J’ai regardé Bullet Proof sans rejet préalable. C’est important de le dire, parce que rien, au départ, ne m’y opposait. Le film promettait peu, mais parfois le peu suffit. Une situation simple, des personnages en fuite, une menace claire. Je me suis installé dans cette attente modeste, presque bienveillante. Très vite pourtant, j’ai senti quelque chose se relâcher. Pas une faute précise, pas un moment raté. Plutôt une lente perte d’attention, comme si le film glissait hors de moi pendant que je le regardais. Les scènes se succédaient, mais aucune ne semblait vraiment commencer ni finir. Je suivais l’intrigue sans effort, mais sans implication. Je comprenais ce qui se passait, mais je ne ressentais rien de ce que le film semblait vouloir provoquer. Le danger était annoncé, jamais éprouvé. La fuite était constante, mais sans urgence réelle. Même la présence d’une femme enceinte, pourtant centrale, restait une donnée abstraite, presque conceptuelle. Ce qui m’a frappé, c’est l’absence totale de friction. Entre les personnages. Entre les situations. Entre moi et l’écran. Tout se déroule dans une forme de neutralité polie. Le film ne me demande rien. Il ne m’agresse pas, ne me secoue pas, ne me met pas mal à l’aise. Il passe. Vinnie Jones incarne une menace reconnaissable, mais figée. Il est là comme une fonction du récit, pas comme une présence qui pèse. Les autres personnages suivent la trajectoire prévue, sans jamais donner l’impression qu’ils pourraient en dévier. À mi-parcours, j’ai réalisé que je n’attendais plus rien. Ni retournement, ni intensité, ni surprise. Juste la fin. Pas par ennui violent, mais par usure douce. Comme un film qui a déjà tout dit dans ses dix premières minutes, sans jamais le dire vraiment. Quand le générique arrive, il ne reste rien à ruminer. Aucun malaise, aucune colère. Seulement cette impression un peu triste d’avoir vu un film qui n’avait pas réellement besoin d’être fait. Ma note : 2 / 20
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