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Olivier Barlet
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2,0
Publiée le 20 juillet 2022
(...) En tant que spectateur, nous ne pouvons que soutenir Ali, qui se démène comme il peut. Rien à condamner chez lui : il n’aime pas le copain qui fait croire à l’eldorado berlinois, il essaye d’assurer auprès de ses sœurs, il ne fait rien d’immoral. Il est dénué de complexité comme l’est le reste du film qui ne nous apprendra rien de plus sur l’environnement social ou politique en dehors des radios allumées. Tant et si bien que le drame final nous paraît improbable et que le film laisse l’impression d’avoir utilisé une histoire fondatrice de la Tunisie sans lui faire véritablement honneur. (extrait du compte-rendu du festival de Cannes 2022 sur Africultures)
"Harka" bien noté par la presse, récompensé cette année au festival de Cannes (meilleur acteur pour Adam Bessa dans la section un certain regard) est un drame social tunisien moyen dans l'ensemble. En effet en dépit d'une prestation convaincante de l'acteur principal (Adam Bessa), des thèmes intéressant exploités (les inégalités sociales, le printemps arabe, la corruption en Tunisie) ainsi que quelques séquences fortes notamment celle de la fin, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose à l'histoire, un manque de rythme et des longueurs pour en faire un bon film.
Cette histoire de trafic d’essence qui baigne ce premier long métrage de fiction de Lotfy Nathan, un réalisateur aux origines égyptiennes, né à Londres et vivant aux Etats-Unis, n’est sans doute pas anodine : le film a été tourné à Sidi Bouzid, la petite ville tunisienne d’où est parti le Printemps arabe, le 17 décembre 2010, avec l’immolation de Mohamed Bouazizi, lui aussi marchant ambulant, devant le siège du gouvernorat. Plus de 10 ans après, que reste-t-il de ces moments d’espoir pour des populations vivant chichement, entourées par l’injustice et la corruption ? Pas grand chose, semble-t-il, et c’est ce que nous montre "Harka" ! Harka, un mot arabe qui semble avoir de nombreuses significations, différentes peut-être d’un pays à l’autre. D’après le réalisateur, harka signifie brûler mais désigne aussi, en argot tunisien, un migrant qui traverse illégalement la Méditerranée en bateau. Deux significations qui collent parfaitement avec le film : d’un côté, une histoire inspirée par Mohamed Bouazizi, de l’autre, un personnage principal qui rêvait de partir vers l’Europe. Le tableau que dresse Lofty Nathan de la Tunisie d’aujourd’hui est désespérant, et, même si son film, tourné en 35 mm, souffre un peu d’hésiter entre conte pour adultes, ce à quoi fait penser l’utilisation en « voix off » de la voix de la sœur d’Ali, et brûlot politique, il arrive à nous faire entrée en sympathie avec le personnage d’Ali. lire critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-harka/
Un film beaucoup trop classique que ce soit dans la mise en scène, la narration ou encore l'interprétation. L'oeuvre, bien que présentant les problèmes du pays, ne propose aucune solution et ne prend partie que pour la victimisation de la population tunisienne. Reste une belle bande son.
Film social poignant qui nous fait rentrer dans la dure réalité d’une famille tunisienne. C’est parfait aussi bien dans les dialogues, les images que dans l’interprétation de l’acteur principal. Film à voire.
J'étais seul aujourd'hui à la dernière séance de deux petites semaines d'exploitation à Besançon. Quelle injustice pour cette réussite totale. Bouleversant de bout en bout. La mise en scène inspirée colle au sujet comme aux basques de son sublime acteur. Harka signifie "Brûler". On ne saurait mieux titrer ce film brûlant les yeux comme les consciences.
Un premier film prenant qui permet de comprendre le malaise de la jeunesse tunisienne précaire et offre un rôle en or à l'acteur Adam Bessa. On attend avec intérêt le second long métrage de Lofty Nathan.
