Des hommes éternellement belliqueux et querelleurs, des terre fatiguées, la guerre encore et toujours, tel est le spectacle de cet Ulysse 2025. Point de mythologie, de magie ici, juste le plancher des vaches, la douleur, la tristesse,l'envie et l'honneur. Les paysages et éléments naturels sont magnifiquement filmés dans des tons ocres. Le spectacle interroge sur la violence, dans un tonalité théâtrale, et volontiers lente qui renforce les enjeux. Ralph Fiennes realise encore une belle performance. La fin est moins réussi, entre bataille poussive et des retrouvailles trop expéditives. En attendant la version de Christopher Nolan....
L'idée du cinéaste est de reprendre l'histoire de l'Odyssée en effaçant toute référence à des mythes ou légendes, en ancrant ainsi le récit dans un réalisme crédible et authentique, voir même un naturalisme âpre et viscéral. Le film n'a donc aucun bestiaire mythologique, aucune référence à des créatures mystiques ou légendaires tandis que l'île d'Ithaque est située en décors naturels qui semblent intemporels mais primitifs. Le premier constat à l'arrivée de Ulysse sur l'île est qu'il est un homme brisé, ce qui est cohérent et réaliste quand un guerrier a combattu quasi non stop durant près de vingt ans. Brisé physiquement, mais surtout psychologiquement et sur ce point le scénario est d'un modernité certaine. Si Pénélope/Binoche subit les assauts des prétendants le récit repose en fait surtout sur l'état post-traumatique de Ulysse/Fiennes, qui semble comme apathique, perdu, qui tente de se remettre des années de souffrance, de luttes, de la fatigue accumulé en se demandant si son retour est utile et/ou nécessaire après tant d'années. La réalisation de Uberto Pasolini est subtile et élégante avec des travellings, des silences pesants mais logiques, la seule séquence peu logique ou maladroite est dans le premier face à face entre Ulysse et Pénélope, à la fois touchant mais incongru tant on s'étonne qu'il n'y ait pas de réaction ou même un trouble plus palpable. En conclusion, ce film est une relecture fine et intelligente du mythe avec deux acteurs d'exception toujours au sommet de leur art. Site : Selenie
Ulysse continue de nourrir l'imaginaire entre mythes et légendes. Après 20 ans d'absence, il échoue sur les côtes d'Itaque, tel un fugitif. Son royaume est l'ombre de lui-même, rongé par la culpabilité, il s'efforcera de retrouver sa place auprès des siens. Umberto Pasolini nous montre un Ulysse à bout de souffle, mis à nu par ses années de guerre, d'épopée et d'errance. Un héros qui n'a pas dit son dernier mot. Ralph Fiennes incarne à la fois l'homme et le guerrier qui prendra sa revanche sur le temps. Très belle distribution ! A voir sans hésiter !
Avec The Return, Uberto Pasolini revisite l’un des mythes fondateurs de la littérature occidentale : le retour d’Ulysse à Ithaque. Mais il le fait en s’éloignant délibérément de l’épopée homérique pour livrer un drame épuré, crépusculaire, presque charnel, où la légende devient une expérience intime et sensorielle. Ici, pas de dieux ni de prodiges, mais le combat silencieux d’un homme meurtri pour retrouver une femme qui, elle, a dû apprendre à survivre sans lui.
Le film repose en grande partie sur l’incroyable duo formé par Ralph Fiennes et Juliette Binoche, qui insufflent au mythe une humanité brute. Fiennes compose un Ulysse loin du héros conquérant : taciturne, brisé par les guerres, presque étranger à lui-même. Binoche, elle, signe l’une de ses plus belles performances de ces dernières années : une Pénélope digne, déterminée, dont la souffrance contenue devient le véritable moteur dramatique du film. Entre eux, chaque silence pèse plus lourd qu’un discours. Le film trouve sa force dans cette tension retenue, dans ces regards qui portent vingt ans d’attente, de doute et d’amour suspendu.
Pasolini filme les paysages comme des personnages à part entière : falaises battues par le vent, mers sombres, clair-obscur de grottes et de cabanes… La nature impose sa loi, rappelant que le retour d’Ulysse n’est pas un accomplissement héroïque mais une trajectoire violente, presque animale. La mise en scène refuse l’esbroufe et privilégie la lenteur, l’immobilité, les gestes. Cette simplicité offre au récit une gravité inhabituelle, un dépouillement qui permet une lecture profondément moderne du mythe.
Ce film aux allures d'âge de pierre, où l'histoire grogne et rampe, parmi les ombres des cavernes austères. L épopée d'un héros antique perdu entre l'âge de pierre et le Moyen Âge obscur à son retour. Scènes superflues, hommes en loques et dépravés, dansant dans ballet de misère et d'abandon. L'amour, ce fugitif volage, a déserté cette version, évanoui comme un rêve brisé, dans les brumes d'un passé barbare et dur. Cette toile primitive, privée de tendresse, nous laisse orphelins d'une histoire d'amour. Ruines en guise de décor, palais effiloché comme un vieux haillon, Loin, oh si loin du livre légendaire, ou des fastes hollywoodiens dorés.spoiler: Ici, le héros reste un mendiant comme un coup de massue égaré !
S'il ne faut qu'un seul mot pour qualifier ce film c'est "grotesque". À force d'avoir voulu "économiser" sur le rythme, l'action, les dialogues, etc...le réalisateur est tombé dans le grotesque. Quelques personnages secondaires caricaturaux... L'acteur qui interprète Télémaque est assez mauvais. Par contre, le chien qui interprètre Argos est très bon mais il aurait pu, lui aussi, en faire un peu plus. Et quelques anachronismes gênants, notamment un château moyen-âgeux dans la Grèce antique.
