Réalisation historique d' Uberto Pasolini revisitant le récit d' Homère sous une forme très dépouillée au retour d' Ulysse de la Guerre de Troie. Place à des décors naturels, une mise en scène très pauvre et sombre sans artifice, hors combats sanglants précis et artistiques, qui aboutissent à la conclusion finale. Notons une recherche physique particulièrement soignée qui a vu Ralph Fiennes se préparer de longs mois à ce rôle mythique d' Ulysse, où sa métamorphose et son charisme transpirent à chaque instant. Complètement investi et crédible ce roi d' Ithaque, rejoint sa femme Pénélope, interprétée avec une justesse théâtrale et dramatique par Juliette Binoche. C' est un couple d' acteurs qui a fonctionné à merveille plusieurs fois déjà ( par exemple "Le patient Anglais, il y a 30 ans ) et la preuve en est encore une fois affirmée. Pasolini livre une version dépourvue de connotations aux divinités ou dieux, donc plus réelle et moderne, où la plupart des temps forts sont des silences ou des gestes lents dans lesquels ces deux acteurs principaux incarnent deux "monstres" sacrés du 7ème Art....!!**
J'ai adoré cette version spartiate d'Ulysse. Le regard antagoniste des protagonistes sur la violence. Cette violence qui finit toujours par s'imposer. On ne peut empêcher la guerre no la violence. Elle est nécessaire, comme Ulysse le reconnaît. Seule Penelope est a un regard quelque peu déconnecté.
Que ce fut long, certes c’est très bien filmé et la musique est top. Mais l’intrigue est ennuyante, je n’attendais rien de ce film mais quand même très déçu.
L'histoire est plus forte que le film. Cette adaptation est parfois un peu étrange , lente mais certaines scenes marquante , surtout vers la fin et la force de l’œuvre laisse une impression positive .
Quelle était la probabilité que je tombe sur l’Odyssée d’Homère dans une boîte à livres à Paris quelques jours avant la sortie de ce film ? Faible. J’y ai donc eu un regard particulier et différent que si j’avais été disons … un spectateur « vierge ». Peut être un peu plus patient également que si je n’avais pas feuilleté les pages du livre avant. Car le film souffre de longueurs. On comprend qu’il est question de timing et de patience. Mais à trop jouer avec la corde, le réalisateur s’est peut être un peu endormi. Dommage.
Très intéressant film de Uberto Pasolini qui je trouve a un côté théâtrale et Biblique en revisitant le mythe d’Ulysse avec le duo Fiennes/Binoche qui se retrouve là quasi 30 ans après " Le Patient anglais" .
L’histoire est magnifique par elle-même et elle est parfaitement illustrée par ce film à la présentation théâtrale, avec des acteurs à la hauteur qui nous font partager toutes les émotions jaillissant des événements. Il y a peu à signaler de négatif : décors un peu trop dépouillés, absence d’interventions divines, Palais Royal semblant tout droit sortir du 14 e siècle. Mais rien de redibitoire. On se laisse entraîner dans la tragédie comme si on la voyait pour la première fois.
Magnifique film merci au néoréalisme italien en la personne d Uberto Pasolini, ses partenaires et équipe. Je préfère un film comme mille fois plutôt qu’une grosse production dénué authenticité, vraiment adoré merci
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Ulysse revient. Mais il n’est plus. Ou presque. Ce n’est pas l’homme aux mille ruses que Pasolini filme, mais un écho. Une fatigue. Une silhouette échouée entre deux temps, trop pleine d’hier pour épouser l’aujourd’hui. Il y a dans The Return ce tremblement rare des récits que l’Histoire a saignés, puis oubliés. Comme si l’épopée s’était dissoute dans la brume, ne laissant que des regards en ruine.
