Les personnages sont merveilleusement écrit, concordant avec les luttes intestines de l'époque même si le récit effectue une sorte de condensé express de manoeuvres et conspirations qui se sont étalées entre 1173 et 1189. Il y a quelques incohérences, ou maladresses anachroniques, le pire reste une question de casting, Peter O'Toole a 25 ans de moins de Katharine Hepburn, mais le maquillage est subtil et tout juste nécessaire, le talent de l'acteur parfait ensuite toute l'illusion. Mais la volonté de l'auteur et du réalisateur n'est pas foncièrement l'Histoire à proprement dîte, mais plutôt la réflexion autour de la filiation, de l'héritage où comment trouver sa place au sein d'une famille de pouvoir, mais aussi la question du couple vieillissant. Sur ces thèmes le film renvoie logiquement, sur le fond comme sur la forme, à l'excellent "La Rose et la Flèche" (1976) mais ici la dimension théâtrale est plus appuyée. Les dialogues sont incisifs et les joutes verbales avec des sous-entendus plus ou moins cinglants qui donnent de l'épaisseur à ces coulisses politico-familiales ou les relations amour-haine sont constantes. A voir et à conseiller. Site : Selenie.fr
Casting intéressant et dialogues acérés pour ce film théâtral narrant les querelles de la tempétueuse famille royale. Film d'époque classique bien mené, bavard et doté d'une mise en scène plaisante et fluide.
Je vais vous dire une bonne chose les mecs : habituellement, ce genre de film, ça n'est pas du tout mon rayon. Les films historiques ont une forte tendance à me laisser de glace. Par contre, pour ce qui est de ce "Lion en hiver", la donne est tout autre. Ici, pas de batailles, pas de décorations, pas d'héroïsme. Pendant deux heures, et en quasi huis-clos, il est question de querelles intestines entre membres de la Famille Royale pour déterminer qui sera le prochain héritier du trône d'Angleterre. Si je veux être vraiment objectif, il y a ici un défaut majeur : une mise en scène manquant totalement d'imagination. Ce qui fait que, même si on n'a pas lu la pièce dont il est l'adaptation, on comprend très vite que l'on va se retrouver face à un film très théâtral et très verbeux ce qui, sur 130 minutes, peut irriter. On pourra regretter aussi un Timothy Dalton en lequel on a du mal à croire dans la peau du Roi Philippe, mais c'est secondaire. Pour tout le reste, tous les voyants sont au vert. Si la mise en scène manque sérieusement d'éclat, il n'empêche qu'Harvey arrive à donner du rythme à son film, on ne s'ennuie jamais. On croit à cet univers médiéval, vraiment bien reconstitué. Aucun personnage n'est épargné. Aucun n'est traîté mieux que l'autre. Et je passe sous silence le duo Peter O'Toole/Katharine Hepburn, tout simplement parce qu'il n'y a pas besoin de mots. Je ne suis pas un adepte du "c'était mieux avant" mais, on ne m'empêchera pas de penser et de dire que ça fait quand même longtemps que le cinéma n'est plus capable de nous offrir des doublettes qui en jettent autant. Je préfère préciser que tout ceci est à voir en VO. Déjà parce que la voix d'Hepburn était unique (comme l'était celle de Bogart, de Pleasance ou de Brando) et ne supporte pas un doublage, même s'il est de qualité mais aussi et surtout parce que le théâtre fait appel à toutes les richesses de langue dans laquelle il est écrit. Vous serait-il supportable d'entendre les mots de Molière, Corneille, Racine, Rostand ou autre Jules Romains dans une langue autre que le Français ? Je ne crois pas. En tout cas, je peux vous garantir un truc : si jamais vous n'aimez pas ce film, soyez en revanche certains que vue la musique de John Barry restera gravée dans votre tête dès que vous l'aurez entendue.
