Derniers Avis : The Return, le retour d'Ulysse - Page 4
The Return, le retour d'Ulysse
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johann garrault
2 critiques
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4,0
Publiée le 15 juin 2025
Film qui transpose littéralement le retour d'Ulysse en Ithaque (pris pour un vagabond, Penelope et son métier à tisser, l'arc et le massacre des prétendants), le réalisateur fait de son Ulysse un guerrier violent mais fatigué et surtout soigne sa réalisation avec une image qui joue beaucoup sur les clair-obscurs, avec un travail important sur les corps et les visages (en 1er lieu celui d'Ulysse). C'est beau, moderne et magnifiquement joué et mis en image
Oubliez l’épopée héroïque à la Troy ou les discours enflammés des péplums hollywoodiens : The Return d’Uberto Pasolini choisit le murmure au fracas, le doute à la gloire, le poids du silence à celui de l’épée. Ici, Ulysse ne rentre pas en conquérant. Il revient en homme brisé, en père absent, en mythe fatigué.
Ralph Fiennes est magistral dans cette incarnation d’un héros qui n’a plus rien à prouver — ni à offrir, si ce n’est sa présence fantomatique. Son jeu, tout en tension contenue, impose le respect. Il est là, et c’est déjà trop. Juliette Binoche, elle, est bouleversante dans une Pénélope sans artifices, qui n’attend plus grand-chose, sinon la fin de l’attente. Ses silences sont des cris étouffés. Et quand elle parle, chaque mot pèse une tonne.
Mais la vraie surprise, c’est Marwan Kenzari, saisissant dans le rôle d’Antinous. Il joue le pouvoir comme on serre une plaie : avec fureur, mais sans illusion. Derrière le masque du traître, un homme nu, sincère dans sa brutalité. Le plus honnête, peut-être, dans ce théâtre d’ombres.
La mise en scène, sobre et sensorielle, alterne entre huis clos suffocants et paysages déchirés. Pasolini filme le mythe à hauteur d’homme. Pas de dieux tonitruants, pas de miracles. Juste des corps fatigués, des visages marqués, des gestes simples. Le royaume n’a pas besoin d’un héros, mais d’un souffle nouveau. Et c’est là que le film frappe fort : The Return ne glorifie pas le passé, il en démonte les illusions.
Une odyssée intérieure, sans armure ni fanfare. Un film qui tranche dans la chair du mythe pour en extraire une vérité plus humaine, plus nue, plus dérangeante.
spoiler: Contrairement à ce que pourrait laisser penser son patronyme, c'est de Luchino Visconti dont Uberto Pasolini est le neveu mais sa courte carrière de cinéaste, 4 films seulement, dont le sublime Une belle fin, n'a strictement rien à voir avec celle du réalisateur du Guépard. Le voir à la tête de The Return, une nouvelle version de L'Odyssée, tout du moins de son dénouement, peut paraître étonnant mais pas tant que cela si l'on considère le résultat final. Point d'épopée ici mais une tragédie humaine, celle d'un homme brisé par les horreurs de la guerre, dont le retour auprès de sa fidèle épouse, qui n'a sans doute plus envie de tisser, n'a rien de glorieux. C'est donc l'humaniste et l'anti-belliciste qui s'exprime, dans une version à l'os de l’œuvre d'Homère, comme une véritable tragédie grecque mais débarrassée de sa pompe et de sa théâtralité trop marquée. Un récit sobre et limpide, où les notions de pouvoir et surtout d'héroïsme sont relégués à leurs aspects dérisoires et vaniteux. Ralph Fiennes et Juliette Binoche, de nouveau réunis et très justes, soulignent à leur façon la fuite de la jeunesse et des idéaux et un harassement de l'attente alors qu'ils devront essayer de se souvenir ensemble pour mieux oublier et se résoudre à vivre, enfin. On est loin du mythe et tout proche des vicissitudes terre à terre de l'existence.
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2,0
Publiée le 7 août 2025
"The Return" relate le retour d'Ulysse après des années d'absence suite à la guerre de Troie. spoiler: Un retour dans l'indifférence alors que les tensions se font de plus en plus sentir à Ithaque avec la reine Pénélope qui est soumise à une forte pression pour choisir un nouveau roi. Des prétendants, des manigances et surtout beaucoup de bavardages autour de ce trône si convoité. C'est surtout le portrait d'un homme marqué physiquement et émotionnellement par tout ce qu'il a vécu, ce qui rend d'autant plus difficile son retour, car il n'est plus vraiment celui qu'il était. Un film tout sauf épique, un drame aux airs de téléfilm fauché qui manque de passion et de dynamisme. Ralph Fiennes fait bonne figure, mais j'ai trouvé le film plat et souvent ennuyeux.