppert a au moins dix ans de trop pour le rôle. Ses séances de jogging répétitives, dans son sweat shirt et sous sa capuche, frisent le ridicule. Hafsia Herzi est à mes yeux, presque aussi calamiteuse, dont je trouve le jeu terriblement faux. Échappe à mon courroux le seul Nahuel Perez Biscayart qui, décidément, d’un film à l’autre, habite toujours ses rôles avec la même incandescence. Les quelques pas de danse improvisée qu’il esquisse sur un parking nocturne constituent ma séquence préférée de ce film moyen.
Comédie assez sombre, qui m'a attiré pour la présence d' Isabelle Huppert ( Lucie ) mais aussi Hafsia Herzi ( Julia ). André Techiné à la réalisation, c'est bien une intrigue qui se met rapidement en place, dans un climat cher à I Huppert. C'est ce que j'adore chez elle : on ne peut vraiment pas deviner son attitude et on comportement a priori. Le film n'est pas très long et pourtant quelques longueurs nuisent au scénario. Idée intéressante de construire un suspense entre voisins, ce jeune couple ayant emménagé dans le pavillon juste en face de celui de Lucie, femme seule. Moins heureuse celle de la voix off dans les flash-back nombreux qui compliquent la compréhension. Les deux femmes jouent très bien cette complexité de la mixité sociale, à un degré moindre Nahuel Perez Biscayart, son rôle restant dans l'ombre. Au global, une petite déception, dommage de ne pas avoir poussé un peu plus loin..... !!**
Lucie travaille dans la police. Un jour, de nouveaux voisins s’installent à côté, elle est professeure, lui est artiste et activiste. Ensemble, ils élèvent une petite fille dont Lucie se prend d’affection. Une cohabitation étonnante tant tout semble les opposer. C’est touchant.
Film sur le vivre ensemble pas toujours crédible, scénario qui touche à plusieurs choses, très belles interprétations de Isabelle Huppert et de Hafsia Herzi
Lucie est une policière qui a vécu une année psychologique difficile suite au suicide de son mari policier également. Elle insiste pour reprendre du service après être sortie d'internement. Au même moment, de nouveaux voisins emménagent dans le pavillon d'à côté. Lucie se lie avec cette famille avant de découvrir que le mari, Yann, est un militant black bloc. En salle le 10 juillet.
spoiler: “les gens d'à côté” a des atouts intéressants. Téchiné nous place dans une perspective politique à mi-chemin entre la policière et le black bloc. Le point de vue narratif est toujours entre ces deux réalités sans jamais prendre réellement parti, ce qui est rare dans ce type d'œuvre. J'ai aimé l'interprétation d'Isabelle Huppert qui parvient parfaitement à incarner cet amour qui part en direction du passé (son mari, sa profession) et du futur (ses voisins) en même temps, sans jamais choisir. Dommage que le côté ésotérique du récit me laisse perplexe : c'est soit trop soit trop peu mais j'ai trouvé le dosage de l'apparition du fantôme du mari mal adapté au reste du film.
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2,0
Publiée le 30 janvier 2025
« Je n'ai pas d'autre famille. » spoiler: Après le suicide de son compagnon , Lucie est seule et n'a plus que son métier dans la police pour tenir le coup. Cependant, l'installation d'une famille dans la maison voisine va la confronter à un dilemme moral et éthique. S'il est question spoiler: d'activisme, de solitude, de violences policières ou des conditions difficiles de ce travail , André Téchiné ne va jamais au-delà du simple synopsis de son film. L'écriture est bâclée et il est difficile de se passionner pour de tels enjeux avec un dilemme auquel on ne pense jamais, car il n'y a pas vraiment deux options qui s'offrent à elle. De plus, je n'ai jamais trouvé Isabelle Huppert crédible dans son rôle. "Les gens d'à côté" est en dessous de ce que le réalisateur peut faire et ce film ressemble à un téléfilm peu inspiré que ce soit au niveau du scénario ou de la mise en scène.