Deuxième film de Emerald Fennell, réalisatrice de Promising Young Woman. Je m’attendais à une banale histoire d’amitié ambiguë entre deux étudiants anglais. Elle est là mais le tout glisse progressivement vers quelque chose de bien plus sombre, voir glauque, et en tout cas de bien politiquement incorrect. Même si on aurait aimer encore plus de noirceur et de cynisme. Un scénario assez diabolique donc pour une mise en scène assez quelconque mais un très beau casting. Au final assez prenant et plutôt une bonne surprise.
Quelques scènes sulfureuses effectivement ne suffisent pas pour être original. Même si l'on reconnaît que la forme est assez réussie, on a affaire en quelque sorte a un deuxième Monsieur Ripley. En plus il y a la perversion du désir, le mensonge et la fin quelque peu ravageuse de la danse nue du triomphe !!!!
Je ne peux que saluer l'effort d'Emerald Fennell, qui s'est efforcée d'écrire un récit original, sans adapter une oeuvre existante. Ce qui de nos jours est de plus en plus rare. Le problème, c'est qu'en faisant cela, les oeuvres dont on s'inspire immanquablement ressortent en général de manière visible. "Saltburn" se centre sur Oliver, étudiant sans le sou débarquant fraîchement à Oxford. Intelligent et travailleur, il ne parvient pas à s'intégrer parmi les riches insouciants. Jusqu'à une rencontre fortuite avec Felix, fils d'une famille aristocrate. Celui-ci va le prendre sous son aile, et l'inviter à passer l'été à Saltburn, son manoir familial. Il y a un petit côté "Rebecca" pour la demeure imposante et le personnel hostile. Mais c'est évidemment l'ombre de "The Talented Mr. Ripley" qui plane sur une grande partie du récit. Avec ce protagoniste qui se révèle être un parasite social manipulateur des plus retors. Si les grandes lignes sont déjà vues, "Saltburn" bénéficie de beaucoup de qualités qui en font bien un film unique. Déjà, la photographie est très belle, exploitant les rues d'Oxford, ainsi que Drayton House, manoir qui n'avait auparavant jamais servi pour un tournage. Le format d'image en 4:3 est un peu étonnant, mais permet de rendre dérangeantes les séquences où nos acteurs sont en gros plan. Et du dérangeant, il y en aura ! Emerald Fennell prend un malin plaisir à tourner plusieurs scènes malsaines. Parfois avec un humour noir, parfois avec une perversité très crue. Je citerai le final surprenant sur la forme (qui a remis la chanteuse Sophie Ellis-Bextor temporairement en tête de certains charts !). Ou des scènes sexuelles pour le moins étranges. Clairement, "Saltburn" n'est pas à mettre en toutes les mains. Le film a également un message très directs envers les ultrariches. Les dépeignant comme des gens vulgaires, égoïstes, déconnectés des réalités, extravagants. Et surtout, incapables d'échapper au danger des prédateurs sociaux. Soit parce qu'ils n'en ont pas conscience, soit parce qu'ils ne sont pas assez fins pour s'en protéger. Un portrait que certains trouveront caricatural et simpliste. Néanmoins je pense que c'est voulu, en tout cas cela amène des touches d'humour noir réussies. Et les acteurs s'en donnent à coeur joie dans cet esprit. Rosamund Pike et Richard E. Grant en aristo pétés. Archie Madekwe en cousin bien relou. Jacob Elordi en objet insaisissable du désir de notre protagoniste. Et évidemment, Barry Keoghan bien louche en visiteur qui fait son trou, dans une prestation qui rappelle un peu celle de "Killing of a Sacred Deer". Le choix de l'acteur est un peu étonnant, car il est clairement trop âgé pour un étudiant (30 ans). Mais peut-être cela fait-il aussi partie du malaise ?
Comme précédent film d Emmerald Fennel Promising Young Woman, Saltburn est un film qui n évite pas les sorties de pistes mais très audacieux et du coup diablement intéressant. Mélangeant les genres avec un une première partie qui m a fait penser à « The Riot Club » pour tourner à la satyre au vitriole de l aristocratie moderne et de la haute société en général pour finir en thriller. J ai été amusé par la décadence qu elle dépeint, par l humour noir bien dosé et d une manière générale par sa mise en scène dynamique qui certes peut passer pour de l esbroufe. J ai aussi trouvé intéressant ce sentiment d attirance répulsion, d amour détestation éprouvé par le personnage d Oliver. Le casting se donne totalement à sa réalisatrice et le joue aussi avec la pointe d ironie nécessaire. Un film certes imparfait mais qui ne laisse pas indifférent.
