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Antoninravel
5 critiques
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4,0
Publiée le 3 avril 2026
Adam Bessa est impressionnant, tout passe dans son regard, comme s’il portait le poids du monde sans jamais exploser. C’est beau, tendu, et ça laisse un petit nœud au ventre en sortant.
Tu peux rendre fou un homme marginalisé en lui ôtant tout, mais la seule chose que tu ne pourras jamais lui priver, c’est sa générosité.
Ok. Waw. Une claque. T’as rien, tu te bats, on te prend, mais tu lâches pas, et le peu qu’il te reste, tu le donnes. Voilà le film. Tout monte en tension, Ali reste calme c’est fou, il garde tout pour lui, ne dévoile rien. Il est le symbole d’une population écrasée par la corruption. Son jeu d’acteur est juste parfait, franchement. Il colle tellement à l’image, il est tellement bien filmé, tellement parfait finalement.
Les dernières scènes sont d’une puissance inouï, on sent qu’il est à bout. Et la scène de fin… WAW (spoiler) : quand on le voit arriver là où se trouve le gouverneur, avec son bidon d’essence à la main, tu te dis : il va pas faire ça. Mais si. Il le fait. C’est d’une justesse scénaristique tellement parfaite : il se tue avec ce qui aurait pu le faire vivre.
Ce film m’a réellement touché car il dépeint les conditions d’un pays déchiré. Il est puissant, il dénonce tellement de choses que, nous, en tant qu’Occidentaux, avons la chance de ne pas vivre.
Même si je pense que certaines thématiques aurait du être plus développé (printemps arabe, la mère, le père etc) car là je me trouve un peu frustré de ne pas en savoir plus, (1h20h de film c’est trop court ) j’aurais pus voir ce film des heures !
Et la douce voix de la sœur qui nous accompagne durant le film est tellement réconfortante, et elle apporte tellement de précision. (Très bonne idée artistique)
Film tendu où les puissants des rues qui ont l'argent exploitent sans vergogne la misère du monde. L'acteur principal est très bon dans son mutisme réfléchi.
Harka m'a marqué par sa force contenue, mais surtout par l’interprétation remarquable d’Adam Bessa. Il porte le film de bout en bout avec une intensité discrète, faite de regards, de gestes retenus et d’une fatigue presque physique... J’ai été frappé par la justesse de son jeu, jamais démonstratif, qui rend le personnage profondément crédible et humain. La mise en scène s’efface souvent pour lui laisser toute la place, et c’est précisément là que le film trouve sa puissance. Une œuvre exigeante, portée par un acteur habité, qui reste longtemps en mémoire.
Pour son premier long-métrage sorti en 2022, Lotfy Nathan propose une vision désenchantée de la jeunesse tunisienne à l’aube du printemps arabe à la fin de l’année 2010. Dans un style proche du documentaire, on suit le quotidien d’un homme vivant de petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Confronté à la corruption du système, s’engageant même dans la contrebande, il abandonne progressivement son rêve d’une vie meilleure en Europe. Le rythme reste terne sans procurer beaucoup d’empathie pour ce personnage à l’abandon. Seul le final, en forme de métaphore sur l’indifférence de la société vis-à-vis de la souffrance des pauvres gens, offre une dimension universelle à cette période historique abordée sans conviction. Bref, une chronique sociale traitée sans grande originalité.
Un jeu d’acteur assez fort où le personnage d’Ali magnifiquement incarné par Adam Bessa se consume de détresse puis de résignation ; sa survie n’est pas pour lui même mais pour ses deux sœurs, le visage hématié montre un être aspiré de sa moelle par la pauvreté, le système bancaire, l’injustice sociale, l’échec des institutions jusqu’au point de non-retour : Harka est un double sens il veut dire l’évasion illégale des migrants qui traverse la Méditerranée mais désigne aussi l’immolation par le feu (un symbole et un fil rouge constant dans le film avec des brûlures et des plaies qui cuisent sous le soleil, la chaleur, l’essence, Merci à Adam Bessa d’avoir raconté cette histoire malheureusement banale en Tunisie.