Époustouflant ! Un jeu d'acteurs aussi rare que précieux ; certes on est loin d'un blockbuster, mais c'est là tout le charme et la subtilité de ce film. Très dépouillé, on s'approche de la perfection...
Après la guerre de Troie et une longue odyssée, Ulysse (Ralph Fiennes) est enfin de retour à Ithaque, tiraillé par la culpabilité de sa si longue absence. Une foule de prétendants s’y pressent, attirés par la beauté et la richesse de Pénélope (Juliette Binoche) qui repousse la date de son nouveau mariage jusqu’à l’achèvement d’une tapisserie qu’elle coud le jour et découd la nuit tombée. Ils menacent de s’en prendre à Télémaque (Charlie Plummer), le fils de Pénélope et d’Ulysse. Avec la complicité du porcher Eumée (Claudio Santamaria), Ulysse se rend au palais déguisé en mendiant. Son chien le reconnaît, puis sa nourrice, la vieille Euryclée (Angela Molina). Pénélope invente une compétition pour départager ses prétendants.
La rumeur qui entourait ce film était si exécrable que j’ai bien failli ne pas aller le voir. Je l’ai trouvé beaucoup moins mauvais que je ne l’avais craint. Si je n’en avais rien entendu, l’aurais-je pour autant trouvé bon ?
Comme les mauvais vins produits de l’assemblage de cépages de la CEE, The Return est un film cosmopolite. Son réalisateur est italien (il n’a aucun lien de parenté avec Pier Paolo Pasolini mais est le neveu de Luchino Visconti et s’est fait connaître en 2013 avec "Une belle fin"). Ses deux têtes d’affiche sont anglaise et française. Le reste de la distribution est italienne, espagnole ou néerlandaise. Le film a été tourné en décors naturels en Grèce et en Italie.
Le résultat est très classique. Il n’est pas kitsch pour autant. Le budget de "The Return" est douze fois moindre que celui du prochain film de Christopher Nolan dont l’adaptation de l’Odyssée est attendue en salles à l’été 2026. Ici, pas d’effets spéciaux renversants mais une mise en scène théâtrale et appliquée, aussi fidèle au texte que possible. Le couple mythique du Patient anglais est reformé près de trente ans plus tard. Il est moins glamour que jadis mais toujours aussi talentueux – même si Juliette Binoche me sort par les yeux.
Beau film qui explore une vision historique du mythe qui mène à une version plus moderne et personnelle tout en respectant le texte et gardant de la poésie grâce à de très belles images.
Dépouiller le mythe du retour d'Ulysse de toute intervention divine pour mettre l homme face à lui même est un travail intéressant. Face à la tempête de ses états d âme Ulysse n en est que plus fragile mais reste le héros de son destin. Les choix cinématographiques sont courageux et réussis, l interprétation et la photographie magistrales.
Porté par des acteurs exceptionnels, le film adapte les derniers chapitres de l'Odysée. En dénudant cette histoire de son caractère épique et en montrant la violence dans une forme brute et pure, le réalisateur questionne habilement la place de la guerre dans notre société patriarcale. La mise en scène rend parfaitement la beauté de cette histoire et lui redonne une temporalité juste, avec un récit sans accélération, sans trop, à la bonne allure, à la bonne distance. Super film ! Et je ne m'attendais pas à voir Ralph Fiennes aussi galbé et congestionné
Un film incroyable ! Des acteurs convaincants et une photographie magnifique, tout comme la musique et les costumes. On connaît l’histoire bien sûr mais la mise en scène est tellement réussi que l’on suit Ulysse pour son grand retour avec le même plaisir que si on ne savait pas ce qu’il allait se produire. C’est fort, et ça a était un très bon moment de cinéma pour moi. Une Pénélope au top (Juliette Binoche) qui sait toujours aussi bien jouer… et que dire de Ralph Fiennes qui confirme film après film son immense talent.
Tout d'abord, je voudrai dire que ce film m'a plus fait pensé à une scène de théâtre qu'à un vrai film ; celui-ci s'articule sur des scènes qui s'enchaînent les unes après les autres, toujours aux mêmes endroits, où un personnage tient un dialogue avec un autre et ainsi de suite. Vous l'aurez compris, il y a un manque cruel de décors mais également un manque d'acteurs ; il y a si peu de gens à Ithaque ?? De cela j'en déduis qu'il y a un manque de budget, ce qui est curieux quand on voit la présence de Ralph Fiennes dans le film ; qui, par ailleurs, campe bien Ulysse malgré que son personnage contribue à ralentir le film, les scènes d'actions dans lesquelles il intervient sont pour la plupart peu crédibles, et lentes, c'était le risque en faisant passer Ulysse pour vieillard peu athlétique.
De plus, ce n'est que mon appréciation personnelle mais j'ai trouvé le ton du film beaucoup trop dramatique, là où l'œuvre originale et ses différentes adaptations nous ont souvent montré l'aspect épique de l'Odyssée, des décors splendides et des musiques magnifiques de quoi nous faire rêver de ces héros fictifs de la Grèce antique ; ici, il s'agit surtout l'histoire d'un père, ancien guerrier perdu essayant de reconquérir sa famille et son île (de moins de 10 habitants à la fin) qui ressemble plus à un village de campagne isolé surplombé d'un vieux château qu'autre chose.
Pour conclure, ce n'était pas à mon goût, ce n'était pas ce à quoi je m'attendais et je n'étais sans doute pas le public, l'idée d'aborder un aspect dramatique à L'Odyssée n'en reste pas moins intéressante, elle aurait mérité un meilleur budget, plus de décors et plus d'acteurs.