Pasolini ne filme pas Troie. Il filme l’après. Les restes. Les silences. Le sel figé dans la barbe, les pas qui n’osent plus toucher la terre natale. Il désarme l’Odyssée, la dépouille, lui ôte ses monstres, ses chants, ses gloires — ne garde que le vertige. La guerre ? Passée. Le voyage ? Révolu. Ce qu’il reste, c’est un homme qui rentre chez lui et trouve sa maison occupée, sa femme usée par l’attente, son fils devenu presque étranger. Ce n’est pas Homère, c’est Beckett au bord de la mer.
Le style est nu. Dépouillé. Presque biblique. Chaque mot, chaque souffle semble avoir traversé les siècles. Edward Bond, en co-scénariste, y injecte sa sécheresse tragique, son art de l’humanité dévastée. Les dialogues claquent comme des lames. L’émotion ? Elle coule, lente, souterraine, sans jamais chercher l’effet. Tout ici est retenue. Chute. Effondrement.
Le visage d’Ulysse — immense Ralph Fiennes — n’est plus un masque d’héroïsme, mais un cratère. Il incarne le retour comme on incarne une perte. Et Pénélope, sublime Juliette Binoche, n’est pas une icône fidèle : elle est fissurée, debout par nécessité. Ensemble, ils rejouent une reconnaissance sans éclat, sans lumière divine, presque maladroite. Ce n’est plus le triomphe du héros, c’est la gêne du survivant.
The Return ne cherche pas à réinventer l’Antiquité. Il l’use. Il la racle. Il en extrait une vérité nue : rentrer, c’est parfois ne plus être attendu. Ne plus savoir parler la langue de ceux qu’on aime. Ne plus s’y reconnaître. Alors le film devient murmure. Mémoire. Oraison. On y marche comme dans un tombeau ouvert, à la recherche d’un passé trop grand pour tenir dans le présent.
C’est lent, oui. C’est austère. Mais c’est magnifique. Parce que ça ose l’épaisseur du silence, l’inconfort du mythe qui s’éteint doucement. Pasolini signe ici une tragédie sans théâtre, une Odyssée sans mer, une fin sans apothéose. Un retour, oui — mais à quoi ?
un film original, une belle mise en situation, de très jolies photos, le réalisateur prends le temps de poser le décor, une violence mesurée et 2 très bons acteurs
Fidèle à l'oeuvre originale, ce blockbuster s'élève parmi les siens en une œuvre aux décors et aux costumes soignés, de plus les acteurs sont bons et le suspense habilement utilisé. Et, pour une histoire aussi complexe, il faut reconnaître que c'est facile à suivre et ça fait plaisir.
Très belle adaptation du retour d'Ulysse. On est loin des péplums en carton avec des acteurs dorés en cabine de bronzage. C'est plutôt l'ambiance lourde de la tragédie qui plane sur Ithaque. Les acteurs sont formidables, notamment Binoche et Fiennes. La photographie est magnifique. La musique est parfois un peu redondante mais c'est un détail. La relecture de l'Odyssée qui prête à Ulysse une forme de trauma lié à la conquête de Troie est vraiment bien vue, surtout en ces temps troubles où le monde semble plongé dans une guerre éternelle. Cette finesse psychologique qu'on ne trouve pas chez Homère (il en a d'autres !) a manifestement échappé à la critique qui étrille bien injustement le film. Peut-être pas le chef-d'oeuvre du siècle, mais un excellent film.
En adaptant Homère, Uberto Passolini ne prend pas tellement de risques, tant l’écriture de l’Odyssée est parfaite d’un point de vue dramaturgique. On y retrouve ces grands sentiments : la vengeance, le poids de l’attente et de la guerre, l’amour.
Et en ce sens, le film respecte cela plutôt bien.
Cependant, la mise en scène aurait gagné à chercher un peu plus d’identité, à ajouter au fond une forme un peu moins attendue, pour gagner en complexité et en tension
Biblique. pas étonnant venant du neveu de Visconti. le sang remplace le sang. et le mythe ne glorifie rien. Les acteurs non plus. il y a la Grâce. Dans les yeux et dans les corps. Fiennes en maître absolu des fibres du corps et du poids du regard. Binoche reine de l’abandon. Acteurs titans. Frissons