Un film Anglais d'Anthony Harvey qui se situe à l'époque du moyen age pendant la période de Noel dans le chateau du roi d'Angleterre qui devra désigner un successeur parmi ses trois fils totalement opposés en attitudes et personnalités qui vont se quereller avec le roi et la reine pour la place du trone, tout se passe presque dans un huis-clos avec des complots, manigances, trahisons, calculs,stratégies etc... . Ce long métrage avait tout pour nous plaire avec de bons dialogues à la langue de Shakespeare, de beaux costumes, une belle musique de John Barry, de grandes interprétations de Peter O'Toole, Katharine Hepburn plus la relève avec Anthony Hopkins qui est jeune ici mais talentueux tout comme Timothy Dalton dont on se demande pourquoi les deux derniers cités n'ont pas percé plus tot dans le cinéma. Pourquoi cette note ? A cause d'un scénario qui devrait plaire aux amateurs d'histoire, ce qui n'est pas mon cas, de mon coté, j'ai eu du mal a suivre l'histoire, c'était trop compliqué avec des péripéties qui s'accumulaient, je suis un peu passé à coté.
S'inscrivant pleinement dans l'atmosphère des tragédies antiques où la force des dialogues le dispute à l'excès des passions, ce film aux allures de théâtre filmé nous immisce dans les furieuses manigances courtisanes de la famille d'Angleterre dans un décor minimaliste mais des paysages magnifiés par l'élégante mise en scène. Le royal casting incarne avec une intense conviction les protagonistes torturés de ce déchirement familial. Un régal oratoire.
Une belle mise en scène avec des décors et des costumes réussis. Les acteurs sont prenants menant bien l'ensemble. Après même si le scénario se révèle au final simple il tient concentré avec quelques moments intelligents. Par contre certaines scènes se révèlent un peu longues. Et la bande son plutôt réussie est trop timide.
Basé sur un roman du même titre, ce film médiéval est prenant au départ par sa qualité visuelle et ses décors énorme. Mais plus on avance et plus je m rendait compte qu'à l'époque, ces films se centraient uniquement sur les relations entre membres de même famille. Premier également ou je découvre Katharine Hepburn. Aucune bataille épique mais que des bons et mauvais sentiments envers le pouvoir et le trône. Très heureux de retrouver Antony dans sa "très belle jeunesse".
« Tout ça pour ça » ! pourrait-on dire. Le roi Henry II convoque sa femme Eleonor d’Aquitaine dans un château français, un soir de Noël, afin de définir lequel des trois fils seraient le plus légitime pour lui succéder : Richard ? Goeffroy ? Jean ? Après deux heures de film, les spectateurs comme nos deux souverains repartent bredouilles ! Aucune décision ne fut prise.
Je dois avouer que je n’avais jamais vu ce film, en tout cas si je l’ai vu, il a dû être enfoui dans les oubliettes de ma mémoire qui doit compter bien plus de pièces que le château de Chinon (en principe) n’en possède. Toujours est-il, j’ignorai que « Le Lion en hiver » fut une création théâtrale. Je m’en suis rendu compte au moment de la première confrontation Katharine Hepburn - Peter O’Toole, par leur diction, un jeu exalté et par une mise en scène significative. Le film avait tous les atours du théâtre, me suis-je pensé.
A partir de cet instant là, le réalisateur Anthony Harvey me mènera de pièce en pièce pour donner illusion du mouvement qui manque au théâtre qui, par définition, se limite à un seul lieu, la scène. Par conséquent un film très bavard, comme au théâtre, avec des dialogues soutenus, écrits, lorgnant du côté classique, influence drame shakespearien si vous voyez ce que je veux dire. Ce n’est pas désagréable pour ceux qui aiment le théâtre comme moi mais peux comprendre que toutes ces joutes verbales faites d’alliances éphémères et opportunistes, de trahisons, de promesses non tenues, d’intrigues, de caprices, d’humeur, peuvent paraître ennuyeuses voire soporifiques. Ça passe aussi parce qu’il y a deux géants comédiens, deux très belles interprétations signées Katharine Hepburn et Peter O’Toole : l’une incarne Alienor d’Aquitaine, l’autre incarne le roi Henry II d’Angleterre. Un régal de les voir jouter. Et tournent autour d’eux pour leur donner la réplique de jeunes comédiens qui débutent comme Nigel Terry dans la peau du prince Jean, il restera à jamais pour moi le roi Arthur dans « Excalibur » de John Boorman ; Timothy Dalton qui prête ses traits au roi de France,Philippe II ; et Anthony Hopkins dans le rôle de Richard 1er dit Coeur de Lion. Le tout enrobé d’une musique qui lorgne vers le sacré signée par l’excellent John Barry.