Une sorte de thriller moderne dans le cadre de l’université d’Oxford. Un étudiant nouvel arrivant, de milieu modeste, va se lier d’amitié avec un jeune aristocrate, étudiant lui aussi, star de la promo : Attirance, répulsion, jalousie. Sujet qui a un air de déjà-vu. Souvent traité, très proche du principe du « Théorème » de Pasolini, avec ce garçon bien sous tous rapports qui se révèle être diabolique, pervers, à l’ambition démesurée. Seule la réalisation est parfaitement réussie classieuse, une image très soignée, très beaux éclairages dans ce manoir de la haute noblesse anglaise, une réalisation bien rythmée, on est dans la grande tradition esthétique anglaise de Peter Greenaway , styliste et peintre, voir même du peintre Turner . Superbe. Mais on ne croit pas vraiment au scénario, c’est trop caricatural, trop déjanté, trop excessif, souvent presque ridicule. Cela enlève beaucoup de poids à la critique sociale latente. C’est assez lourd. Idem pour les quelques scènes sexuels -trash :. : la baignoire et son élixir, ou le néo-Dracula qui adore boire le sang ,ou faire frotti -frota avec la terre retournée, Shocking pour choquer !!, mais tout cela déjà été fait en mieux ; . Catherine Breillat , Marco Ferreri, ou Didier Le pêcheur. Est-ce trash ou pas ? Y a-t-il une morale à ces actes, ou est-ce une tentative de mettre du piment à une fausse satire sociale. Emerald Fennell est clairement meilleure photographe que cinéaste .
Alors c'est ça la sensation du moment ? Je m'excuse mais si en effet la photographie est belle et que c'est relativement bien joué c'est loin d'être un chef d'œuvre. L'intrigue est ennuyeuse au possible, les personnages assez détestables et nous, pauvres spectateurs, on attend durant deux longues heures que quelque chose se passe. Zéro suspens, des "rebondissements" prévisibles, quelques scènes "chocs" histoire de faire le buzz et puis pas grand chose d'autre. On se demande constamment où Emerald Fennell cherche à nous emmener avec son métrage qui ne veut pas dire grand chose et qui se ridiculise même de temps en temps à la faveur de scènes sans véritable sens et qui en effet gênent plutôt qu'elles dérangent et surtout jamais dans le bon sens. Bref je me suis sévèrement ennuyé et heureusement que l'enrobage est réussi parce qu'il ne resterait pas grand chose à se mettre sous la dent sinon ...
Une atmosphère aristocrate délicieuse, un personnage principal énigmatique, spoiler: pervers, un excellent casting, une agréable BO. Les ingrédients sont là pour un film divertissant. Dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé ; il manque peut-être un petit quelque chose pour que je puisse dire qu'il soit incontournable. Mais j'ai passé un super moment.
Quelque part entre la fable pseudo-dérangeante et ronflante et le home invasion baroque et déjà-vu («Parasite» l'avait déjà fait, en bien mieux), une histoire d'obsession et de manipulation bien réalisée, mais manquant d'une narration solide et véritablement marquante.
Le talentueux Barry Keoghan, entre amour et haine, y reprend un rôle dans la lignée de celui qu'il campait dans «Mise à mort du Cerf sacré», mais en lorgnant cette fois-ci du côté du «Talentueux Mr. Ripley».
Un spectacle faussement irrévérencieux et finalement plutôt quelconque.
Un film intéressant de par son histoire et sa mise en scène. Au début, on ne sait pas vraiment dans quoi on embarque mais avec le temps, on devine qu'on embarque dans un univers étrangement captivant avec un scénario très bien construit et une assemblée d'acteurs et d'actrices qui vont nous amener jusqu'au bout du film. Une histoire qui ne s'oublie pas si facilement.
Un beau film sur l’envie, le désir et la manipulation. La bande son est juste géniale. Barry Keoghan et Jacob Elordi sont géniaux.. Sans limite on adore ce film complètement décalé des fois ! La fin plutôt surprenante aurait pu être encore mieux travailler..
Vu certains commentaires et la classification '-18 ans', je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus choquant. Il n'y a pas de quoi être bousculé, même si quelques moments sont quelque peu dérangeants. La principale qualité de "Saltburn" est de toute évidence sa réalisation. Le travail sur l'image est excellent, et le scénario, même s'il n'a rien d'exceptionnel ni de novateur, est de qualité et sait ménager l'intérêt tout du long. Le film aurait été pour moi très bon s'il n'y avait pas eu un final que je n'ai pas trouvé à la hauteur et qui m'a fortement déçu.
