Un film-mémoire intime, fragile, pudique – mais peut-être trop flottant pour moi.
Aftersun est un film très particulier. Ce n’est pas une histoire qu’on regarde, c’est un souvenir qu’on traverse.
Et pour moi, c’est à la fois sa beauté… et sa limite.
Je reconnais pleinement la finesse de la mise en scène, la tendresse du regard, la justesse du ton. C’est un film qui ne dit rien, mais qui raconte énormément, et qui repose presque entièrement sur l’émotion rétrospective.
Mais j’avoue avoir eu du mal à savoir comment l’aborder au départ. Trop contemplatif, trop silencieux, presque trop discret. J’étais un peu désorienté, comme si le film refusait d’être saisi.
Avec le recul, je comprends que c’est justement ce qu’il cherche à faire.
Aftersun est le souvenir d’un moment d’enfance, recomposé par une adulte, une façon de revisiter les gestes d’un père en souffrance qu’on n’avait pas compris à l’époque.
Et là-dessus, le film est bouleversant sans jamais forcer.
Paul Mescal est d’une justesse incroyable. La construction du récit, toute en petites fissures, en silences, en regards perdus, est d’une subtilité rare.
La scène finale, entre boîte de nuit mentale et couloir vide, offre une clôture émotionnelle magnifique. Et ce tapis turc aperçu, puis retrouvé chez Sophie adulte, dit tout du lien ténu, matériel, fragile mais éternel entre eux deux.
Je ne dirais pas que j’ai été bouleversé. Mais j’ai été marqué.
Et à mes yeux, c’est déjà une preuve que le film a touché quelque chose de réel.
Un film délicat, à recommander à ceux qui aiment les récits qui murmurent plus qu’ils ne parlent.
Et qui, peut-être, continueront de parler bien après le générique.