Tableau désenchanté (mais sans surprise) de la Tunisie d’ajd, 10 ans après la Révolution de Jasmin (ou de paille) à travers le quotidien sans espoir d’un jeune homme confronté à la corruption et à l’injustice, porté par l’interprétation pleine de justesse d’Adam Bessa. 2,75
On devine rapidement vers quoi on s'achemine... Mais la puissance du film ne réside pas dans un éventuel suspens, mais dans sa capacité à émouvoir le spectateur par la façon dont il raconte cette implacable descente, la destruction minutieuse d'un jeune-homme courageux et persévérant, pris dans une situation inextricable. J'ai aimé la manière de filmer, comment le récit est construit, la quasi absence de dialogues, la voix off du personnage secondaire. J'ai été impressionné par l'acteur qui porte le film que je ne crois pas avoir déjà vu ailleurs. Un film fort qui donne aux racines du Printemps arabe un visage mémorable.
Précédent de peu Les filles d'Olfa, voilà autre face de la Tunisie: une fois le père disparu, le fils reste sans boulot fixe, incapable de nourrir ses deux sœurs. Ce premier film, dédié à la mémoire de Mohamed Bouazizi, a été tourné sur le lieu de son immolation Sidi Bouzid. Sous la forme d'une fiction d'envergure mineure, Nathan bénéficie d'un acteur remarquable, avec un Adam Bessa, incarnant un Ali sombre et mutique, justement récompensé à Cannes. Le monde des hommes n'est pas plus brillant que celui des femmes, ainsi le seul horizon étant la courte scène du début quand le copain immigré se vante de pouvoir tout se payer, femmes, voiture et le reste. Il ne reste plus qu'à Ali l'essence de contrebande pour survivre ou disparaitre. DVD juillet 23
certaines longueurs mais nécessaires pour comprendre la difficulté de ce Tunisien à vivre décemment. ce film fait référence au jeune qui s'était immolé en Tunisie et qui a été à l'origine de la révolution tunisienne
Malgré les excellentes critiques, je n’ai pas été accroché par l’histoire. C’est typiquement le film d’auteur, certes pas mauvais, mais qui manque trop de rythme pour m’interesser.
Sur un cas unique, presque solitaire, Lotfy Nathan réussit à nous parler de la Tunisie d’aujourd’hui, dix ans après le printemps et sa révolte dont les braises ont plus que refroidi. Ali, entouré de ses deux sœurs dont il est responsable, galère de petits boulots en minables compromis au milieu du racket policier et du potentat social. A force de se cogner toujours la tête contre les murs, il va prendre en main son destin de la façon la plus désespérée qui soit. D’où les précautions de la mise en scène Nathan filme avec retenue, tant l’instant est à l’urgence. Mais le doute subsiste sur ces attendus de la destinée que sa caméra élude chaque fois d’une ellipse saisissante. Adam Bessa en saisit la force et son étrangeté, son pouvoir d’interprétation et sa rage de justice. Il est impressionnant ! AVIS BONUS Adam Bessa évoque son personnage et la manière dont il a abordé ce film Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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11 630 critiques
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3,0
Publiée le 21 mars 2023
Ali vit dans son coin à vendre de l'essence de contrebande jusqu'au jour où il apprend le décès de son père, ce qui implique qu'il doit s'occuper de ses deux sœurs. Il a déjà du mal à s'en sortir seul, donc il ne sait pas comment il va faire pour prendre en charge deux autres personnes d'autant plus que les mauvaises nouvelles ne sont pas terminées... Ali n'est pas du genre à se tourner les pouces, mais il est obligé de travailler dans l'illégalité s'il veut survivre, car il s'agit bien d'une histoire de survie dans une Tunisie où la misère et la corruption dominent. Une vie de concessions et de sacrifices, mais à quel prix et pour quoi ? Une situation désespérée qui profite à ceux qui sont aux pouvoirs ou qui ont les moyens, car être dans l'illégalité est permis à condition d'avoir l'argent pour corrompre les autorités, donc ceux qui gèrent ce genre de business ne sont pas inquiétés au contraire de ceux qu'ils exploitent. "Harka" est donc un film solide avec un très bon Adam Bessa et une fin très puissante spoiler: non pas pour l'immolation en elle-même, mais surtout pour l'ignorance de toutes ces personnes qui passent...