Saltburn c'est le domaine d'une famille aristocrate anglaise qui va inviter un jeune prolo à venir y passer l'été. La vanité de cette caste a déjà été portée à l'écran (le cercle des poètes disparus, les lois de l'attraction, the riot club, la crème de la crème), et cette déclinaison n'est pas sa principale force (le père est un doux fêlé principalement intéressé par ses assiettes fleuries, sa flore et ses déguisements de soirée ; la mère est une ancienne mannequin commère sans fond ; la fille est boulimique et nymphomane ; le cousin est une folle putassant et vivant au crochet), bref, tous sont hors sol, sauf le fils, Jacob Elordi (loin de la toxicité d'Euphoria), altruiste et bel homme, il est objet de toutes les attentions... Et notamment celle du protagoniste, taciturne et envieux, entre amitié et amour. La vie de campus, la vie de château, les grandes soirées, les fausses amitiés, l'oisiveté chic etc sont brossées et le film a l'extrême gentillesse de ne pas en faire trop (si ce n'est deux scènes osées ou polémiques en lien avec une baignoire), au risque de paraître superficiel comme l'univers qu'il dépeint manquant presque de sel sauf qu'il y a ce poison insidieux, l'invité qui observe, se love et tisse sa toile. Or c'est seulement la dernière partie, beaucoup plus cynique et noire, qui va remettre en perspective tout le déroulé. Barry Keoghan et son visage troublant explose et dévoile son talent monstre. Saltburn porte bien son nom : exquis, brûlant, acide.
Après Promising Young Woman, un film de "rape and revenge" plutôt convaincant, Emerald Fennell frappe fort avec ce nouveau long métrage disponible sur Amazon Prime.
Outre la très belle photographie et le soin apporté à la mise en scène, qui, associés à une bande son rythmée et ultra efficace, convoquent parfois les codes du vidéoclip (on pense alors à Xavier Dolan), le film se distingue également par l'audace de son récit.
La typographie du titre et la façon dont le décor est planté à Oxford ne laissent pas de doutes : c'est à un conte que nous avons affaire. Mais à un conte pour adultes qui ose s'aventurer sur un terrain subversif que l'on ne voit plus si souvent spoiler: (sans trop en dire, les scènes de la baignoire et du cimetière sont géniales) , et dans lequel l'on prend un réel plaisir à se laisser entraîner, quitte à s'égarer, comme dans le labyrinthe de la propriété, dans les méandres de la psychologie des différents personnages, tous plus ambigus les uns que les autres. D'apparence très simplistes (la famille ultra bourgeoise, le jeune homme coincé qui n'a pas d'amis, le beau-gosse du lycée...), leurs personnalités se révèlent bien plus complexes.
Certains accuseront la réalisatrice de provocation gratuite, d'autres estimeront que ces scènes servent un propos. Le problème est qu'il n'est pas toujours évident de saisir ce propos : est-ce un film sur la lutte des classes ? un récit initiatique ? une comédie homoérotique ? le film ne sait pas toujours sur quel pied danser et s'égare même dans un final un peu décevant car trop explicatif et caricatural.
Côté interprétation, après avoir campé un Elvis tout à fait convaincant dans Priscilla, Jacob Elordi est irrésistible en apollon insaisissable et confirme qu'il est la révélation de ce début d'année. Barry Keoghan est surprenant, mais impossible d'en dire davantage...
Le film divisera, c'est certain.
Une coquille vide à la symbolique lourdingue pour les uns, une fable cynique, envoutante et jubilatoire pour les autres.
Très très facile et top cliché sur de trop nombreux sujets, le scénario est clairement sans surprise, tissé de fil blanc dès l'élément perturbateur révélé (et franchement on s'en doutait). On est censés être en 2006 mais tout dans ce film fait 80/90's, le 4/3 absolument inutile ici casse encore plus la tentative d'immersion dans l'époque. Les seuls moments qui nous transportent un peu post2000 sont les vibrations des basses de Benny Benassi qui sonnent bien creuses ici dans ce film où tous ont des têtes de Beatles. La psychologie du personnage principal est lamentablement basique et l'intrigue inexistante. Des scènes malaisantes au possible pour tenter de donner une consistance au vide scénaristique de cette histoire dèjà-vue 100 fois.2h10 qui semblent en faire le double (aucune exagération) pour une version Wish de ce qui s'est fait de mieux dans le cinéma de Stanley Kubrick
Un film tordu à souhait qui démarre doucement pour ce fondre dans la folie usurpatrice, une réalisation bien dosé, et une interprétation qui nous aveugle et nous rend la vue les cinq dernières minutes. Une image clair et sombre de la génération avenir, attention à ne pas accepter n'importe qui dans votre foyer. Très déstabilisant et mémorable à être traumatisante.