En tout cas, moi je sais qui est l’unique et incontestable héritier du couple Katharine Hepburn - Peter O’Toole après deux heures de film : Anthony Hopkins. Des quatre acteurs cités plus haut, sa carrière prouve qu’il mérite le statut de « géant comédien » ! A voir en V.O… si vous voulez… pour tous ces grands acteurs qui expriment leur talent dans leur langue…
Le côté théâtral est encore accentué par le quasi huis-clos de l'intrigue, circonscrite dans le temps comme dans le lieu. Cela étant, avec des interprètes magistraux et une finesse dans les dialogues qui souligne la cruauté des rapports entre les personnages et exacerbe les rancœurs avec maestria, le récit se suit avec une remarquable fluidité même si cela exige du spectateur une concentration de tous les instants pour ne pas manquer un mot ou un regard qui fait basculer l'histoire sur ses appuis. Du très bel ouvrage.
Ce n'est pas une famille unie mais plutôt un nid de serpent que nous présente James Goldman dans ce scénario médiéval. Il s'agit de la succession d'Henri II, roi d'Angleterre, Comte d'Anjou et du Maine, Duc d'Aquitaine qui se sent âgé et pense à qui va lui succéder sur le trône d'Angleterre. Ses trois fils survivants qu'il a eu avec Aliénor d'Aquitaine, tous rêvent d'être roi et complotent. Henri II a une préférence pour le plus jeune, Jean. Sa mère préfère Richard qu'elle a élevé, et qui, en tant qu’aîné survivant, est devenu l'héritier légitime du trône d'Angleterre. Seulement Aliénor n'a plus les faveurs de son époux qui l'a enfermée dans un donjon à Salisbury. Dans cette réunion familiale autour de la fête de Noël, il y a aussi Philippe II, roi de France ainsi que sa sœur Alix qui est la maîtresse du roi Henri II tout en étant destinée à épouser Richard. Il y a peu d'actions dans ce film, à l'exception d'une courte bataille. Il s'agit surtout de dialogues entre tous ces personnages historiques et de leurs manigances. La force du film vient de la présence d'excellents acteurs qui savent incarner ces personnages historiques et nous faire partager ce qu'est leur vie, leurs ambitions et leurs ressentiments.
Ce film s'appuie sur une pièce de théâtre sortie peu avant. Cette pièce était britannique, pétillante, légère. Le film passe à côté et est hollywoodien, lourdingue, se prend au sérieux. Tous les acteurs surjouent le tragique même quand c'est censé être comique. Hepburn joue Juliette plus qu'Aliénor, et O'Toole est mauvais, comme à son habitude. Le metteur en scène s'imaginait qu'il filmait du Shakespeare alors que c'était du Anouilh.
Très déçu par ce film bavard et ennuyeux. Le tort est d'avoir voulu faire un film de ce qui aurait dû rester une pièce de théâtre. Certes les acteurs jouent bien (et quel casting !), mais du fait du scénario simpliste (je te hais, donc je te trahis, mais c'est parce que je t'aime) dit et re-répété à maintes reprises ils surjouent la passion et la haine. Seul le dernier tiers du film arrive à imprimer un peu de rythme et de tension dramatique.
Remarquable film historique, dramatique, qui décrit la petite société et les mœurs spéciales des familles royales d’une époque. Le style est théâtral, avec des dialogues léchés et puissants, dans des décors naturels de campagne, mais surtout de châteaux. Ici, point de batailles rangées, mais les coups bas et tordus des membres de la famille royale. Le roi Henry II d’Angleterre, la reine Aliénor d’Aquitaine, la concubine du roi, promise à l’un des trois fils (!) Question : qui sera digne de succéder à son père ? Lui, lui, lui ? Ou aucun des trois ! Il semble que les personnages s’aiment, à leur façon, mais ce qu’ils en montrent n’est que haine et cruauté. Casting de rêve pour ce film d’époque avec Katharine Hepburn, Peter O’Toole, Anthony Hopkins…
Film très bavard, ce qui peut donner quelques longueurs. Les alliances se font et se défont, les personnages mentent tous comme ils respirent. On ressent clairement que le film est une adaptation d'une pièce de théâtre car les personnages se comportent comme tels (Philippe Auguste qui assiste bien sagement et très passivement à tous les conciliabules des uns et des autres). Même si les acteurs habitent leur personnage, cela ne sauve pas le film d'une extrême longueur. Un film qu'on peut regarder tout en faisant autre chose.