Le cinéma tunisien, du point de vue artistique, se porte très bien et se fait sans cesse remarquer dans les festivals internationaux (Streams, Sous les figues, Ashkal ...). Son état est bien meilleur que celui d'un pays que tous ces films décrivent comme (toujours) corrompu et donnant aussi peu d'espoir à une jeune génération qui aspire le plus souvent à émigrer. Harka confirme que le printemps arabe n'a rien changé pour un citoyen lambda comme Ali, le héros du film, qui ne peut décemment rester dans la légalité s'il veut pourvoir à ses besoins de base ainsi qu'à ceux de ses deux sœurs cadettes dont il a la charge. La tonalité est constamment sombre dans Harka, même si une voix off tente de convoquer une veine plus poétique et si le récit emprunte brièvement la route du thriller. Mais c'est bien d'une œuvre sociale (et politique) dont il s'agit d'abord, avec un engrenage fatal que l'on peut trouver cependant difficile à croire, lorsqu'il débouche sur de dernières scènes terribles, qui ont avant tout une valeur de symbole. Tourné sur les lieux mêmes où la révolution de jasmin a commencé, avec l'immolation de Mohammed Bouazizi, Harka témoigne à la fois de la colère et de l'impuissance d'un peuple qui s'est fait confisquer sa révolution. Sur un pur plan cinématographique, Il a aussi le mérite de révéler un acteur très impressionnant, en la personne de Adam Bessa.
Une chronique puissante et touchante au coeur de la société tunisienne. Porté par son acteur principal, magistral, le film nous dresse le tableau d'une société malade, corrompue et auto-destructrice. On parviendrait presque a sentir l'odeur de l'essence, à la fois or noir et malédiction. Une magnifique surprise.
Harka est un film tunisien où Ali a toute les difficultés pour joindre les deux bouts et nourrir sa famille. Au fil de ses galères, une colère se réveille en lui face à tant d’injustice. Bouleversant. Une histoire happante qui laisse sans voix.
Le désespoir immense de tout un peuple devant le manque de ressources, l'immobilisme et la corruption. Le film se centre avant tout sur les jeunes, leur manque d'avenir et l'assignation à résidence. Le jeune Ali se bat pour survivre au quotidien mais il souffre des injustices vis à vis de sa famille. On sort de la séance troublé et déprimé. Les acteurs sont à la hauteur, en particulier celui qui incarne le personnage principal.
Âpre et implacable. Une lutte pour la survie dans la Tunisie d'aujourd'hui, corrompue, individualiste et indifférente au sort des plus démunis. Une lutte en vain contre le vide et le désespoir, la folie et l'oubli. Interprétation brillante. Une claque que l'on reçoit en plein cœur et qui résonne, universelle, avec toutes les injustices que le monde nous donne à observer. Où s'arrête le désespoir ?
Une critique de la société tunisienne post révolution assez efficace, bien que la conclusion du film soit un peu trop prévisible (malgré la puissance du message que cela fait passer) L'interprétation d'Adam Bessa est exceptionnelle. Film à voir
On a souvent vu au cinéma la mécanique infernale qui s'abat sur ceux qui ne possèdent rien, dans un pays pauvre et corrompu.
Généralement, l'enchaînement est le suivant : frustration et honte de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa famille (ici deux petites soeurs), tentation de de livrer à des trafics illégaux pour augmenter ses revenus, puis pétage de plomb final pour résoudre les insolubles conflits psychologiques que génère la situation.
L'originalité est que ce drame, typique du cinéma des pays du sud, est ici tourné par un réalisateur américain d'origine tunisienne, Lotfy Nathan. Harka est donc construit suivant les codes du thriller américain : montage rythmé, mise en scène visant à l'efficacité, sens du spectaculaire, tension constante.
La puissance du film doit beaucoup à la prestation de son acteur principal, le Français Adam Bessa, très convaincant dans un rôle ingrat de désespéré dépressif. Il porte littéralement ce premier film sec et intéressant, bel hommage aux premiers révoltés tunisiens.
Malgré quelques facilités et un scénario un peu plat, Harka est donc à découvrir, et Lotfy Nathan un cinéaste à surveiller de près.
Très bon film dur car il démontre comment un homme pauvre fait tout pour s'en sortir et nourrir sa famille et qu'autour même la police est corrompue et lui soutire le peu qu'il a dans une indifférence totale, très bonne interprétation